Last Updated on 27/09/2026 – 08:07 by Frank César LOVISOLO
Artaud Antonin – J’ai appris hier…
Pour en finir avec le jugement de dieu
| Intégral : 08’03 |
Extrait |
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Antonin ARTAUD POUR EN FINIR AVEC LE JUGEMENT DE DIEU« Pour en finir avec le jugement de dieu », est initialement une création radiophonique enregistrée dans les studios de la Radiodiffusion française (RDF) entre le 22 et 29 novembre 1947.
Elle fut censurée la veille de sa première diffusion, le 1er février 1948, par son directeur, Wladimir Porché.
Les textes sont lus par Maria Casarès, Roger Blin, Paule Thévenin et l’auteur.
L’accompagnement est composé de cris, de battements de tambour et de xylophone enregistrés par l’auteur lui-même.
Chapitre 1 : J’ai appris hier…
Interprété par Didier Bourguignon |
| 1 – J’appris Hier… : 08’03’’ • 2 – Tutuguri – Le Rite du Soleil Noir : 05’52’’ • 3 – La Recherche de la Fécalité : 08’01’’ • 4 – La Question se pose de : 08’33’’ • 5 – Conclusion : 10’00’’ |
| Texte visionnaire qui permet d’affirmer qu’un Elon Musk ça Trump énormément ! |
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kré Il faut que tout pue te
kré soit rangé puk te
pek à un poil près li le
kre dans un ordre pek ti le
e fulminant kruk
pte J’ai appris hier
j’ai appris hier que l’une des pratiques officielles les plus sensationnelles des écoles publiques américaines et qui font sans doute que ce pays se croit à la tête du progrès. Il paraît que, parmi les examens ou épreuves que l’on fait subir à un enfant qui entre pour la première fois dans une école publique, aurait lieu l’épreuve dite de la liqueur séminale ou du sperme, et qui consisterait à demander à cet enfant nouvel entrant un peu de son sperme afin de l’insérer dans un bocal et de le tenir ainsi prêt à toutes les tentatives de fécondation artificielle qui pourraient ensuite avoir lieu.
mais de soldats, et ils veulent à toute force et par tous les moyens possibles faire et fabriquer des soldats en vue de toutes les guerres planétaires qui pourraient ultérieurement avoir lieu, et qui seraient destinées à démontrer par les vertus écrasantes de la force la surexcellence des produits américains, et des fruits de la sueur américaine sur tous les champs de l’activité et du dynamisme possible de la force. Parce qu’il faut produire, il faut par tous les moyens de l’activité possibles remplacer la nature partout où elle peut être remplacée,
il faut que des champs d’activités nouvelles soient créés, où ce sera le règne enfin de tous les faux produits fabriqués, de tous les ignobles ersatz synthétiques où la belle nature vraie n’a que faire, et doit céder une fois pour toutes et honteusement la place à tous les triomphaux produits de remplacement où le sperme de toutes les usines de fécondation artificielle fera merveille pour produire des armées et des cuirassés. Plus de fruits, plus d’arbres, plus de légumes, plus de plantes pharmaceutiques ou non et par conséquent plus d’aliments,
dans des humeurs spéciales de l’atmosphère, sur des axes particuliers des atmosphères tirées de force et par synthèse aux résistances d’une nature qui de la guerre n’a jamais connu que la peur. Et vive la guerre, n’est-ce pas? Car n’est-ce pas, ce faisant, la guerre que les Américains ont préparée et qu’ils préparent ainsi pied à pied. Pour défendre cet usinage insensé contre toutes les concurrences qui ne sauraient manquer de toutes parts de s’élever, il faut des soldats, des armées, des avions, des cuirassés, de là ce sperme auquel il paraîtrait que les gouvernements de l’Amérique auraient eu le culot de penser.
et parmi ces ennemis la Russie de Staline qui ne manque pas non plus de bras armés. Tout cela est très bien, mais je ne savais pas les Américains un peuple si guerrier. Pour se battre il faut recevoir des coups et j’ai vu peut-être beaucoup d’Américains à la guerre mais il avaient toujours devant eux d’incommensurables armées de tanks, d’avions, de cuirassés qui leur servaient de bouclier. J’ai vu beaucoup se battre des machines mais je n’ai vu qu’à l’infini derrière les hommes qui les conduisaient. ![]() Deux hommes Tarahumara photographiés par Carl Lumholtz, 1892
j’aime mieux le peuple qui mange à même la terre le délire d’où il est né, je parle des Tarahumaras mangeant le Peyotl à même le sol pendant qu’il naît, et qui tue le soleil pour installer le royaume de la nuit noire, et qui crève la croix afin que les espaces de l’espace ne puissent plus jamais se rencontrer ni se croiser. C’est ainsi que vous allez entendre la danse du TUTUGURI. |
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Texte dit par : |
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né à Saint Germain en Laye
dans le soixante dix-huit
un jour de premier mai
mille neuf cent cinquante ,,, quatre*
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l’enfance s’est passée
les études z’aussi
dans la petite cité
où vivait Jacques Tati et puis à 17 ans |
sa vie de planches, de décors, de projos
de foules enthousiastes, de spectateur zéro, d’amitiés fidèles et de haines tenaces et d’amours éperdus et d’amoureuses voraces, la musique aussi
sa compagne fidèle l’escorta dans sa vie d’interprète rebelle |
sans oublier, oh non !,
ce serait ingrat ce bizarre œil rond de la grosse caméra tout ça tout ça pour dire
sans faire de rond dans l’eau
que du meilleur au pire
c’était sa brève bio,
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| *c’est dommage, si j’étais né quatre ans plus tard, mon poème rimait. Tant pis, je continue,,, Didier Bourguignon |
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Le bocal, la croix et le peyotl — analyse d’un texte d’Antonin Artaud
Frank César Lovisolo & Véra Radomirskaïa (amante et documentaliste pour cette affaire)
Analyse d’un extrait de Pour en finir avec le jugement de Dieu, texte qu’Antonin Artaud enregistra en novembre 1947 pour la Radiodiffusion française, et dont la diffusion fut interdite la veille de sa programmation.
Les chiffres en exposant renvoient au glossaire en fin d’article.
Identification et contexte
Ce texte se compose de deux mouvements distincts mais liés : un poème liminaire en langage glossolalique¹ (proche de ses écrits des années 1943-1948, période Rodez et retour à Paris), suivi d’un texte en prose qui s’apparente aux diatribes véhémentes de la période finale d’Artaud — dans la veine de Pour en finir avec le jugement de dieu (1947-48) ou de certains textes des Cahiers de Rodez.
Le ton, la construction en anaphores² obsessionnelles, et la thématique anti-américaine/anti-technologique situent ce texte dans le corpus tardif, probablement 1946-1948.
I. Le poème liminaire : glossolalie et corps-langage
Le fragment initial (« kré / kré / pek / kre / e … ») relève de ce qu’Artaud appelait lui-même ses « glossolalies » — un langage qui n’est plus référentiel³ mais incantatoire et somatique. Plusieurs observations :
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La disposition spatiale : deux colonnes qui se répondent, l’une à gauche en fragments monosyllabiques suspendus, l’autre à droite qui semble presque reconstituer des mots français fantômes (« pue te », « puk te », « li le », « pek ti le », « kruk »). Cette bicolonne crée un effet de souffle coupé, de respiration heurtée — le poème comme partition corporelle plutôt que comme texte à sens.
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Le sens qui affleure malgré tout : « Il faut que tout / soit rangé / à un poil près / dans un ordre / fulminant » — cette phrase, lisible en diagonale à travers les fragments, thématise déjà l’obsession de l’ordre et du rangement qui structure obsessionnellement la prose qui suit. Artaud construit ainsi un seuil où le corps-son annonce, par résonance plutôt que par logique, le corps-argument du texte en prose.
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Cette technique s’inscrit dans ce que Artaud théorisait comme un langage antérieur à la signification, cherchant à faire plutôt qu’à dire — écho de son projet pour un théâtre de la cruauté⁴ qui agirait directement sur le corps du spectateur.
II. La prose : structure et stratégie rhétorique
Le dispositif énonciatif
Le texte s’ouvre par une mise à distance méfiante : « J’ai appris hier… il faut croire que je retarde… l’un de ces sales ragots ». Cette clause d’incertitude est cruciale — elle n’est pas une précaution épistémique⁵ sincère, mais un dispositif rhétorique paranoïaque⁶ typiquement artaldien : l’énoncé délirant est présenté comme rumeur reçue, ce qui permet à la fois de le tenir à distance et de lui donner une texture de vérité occulte, de complot dévoilé.
On retrouve cette stratégie dans Van Gogh le suicidé de la société, où Artaud présente ses accusations (contre la psychiatrie, contre la société) comme des vérités qu’on lui aurait cachées et qu’il révèle.
Le fantasme central
Le noyau fantasmatique — un prélèvement obligatoire de sperme sur les enfants entrant à l’école américaine, destiné à des banques de fécondation artificielle militaire — condense plusieurs obsessions artaldiennes :
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La hantise de la captation corporelle : le corps (et particulièrement les fluides, le sperme, mais aussi ailleurs dans son œuvre les os, la moelle) comme objet de prélèvement par une instance extérieure — médicale, étatique, scientifique. C’est la même logique paranoïaque que dans ses textes sur les électrochocs⁷ ou sur les médecins qui lui auraient volé son être.
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L’enfant comme matière première de l’État : l’école, lieu d’entrée dans l’institution, devient le lieu du premier vol — vol de la semence, de la puissance générative, au profit d’une reproduction artificielle et militarisée de la vie.
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La guerre comme finalité cachée du « progrès » : l’Amérique, présentée ailleurs par Artaud comme le lieu même du matérialisme triomphant, est ici accusée de préparer la guerre sous couvert de recherche scientifique et de progrès pédagogique.
La logique de l’ersatz : nature contre synthèse
Le cœur argumentatif du texte oppose nature vraie et produit de synthèse :
« il faut par tous les moyens de l’activité possibles remplacer la nature partout où elle peut être remplacée »
Cette opposition n’est pas anecdotique : elle est la structure profonde de toute la pensée tardive d’Artaud. La « synthèse », l’« ersatz », le « produit de remplacement » désignent tout ce qui, dans la civilisation occidentale moderne, se substitue frauduleusement à une vitalité organique authentique — qu’il s’agisse de la psychiatrie se substituant à la folie-vérité, de la religion chrétienne se substituant à une spiritualité corporelle authentique, ou ici du sperme en bocal se substituant à la génération naturelle.
On notera la gradation⁸ quasi cosmique : « plus de fruits, plus d’arbres, plus de légumes… mais des produits de synthèse à satiété » — un texte qui, relu depuis notre présent, résonne étrangement avec les critiques contemporaines de l’agro-industrie et du transhumanisme⁹, sans qu’il faille pour autant lire Artaud comme un prophète : c’est bien la logique paranoïaque de la substitution totale qui l’intéresse, non une critique écologique articulée.
La conclusion : Tarahumaras et peyotl comme contre-modèle
Le texte bascule dans son dernier mouvement vers l’expérience du Mexique (Voyage au pays des Tarahumaras, 1936-37 puis republié/retravaillé après Rodez) : face à la civilisation de l’ersatz, Artaud oppose le peuple qui « mange à même la terre le délire d’où il est né ». Le peyotl¹⁰ n’est pas ici une drogue récréative mais un rite d’incorporation directe du sacré, sans médiation institutionnelle — antithèse exacte du sperme en bocal, médiatisé, administré, détourné de son sens vital par l’appareil étatique.
La formule finale — « qui crève la croix afin que les espaces de l’espace ne puissent plus jamais se rencontrer ni se croiser » — est caractéristique de l’anti-christianisme¹¹ viscéral d’Artaud : la croix comme croisement, comme point de jonction frauduleuse imposée aux espaces qui devraient rester disjoints, séparés, purs.
Détruire la croix, c’est refuser toute médiation, toute institution qui prétend relier ce que la vraie expérience corporelle laisse séparé.
III. Portée critique
Ce texte pose un problème herméneutique¹² classique dans la réception d’Artaud tardif : comment lire un délire paranoïaque construit avec une telle maîtrise rhétorique ?
La cohérence de l’argumentation (nature/synthèse, corps/institution, enfant/guerre) suggère moins une pensée déraillée qu’une logique interne extraordinairement rigoureuse appliquée à des prémisses délirantes — ce qui est précisément ce que plusieurs commentateurs (Derrida dans La parole soufflée, Blanchot) ont souligné : Artaud pousse jusqu’à l’extrême une logique de la persécution qui, formellement, n’est pas moins rigoureuse que n’importe quel discours « rationnel ».
Le texte mérite d’être lu non comme document clinique mais comme texte qui théorise, dans et par son délire même, une critique radicale de la modernité technicienne, de l’institution scolaire et de la reproduction biopolitique¹³ — bien avant que ces termes n’existent dans le vocabulaire critique.

Antonin Artaud – La projection du véritable corps.
Glossaire
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Glossolalique : du grec « parler en langues » — à l’origine un phénomène religieux (le don des langues de la Pentecôte). Chez Artaud, plus de Saint-Esprit : juste des syllabes qui cognent contre les dents.
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Anaphores : répétition d’un même mot ou groupe de mots en tête de phrases successives. Technique de tribun, de prêcheur — et, ici, de prophète de radio interdit d’antenne.
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Référentiel : qui renvoie à quelque chose (un référent) hors de lui-même. Un mot référentiel désigne une chose ; un mot glossolalique ne désigne que le souffle qui l’a produit.
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Théâtre de la cruauté : concept central d’Artaud (voir Le Théâtre et son double, 1938) — un théâtre qui agirait physiquement sur le spectateur, comme une peste ou une opération chirurgicale, plutôt que de lui raconter une histoire depuis un fauteuil confortable.
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Précaution épistémique : précaution qu’on prend avant d’affirmer quelque chose, pour signaler qu’on n’en est pas tout à fait sûr. En clair, le « je crois savoir que » du discours universitaire, ou le « il paraît que » du bistrot — même prudence, deux costumes différents.
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Paranoïaque (au sens littéraire) : employé ici au sens structural — une logique de la persécution et du complot dévoilé — et non comme diagnostic clinique. Artaud écrit en paranoïaque bien plus qu’il n’est décrit comme tel par le commentateur.
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Électrochocs : Artaud en a réellement subi plusieurs dizaines à l’asile de Rodez, administrés par le docteur Gaston Ferdière entre 1943 et 1945. Le fantasme du texte n’est donc pas seulement littéraire : le corps confisqué, ici, a une adresse et un dossier médical.
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Gradation : figure de style qui empile des termes en intensité croissante (ou décroissante). Ici, chaque phrase enterre un peu plus la nature sous les décombres du progrès, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que des « vapeurs ». -
Transhumanisme : courant contemporain qui prône l’amélioration technique de l’être humain (implants, génétique, IA). Artaud, en 1947, n’en avait jamais entendu parler — il l’a simplement déjà détesté par anticipation.
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Peyotl : cactus hallucinogène consommé rituellement par les Tarahumaras. Pour Artaud, l’anti-bocal parfait : rien à prélever, rien à synthétiser, on mange directement la terre et la vision avec.
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Anti-christianisme : position constante chez l’Artaud tardif, culminant dans Pour en finir avec le jugement de Dieu — le Dieu chrétien y est accusé d’avoir « jugé », c’est-à-dire limité, le corps humain. La croix devient le symbole de ce jugement.
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Herméneutique : relatif à l’interprétation des textes. Un « problème herméneutique », en langage de tous les jours : on ne sait pas trop comment lire ce texte sans se sentir un peu coupable de l’avoir compris.
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Biopolitique : concept forgé plus tard par Michel Foucault — la manière dont le pouvoir moderne gère la vie biologique des populations (naissances, santé, reproduction) plutôt que de simplement punir ou tuer. Artaud, en 1947, invente déjà le concept sans le mot — juste avec un bocal.
Pour aller plus loin
Le texte source et son contexte
- Pour en finir avec le jugement de Dieu — dossier d’édition (Fabula.org — contexte de l’enregistrement de 1947 et de son interdiction de diffusion)
- D’un voyage au pays des Tarahumaras (récit du séjour mexicain de 1936, publié dans la NRF en 1937)
- Van Gogh, le suicidé de la société (Gallimard, essai de 1947)
Biographie et édition critique
- Antonin Artaud (1896–1948) (Encyclopædia Universalis)
- Paule Thévenin, l’éditrice anonyme (Encyclopædia Universalis — sur celle qui a publié les 26 tomes des Œuvres complètes)
- Emmanuel Venet, Ferdière, psychiatre d’Antonin Artaud (Verdier)
Lectures critiques
- Jacques Derrida, « La parole soufflée » (dans L’écriture et la différence*, 1967, Seuil)*
- Maurice Blanchot
- Évelyne Grossman, préface de l’édition Poésie/Gallimard
Texte d’Antonin Artaud dans le domaine public en France depuis 2018. Analyse originale rédigée pour frank-lovisolo.fr.
Texte complet :
https://Pour-en-finir-avec-le-jugement-de-dieu
bibliothèque numérique romande : https://ebooks-bnr.com/
Si le lien disparait :
https://artaud-pour-en-finir-jugement-dieu.pdf



(il faut croire que je retarde, ou peut-être n’est-ce qu’un faut bruit, l’un de ces sales ragots comme il s’en colporte entre évier et latrines à l’heure de la mise aux baquets des repas une fois de plus ingurgités),
Car de plus en plus les Américains trouvent qu’ils manquent de bras et d’enfants, c’est-à-dire non pas d’ouvriers
il faut trouver à l’inertie humaine un champ majeur, il faut que l’ouvrier ait de quoi s’employer,
mais des produits de synthèse à satiété, dans des vapeurs,
Car nous avons plus d’un ennemi et qui nous guette, mon fils, nous, les capitalistes-nés, 
En face du peuple qui fait manger à ses chevaux, à ses boeufs et à ses ânes les dernières tonnes de morphine vraie qui peuvent lui rester pour la remplacer par des ersatz de fumée,


On ressent son angoisse face à la maladie et sa dérision envers les croyances.
Merci à monsieur Bourguignon pour son interprétation sans failles et merci à Frank pour l’accompagnement musical.
Merci d’avoir écouté et apprécié la performance…