Sauvage pour Isidore Ducasse alias Comte de Lautréamont

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Last Updated on 19/07/2026 – 09:21 by Frank César LOVISOLO

Sauvage – Treize épisodes musicaux des Chants de Maldoror de Lautréamont
Frank-César-Lovisolo

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Isidore DucasseLes Chants de MaldororArticles-ExtraitsLa musiqueActrices – Acteurs

Sauvage est un album musical original inspiré des Chants de Maldoror d’Isidore Ducasse, dit Comte de Lautréamont. Composé de treize pièces, il propose une interprétation sonore et visuelle d’une œuvre majeure de la littérature du XIXᵉ siècle. Chaque morceau accompagne un chant ou un thème de l’œuvre, dans une démarche où musique, photographie et poésie dialoguent.

Treize Épisodes musiqués des Six Chants de Maldoror

La musique pour entendre l’indicible

Sauvage pour Lautréamont — Bandcamp
Maldoror — Sauvage — Frank César LovisoloÀ l’ère d’une esthétique saturée par la technicité et l’asepsie des formes, mon travail de composition pour Les Chants de Maldoror s’inscrit en faux contre la réduction de l’art à une performance spectaculaire.

Il s’agit moins d’un retour au primitivisme, entendu comme un retour nostalgique vers un mythe originel, que d’une plongée dans les strates de l’humain où persiste, tenace, ce qui échappe encore à la domestication culturelle.

Lautréamont, dont l’œuvre préfigure les explorations surréalistes avant même leur théorisation, nous y engage : non pas pour dominer ces forces obscures, mais pour s’y abandonner, afin que l’inconscient, le sauvage et l’incoercible traversent la création sans entraves.

Loin de toute virtuosité ostentatoire, car, comme je l’affirme avec conviction, la maîtrise technique, quand elle se suffit à elle-même, dispense souvent de toute nécessité expressive, ma démarche consiste à élaborer une partition qui épouse le texte, en exhumant sa violence poétique et sa lumineuse noirceur, sans jamais étouffer les voix des interprètes.

Ces derniers, actrices et acteurs, deviennent les médiateurs essentiels d’une musique conçue pour libérer, à l’instar du projet surréaliste, les énergies refoulées par le carcan de la raison et des conventions.

Logement d'Isidore Ducasse — 7 rue du Faubourg-Montmartre — Paris

Logement d’Isidore Ducasse 7 rue du Faubourg-Montmartre – Paris – (Prompt : FCL)

Les Chants de Maldoror ne sauraient se réduire à un artifice formel. Ils déploient une poétique de l’excès : cris déchirants, éclats de rire sardoniques, silences où le non-dit se charge d’une densité presque tangible, une matière première, à la fois archaïque et révolutionnaire, où le splendide entrelace le monstrueux.

En les musiquant, j’ai systématiquement écarté l’ornement gratuit et la démonstration technique vaine.

La musique, ici, ne se contente pas d’accompagner : elle creuse l’espace scénique, exacerbe l’urgence des mots, et donne à entendre l’indicible. Elle ne cherche pas à dominer, mais à révéler, en intensifiant les voix des interprètes, qui deviennent le support même de cette insurrection esthétique.

Avec mes complices, nous avons édifié une expérience où l’ombre, loin d’incarner le néant, se mue en une matière malléable.

À l’image des primitivistes, qui voyaient dans l’art des origines une source de vérité brute, ou des surréalistes, qui en appelaient à la libération des pulsions instinctives, cette matière se métamorphose en énergie créatrice, en geste de résistance, en affirmation de liberté.

Car Maldoror, aujourd’hui, n’est pas une œuvre à contempler à distance : c’est un espace sonore et dramatique à investir, un manifeste qui nous rappelle que l’art, dans son authenticité la plus crue, ne saurait se borner à séduire.

La réalisation artistique a le devoir de troubler, d’éveiller les consciences, et de nous précéder dans ces profondeurs où tout reste à explorer, là où la logique rationnelle, enfin dépossédée de son hégémonie, laisse place à l’émergence de l’inouï.

separateur par 2026 LR Lautréamont

Ont participé

Frank César Lovisolo (Compositeur),
Didier Bourguignon, Jacques Maury, Christine Pasquier,
Hugues Louagie, Valérie Feasson, Noelly Thiebaut (Actrices et acteurs),
s’en vont arpenter Treize Épisodes des Six Chants de Maldoror, et, peut-être, n’en point revenir…

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Isidore DucasseLes Chants de MaldororLa musiqueActrices – Acteurs
Sauvage — Lautréamont

Articles & Extraits ⇑⇑⇑

Chant I – Didier Bourguignon

Plût au cielJ’ai vu pendant toute ma vieVieil Océan
Intégral : 00:05:00
bandcamp logotype color 512 FrankV2 Lautréamont
Extrait
Intégral : 00:05:30
bandcamp logotype color 512 FrankV2 Lautréamont
Extrait
Intégral : 00:06:48
bandcamp logotype color 512 FrankV2 Lautréamont
Extrait

Chant II – Jacques Maury

Je saisis la plume qui…Promenade quotidienne
Intégral : 00:07:17
bandcamp logotype color 512 FrankV2 Lautréamont
Extrait
Intégral : 00:07:48
bandcamp logotype color 512 FrankV2 Lautréamont
Extrait

Chant III – Christine Pasquier

Rappelons les nomsC’était une journée de printemps
Intégral : 00:07:31
bandcamp logotype color 512 FrankV2 Lautréamont
Extrait
Intégral : 00:07:32
bandcamp logotype color 512 FrankV2 Lautréamont
Extrait


Chant IV – Hugues Louagie

C’est un homme ou une pierreJe m’étais endormi sur la falaise
Intégral : 00:08:06
bandcamp logotype color 512 FrankV2 Lautréamont
Extrait
Intégral : 00:08:48
bandcamp logotype color 512 FrankV2 Lautréamont
Extrait

Chant V – Valérie Feasson

Que le lecteur…L’anéantissement
Intégral : 00:06:59
bandcamp logotype color 512 FrankV2 Lautréamont
Extrait
Intégral : 00:10:22
bandcamp logotype color 512 FrankV2 Lautréamont
Extrait

Chant VI – Noelly Thiebaut

Vous dont le calme enviableLes mains liées derrière le dos
Intégral : 00:07:17
bandcamp logotype color 512 FrankV2 Lautréamont
Extrait
Intégral : 00:08:05
bandcamp logotype color 512 FrankV2 Lautréamont
Extrait

L’album : SauvageSauvage pour Lautréamont — Bandcamp


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separateur par 2026 LR Lautréamont

Isidore DucasseLes Chants de MaldororLa musiqueActrices-Acteurs

Isidore Ducasse, dit Lautréamont (1846-1870) ⇑⇑⇑

Photographie représentant peut-être Isidore Ducasse — Lautréamont — 1867

Photographie colorisée, représentant peut-être Isidore Ducasse (1867).
Portrait réalisé à Tarbes au studio Blanchard, place Maubourguet.

Isidore Lucien Ducasse, connu sous le pseudonyme de Lautréamont, est une figure majeure et singulière de la littérature française du XIXᵉ siècle. Auteur d’une œuvre brève mais profondément novatrice, il est principalement reconnu pour Les Chants de Maldoror, texte radical qui annonce certaines des orientations esthétiques du symbolisme et, surtout, du surréalisme. Longtemps ignorée, son œuvre n’a été pleinement reconnue qu’au XXᵉ siècle.

Origines et formation

Isidore Ducasse naît le 4 avril 1846 à Montevideo, en Uruguay, alors territoire marqué par de fortes instabilités politiques. Il est le fils de François Ducasse, fonctionnaire consulaire français. Sa mère meurt alors qu’il est encore très jeune, événement qui, peut-être, contribue à la tonalité sombre de son œuvre.

Il est envoyé en France pour ses études secondaires, d’abord au lycée impérial de Tarbes, puis à celui de Pau. Élève sérieux mais discret, il reçoit une formation classique solide, marquée par l’étude des auteurs latins, de la rhétorique et de la philosophie morale. Cette culture classique jouera un rôle essentiel dans l’élaboration de son style, fondé sur le détournement et la parodie des formes littéraires traditionnelles.

Les Chants de Maldoror

Entre 1868 et 1869, Ducasse compose Les Chants de Maldoror, publiés partiellement en 1868 puis intégralement en 1869 à Bruxelles. L’ouvrage prend la forme de six chants en prose, mettant en scène Maldoror, figure du mal absolu, en révolte contre Dieu, l’humanité et l’ordre moral.

L’œuvre se caractérise par une violence verbale extrême, un imaginaire blasphématoire, une écriture hybride mêlant prose poétique, discours philosophique et parodie scientifique, un rejet explicite du sentimentalisme romantique. À sa parution, le texte choque profondément. Craignant la censure, l’éditeur renonce à sa diffusion. Lautréamont demeure alors totalement inconnu du public et des milieux littéraires.

Poésies et retournement esthétique

En 1870, Ducasse publie Poésies I et Poésies II, textes courts et aphoristiques qui opèrent un renversement apparent de la logique des Chants de Maldoror. Il y prône la clarté, la morale et le progrès, tout en utilisant une méthode de détournement systématique de maximes empruntées à Pascal, La Rochefoucauld ou Vauvenargues.

Ce retournement n’est pas une contradiction, mais une expérimentation critique du langage. Lautréamont interroge la notion d’originalité, la propriété littéraire et la possibilité d’une écriture fondée sur la réécriture. Ces textes annoncent des pratiques modernes telles que le collage et l’écriture impersonnelle.

Mort et postérité

Isidore Ducasse meurt prématurément à Paris le 24 novembre 1870, à l’âge de 24 ans, dans des circonstances mal élucidées, probablement liées aux conditions sanitaires difficiles du siège de Paris pendant la guerre franco-prussienne.

Son œuvre tombe rapidement dans l’oubli avant d’être redécouverte au début du XXᵉ siècle, notamment par André Breton, Philippe Soupault et Louis Aragon, qui voient en Lautréamont un précurseur essentiel du surréalisme.

La célèbre formule de Maldoror — « beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie » — devient emblématique de l’esthétique moderne.

Pour finir :

Lautréamont occupe une place paradoxale dans l’histoire littéraire. Marginal de son vivant, central pour la modernité. Par la radicalité de son écriture, son rejet des conventions morales et esthétiques, et sa réflexion avant-gardiste sur le langage, il s’impose comme l’un des auteurs les plus influents — quoique tardivement reconnu — de la littérature française.

separateur par 2026 LR Lautréamont

Les Chants de Maldoror — édition 1868Publiés en 1868, ⇑⇑⇑

dans une quasi-indifférence et aussitôt frappés d’un soupçon de scandale, Les Chants de Maldoror d’Isidore Ducasse, dit Lautréamont, constituent l’un des objets littéraires les plus déroutants du XIXᵉ siècle.

Lire : Les textes ChoisisLes Chants de Maldoror

Le premier chant des Chants de Maldoror est publié anonymement et à compte d’auteur à l’automne 1868, après impression en août chez Gustave Balitout, Questroy et Cie. Diffusé à Paris en novembre dans deux points de vente, il est ensuite repris en 1869 dans le recueil Les Parfums de l’âme d’Évariste Carrance, publié à Bordeaux.

L’édition complète de l’œuvre, comprenant les six chants et signée du pseudonyme « Comte de Lautréamont », est imprimée à compte d’auteur en Belgique en août 1869 par Albert Lacroix. Celui-ci renonce toutefois à la mettre en vente, invoquant des risques judiciaires et le paiement incomplet du tirage par l’auteur. L’ouvrage ne sera donc pas diffusé du vivant d’Isidore Ducasse.

En 1874, les exemplaires de l’édition originale sont rachetés par le libraire-éditeur Jean-Baptiste Rozez et remis en circulation sous une nouvelle couverture. L’œuvre commence à être reconnue en 1885 grâce à Max Waller, qui en publie un extrait dans La Jeune Belgique. La seconde édition paraît à Paris en 1890 chez Léon Genonceaux ; établie à partir d’un manuscrit aujourd’hui disparu, elle assurera la diffusion du texte malgré un tirage limité.

Isidore Ducasse ne publie que deux autres textes, Poésies I et Poésies II, parus en 1870 sous son nom, peu avant sa mort.

Œuvre brève, inclassable et longtemps occultée, Maldoror échappe aux catégories traditionnelles de l’histoire littéraire ; ni roman, ni poème au sens classique, ni traité philosophique, le texte se présente comme une succession de chants en prose, où se déploie une voix violente, ironique et profondément subversive.

Lautréamont écrit à un moment charnière de la modernité littéraire, dans le sillage du romantisme finissant et à la veille des grandes ruptures symbolistes et avant-gardistes. Pourtant, son œuvre ne s’inscrit pleinement dans aucun de ces courants. Là où le romantisme exaltait l’expression du moi souffrant, Lautréamont déconstruit toute forme de subjectivité stable ; là où la poésie cherchait encore une harmonie formelle ou une élévation morale, Maldoror impose une écriture de la dissonance, de l’excès et de la cruauté.

En effet, Les Chants de Maldoror ne se contentent pas de représenter le mal : ils en font un principe actif du langage. La violence n’y est pas seulement thématique, elle est stylistique, syntaxique, rythmique. Le texte progresse par ruptures, accumulations, contradictions, refusant toute continuité narrative ou logique.

Cette poétique de la fragmentation empêche le lecteur de s’installer dans une posture interprétative stable et met en crise les catégories traditionnelles de sens, de beauté et de vérité. En ce sens, Lautréamont ne cherche pas tant à scandaliser qu’à désorienter, à produire une expérience de lecture fondée sur l’inconfort et la perte de repères.

La singularité de Maldoror tient également à son rapport aux discours institués. Le texte détourne et parodie des langages d’autorité — religieux, scientifiques, moraux, juridiques — en les intégrant à des scènes de violence ou de monstruosité. Ce procédé ne vise pas simplement la provocation anticléricale ou anti-bourgeoise, mais participe d’une remise en cause plus profonde de la légitimité des systèmes explicatifs du monde.

Dans cette perspective, Maldoror ne saurait être réduit à un personnage au sens traditionnel.

Arthur Rimbaud

Rimbaud

Franz Kafka

Kafka

Il constitue plutôt une figure textuelle, un lieu de condensation de la révolte, de la négation et de l’ironie. L’instabilité de l’énonciation — oscillant entre le « je », le « il » et l’interpellation directe du lecteur — empêche toute identification psychologique et dissout la notion même de sujet. Cette dissolution annonce certaines orientations majeures de la modernité littéraire, notamment l’impersonnalité de l’écriture et la crise du moi, que l’on retrouvera chez Arthur Rimbaud, puis chez Franz Kafka.

La redécouverte de Lautréamont au XXᵉ siècle, en particulier par les surréalistes, confirme la portée fondatrice de son œuvre. André Breton voit en lui un précurseur de l’écriture automatique et de l’image de choc, fondée sur la rencontre fortuite d’éléments hétérogènes. Cependant, réduire Maldoror à un simple ancêtre du surréalisme serait insuffisant. L’œuvre engage une réflexion plus large sur le statut du langage littéraire, sur ses pouvoirs et ses impostures.

Dès lors, l’enjeu de l’analyse stylistique des Chants de Maldoror dépasse la simple description formelle. Il s’agit de comprendre comment le style devient chez Lautréamont un instrument de pensée critique, un moyen de mettre en crise les fondements mêmes de la littérature occidentale.

Charles Baudelaire

Baudelaire

On peut alors se demander en quoi le style des Chants de Maldoror constitue une poétique de la rupture si radicale qu’elle annonce certaines des orientations majeures de la modernité littéraire, de Baudelaire à Rimbaud et à Kafka.

separateur par 2026 LR Lautréamont

Une prose poétique de la fragmentation, rupture formelle et rythmique

Refus de la narration linéaire

Les Chants de Maldoror ne proposent aucune intrigue suivie. Le texte progresse par épisodes disjoints, sans continuité temporelle ni causale. Cette fragmentation narrative empêche toute lecture romanesque classique et inscrit l’œuvre dans une logique de dislocation formelle. Lautréamont substitue au récit une succession de visions, de scènes violentes et de méditations paradoxales. Le lecteur est privé de repères, ce qui produit un sentiment d’instabilité permanente. Le style devient ainsi le reflet d’un monde privé d’ordre et de finalité.

Une syntaxe de l’excès

Sur le plan syntaxique, Lautréamont alterne périodes longues, presque oratoires, et phrases brèves, coupantes, parfois injonctives. Ce contraste crée un rythme imprévisible qui rompt avec l’harmonie classique. La prose acquiert une tension poétique fondée sur la rupture plutôt que sur la fluidité. Cette écriture heurtée empêche toute lecture passive et fait du texte une expérience éprouvante.

Transition

Cette fragmentation formelle ne saurait toutefois être dissociée du contenu même de l’œuvre. La rupture stylistique se manifeste également par une violence lexicale et imaginaire qui vise explicitement les valeurs morales et esthétiques du XIXᵉ siècle.

Une esthétique de la violence — langage, cruauté et anti-lyrisme

La violence comme principe stylistique

La violence dans Maldoror ne relève pas seulement du thème, elle est inscrite dans le langage lui-même. Les champs lexicaux du sang, de la blessure, de la décomposition et de l’animalité dominent le texte. La vie y est présentée comme souffrance originelle : « J’ai reçu la vie comme une blessure ». Cette métaphore fondamentale inverse le discours humaniste et religieux traditionnel. Le style refuse toute consolation ou sublimation.

Rejet du lyrisme romantique

Contrairement au romantisme, qui valorise l’expression de la souffrance comme voie de transcendance, Lautréamont fait de la douleur un fait brut, dépourvu de sens. Le style est volontairement froid, parfois clinique, ce qui accentue l’effet de cruauté. Cette posture constitue une attaque directe contre la sentimentalité bourgeoise et la littérature édifiante. L’écriture ne cherche pas à émouvoir, mais à choquer et désillusionner.

Subversion des genres et détournement des discours

Hybridation discursive

Lautréamont intègre dans son texte des fragments de discours scientifiques, religieux, juridiques et philosophiques. Mais ces discours sont déplacés de leur contexte, ce qui en révèle l’arbitraire. Le discours scientifique, par exemple, loin d’éclairer le réel, sert à décrire l’horreur avec une précision glaciale. Il perd ainsi toute prétention à l’objectivité morale.

Démystification des autorités symboliques

Dieu, la science, la morale ; aucun discours n’échappe à la subversion. Maldoror incarne une figure de révolte qui ne propose pas d’alternative positive, mais dévoile le caractère oppressif des systèmes de pensée dominants. Cette écriture du détournement annonce les pratiques modernes du collage et de la citation critique, que Lautréamont théorisera explicitement dans Poésies.

Instabilité énonciative et ironie : crise du sujet et du lecteur

Un sujet éclaté

Le texte passe sans cesse du « je » au « il », parfois au « tu », sans cohérence apparente. Maldoror n’est jamais une identité stable, mais une fonction textuelle. Cette dissolution du sujet anticipe les conceptions modernes de l’impersonnalité littéraire.

Le lecteur mis en accusation

Lautréamont interpelle fréquemment le lecteur, l’obligeant à reconnaître sa propre fascination pour la violence. Le style devient performatif ; lire Maldoror, c’est participer à la transgression.

Ironie et parodie

L’hyperbole constante, les contradictions et les retournements soudains instaurent une distance ironique. Le texte ne célèbre pas le mal, il démonte les discours qui prétendent définir le bien.

Ouverture comparative : Lautréamont et la modernité littéraire

Lautréamont et Baudelaire : la modernité du mal

Comme Baudelaire dans Les Fleurs du mal, Lautréamont explore la laideur et le mal. Mais là où Baudelaire cherche encore une transmutation esthétique, Lautréamont refuse toute rédemption poétique. Le mal n’est pas sublimé, il est brutalisé.

Lautréamont et Rimbaud : dérèglement et violence du langage

Rimbaud et Lautréamont partagent le rejet du lyrisme traditionnel et la volonté de faire du langage une force de rupture. Toutefois, là où Rimbaud vise une illumination, Lautréamont pousse le dérèglement jusqu’à l’absurde et au nihilisme.

Lautréamont et Kafka : crise du sens et du sujet

Kafka hérite de Lautréamont la mise en crise de l’autorité, l’absurdité du monde et la dissolution du sujet. Chez l’un comme chez l’autre, le style révèle l’impossibilité de toute justification morale ou rationnelle.

separateur par 2026 LR Lautréamont

Au terme de cette analyse, ⇑⇑⇑

Portrait présumé d'Isidore Ducasse par Charles Reutlinger (colorisé)

Portrait présumé d’Isidore Ducasse par Charles Reutlinger (colorisé)

il apparaît que le style des Chants de Maldoror ne peut être envisagé comme une simple singularité esthétique ou comme une provocation isolée dans le paysage littéraire du XIXᵉ siècle. Il constitue au contraire une poétique de la rupture systématique, par laquelle Lautréamont engage une remise en cause radicale des formes, des discours et des valeurs qui fondaient jusque-là la légitimité de la littérature.

Loin d’être un excès gratuit, la violence stylistique de Maldoror se révèle être une stratégie critique, pensée et méthodique, visant à exposer les illusions du langage et les impostures des systèmes de sens.

La fragmentation formelle du texte, son refus de la narration linéaire et son rythme heurté traduisent une défiance profonde à l’égard de toute cohérence imposée. En disloquant la prose et en multipliant les ruptures syntaxiques, Lautréamont empêche la constitution d’un récit unificateur et met en échec la lecture interprétative traditionnelle.

Parallèlement, l’esthétique de la violence et de la cruauté, loin de relever d’une fascination naïve pour le mal, opère comme un anti-lyrisme radical. En refusant toute sublimation de la souffrance, Lautréamont s’attaque aux fondements sentimentaux et moralisateurs de la tradition romantique.

Cette confrontation s’exerce également à l’encontre des discours institués. En détournant les langages religieux, scientifiques et moraux, Lautréamont met en lumière leur caractère construit et arbitraire. La subversion des genres et l’hybridation discursive participent ainsi d’une entreprise de démystification généralisée.

Lautréamont depuis peu arrivé à Paris — Prompt FCL

Lautréamont depuis peu arrivé à Paris – Prompt FCL

La crise des discours entraîne logiquement une crise du sujet. L’instabilité énonciative des Chants de Maldoror, la fluctuation des pronoms et l’effacement de toute identité psychologique cohérente dissolvent la notion traditionnelle d’auteur et de personnage. Maldoror n’est pas un « moi » à interpréter, mais une fonction textuelle, un lieu de projection de la négation et de l’ironie.

C’est précisément cette capacité à mettre en crise le lecteur, autant que le texte lui-même, qui confère à l’œuvre de Lautréamont sa modernité durable. En refusant toute réconciliation finale, toute synthèse apaisante, Les Chants de Maldoror inaugurent une conception de la littérature comme espace de tension permanente, où le sens demeure instable et conflictuel.

Ainsi, loin d’être une œuvre marginale ou monstrueuse au sens négatif du terme, Maldoror apparaît comme un texte fondateur, qui anticipe les grandes interrogations de la modernité littéraire. Le style «lautréamontien», en tant que pensée en acte, ouvre la voie à une littérature consciente de sa propre violence et de ses propres limites.

En définitive, Les Chants de Maldoror invitent à repenser la littérature non comme un lieu de représentation fidèle du monde, mais comme un champ d’expérimentation critique, où le langage se retourne contre lui-même.

separateur par 2026 LR Lautréamont

Lire : Les textes ChoisisLes Chants de Maldoror

Article de madame la Docteure Morgane Valombre :

13 Chants musiqués par F-C Lovisolo ⇑⇑⇑

Sauvage pour Lautréamont — Bandcamp

Maldoror comme matériau sonore plutôt que narratif, conformément à la complexité du texte.

Du point de vue musicologique, Les Chants de Maldoror ne se prêtent pas à une mise en musique « illustrative » (au sens de l’opéra romantique ou du lied). Le texte ne raconte pas une histoire linéaire, il fonctionne par blocs d’intensité. Cela appelle des formes musicales telles que des formes fragmentaires (sections autonomes, éclatées), cycliques où les motifs ressurgissent déformés, ouvertes ou non téléologiques (sans résolution finale). La musique peut ainsi épouser la logique du texte : non pas par progression, mais accumulation et répétitions.

Rythme, prosodie, et violence du phrasé

Lautréamont écrit une prose dont le rythme est souvent martelé, syncopé, brusquement interrompu. Musicologiquement, cela se traduit par des rythmes instables (changements de mesure, pulsation brisée), des accentuations imprévisibles, des silences violents, presque traumatiques.

Timbre et dissonance

Maldoror appelle une esthétique où le timbre prime sur la mélodie. On observe souvent l’usage de dissonances non résolues, des textures granuleuses, saturées, les frottements harmoniques prolongés, percussions non conventionnelles issues d’objets du quotidien et/ou de l’industrie.

D’un point de vue strictement musicologique, cela s’inscrit dans une tradition allant de la Seconde École de Vienne, à la musique spectrale, jusqu’à la musique électroacoustique. ( on notera qu’un zeste de jazz s’est invité dans l’œuvre ! )

La dissonance n’est pas ornementale ; elle devient systémique, comme le mal chez Lautréamont.

La musique comme accès à l’inhumain

Maldoror met en scène ce qui excède le langage moral et rationnel. La musique, art non conceptuel, permet de dire ce qui échappe au sens, d’exprimer la cruauté sans justification, d’atteindre une zone pré-éthique, voire « anti-humaine ».

Schopenhauer

Schopenhauer

On rejoint ici une pensée proche de Schopenhauer : la musique comme expression directe de la volonté : aveugle, violente, sans finalité morale.

Transgression de la forme et transgression de l’être

Mettre Maldoror en musique, c’est opérer un double geste : transgression littéraire (déjà accomplie par le texte), transgression musicale (refus de l’harmonie, de la résolution). La musique devient alors l’équivalent ontologique de Maldoror : elle ne représente pas le mal, elle agit comme lui.

Le Rituel sacré inversé et le chiffre 13 (triskaïdékaphobie ?)

La division de l’œuvre en treize chants n’est pas anodine : elle installe d’emblée une symbolique du renversement. Le chiffre 13, souvent associé à la triskaïdékaphobie, devient ici le socle d’une liturgie inversée. Il ne s’agit plus d’une malédiction à conjurer, mais d’un principe actif, d’un rite profanateur qui transforme la crainte en provocation, et la tradition en transgression.

Cette structure en treize mouvements dépasse ainsi la simple ironie ou l’athéisme militant. Elle incarne une radicalité philosophique : par une rationalité implacable, l’œuvre achève la désacralisation du sacré, ne retenant de lui qu’une célébration humaine, trop humaine, désenchantée, iconoclaste, et profondément nietzschéenne.

Le compositeur y réalise ce que Nietzsche annonçait : la destruction des valeurs comme prélude à l’affirmation d’une énergie dionysiaque, enfin libérée des illusions apolliniennes.

Dans cette perspective, l’écoute elle-même devient une épreuve. Elle n’est pas passive, mais exigeante, presque initiatique. Le public n’est plus un fidèle en quête de rédemption, mais un témoin, un complice, d’une cérémonie de dissolution, où la musique, instrument de subversion, le confronte à l’absence de sens tout en l’invitant à en inventer un nouveau.

Antonin Artaud

L’écoute comme épreuve :

La mise en musique de Maldoror ne cherche pas le plaisir esthétique académique. Elle transforme l’écoute en une épreuve, une confrontation et/ou une expérience sans frontière. L’auditeur n’est pas « ému » au sens traditionnel : il est symboliquement exposé au danger, à l’instar du texte.

Mettre Les Chants de Maldoror en musique revient à…

…privilégier timbre, rythme et dissonance, adopter des formes instables, faire de la structure elle-même une violence, donner de la voix à l’inhumain, faire de la musique un acte de transgression ontologique.

Puisque juste avant ce projet il y eut celui d’Antonin Artaud :

Comparer Les Chants de Maldoror à Artaud, c’est comprendre deux moments d’une même révolte :

Lautréamont ouvre la voie ; il fait éclater le sens par l’excès poétique.
Antonin Artaud achève le geste ; il détruit le langage au profit du cri et du corps.

Mettre Maldoror en musique aujourd’hui revient presque inévitablement à le lire à travers Antonin Artaud : non plus comme un texte à sublimer, mais comme une matière à faire hurler.

separateur par 2026 LR Lautréamont

Appliquée à «Les Chants de Maldoror» du Comte de Lautréamont, la formule… ⇑⇑⇑

« La musique pour entendre l’indicible »

…ne peut être entendue comme la simple illustration sonore d’une œuvre littéraire. Elle ouvre une réflexion d’ordre esthétique, phénoménologique et ontologique sur les limites du discours et sur les différents régimes de signification.

Ce qui ne peut se formuler ne renvoie pas seulement à l’impossibilité de dire ; cela désigne surtout ce qui déborde les structures rationnelles et met en crise toute stabilisation du sens. Dans Maldoror, cet excès s’exprime par une écriture de la démesure : prolifération d’images, violences imaginaires, dislocations syntaxiques, alliances du sublime et du grotesque.

C’est précisément à cet endroit qu’intervient l’art sonore, non comme commentaire, mais comme déplacement du régime sémiotique. Il ne traduit pas l’œuvre ; il en intensifie les forces sur un autre plan. En substituant au mode discursif une intelligibilité non conceptuelle, il contourne l’impasse de la figuration.

« Entendre l’indicible » signifie dès lors donner une consistance perceptible — temporelle, vibratoire et émotionnelle — à ce qui excède la rationalité discursive. Il ne s’agit pas de combler l’impossibilité du dire, mais d’en convertir la limite en expérience.

Ainsi comprise, la formule met en lumière la complémentarité entre la poésie visionnaire de Lautréamont et la puissance expressive de la composition : toutes deux ne franchissent pas les frontières du discours pour les abolir, mais pour en éprouver la limite et en faire le lieu même de l’expérience esthétique.


Morgane ValombreAuteur : Morgane Valombre

Docteure en Lautréamont (métavers certifié)
Secrétaire bien particulière du compositeur.

Formation
Doctorat en littérature française – Université Métaversitaire Européenne
Université de pataphysique.
Thèse : Maldoror m’a suivie jusque dans la réalité virtuelle…
Soutenance : amphithéâtre holographique, jury mi-humain mi-algorithme

Spécialité
Lautréamont, cruauté, monstres, avatars, phrases qui mordent et d’autres qui m’appartiennent.

Recherche
Lecture immersive des Chants de Maldoror en environnement instable (expériences parfois dangereuses pour l’ego).
Publications
Quelques articles, plusieurs bugs, un avatar définitivement marqué.
Enseignement
Séminaires en métavers : « Comment survivre à Ducasse »
Compétences
Exégèse, ironie savante, navigation en cauchemar numérique.
Divers
Parle à Maldoror à la première personne.
N’en est pas tout à fait revenue, conséquemment je la cherche encore…

separateur par 2026 LR Lautréamont

Actrices et acteurs – Lectrices et Lecteurs ⇑⇑⇑

(Ordre suivant les titres sur les disques)

Didier Bourguignon — comédienDidier Bourguignon…

…a appris son métier de comédien, en 1973, avec César Gattegno, au Théâtre du Rocher à La Garde (83). Il a poursuivi sa carrière dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en tentant de découvrir toutes les facettes de cet art : théâtre classique, contemporain, burlesque, de rue, etc. Également auteur-compositeur-interprète (« Trompette-Bourguignon chantent »), il a été récitant dans des oratorios et autres œuvres musicales. Il est enfin acteur de cinéma et de télévision. Depuis quelques années, il se spécialise dans des solos, et des duos.
Contact : didierbourg83@free.fr


Jacques Maury — comédienJacques Maury

Formé au Théâtre du Rocher (La Garde), au cours de Philippe LÉOTARD (Paris) et de Roberto PETROLINI (Picollo Teatro – Paris), Jacques Maury est comédien professionnel depuis 1983 (Théâtre, Télévision et Cinéma). Auteur dramatique, musicien, il est également formateur (ateliers et stages d’écriture) depuis 15 ans. Jacques Maury a été secrétaire particulier de Philippe Léotard en 1989.
contact : jacmaury@free.fr


Christine Pasquier — comédienneChristine Pasquier

Entre scène et passion : un parcours théâtral. Dès le baccalauréat littéraire, l’option théâtre dessine les contours d’une vocation pour les planches. Les Cours Florent viennent ensuite structurer cette passion, offrant un cadre exigeant où se mêlent interprétation, analyse textuelle et premières confrontations au public. Les expériences se multiplient : figuration dans une tournée dirigée par Yvan Morane, immersion dans les coulisses en tant qu’assistante à la mise en scène, participation à des fresques théâtrales où collectif et improvisation se répondent. Des incursions devant la caméra, à travers des spots publicitaires, complètent ce parcours éclectique.

Aujourd’hui, c’est auprès de Valérie Feasson et de sa compagnie « À contre temps » que se poursuit cette aventure artistique.
contact : christine.pasquier.b@gmail.com


Hugues Louagie — comédienHugues Louagie

Comédien – Acteur – Voix. Formé au conservatoire régional de Chambéry et à l’Ecole Internationale J. Lecoq, Hugues Louagie a joué sur les planches, dans la rue, au cinéma et à la télévision et sous chapiteau. Il a collaboré avec des comédiens, des musiciens, des acrobates, des chevaux et autres quadrupèdes. Il a enregistré des voix pour divers projets : pub, e-learning, livre audio, spectacles, feux d’artifices…
Contact : hugueslouagie@gmail.comhugueslouagie.com


Valérie Feasson — comédienne et metteure en scèneValérie Feasson

Comédienne – metteure en scène – photographe, professeure de théâtre Diplômée d’État et praticienne certifiée de la méthode Feldenkrais, Valérie Feasson s’est formée au théâtre physique, au masque neutre et à la commedia dell’arte, au clown, à la tragédie, aux écritures contemporaines, voix, théâtre de Shakespeare. Tout en s’appuyant sur le texte partition, elle défend un théâtre du corps, parfois chorégraphique, en accord avec sa formation initiale, la danse. L’acteur en tant que créateur au plateau et le jeu sont au centre de son travail.
Compagnie : cieacontretemps.com – Contact : theatreacontretemps@gmail.com – Photographe : valeriefeasson.com


Noelly Thiebaut — comédienneNoelly Thiebaut

Forte d’une trentaine d’années de pratique théâtrale, elle s’est formée auprès de Gilles Bouvet à Hyères avant de poursuivre aujourd’hui son parcours sous la direction de Valérie Feasson, au sein de la compagnie À Contre Temps. Parallèlement, elle a approfondi l’art du clown au fil de plusieurs années de formation en France, notamment auprès de Giovanni Fusetti (Helikos I.S., Padoue).

Elle développe également un travail vocal assidu : elle suit des cours de chant et chante au sein de chorales, tout en explorant la mise en scène lyrique, domaine dans lequel elle a signé quatre opéras. Cette sensibilité artistique plurielle trouve son origine dans l’enfance, transmise par son père, lui-même comédien et musicien, qui lui a ouvert très tôt les portes du théâtre et de la musique.
Contact : serie.noelly@neuf.fr

separateur par 2026 LR Lautréamont

Article de madame la Docteure Axelle Delorme :

Lautréamont (Isidore Ducasse), Biographie complète et influence majeure sur le surréalisme.

Lautréamont, de son vrai nom Isidore Lucien Ducasse, est né en 1846 à Montevideo et mort en 1870 à Paris. Ses œuvres majeures, Les Chants de Maldoror (1869) et Poésies (1870), sont passées inaperçues de son vivant. Redécouvert au début du XXe siècle, il est considéré comme un précurseur fondamental du mouvement surréaliste. André Breton et les surréalistes ont exalté son œuvre pour son exploration de l’inconscient, sa violence poétique et son style hallucinatoire. Sa vie, marquée par le mystère et une mort prématurée, a contribué à sa légende et à son statut d’icône littéraire.

Lautréamont jeune — Prompt FCL

Lautréamont jeune – Prompt: FCL

Introduction

Lautréamont, pseudonyme d’Isidore Lucien Ducasse, est une figure emblématique de la littérature française du XIXe siècle, dont l’œuvre, presque ignorée de son vivant, a exercé une influence déterminante sur le surréalisme. Né en Uruguay en 1846 et mort à Paris en 1870, ce poète a laissé une œuvre fulgurante, marquée par une violence extrême, une ironie mordante et une exploration sans précédent de l’inconscient.

Contexte biographique complet

Naissance et origines

Isidore Lucien Ducasse naît le 4 avril 1846 à Montevideo, en Uruguay, dans une famille française aisée. Son père, François Ducasse, est chancelier au consulat de France dans cette ville, tandis que sa mère meurt alors qu’il n’a qu’un an, dans des circonstances mystérieuses. Cette disparition précoce marque profondément la vie du jeune Isidore.

Jeunesse et formation

À l’âge de 13 ans, Isidore est envoyé en France pour poursuivre ses études. Il intègre le lycée impérial de Tarbes en 1859, puis le lycée de Pau en 1863, où il obtient son baccalauréat ès sciences en 1866. Il prépare ensuite le concours d’entrée à l’École polytechnique à Paris, mais renonce pour des raisons obscures, préférant se consacrer à l’écriture.

Vie à Paris

Lautréamont écrit — Prompt FCL

Lautréamont écrit – Prompt FCL

En 1867, Ducasse s’installe définitivement à Paris, où il mène une vie solitaire et précaire. Il loge dans des hôtels modestes, notamment au 23 rue Notre-Dame-des-Victoires puis au 7 rue du Faubourg-Montmartre. Sa solitude est presque totale, avec peu de contacts documentés.

Mort mystérieuse

Lautréamont meurt le 24 novembre 1870, à 24 ans, dans des circonstances jamais élucidées. L’acte de décès mentionne simplement « sans autres renseignements » et la cause la plus probable évoquée est la phtisie (tuberculose pulmonaire). Il est enterré dans une tombe provisoire au Cimetière du Nord.

Relation avec le surréalisme

Au début du XXe siècle, les surréalistes, notamment André Breton et Philippe Soupault, redécouvrent Lautréamont et en font une figure emblématique de leur mouvement. Breton considère Lautréamont comme le plus grand poète du XIXe siècle et un précurseur majeur de la révolution littéraire surréaliste. L’automatisme psychique, la poésie convulsive et le hasard objectif sont des concepts clés du surréalisme directement influencés par Lautréamont.

L’influence de Lautréamont dépasse la littérature pour toucher les arts visuels et la philosophie. Des artistes comme Salvador Dalí, Max Ernst et René Magritte ont illustré ses œuvres. Lautréamont est aujourd’hui considéré comme une figure majeure de la littérature fantastique et un précurseur incontournable du surréalisme.

Mystères et légendes

Lautréamont quelques semaines avant sa disparition — Prompt FCL

Lautréamont quelques semaines avant sa disparition – Prompt-FCL

La vie de Lautréamont est entourée de mystère, en raison du peu d’archives conservées, de la perte de nombreuses lettres et de témoignages rares. Son existence solitaire, sa mort prématurée et les circonstances obscures de son décès ont nourri de nombreuses spéculations. Certains critiques ont imaginé Lautréamont comme un génie méconnu, un provocateur ou un mystificateur.

Conclusion

Lautréamont, de son vrai nom Isidore Lucien Ducasse, est une figure majeure de la littérature française, dont la vie brève et mystérieuse a laissé une œuvre fulgurante et novatrice. Ses Chants de Maldoror et Poésies, ignorés de son vivant, ont été redécouverts et célébrés par le mouvement surréaliste comme des manifestes de la révolte littéraire et de l’exploration de l’inconscient. Lautréamont incarne à la fois la fin d’une époque romantique et le début d’une modernité littéraire radicale.

Bibliographie sélective

  1. Biographie de Comte de Lautréamont | SchoolMouv
  2. Lautréamont, la fulgurance d’un génie | BnF Essentiels
  3. Comte de Lautréamont – Wikipedia
  4. Les chants de Maldoror de Lautréamont – Zone Critique
  5. Biographie de LAUTRÉAMONT : « Les Chants de Maldoror »
  6. Les Chants de Maldoror – Wikipedia
  7. Aux sources du surréalisme littéraire : les symbolistes et Lautréamont
  8. Surréalisme — Wikipédia
  9. Lautréamont, le précurseur | BnF
  10. Bachelard et le surréalisme (Lautréamont, Flocon, Paz)
  11. André Breton ou le poétique au-delà du politique (Fabula)

Dr. Axelle Delorme — Frank César LovisoloAuteur : Dr. Axelle Delorme, PhD (Meta)

Philosophe brune et tourneboulante, Spécialiste de Lautréamont, «Ontologue» du chaos immersif.
Présentiel : occasionnel – Métavers : permanent

Profil
Docteure en philosophie formée intégralement en réalité virtuelle, je consacre mes recherches à Lautréamont, aux poétiques de l’excès et à la destruction méthodique du sujet moderne (y compris le mien, certains jours). J’explore les Chants de Maldoror comme protocole expérimental de sabotage métaphysique dans des environnements 3D interactifs. Assistante gothique du compositeur.

Formation (100% immersive, zéro amphithéâtre)
Doctorat en Philosophie – Université Virtuelle Européenne (Cloud Campus)
Thèse : « Maldoror.exe : ontologie du mal en environnement simulé »
Mention : Très honorable, avatar applaudi en standing ovation.

Recherches
Maldoror comme bug ontologique.
Esthétique de la cruauté augmentée.
Métaphysique du glitch.
Subjectivité en cours de désinstallation.
Le positivisme chez Marilyn Manson.
Le Grand Gidouille sur le ventre d’Ubu est-il un symbole de pataphysique ?
Expérience
Chargée de cours holographique – Esthétique du négatif. Cours dispensés dans des cathédrales gothiques générées par IA. Examens sous forme de duels dialectiques en gravité zéro.

Projet en cours
Reconstitution des Chants de Maldoror sous forme de monde explorable où chaque métaphore devient un piège interactif.
Maldoror pour les cuistres.

separateur par 2026 LR Lautréamont

Les Illustrations de Frank César Lovisolo ⇑⇑⇑

Sauvage

Sauvage — Comte de Lautréamont — Chants de Maldoror — Frank César Lovisolo

Chant I – Didier Bourguignon

Plût au ciel

Plût au ciel — Maldoror

J’ai vu pendant toute ma vie

J'ai vu pendant toute ma vie — Maldoror

Vieil Océan
Vieil Océan — Maldoror
separateur par 2026 LR Lautréamont

Chant II – Jacques Maury

Je saisis la plume qui…

Je saisis la plume — Maldoror

Promenade quotidienne

Promenade quotidienne — Maldoror

separateur par 2026 LR Lautréamont

Chant III – Christine Pasquier

Rappelons les noms

Rappelons les noms — Maldoror

C’était une journée de printemps

C'était une journée de printemps — Maldoror

separateur par 2026 LR Lautréamont

Chant IV – Hugues Louagie

C’est un homme ou une pierre

C'est un homme ou une pierre — Maldoror

Je m’étais endormi sur la falaise

Je m'étais endormi sur la falaise — Maldoror

separateur par 2026 LR Lautréamont

Chant V – Valérie Feasson

Que le lecteur…

Que le lecteur — Maldoror

L’anéantissement

L'anéantissement — Maldoror

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Chant VI – Noelly Thiebaut

Vous dont le calme enviable

Vous dont le calme enviable — Maldoror

Les mains liées derrière le dos

Les mains liées derrière le dos — Chants de Maldoror

separateur par 2026 LR Lautréamont

 

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2 Commentaires

  1. Maldoror 2026 : Quand Lautréamont rencontre le chaos numérique (et que ça dérape joyeusement)
    Par Clara Synesth, journaliste culturelle indépendante, spécialiste des trucs bizarres qui mélangent littérature, musique et pixels en crise existentielle.

    Maldoror, le comeback improbable
    En 2026, Les Chants de Maldoror ne sont plus ce vieux bouquin poussiéreux que votre prof de fac adorait citer pour impressionner les étudiants endormis. Non, non. Aujourd’hui, c’est l’œuvre qui fait un burn-out créatif et se réinvente en spectacle sensoriel total. Entre la musique qui grince, les performances qui dérapent et les arts visuels qui donnent mal à la tête, Maldoror est devenu le playground préféré des artistes qui aiment jouer avec le feu (et les nerfs du public).

    Du cours magistral au spectacle déjanté
    Fini le temps où Maldoror traînait sagement dans les bibliothèques. Maintenant, il squatte les scènes, les studios d’enregistrement et même les métavers douteux. Théâtre expérimental ? Check. Musique qui ressemble à un cri étiré sur 45 minutes ? Check. Performances qui laissent le public en PLS ? Double check. Bref, Maldoror n’est plus étudié, il est désossé, remixé et balancé à la gueule du public comme un défi artistique.

    Et le pire (ou le meilleur, c’est selon), c’est que ça marche. Les gens adorent. Ou alors ils font semblant par peur de passer pour des ringards.

    « Sauvage » (2026) : quand Maldoror passe à la moulinette sonore
    Frank César Lovisolo, compositeur, a eu une idée géniale : prendre Maldoror et en faire une bande-son pour cauchemars épiques. Résultat ? « Sauvage », une œuvre en treize épisodes qui ressemble à un mélange de poésie hurlée, de bruits industriels et de cris étouffés sous un matelas.

    Théâtre musical ? Si on veut, mais version « le public ne sait plus s’il doit applaudir ou appeler les secours ».
    Poésie sonore ? Oui, si on considère que les gémissements et les grincements de portes rouillées sont de la poésie.
    Performance expérimentale ? Absolument. Le genre de truc où vous sortez en vous demandant si vous venez de vivre une expérience artistique ou une crise d’angoisse collective.
    Lovisolo ne cherche pas à illustrer Maldoror. Non, il le fait hurler en stéréo.

    Une écoute immersive (ou comment perdre pied en 7 étapes)
    « Sauvage » propose un parcours d’écoute soigneusement conçu pour vous faire douter de votre santé mentale :

    Immersion (vous entrez dans un univers, et déjà, vous regrettez).
    Construction du sujet Maldoror (spoiler: c’est flippant).
    Montée de la violence (vous commencez à serrer les dents).
    Bascule dans le chaos (là, vous vous accrochez à votre fauteuil).
    Climax nihiliste (tout espoir est perdu, bienvenue dans le vide).
    Décomposition mentale (vous ne savez plus qui vous êtes).
    Retombée (vous sortez en chuchotant « qu’est-ce que je viens de vivre ? »).
    Bref, Maldoror n’est plus lu, il est subi. Et c’est ça, le progrès.

    Les illustrations de Lovisolo : quand l’art abstrait rencontre votre pire cauchemar
    Parce que visuellement, Lovisolo ne fait pas les choses à moitié. Ses illustrations pour « Sauvage » ne représentent pas Maldoror. Elles le dissèquent, le torturent et en font une soupe visuelle angoissante.

    Fragmentaire ? Oui, comme un puzzle dont on a perdu la moitié des pièces (et l’envie de le finir).
    Sombre ? Évidemment, sinon ce ne serait pas drôle.
    Abstraite ? À un point où vous vous demandez si c’est de l’art ou le résultat d’un bug informatique après trois expressos.
    Les corps sont déformés, les visages fondent, et les formes ressemblent à ce que vous voyez quand vous fermez les yeux trop fort. Bref, c’est magnifique. Ou traumatisant. Les deux, probablement.

    De Redon à Lovisolo : l’évolution d’un délire visuel

    Odilon Redon : « Tiens, je vais dessiner Maldoror en monstre poétique et mystérieux. » → Joli, mais un peu sage.
    Salvador Dalí : « Moi je vais en faire un cauchemar hyper détaillé, avec des horloges qui fondent et des trucs qui n’ont aucun sens. » → Classique, mais efficace.
    Frank Lovisolo : « Je vais tout casser. Vous voulez des formes ? Des couleurs ? Des repères ? Trop tard, je fais table rase. » → Voilà, on y est.
    Maldoror, l’œuvre qui avait 150 ans d’avance (et qui s’en fout)
    Aujourd’hui, Les Chants de Maldoror semblent écrits pour notre époque :

    Fragmenté ? Parfait pour l’attention d’un goldfish dopé au café.
    Hybride ? Idéal pour les artistes qui ne savent pas choisir entre musique, théâtre et art contemporain (alors ils font tout en même temps).
    Violent et nihiliste ? Exactement ce qu’il faut pour une génération qui kiffe les dystopies et les crises existentielles.
    Bref, Maldoror est l’œuvre parfaite pour 2026 : un mélange de génie, de folie et de « bon sang, mais qu’est-ce que j’ai bien pu manger avant d’écrire ça ? ».

    Conclusion : Maldoror, c’est comme un shot d’absinthe littéraire
    En 2026, Les Chants de Maldoror ne sont plus un livre. C’est une expérience. Un peu comme si Lautréamont avait anticipé TikTok, les crises de panique collectives et l’art contemporain qui donne l’impression d’être une blague sophistiquée.

    Alors, prêt à plonger ? (On vous préviens pas quand même.)

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