HUBRIS

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HUBRIS – Un Film d’Art

L’HUBRIS était dans la Grèce antique une représentation de ce que l’on pourrait interpréter par « la démesure ».

Depuis une cinquantaine d’années, selon Michel Foucault, nous sommes entrés dans une nouvelle épistémè nommée hypermodernité.

Ce film est ma vision de notre société qui, constamment, engendre son intime Némésis et, pardonnez mon expression, on est en plein dedans !

Couleurs du film mises à jour le 6 juillet 2019
 

« RIEN DE TROP » par Ingrid Tedeschi.

Le peuple de Delphes pouvait lire cette devise gravée sur le fronton du temple d’Apollon.

Elle rappelait ainsi quotidiennement aux habitants de la ville de ne pas sombrer dans l’hubris, terme qui traduit la démesure, l’outrage, la transgression qu’elle soit verbale ou dans l’action.

HubrisChez les Grecs anciens, l’hubris était punie par la déesse Némésis, messagère de justice, qui agissait en quelque sorte comme un rééquilibrage, mettant un peu de tempérance dans la folie déchaînée par l’orgueil.

Si dans l’antiquité l’outrance est considérée comme un crime et combattue, dans notre société actuelle hypermoderne, la démesure loin d’être montrée du doigt est au contraire un état de normalité.

L’homme hypermoderne veut ainsi nier les limites de sa condition humaine et aller toujours « plus ultra ».

Ce sont ces deux univers qui se superposent dans ce film. Le monde antique et celui actuel dans lequel l’individu vit dans un perpétuel excès et dans un devoir de jouissance immédiate.

HubrisLes Grecs de l’antiquité condamnaient cette explosion d’énergie, de violence qui aboutissait en définitive à une situation non maîtrisable. Aujourd’hui, l’individu a quant à lui poussé le contrôle à outrance : se rendre maître du temps ou de son corps pour qu’il reste éternellement jeune comme on peut le voir dans ce magazine de mode feuilleté par une main désincarnée.

Les images se bousculent, se chevauchent, s’enchevêtrent, le climax est atteint.

Après une ultime ronde, « Silence » nous rappelle combien il est difficile pour l’être humain qui vit aujourd’hui dans une perpétuelle connexion, d’accepter le vide.

« Silence » vient mettre un point final à « la musique prophétique » qui guide le pas des hommes en route vers leur hypermodernité.

Ingrid Tedeschi – Membre de l’Académie du Var


Némésis tenant la roue de la fortune, son pied droit reposant sur un ennemi conquis. Les traits et la coiffure de la déesse sont proches de ceux de l'impératrice Faustine l'Ancienne. Statuette romaine en marbre, v. 150 ap. J.-C.

Némésis tenant la roue de la fortune, son pied droit reposant sur un ennemi conquis. Les traits et la coiffure de la déesse sont proches de ceux de l’impératrice Faustine l’Ancienne. Statuette romaine en marbre, v. 150 ap. J.-C.

L’hybris ou ubris (en grec ancien : ὕϐρις ), est une notion grecque qui se traduit le plus souvent par « démesure ».

 

Elle désigne un comportement ou un sentiment violent inspiré par des passions, particulièrement l’orgueil et l’arrogance, mais aussi l’excès de pouvoir et de ce vertige qu’engendre un succès trop continu. Les Grecs lui opposaient la tempérance et la modération, qui est d’abord connaissance de soi et de ses limites.

Dans la Grèce antique, du point de vue juridique, cela désignait un acte transgressif violent, considéré comme un crime. Cette notion recouvrait des violations comme les voies de fait, les agressions sexuelles et le vol de propriété publique ou sacrée. On en trouve deux exemples bien connus : les deux discours de Démosthène, Contre Midias et Contre Conon, plaidoyer portant sur l’accusation publique pour « outrages » (γραφὴ ὕβρεως / graphḕ húbreōs).

Du point de vue philosophique et moral, c’est la tentation de démesure ou de folie imprudente des humains, tentés de rivaliser avec les dieux. Ceci vaut en général, dans la mythologie grecque, de terribles punitions de leur part.


C’est donc le mouvement fautif de dépassement de la limite, la morale des Grecs était de la mesure, de la modération et de la sobriété, la némésis désigne le mouvement inverse de la rétractation vengeresse.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hybris

 Selon Aldous Huxley, « Les Grecs savaient parfaitement que l’hubris, qui s’oppose à l’ordre divin de la nature, entraîne un juste retour des choses. »
*S’écrit aussi hybris, du grec ancien ὕϐρις ou húbris. 
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