Composition pour l’orchestre des dieux de l’Olympe:
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| Extrait |
Zeus tonne et murmure dans un salpinx flamboyant tandis qu’Héra, du bout des ongles, impacte son tintinnabulum.
Hadès diffuse des drones du fond de ses cavernes et, plus haut, Héphaïstos interprète ses outils.
Hermès percute ses blocs sculptés dans les os de Ladon, le fabuleux reptile assassiné par Héraclès.
Aphrodite caresse et pique ses idiophones forgés par son époux, avec des métaux composés d’alliages dont il conserve jalousement les secrets.
Poséidon propage ses bulles extatiques dans les fontaines de nectar et d’ambroisie.
Athéna lance, vers les jeunes gens, des gemmes divines sur l’agora de marbre blanc où Artémis joue du cor de chasse, pendant qu’Arès, avec son glaive, frappe ses boucliers d’or, de bronze et d’airain.

Mon Sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace – Illustration FCL
Bien entendu, sur le Mont Olympe, on se dispense de la physique du son, celle des instruments et des contraintes harmoniques imposées aux humains !
Cela s’est passé il y a fort longtemps dans le Sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace.
Bien avant que Lucrèce, disciple du philosophe, écrive :
« Les dieux, en effet, par le privilège de leur nature, doivent jouir d’une durée immortelle dans une souveraine paix, séparés, éloignés de nous et de ce qui nous touche, à l’abri de toute douleur, de tout péril, puissants par leurs propres forces, sans aucun besoin de nous, insensibles à nos services, inaccessibles à la colère. »
| – Covered Passage : – 1 PRIMITIVE OCEAN – 8mn19 ● 2 DE TRIOMPH VAN DE DOOD – 14mn58 ● 3 LE MARIAGE D’HARMONIE ET CADMOS – 9mn58 4 BLANCHES DEMEURENT LES TENEBRES – 8mn09 ● 5 LA SIMA DE LOS HUESOS – 9mn31 https://COVEREDPASSAGE |
Harmonie et Cadmos – Sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace
Futurs Époux, Épousailles, Destinée. |
Harmonie……est la fille d’Arès et d’Aphrodite (à Samothrace ; selon cette version elle est sœur de Déimos et Phobos), ou de Zeus et d’Électre (à Thèbes).
Cadmos……est l’un des fils d’Agénor, roi de Tyr, en Phénicie et de Téléphassa, et frère de Phénix, Cilix, Europe, Thasos et Phinée, et il est le fondateur légendaire de la cité de Thèbes (en Béotie).
Mariage…![]() Le Collier – Illustration FCL Après bien des réticences, Harmonie accepte d’épouser Cadmos, devenu roi de Thèbes. Le mariage de Cadmos et d’Harmonie est célébré lors des mystères de Samothrace. (Sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace) Phérécyde, cité par pseudo-Apollodore, prétend que Cadmos avait reçu le collier de sa sœur, Europe, qui le tenait elle-même de Zeus. Par cette dernière, il était le grand-père de Dionysos. Ces cadeaux portent ensuite malheur à tous leurs propriétaires successifs… Harmonie et Cadmos se retirent en Illyrie où ils sont transformés en serpents et transportés par Zeus parmi les bienheureux des Champs Élysées. Phylarque de Naucratis raconte au vingt-deuxième livre de ses Histoires qu’en Illyrie se trouve un lieu-dit « Cylices », où l’on dit qu’est le tombeau de Cadmos et d’Harmonie Finalement, que le mariage porte la poisse n’est pas nouveau ! |
Harmonie et Cadmos – Sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace
![]() Arrivée des futurs époux à l’entrée du Sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace. Illustration FCL |
Harmonie et Cadmos – Sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace
Quant à la composition : ↑↑↑![]() Sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace : Temple des Noces – Illustration FCL Pour résumer, elle demeure essentiellement électroacoustique même si l’on peut y déceler quelques formes mélodiques. Je remplis peu à peu les onze fioles virtuelles issues d’une manufacture acoustique dématérialisée : l’entreprise, avec le progrès, est devenue bien plus numérique. Ces objets vont, dans un premier temps, être confrontés à l’inventivité chaotique et prospectrice des sensations induites par la perception auditive et, dans un second temps, à la matérialité du récit bâti sur une architecture arachnéenne qu’il faudra habiller pour en parfaire l’esthétique. Pour comprendre le passage délicat des objets sonores et musicaux à l’assemblage euphonique de la composition finale, on peut imaginer un collage ou un photomontage, quand les couches se superposent ne laissant entrevoir qu’une partie de celles sises en dessous.
Quels phénomènes induisent les choix de cet ordre dans cette alogique structure musicale où tout s’enchevêtre et peut être perdu ? Il semblerait qu’une mystérieuse substance inaudible se soit faufilée dans cet arrangement, l’équilibrant comme le fait, pour l’univers, l’insaisissable matière noire. __________________________________________________
*Concert où se mélangent les sons discordants et bruyants d’ustensiles de cuisine entrechoqués, de crécelles, de cris et de sifflets, qu’il était d’usage d’organiser pour montrer une certaine réprobation devant un mariage mal assorti ou la conduite choquante d’une personne. |
Notes:
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Illustrations extraites de la série (hors celle du Collier d’harmonie) :
29 propositions pour faire fi de la réalité –
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– Signaler un problème – Report a problem Frank César Lovisolo – 83000 TOULON France, +336 30 54 9006 – https://frank-lovisolo.fr/WordPress – contact@frank-lovisolo.fr |




















Félicitations pour toutes ces recherches concernant ces dieux antiques. Les images sont magnifiques et la musique attachante. Excellent.
Ha, ces Dieux Grecs, bien plus drôles et attachants que ceux des monothèismes…
Merci !
Très belle proposition artistique que cet article consacré au **Mariage d’Harmonie et Cadmos**, où Frank Lovisolo mêle avec audace mythologie grecque et création sonore contemporaine.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’ouverture quasi « symphonique » du texte : la description de l’orchestre des dieux transforme le mythe en une véritable scène musicale. Chaque divinité devient instrumentiste, et cette transposition poétique installe immédiatement une lecture sensorielle du récit, où le sonore précède le narratif.
L’article propose ensuite un rappel du mythe, fidèle dans ses grandes lignes : union d’Harmonie (fille d’Arès et d’Aphrodite) et de Cadmos, présence des dieux aux noces, don du collier funeste, et destin tragique qui en découle pour leur descendance ([Frank Lovisolo][1]). Mais loin d’un simple résumé, l’auteur glisse une tonalité ironique et désenchantée (« que le mariage porte la poisse… »), qui actualise le mythe et le rend presque familier.
Le passage le plus intéressant reste sans doute la partie consacrée à la composition musicale. Lovisolo y développe une véritable esthétique de l’électroacoustique : travail par strates, « objets sonores », collage et superposition, avec une analogie picturale très parlante. On comprend que la pièce musicale n’illustre pas seulement le mythe, mais qu’elle en reproduit la complexité, voire le chaos. Cette idée d’une « architecture arachnéenne » ou d’une matière sonore presque insaisissable évoque une musique expérimentale, exigeante, mais cohérente avec le sujet mythologique.
Enfin, il y a dans cet article une réflexion implicite sur l’harmonie elle-même : paradoxale, fragile, menacée. Le mythe d’Harmonie devient presque une métaphore de la création artistique — un équilibre instable entre beauté, tension et désordre.
En somme, un texte riche, à la fois érudit et personnel, qui dépasse la simple évocation mythologique pour proposer une véritable expérience esthétique, à la frontière entre littérature et musique contemporaine.
Merci, Claire pour votre commentaire qui va enrichir ma publication…