Le réveil de la Sorcière

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sorcière

 
 
ComGris

Composition pythonisante, sibylline et musicale pour une sorcière allégorique qui se réveille d’un long sommeil incorporel…

Pour trois synthétiseurs, deux pianos trifouillés, une contrebasse, une batterie avec quelques percussions complémentaires, une flûte orientale virtuelle  le Ney (nay, naï ou nâi), des voix empreintes d’une sorcellerie paganiste, féminine et phonique, un petit texte , des cordes irréelles, quelques sons à conséquence de catalyse et, pour finir, des effets acoustiques qui conjugueront diablement le tout.

 

Circé offrant la coupe à Ulysse

Circé offrant la coupe à Ulysse – John William Waterhouse – 1891

Le réveil de la sorcièreSprenger dit (avant 1500) : « Il faut dire l’hérésie des sorcières y et non des sorciers; ceux-ci sont peu de chose. » — et un autre sous Louis XIII. « Pour un sorcier, dix mille sorcières. »

« Nature les fait sorcières. » — C’est le génie propre à la Femme et son tempérament. Elle naît Fée. Par le retour régulier de l’exaltation, elle est Sibylle. Par l’amour, elle est Magicienne. Par sa finesse, sa malice (souvent fantasque et bienfaisante), elle est Sorcière et fait le sort, du moins endort, trompe les maux.

Tout peuple primitif a même début ; nous le voyons par les Voyages. L’homme chasse et combat. La femme s’ingénie, imagine ; elle enfante des songes et des dieux. Elle est voyante à certain jour ; elle a l’aile infinie du désir et du rêve. Pour mieux compter les temps, elle observe le ciel. Mais la terre n’a pas moins son cœur. Les yeux baissés sur les fleurs amoureuses, jeune et fleur elle-même, elle fait, avec elles, connaissance personnelle. Femme, elle leur demande de guérir ceux qu’elle aime.

 Simple et touchant commencement des religions et des sciences. Plus tard, tout se divisera ; on verra commencer l’homme spécial, jongleur, astrologue ou prophète, nécromancien, prêtre, médecin.

Jules Michelet photographié par Nadar, vers 1855-1856.

Jules Michelet photographié par Nadar, vers 1855-1856.

Mais, au début, la Femme est tout. Une religion forte et vivace, comme fut le paganisme grec, commence par la sibylle, finit par la sorcière. La première, belle vierge, en pleine lumière, le berça, lui donna le charme et l’auréole.

Plus tard, déchu, malade, aux ténèbres du moyen-âge, aux landes et aux forêts, il fut caché par la sorcière ; sa pitié intrépide le nourrit, le fit vivre encore. Ainsi, pour les religions, la Femme est mère, tendre gardienne et nourrice fidèle. Les dieux sont comme les hommes ; ils naissent et meurent sur son sein.

Ainsi est l’introduction de l’essai «La Sorcière» de Jules Michelet publié en 1862 à Paris, une vision romantique de la sorcière, une révolte populaire et naïve de la nature humaine contre les épouvantes et les oppressions de l’église à l’encontre des femmes. On ne peut que l’en féliciter. On ne saluera pas, en outre, l’abominable Jacques Sprenger, inquisiteur dominicain, qui aurait écrit avec Henri Institoris (Heinrich Kramer) le Malleus Maleficarum (le Marteau des sorcières) édité à Strasbourg en 1486.

«La Sorcière» en pdf


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