Il Sogno di Eschilo nel Teatro di Catania

Reading Time: 8 minutes

Last Updated on 24/05/2026 – 07:41 by Frank César LOVISOLO

Le théâtre gréco-romain de Catane : histoire et archéologie

Le théâtre de Catane se dresse aujourd’hui au cœur de la ville sicilienne moderne, dans le centre historique entre la Via Vittorio Emanuele II et la Via Teatro Greco. Il fait partie du Parco archeologico di Catania, un ensemble de vestiges antiques reflétant l’histoire profonde de la cité.

L’emplacement du théâtre sur les pentes méridionales du Montevergine, l’acropole antique de Catane (alors appelée Katàne par les Grecs), témoigne d’une occupation humaine très ancienne. Dès la période pré-hellénique, ce secteur était fréquenté, puis il accueillit, à partir du Ve siècle av. J.-C., un théâtre grec.

De la Grèce à Rome

Les premiers vestiges remontent probablement à un théâtre grec du Ve-IVᵉ siècle av. J.-C., où se déroulaient représentations théâtrales et rassemblements civiques. La documentation précise de cette phase grecque reste limitée, mais des éléments architecturaux et des structures sous-jacentes suggèrent l’existence d’un édifice plus ancien.

Après la conquête romaine de la Sicile (263 av. J.-C.), l’édifice grec fut progressivement transformé en théâtre romain. La plus ancienne phase romaine connue date du premier siècle de notre ère, probablement sous l’ère augustéenne, lorsque le bâtiment fut adapté au goût et aux usages des spectacles romains.

Architecture et fonction

Le théâtre romain fut agrandi et embelli au cours des siècles suivants, en particulier aux IIᵉ et IIIᵉ siècles apr. J.-C., période à laquelle il atteignit ses formes les plus monumentales. On peut y distinguer :

  • La cavea (gradins), organisée en trois niveaux, qui pouvait accueillir environ 5 000 à 7 000 spectateurs, répartis selon leurs catégories sociales.

  • L’orchestre, semi-circulaire, avec un diamètre d’environ 22 à 29 m, autrefois pavé de marbre ou décoré d’opus sectile, parfois alimenté en eau pour des spectacles nautiques dans les époques tardives.

  • La scène (scaenae frons), richement décorée dans l’Antiquité avec des colonnes, niches, statues et marbres, offrant un arrière-plan architectural imposant typique des théâtres romains.

À proximité immédiate se trouve l’Odéon, un petit théâtre semi-circulaire d’une capacité d’environ 1 500 spectateurs, dédié à des représentations musicales, des concours de poésie ou peut-être des répétitions avant les spectacles principaux.

théâtre gréco-romain de Catane

Théâtre gréco-romain de Catane

Déclin et redécouverte

Avec la chute de l’Empire romain aux Vᵉ-VIᵉ siècles, le théâtre perdit progressivement sa fonction. Au fil des siècles, il fut partiellement abandonné, pillé et intégré à l’urbanisme médiéval et moderne. Une grande partie des marbres décoratifs fut réutilisée, notamment pour la construction de la Cathédrale de Sant’Agata.

Au XVIIIᵉ siècle, sous l’impulsion du prince Ignazio Paternò di Biscari, les premières fouilles commencèrent, révélant des parties du monument enfouies sous des habitations. D’autres campagnes archéologiques majeures eurent lieu au XIXᵉ et au XXᵉ siècle, révélant progressivement la struttura et permettant d’apprécier ses dimensions originales.

Archéologie et conservation

L’étude archéologique du théâtre a mis en lumière une histoire complexe de transformations architecturales, reflétant les goûts et les besoins de plusieurs époques : grecque classique, impériale romaine, tardive, puis médiévale. Ces investigations ont permis de comprendre comment l’espace théâtral s’est adapté au fil du temps, intégrant parfois des structures hydrauliques ou des aménagements de scène sophistiqués.

Aujourd’hui, le théâtre, en grande partie dégagé, constitue un témoignage majeur de l’histoire culturelle de Catane, et ses vestiges continuent d’être étudiés et protégés dans le cadre du parc archéologique gréco-romain de la ville.

Retenons que :

Le théâtre de Catane est un site archéologique emblématique illustrant l’évolution de la ville — de sa fondation grecque à son intégration dans l’Empire romain, jusqu’à sa redécouverte moderne. Sa structure, résultat de nombreuses phases constructives, témoigne à la fois de l’architecture antique et des pratiques sociales et culturelles liées au spectacle dans l’Antiquité.

  Signaler un problème – Report a problem 
Eschilo – Eschyle – Eschilo – Eschyle – théâtre gréco-romain de Catane – théâtre gréco-romain de Catane – théâtre gréco-romain de Catane
Interroger l’IA sur cet article
pages ( 2 de 2 ): « Précédent1 2

A propos Frank César LOVISOLO

Compositeur – Artiste multimédia – Ingénieur du son, actuellement chargé de cours à l’Université de Toulon depuis 2010. Compositeur de musiques actuelles. Photographie & Art numérique visuel. Vidéaste d’art.
Lien pour marque-pages : Permaliens.

4 Commentaires

  1. Théodore Anagnos

    Ce qui frappe d’emblée dans cette page, c’est le refus de toute condescendance pédagogique. L’auteur ne fait pas la leçon sur Eschyle, il raconte comment il l’a rencontré, enfant, derrière un téléviseur, assommé par les masques du téléfilm de Jean Prat et la musique de Jean Prodromidès. Ce geste autobiographique, loin d’être une digression narcissique, fonde quelque chose d’essentiel : la légitimité sensible du propos. On ne parle bien d’une œuvre qu’à partir du moment précis où elle vous a saisi.

    La mort d’Eschyle telle que la rapporte Valère Maxime, un aigle, une tortue, un crâne chauve confondu avec un rocher, est convoquée sans ironie facile. Frank César Lovisolo la cite et passe, laissant résonner l’absurde dans toute sa gravité. Il y a là une pudeur que l’on apprécie : la mort du père de la tragédie est elle-même tragiquement comique, et ce n’est pas au commentateur de le souligner à grands traits.

    La partie centrale, consacrée à la genèse musicale, est peut-être la plus singulière. L’idée de frapper par mégarde une rampe d’escalier dans les coursives du théâtre gréco-romain de Catane et d’en faire le matériau sonore principal d’une composition, c’est une démarche qui dit quelque chose de profond sur la relation entre le lieu et l’œuvre. Le théâtre n’est pas ici un décor ni une inspiration vague : il est littéralement la matière. Les pierres parlent, encore, et l’ingénieur du son leur tend son microphone.

    On pourrait toutefois s’interroger sur la composition elle-même, que l’on entend à l’état d’extrait. La clarinette basse et la contrebasse jouée à l’archet dessinent une tension intéressante, mais les deux métronomes aléatoirement décalés semblent parfois briser l’élan onirique que le titre promet. Le rêve d’Eschyle méritait peut-être un espace plus continu, moins heurté, à moins que cette friction ne soit précisément l’image sonore de la pensée dramaturgique du Grec, toujours en déséquilibre entre l’ordre divin et le désordre humain.

    Quant aux photographies du théâtre, elles témoignent d’un vrai sens de la lumière méditerranéenne, cette façon de faire coexister l’ombre et l’éblouissement sans forcer la symbolique. L’image du Prométhée enchaîné de Nicolas Sébastien Adam, convoquée en regard, crée un écho sculptural juste, sans que le rapprochement soit trop ostensible.

    Un article qui donne envie de traverser la Sicile avec un enregistreur dans le sac.

    • Théodore Anagnos,

      Votre lecture me touche précisément là où je ne l’attendais pas : dans ce geste autobiographique que vous qualifiez de « légitimité sensible ». C’est une formule juste. On n’écrit pas sur une œuvre — on écrit depuis elle, depuis le moment exact où elle vous a atteint. Jean Prat et Prodromidès, un soir de télévision, ont fait irruption dans mon enfance bien avant que je ne susse le nom d’Eschyle. C’est cela, finalement, que j’ai voulu restituer.
      Sur la mort de l’Aischylos — je partage entièrement votre réserve sur le commentaire à grands traits. La mort absurde d’un homme qui avait mis en scène la démesure de toute une civilisation parle d’elle-même. Valère Maxime l’a compris, Pline également. On n’y ajoute rien sans l’appauvrir.
      Votre réserve sur les métronomes décalés est honnête, et je la reçois comme telle. Mais je vous avoue que c’est précisément cette friction que je cherchais — non pas l’illustration d’un rêve apaisé, mais la texture d’une pensée en travail, celle d’un dramaturge qui n’a jamais cessé de tenir ensemble deux forces contradictoires. L’hybris n’est pas un état serein.
      Quant à la rampe d’escalier : c’est elle qui a tout décidé. Le lieu avait quelque chose à dire — il suffisait de l’écouter.
      Traversez la Sicile, effectivement. Et prenez un enregistreur.

  2. Je suis toujours impressionnée par la magnificence des œuvres antiques et par ces hommes qui, par leur talent ont su laisser leur nom à la postérité.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.