Surfarara – Aux mineurs du soufre siciliens

Reading Time: 4 minutes
surfarara – musique concrète – Musique contemporaine – Sicile
mineurs du soufre siciliens  
ComGris
mineurs du soufre siciliens - lovisolo

Musique : Octobre – Novembre 2014

Aux mineurs du soufre siciliens. Il existe une autre Sicile.
This is a composition for Sicilian sulfur miner’s life.
È una composizione musicale in omaggio ai minatori di zolfo in Sicilia.
 

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Je ne cherche pas le vrai, j’espère simplement insuffler l’atmosphère du lieu.
Ici, tout est ainsi suspendu dans une étendue infiniment lente où d’abord se confondent les lignes et ensuite se perdent les pourtours.

Dans ce lieu, le gémissement sombre de l’abandon et le silence de la mémoire coexistent.
L’inhumanité s’est rencognée sous cette lumière où le temps sauvage s’est interrompu.
Les chairs navrées par la fabrique ont barbouillé les alentours. On l’aperçoit même si l’opacité du visible trouble toujours le regard.

Penser et sentir, voilà tout.

Titre Sacem : SURFARARA- Code ISWC : T-703.319.390.9 – ISRC : FR9W11426130

Composition pour :

Deux Synthétiseurs.
Percussions (Poubelles, poutres et échelles métalliques, Rail de chemin de fer, Enclumes d’orchestre, Grosse caisse)
Bruits de pas.
Bruits métalliques et autres dans un atelier de mécanique.
« Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. – Et je l’ai trouvée amère. – Et je l’ai injuriée. »
(Rimbaud : Une saison en Enfer.)
mineurs du soufre siciliens - lovisolo

Mineurs siciliens vers 1950

mineurs du soufre siciliens - Maupassant…nous allons visiter les mines de soufre. Nous entrons dans les montagnes. C’est devant nous un vrai pays de désolation, une terre misérable qui semble maudite, condamnée par la nature. Les vallons s’ouvrent, gris, jaunes, pierreux, sinistres, portant la marque de la réprobation divine, avec un superbe caractère de solitude et de pauvreté.

On aperçoit enfin, de place en place, quelques vilains bâtiments, très bas. Ce sont les mines. On en compte, parait-il, plus de mille dans ce bout de pays. En pénétrant dans l’enceinte de l’une d’elles, on remarque d’abord un monticule singulier, grisâtre et fumant. C’est une vraie source de soufre, due au travail humain.

Voici comment on l’obtient. Le soufre, tiré des mines, est noirâtre, mélangé de terre, de calcaire, etc., et forme une sorte de pierre dure et cassante. Aussitôt apporté des galeries, on en construit une haute butte, puis on met le feu dans le milieu. Alors un incendie lent, continu, profond, ronge, pendant des semaines entières, le centre de la montagne factice et dégage le soufre pur, qui entre en fusion et coule ensuite, comme de l’eau, au moyen d’un petit canal.

On traite de nouveau le produit ainsi obtenu en des cuves où il bout et achève de se nettoyer. La mine où a lieu l’extraction ressemble à toutes les mines. On descend par un escalier étroit, aux marches énormes et inégales, en des puits creusés en plein soufre. Les étages superposés communiquent par de larges trous qui donnent de l’air aux plus profonds.
 
On étouffe, cependant, au bas de la descente ; on étouffe et on suffoque asphyxié par les émanations sulfureuses et par l’horrible chaleur d’étuve qui fait battre le cœur et couvre la peau de sueur. De temps en temps, on rencontre, gravissant le rude escalier, une troupe d’enfants chargés de corbeilles. Ils halètent et râlent, ces misérables gamins accablés sous la charge.
 
Ils ont dix ans, douze ans, et ils refont, quinze fois en un seul jour, l’abominable voyage, moyennant un sou par descente. Ils sont petits, maigres, jaunes, avec des yeux énormes et luisants, des figures fines aux lèvres minces qui montrent leurs dents, brillantes comme leurs regards. Cette exploitation révoltante de l’enfance est une des choses les plus pénibles qu’on puisse voir….
 
Guy de Maupassant – La Vie errante : Sicile 

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2 Commentaires

  1. Musique : ce que j’aimerais entendre lors de certains documentaires à la télé.
    Paroles Merci Ingrid de décrire avec tant de justesse la Sicile. Merci à Maupassant d’avoir dénoncé l’insoutenable.
    Images : Parfaite illustration des textes de Carlo Levi et Ferdinando Camon. Bravo.

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