Last Updated on 08/10/2026 – 08:34 by Frank César LOVISOLO
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Suggestion d’écoute : Raggi cosmici a Napoli
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Colorisation d’une machine agricole,…à la grande surprise de son propriétaire cultivateur dont le noble art est d’élever du raisin, d’en faire du bon vin et certainement pas de peinturlurer des tracteurs ! |
Il faut dire que l’engin en question n’avait rien demandé. Depuis trente ans, il vivait son destin de machine sérieuse : un vert fané par les vendanges, une rouille discrète aux articulations, et cette dignité un peu bourrue des vieux outils qui ont tout vu, des gelées de printemps aux caprices du mistral. Il se croyait à l’abri de toute coquetterie. C’était sans compter sur l’artiste. Celui-ci est arrivé avec ses « pinceaux », ses « pigments » et un enthousiasme numérique que le vigneron, lisant l’article consacré, a d’abord pris pour une plaisanterie, puis pour une menace. « Un tracteur sert, comme il se doit, à tracter des remorques ou des charrues, pas à tirer le portrait ; foutues gens de la ville ! » a-t-il grommelé, tout en vérifiant que personne ne le filmait. Mais voilà : les teintes ont commencé à chanter. Le carter a attrapé des allures de coucher de soleil sur les coteaux, des pièces et autres durites ont viré au bleu, celui d’un ciel de septembre imaginé par Klein, et le moteur, ce vieux fidèle ronronnant, s’est découvert une vocation de porte-couleurs. Le vigneron, lui, reste dévoué à ses principes : il élève du raisin, il fait du bon vin. Mais il a été vu, un soir de récolte, en train de lustrer le capot avec un chiffon, sans rien dire, avec une tendresse qu’il réserve d’ordinaire à ses meilleures cuvées, comme pour effacer l’affreux souvenir des photos bariolées par l’espiègle artiste « pigmenteur » de tracteurs. |
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Il reste à dire en quoi l’artiste diffère de l’artisan.Toutes les fois que l’idée précède et règle l’exécution, c’est industrie. Et encore est-il vrai que l’œuvre souvent, même dans l’industrie, redresse l’idée en ce sens que l’artisan trouve mieux qu’il n’avait pensé dès qu’il essaie ; en cela, il est artiste, mais par éclairs.
Pensons maintenant au travail du peintre de portrait ; il est clair qu’il ne peut avoir le projet de toutes les couleurs qu’il emploiera à l’œuvre qu’il commence ; l’idée lui vient à mesure qu’il fait ; il serait même rigoureux de dire que l’idée lui vient ensuite, comme au spectateur, et qu’il est spectateur aussi de son œuvre en train de naître. Et c’est là le propre de l’artiste. Il faut que le génie ait la grâce de la nature et s’étonne lui-même. Un beau vers n’est pas d’abord en projet, et ensuite fait ; mais il se montre beau au poète ; et la belle statue se montre belle au sculpteur à mesure qu’il la fait ; et le portrait naît sous le pinceau. […] Ainsi la règle du Beau n’apparaît que dans l’œuvre et y reste prise, en sorte qu’elle ne peut servir jamais, d’aucune manière, à faire une autre œuvre. Alain né Émile-Auguste Chartier, Système des Beaux-Arts, (1920), Livre I, Chap. VII, coll. La Pléiade, pp. 239-240 |
La couleur : langage universel et reflet de notre mondeCar il faut plus de 600 mots dans un article ! Ha ha ha ! La couleur est bien plus qu’une simple perception visuelle : elle est un langage universel, un vecteur d’émotions, un outil de communication, et un élément fondamental de notre environnement. Présente partout autour de nous — dans la nature, l’art, la mode, l’architecture, la publicité — la couleur influence nos perceptions, nos comportements et nos cultures.
Scientifiquement, la couleur résulte de l’interaction entre la lumière et un objet. La lumière blanche, composée de toutes les longueurs d’onde visibles, se décompose en couleurs (rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet) lorsqu’elle traverse un prisme. Lorsqu’un objet absorbe certaines longueurs d’onde et en reflète d’autres, l’œil perçoit cette lumière réfléchie comme une couleur. Par exemple, une pomme apparaît rouge parce qu’elle absorbe toutes les autres couleurs du spectre et reflète le rouge. La perception des couleurs dépend également de facteurs biologiques et neurologiques. L’œil humain possède des cellules spécialisées, les cônes, qui détectent la lumière rouge, verte et bleue. Le cerveau interprète ensuite ces signaux pour former une image colorée. Certaines personnes, atteintes de daltonisme, perçoivent les couleurs différemment, voire pas du tout.
La signification des couleurs varie selon les cultures. Dans les sociétés occidentales, le blanc est souvent associé à la pureté et au mariage, tandis que dans de nombreuses cultures asiatiques, il est lié au deuil et à la mort. Le rouge peut symboliser l’amour, la passion ou le danger, mais en Chine, il est également la couleur de la chance et de la prospérité. Le noir évoque l’élégance dans la mode, mais aussi le deuil ou le mal. Ces variations culturelles influencent fortement la publicité, le design, et le marketing international. Une marque souhaitant s’implanter dans un nouveau pays doit souvent adapter son code couleur pour respecter les sensibilités locales.
Les couleurs ont aussi un fort impact émotionnel. La psychologie des couleurs explore comment certaines teintes influencent notre humeur et notre comportement. Le bleu, par exemple, est perçu comme apaisant et inspire la confiance — c’est pourquoi il est souvent utilisé dans les banques et les institutions. Le jaune évoque l’optimisme et l’énergie, tandis que le vert est associé à la nature et à la santé. Les artistes et designers utilisent ces effets pour renforcer leurs messages. Dans la peinture, la photographie ou le cinéma, la palette de couleurs choisie peut complètement transformer l’ambiance d’une œuvre. Un film aux teintes froides (bleu, gris) évoquera la mélancolie ou la tension, alors qu’un film aux couleurs chaudes (rouge, orange) paraîtra plus intense et vivant.
La couleur est aussi un marqueur social. Elle peut indiquer une appartenance, une fonction ou un statut. Les uniformes de travail, les couleurs politiques ou encore les tenues religieuses sont porteurs de messages symboliques. De plus, dans la mode, certaines couleurs deviennent tendance, révélant les goûts d’une époque et les valeurs dominantes d’une société. Aujourd’hui, dans un monde de plus en plus numérique, la couleur joue un rôle clé dans l’ergonomie et l’accessibilité. Les interfaces graphiques, les sites web, les applications doivent intégrer une utilisation réfléchie de la couleur pour être à la fois esthétiques et fonctionnelles. Des contrastes bien choisis améliorent la lisibilité, et certaines combinaisons sont à éviter pour ne pas exclure les personnes ayant des troubles de la vision des couleurs.
La couleur est omniprésente dans nos vies, et pourtant, elle reste pleine de mystères. Elle allie science, art, culture et émotion. Langage silencieux mais puissant, elle nous parle sans mots et influence notre manière de voir le monde. Comprendre la couleur, c’est mieux comprendre notre environnement et nos relations avec lui — c’est aussi apprendre à voir autrement.
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Toujours est-il que la représentation d’une idée dans une chose, je dis même d’une idée bien définie comme le dessin d’une maison, est une œuvre mécanique seulement, en ce sens qu’une machine bien réglée d’abord ferait l’œuvre à mille exemplaires.
















Ce n’est pas beau comme un camion. C’est beau comme un tracteur. Surprenant cette peinturlure.
Le plus drôle fut la mimique du propriétaire de l’engin quand il vit les photos !
Merci!!!
super, super idée de coloriser des trucs rouillés, on a l’impression que tout peut remarcher, qu’on peut tourner les boulons, les écrous, que les tiges filetées glissent bien et que les tuyaux ne fuient pas. c’est une vision chouette du vieillissement.
et trop bien la musique aussi.
philippe
Un recyclage éphémère ou l’on attise les couleurs existantes…
…soudain tout l’Orient éclata en musique. C’était plein d’incandescences et de laves qui de seconde en seconde allaient chacune attisant sa couleur, brillant en brillant, sombre en sombre, … Montherlant, Le Songe,1922.
Génial de « faire parler la Matière » ! ! !
Génial de pouvoir faire parler la « matière » !…..
Ja! J’ai les moyens de la faire parler 🙂 !
Très beau et intéressant aussi le texte d’Alain.
Extra-ordinaire, magne-fique. Labour fou !
Merci Gérard !!!