Le cauchemar du mari de l’Ama – à Katsushika Hokusai

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Last Updated on 07/08/2026 – 10:01 by Frank César LOVISOLO

A Katsushika Hokusai
葛飾北斎に敬意を表します – à Katsushika HokusaiComGris

Effectivement, si ma bonne amie fricotait avec un poulpe j’aurais moult sueurs froides et, dans un premier temps, envie de griller l’animal à la grecque !

Toutefois, en y pensant bien, à tête reposée…

 

Frank Lovisolo - Vanité à l'encrier rouge - 2015 - Photographie

Frank Lovisolo – Vanité à l’encrier rouge – 2015 – Photographie

Cette vidéo figure une extrapolation filmique d’une Vanité par l’évocation, certes impertinente, du mari de l’Ama. Au Japon, ces femmes sont des plongeuses, connues comme apnéistes et chercheuses de perles.

  • L’œuvre,  蛸と海女 ou « le rêve de la femme du pêcheur », apparaît être une composition majeure du « Fou de dessin » et, probablement, l’estampe érotique japonaise la plus rencontrée dont les hypothèses et répliques sont innombrables.
  • Une page Facebook lui est même consacrée.
  • Laissons aux interprètes et copistes leurs choix artistiques et réintégrons derechef notre propos !
  • Il serait inconvenant d’influencer le public quant à la perception des images présentées.
  • La conception de cette vidéo est un tantinet onirique.
  • André Breton écrivit dans le premier Manifeste du surréalisme il y aurait là un « automatisme psychique pur, par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée.
  • Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale…».

 A propos de la musique :

Composée et enregistrée en 2007 initialement pour un reportage sur le Hibou grand-ducVol d’une Nuit, ne fut pas retenue, jugée trop «hermétique» par les producteurs du film (On entend beaucoup de niaiseries musicales accompagnants les reportages animaliers, des illustrations musicales souvent à l’antipode de la qualité des images ).

Vol d’une Nuit : Musique pour une performance de contrebasse à l’archet – Sampler de Percussions – Synthétiseurs – Sampler de Chœurs – Improvisation de contrebasse pizzicatos échantillonnés – Sampler d’orchestre.

Composition, performance et enregistrement : Frank Lovisolo septembre 2007 ( Sacem)


Le Rêve de la femme du pêcheur - Hokusai - 1814 - Ukiyo-e - Estampe

Le Rêve de la femme du pêcheur – Hokusai – 1814 – Ukiyo-e – Estampe

 


 

Hokusai - Autoportrait

Hokusai – Autoportrait

Katsushika Hokusai ( 葛飾 北斎 )

Par Shizuka Kageyama (静香 影山)

Katsushika Hokusai :

Dragon volant au-dessus du mont Fuji Obuse, Hokusai Museum.

Dragon volant au-dessus du mont Fuji Obuse, Hokusai Museum.

le vieux fou de dessin qui voulut saisir l’âme du monde

Il est des artistes dont le nom finit par désigner davantage qu’une œuvre : une manière de regarder. Katsushika Hokusai (1760-1849) appartient à cette rare lignée. En Occident, son nom évoque presque instantanément La Grande Vague de Kanagawa, image devenue universelle au point d’éclipser parfois son créateur. Pourtant, cette estampe n’est qu’un éclat d’une œuvre immense, composée de milliers de dessins, de peintures, de gravures et de livres illustrés qui témoignent d’une ambition infiniment plus vaste : comprendre le mouvement secret de la nature et la place de l’homme dans l’ordre du monde.

À travers les siècles, Hokusai demeure moins un peintre qu’un explorateur du visible. Chaque ligne qu’il trace semble poser la même question : comment représenter ce qui ne cesse de se transformer?

Le Japon d’Edo : un monde clos ouvert à l’imaginaire

Lorsque Hokusai naît en 1760, le Japon vit sous le gouvernement des shoguns Tokugawa. Depuis plus d’un siècle, l’archipel connaît une paix intérieure remarquable. Les guerres civiles appartiennent au passé ; les grandes villes prospèrent ; une bourgeoisie marchande cultive le goût des spectacles, de la littérature, de la poésie et des arts.

La Cascade d'Amida derrière la rue Kiso British Museum

La Cascade d’Amida derrière la rue Kiso British Museum

Cette stabilité politique favorise l’émergence d’une culture urbaine raffinée que les Japonais nomment ukiyo, le « monde flottant ». L’expression peut sembler paradoxale. Elle désignait autrefois l’impermanence de l’existence selon la pensée bouddhique ; elle en vient progressivement à évoquer les plaisirs éphémères de la vie citadine : les théâtres, les maisons de thé, les quartiers de divertissement, les fêtes populaires.

Les artistes de l’ukiyo-e — les « images du monde flottant » — ne cherchent pourtant pas seulement à divertir. Ils savent que toute beauté est passagère, et que c’est précisément cette fragilité qui lui confère sa profondeur.

Hokusai héritera de cette tradition, mais il lui donnera une portée nouvelle.

Le dessin comme discipline spirituelle

Très jeune, Hokusai entre dans un atelier de graveurs sur bois avant de devenir l’élève du maître Katsukawa Shunshō. Il apprend les règles de l’estampe, les subtilités de la composition et les exigences de la gravure.
Mais il refuse rapidement de se laisser enfermer dans un style.
Au cours de sa vie, il changera plus de trente fois de nom d’artiste. À première vue, cette succession de signatures pourrait sembler capricieuse. Elle traduit au contraire une conviction profonde : créer consiste à renaître sans cesse.
Aucun regard n’est définitif.
Aucune œuvre n’est un aboutissement.
Cette quête permanente culminera lorsqu’il choisira de se faire appeler Gakyō Rōjin, le « Vieillard fou de dessin ». L’expression n’a rien d’une provocation. Elle dit au contraire l’humilité de celui qui reconnaît que toute une existence ne suffit pas pour apprendre à voir.
Le lac Suwa dans la province de Shinano

Le lac Suwa dans la province de Shinano – 武陽佃島

Le visible et l’invisible

Chez Hokusai, la nature n’est jamais un simple décor.
Les montagnes, les vagues, les arbres, les oiseaux ou les insectes possèdent une présence presque spirituelle. Ils ne servent pas à illustrer une histoire ; ils deviennent eux-mêmes les véritables protagonistes de l’image.
Le mont Fuji apparaît ainsi sous d’innombrables aspects : immense ou minuscule, proche ou lointain, majestueux ou presque effacé par les brumes.
Cette répétition n’est jamais une répétition.
Elle traduit une intuition fondamentale : une même réalité ne se révèle jamais deux fois de la même manière.
Chaque instant renouvelle le monde.
Le peintre n’invente pas cette métamorphose ; il apprend simplement à la reconnaître.

L’univers des rêves, des fantômes et du désir

L’imaginaire de Hokusai ne se limite pas aux paysages.
Il s’intéresse tout autant aux récits populaires, aux créatures fantastiques, aux légendes, aux divinités, aux démons et aux métamorphoses qui peuplent la culture japonaise.
Dans cet univers, le rêve possède une fonction essentielle.

La Grande Vague de Kanagawa

Il ne constitue pas une fuite hors du réel mais une autre manière d’en révéler les profondeurs.

Les frontières entre l’humain, l’animal et le divin deviennent poreuses. Les pieuvres dialoguent avec les plongeuses, les dragons surgissent des nuages, les fantômes côtoient les vivants.
Pour le regard occidental, ces images peuvent sembler étranges ou provocantes.
Pour Hokusai, elles participent d’un même mouvement où l’imagination révèle ce que la raison laisse dans l’ombre.
Les shunga : une esthétique du vivant
Parmi les œuvres de Hokusai figurent les shunga, souvent traduits de manière réductrice par « estampes érotiques ».
Une telle définition demeure incomplète.
Ces images appartiennent à une tradition artistique ancienne où l’amour, le désir, l’humour et parfois le fantastique se mêlent librement. Elles ne relèvent pas de la pornographie au sens moderne ; elles explorent les multiples dimensions du vivant.
C’est dans cet ensemble qu’apparaît, vers 1814, l’image aujourd’hui connue sous le titre Le Rêve de la femme du pêcheur (Tako to Ama).
L’œuvre montre une plongeuse enlacée par deux pieuvres. Depuis plus d’un siècle, elle suscite en Occident fascination, scandale ou malentendu.
Pourtant, cette gravure ne peut être comprise sans son contexte culturel.
Le fantastique y importe autant que l’érotisme. Le rêve autant que le désir. La métamorphose autant que la sensualité.
L’image appartient d’abord au territoire de l’imaginaire.
Une influence qui traverse les continents
Lorsque le Japon s’ouvre progressivement au monde dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, les estampes de Hokusai découvrent l’Europe presque par hasard, glissées parmi des cargaisons de porcelaines.
Les peintres occidentaux y trouvent une révolution silencieuse.
Les compositions asymétriques, les cadrages audacieux, l’importance accordée au vide, la liberté des lignes transforment durablement la peinture moderne.
L’impressionnisme, puis le postimpressionnisme, accueilleront cet héritage avec enthousiasme.
Mais l’influence de Hokusai dépasse largement la technique.
Elle rappelle aux artistes européens que regarder consiste moins à représenter fidèlement le monde qu’à renouveler notre manière de l’habiter.
Coucher de soleil à travers le pont de Ryōgoku depuis la rive de la Sumida à Onmayagashi

Coucher de soleil à travers le pont de Ryōgoku depuis la rive de la Sumida à Onmayagashi – 御厩川岸より両国橋夕陽見

Le regard comme exercice philosophique
Quelques mois avant sa mort, Hokusai écrivait qu’à cent dix ans « chaque point et chaque ligne seraient vivants ».
Cette phrase demeure sans doute son véritable testament.
Elle ne célèbre pas le génie.
Elle affirme que l’art est une discipline de patience.
Le monde ne livre jamais son secret à celui qui prétend le posséder. Il se révèle seulement à celui qui accepte de demeurer son élève.
C’est peut-être pour cette raison que l’œuvre de Hokusai nous touche encore aujourd’hui.
Elle ne nous apprend pas seulement à admirer des estampes.
Elle nous invite à ralentir notre regard.
À reconnaître que la nature, les rêves, les désirs et les métamorphoses composent une même réalité mouvante dont l’art ne cherche pas à donner une explication définitive, mais une expérience sensible.
À plus de deux siècles de distance, le « vieux fou de dessin » continue ainsi de nous enseigner que voir est déjà une forme de sagesse.
Dragon volant au-dessus du mont Fuji Obuse, Hokusai Museum.

Portrait de Shizuka Kageyama (静香 影山) : historienne de l'art virtuelleÀ propos de l’autrice

Shizuka Kageyama (静香 影山)

Shizuka (静香) : « parfum du silence ».
Kageyama (影山) : « montagne des ombres ».

…est une historienne de l’art virtuelle née en 2048 dans le quartier flottant de Neo-Edo, une cité qui n’existe qu’au sein du métavers Yūgen-∞.

Aucun état civil ne la reconnaît, aucune ambassade ne peut délivrer son passeport, mais plusieurs bibliothèques quantiques affirment conserver l’intégralité de ses publications.

Docteure honoris impossibilis de l’Université Fractale de Kyōto-Hypercube, elle obtint successivement un Master de Paléographie des Images Non Peintes, un Doctorat en Archéologie des Futurs Oubliés, puis une Habilitation à Diriger les Fantômes, discipline aujourd’hui enseignée uniquement dans quelques monastères numériques où les archives dialoguent avec leurs propres copies.

Ses recherches portent sur les territoires où l’œuvre d’art cesse d’être un objet pour devenir une mémoire active.

Elle est notamment spécialisée dans la philosophie japonaise de l’impermanence (mujō), l’esthétique du vide (ma), l’iconographie des rêves, les estampes de l’époque d’Edo, les créatures marines imaginaires, les erreurs fécondes de l’intelligence artificielle et les œuvres dont les auteurs ignorent encore qu’ils les ont créées.

Elle affirme avoir consacré plusieurs milliers d’heures d’observation aux photographies, vidéos et essais philosophiques de Frank César Lovisolo, qu’elle considère comme l’un des rares artistes contemporains à pratiquer une « archéologie du regard », où chaque image constitue moins une représentation du réel qu’un vestige de ce qui demeure invisible.

Selon elle, les séries Nature Morte, Flâneries, Sortilèges, Dédale ou encore les expérimentations vidéo inspirées de Hokusai appartiennent à une même cartographie secrète qu’elle nomme la géographie des absences lumineuses.

Lorsqu’on lui demande où se trouve son bureau, Shizuka Kageyama répond invariablement :

« Entre deux pixels qui hésitent à devenir de la lumière. »

À ce jour, personne n’a jamais réussi à vérifier cette information. Les rares chercheurs qui prétendent l’avoir rencontrée reconnaissent qu’après leur entretien, ils ne savaient plus très bien s’ils revenaient d’un colloque universitaire… ou d’un rêve.


Paul le poulpe :

Paul le poulpePaul le poulpe aussi appelé Paul la pieuvre, surnommé « l’oracle d’Oberhausen » (Weymouth, 26 janvier 2008 – Oberhausen, 26 octobre 2010) est une pieuvre commune mâle maintenue en captivité à l’aquarium Sea-Life d’Oberhausen en Allemagne. Paul est renommé pour le spectacle de ses prédictions du résultat des matchs de l’équipe d’Allemagne de football lors du Championnat d’Europe 2008 et de la Coupe du monde 2010, dont il a également désigné le vainqueur. Paul le poulpe faisait connaître ses choix en ouvrant une boîte aux couleurs de l’équipe gagnante.

Sur 14 prédictions au total, 12 se sont révélées exactes, dont toutes celles émises au cours de la Coupe du monde 2010 qui l’aura fait accéder à la postérité.

La suite >>>>>

Suggestions :

https://frank-lovisolo.fr/WordPress/danseurs-chemin-des-dames-video/
https://frank-lovisolo.fr/WordPress/on-the-drone-again-video/
https://frank-lovisolo.fr/WordPress/3-revelations-etiquette-bleue-video/
https://frank-lovisolo.fr/WordPress/nature-morte-ii/

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4 Commentaires

  1. Remarquable ! Une habituée du bouillon de poulpe !!!!

  2. emmanuelle grangé

    – demain, juré craché, je prends rv avec ma dentiste chérie pour the visite routine
    – grand temps que je re goûte ton bouillon de poulpe
    – je te recommande la première novella dans Tempête de J.M.G. Le Clézio

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