L’Usine vue du train

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Last Updated on 08/06/2026 – 16:19 by Frank César LOVISOLO

Usine

à l’écoute : Babylone
ComGris

Usine photographiée depuis le train à Gardanne

Usine - lovisoloEt, brusquement, comme les ingénieurs s’avançaient avec prudence, une suprême convulsion du sol les mit en fuite. Des détonations souterraines éclataient, toute une artillerie monstrueuse canonnant le gouffre.
A la surface, les dernières constructions se culbutaient, s’écrasaient. D’abord, une sorte de tourbillon emporta les débris du criblage et de la salle de recette. Le bâtiment des chaudières creva ensuite, disparut. Puis, ce fut la tourelle carrée où râlait la pompe d’épuisement, qui tomba sur la face, ainsi qu’un homme fauché par un boulet.
 
Et l’on vit alors une effrayante chose, on vit la machine, disloquée sur son massif, les membres écartelés, lutter contre la mort: elle marcha, elle détendit sa bielle, son genou de géante, comme pour se lever; mais elle expirait, broyée, engloutie. Seule, la haute cheminée de trente mètres restait debout, secouée, pareille à un mât dans l’ouragan.
On croyait qu’elle allait s’émietter et voler en poudre, lorsque, tout d’un coup, elle s’enfonça d’un bloc, bue par la terre, fondue ainsi qu’un cierge colossal; et rien ne dépassait, pas même la pointe du paratonnerre.
C’était fini, la bête mauvaise, accroupie dans ce creux, gorgée de chair humaine, ne soufflait plus de son haleine grosse et longue. Tout entier, le Voreux venait de couler à l’abîme.
 
Extrait :  EMILE ZOLA (1840 – 1902) GERMINAL (1885) –  PREMIÈRE PARTIE I,I

Il y a toujours des trucs à glaner!

The assembly plant of the Bell Aircraft Corporation at Wheatfield, New York

The assembly plant of the Bell Aircraft Corporation

Wheatfield, New York

De l’atelier à l’usine…
À l’origine, l’atelier est le premier lieu spécifiquement destiné à l’activité industrielle. Installé en ville mais aussi à la campagne, il abrite les activités de petites entreprises familiales et individuelles. On y travaille essentiellement les denrées alimentaires, les étoffes, la passementerie et le bois. Le personnel est généralement réduit : le patron travaille aux côtés de ses ouvriers (un ou deux) et de son éventuel apprenti.

Le travail en usine vers la fin du xixe siècle représenté par Adolph von Menzel.

Le travail en usine vers la fin du xixe siècle représenté par Adolph von Menzel.

The Iron Rolling Mill (Modern Cyclopes)

L’atelier évolue peu à peu, à côté de la proto-industrie, en ce qu’on appelle la manufacture. On n’y utilise toujours pas ou peu de machines, mais la différence réside dans la concentration d’une main d’œuvre plus nombreuse.

Les manufactures apparaissent très tôt dans les domaines où cet agrandissement est vite nécessaire, les chantiers navals, les verreries, et les corderies. La manufacture, qui est plus à l’origine une structure commerciale vendant des produits finis qu’une entité physique, se distingue de l’usine qui elle, fabrique des produits semi-finis. Dès la révolution industrielle à la fin du XVIIIe siècle, la notion d’usine s’impose.

Par opposition à la manufacture (fabrication manuelle), on y utilise des machines en grand nombre. Comme le métier à tisser s’est amélioré techniquement, les usines de tissages prennent le dessus sur les filatures.

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Le travail dans les usines au 19ᵉ siècle


Introduction

  • Le 19ᵉ siècle marque un tournant dans l’histoire du travail avec l’avènement de la révolution industrielle. En Europe, et particulièrement en France et en Angleterre, les usines deviennent les nouveaux lieux de production, remplaçant progressivement les ateliers artisanaux. Cette période, marquée par des innovations techniques majeures comme la machine à vapeur ou le métier à tisser mécanique, transforme radicalement les conditions de travail. Cependant, cette révolution s’accompagne de conditions de vie et de travail souvent inhumaines pour les ouvriers.

Les conditions de travail

La durée du travail

  • Dans les usines du 19ᵉ siècle, les journées de travail étaient extrêmement longues. Les ouvriers, y compris les femmes et les enfants, travaillaient généralement 12 à 16 heures par jour, six jours par semaine. Les pauses étaient rares, et les congés inexistants. Cette cadence épuisante était imposée pour maximiser la productivité, sans égards pour la santé ou le bien-être des travailleurs.

L’environnement physique

  • Les usines étaient souvent des lieux insalubres et dangereux. Les travailleurs étaient exposés en permanence au bruit assourdissant des machines, à la poussière, à la chaleur étouffante ou, à l’inverse, au froid dans les ateliers mal isolés. Les accidents du travail étaient fréquents : machines non sécurisées, absence de protection, et manque de formation des ouvriers. Les blessures, parfois mortelles, étaient monnayables, mais les indemnités restaient rares.

La main-d’œuvre

  • La main-d’œuvre était composée en grande partie de femmes et d’enfants, souvent embauchés pour des salaires de misère. Les enfants, parfois âgés de seulement 6 ou 7 ans, étaient employés pour des tâches simples mais dangereuses, comme le nettoyage des machines en marche. Les femmes, quant à elles, étaient souvent cantonnées à des postes peu qualifiés et mal payés. Les salaires, déjà bas, étaient encore réduits par des amendes arbitraires ou des retenues pour le logement ou la nourriture.

La vie des ouvriers

Le logement

  • Les ouvriers vivaient généralement dans des quartiers insalubres, à proximité des usines. Les logements étaient petits, surpeuplés et mal aérés. Plusieurs familles pouvaient partager un même appartement, dans des conditions d’hygiène déplorables. Ces habitations, souvent construites à la hâte, étaient sujettes aux maladies et aux épidémies.

La santé

  • Les conditions de travail et de vie avaient un impact désastreux sur la santé des ouvriers. Les maladies professionnelles, comme la tuberculose ou la silicose (due à l’inhalation de poussière de charbon ou de silice), étaient courantes. L’espérance de vie des ouvriers était bien inférieure à celle des autres classes sociales. Les accidents du travail, fréquents, laissaient souvent des séquelles permanentes.

Les mouvements sociaux

  • Face à ces conditions de vie et de travail intolérables, les ouvriers ont commencé à s’organiser. Les premières grèves ont éclaté dès le début du 19ᵉ siècle, souvent réprimées dans le sang. Progressivement, des syndicats se sont formés pour défendre les droits des travailleurs. Les revendications portaient sur la réduction du temps de travail, l’amélioration des salaires et des conditions de sécurité. Ces mouvements ont posé les bases des droits sociaux modernes.

Conclusion

Le 19ᵉ siècle a été une période de progrès techniques majeurs, mais aussi de souffrance humaine. Les usines, symboles de la révolution industrielle, ont permis une production de masse sans précédent, mais au prix de conditions de travail et de vie souvent inhumaines. Les luttes des ouvriers pour améliorer leur sort ont cependant jeté les bases des droits sociaux que nous connaissons aujourd’hui. Ce siècle reste un rappel poignant des excès que peut engendrer une industrialisation non régulée, mais aussi de la résilience et de la détermination des travailleurs à défendre leur dignité.
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A propos Frank César LOVISOLO

Compositeur – Artiste multimédia – Ingénieur du son, actuellement chargé de cours à l’Université de Toulon depuis 2010. Compositeur de musiques actuelles. Photographie & Art numérique visuel. Vidéaste d’art.
Pour marque-pages : Permaliens.

Un Commentaire

  1. Bravo ! des photos que l’on regarde avec émotion sans savoir pourquoi.
    Pierre

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