Last Updated on 10/10/2026 – 09:27 by Frank César LOVISOLO
Une série prétexte à vous refourguer mes idées athéistes !
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Suggestion d’écoute : Confiné
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Quatorze triptyques contemporains V.
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| Frank César Lovisolo & Véra Radomirskaïa (anima documentaliste et directrice athéiste )
Résumé d’un article – 👉 Lire texte intégral L’athéisme, de l’Antiquité à l’intelligence artificielleL’athéisme, du grec a-theos, « sans dieu », n’est ni une religion ni un dogme : c’est l’absence de croyance en un dieu. L’athée n’a ni pape, ni catéchisme, ni dîme, mais il a derrière lui vingt-cinq siècles d’histoire parfois cocasse, souvent périlleuse. Ce texte les parcourt en deux chapitres : d’abord l’histoire, les dangers des croyances et le rapport entre science et religions, puis l’avenir des religions à l’ère de l’intelligence artificielle. Le tout avec une seule ambition : réfléchir sans jamais devenir tragique.
La charge de la preuve incombe à celui qui affirme, comme l’illustre la théière de Russell. Certes, on peut prouver l’inexistence d’objets précisément définis (pas d’éléphant dans le frigo, pas de quadrature du cercle), mais un dieu indéfini et irréfutable échappe, selon Karl Popper, au champ de la science. Chapitre 1 : une histoire de ceux qui n’y croyaient pasDiagoras de Mélos (au centre) dans l’École d’Athènes de Raphaël. Dans l’Antiquité, Diagoras de Mélos aurait jeté une statue d’Héraclès au feu pour cuire ses lentilles ; Protagoras voit ses livres brûlés ; Démocrite explique le monde par les atomes ; Socrate boit la ciguë. Épicure imagine des dieux trop occupés à être heureux pour s’occuper de nous, et Lucrèce déplore les maux que la religion a su conseiller. En Inde, les Cârvâka se moquent déjà des prêtres. Au Moyen Âge et à la Renaissance, on pense à voix basse : Étienne Dolet, Michel Servet et Giordano Bruno finissent sur le bûcher, tandis que Galilée, contraint d’abjurer, attend 359 ans sa réhabilitation. Les Lumières sortent du placard par la porte de derrière : Spinoza identifie Dieu à la Nature, le curé Jean Meslier avoue après sa mort n’avoir jamais cru, Diderot et d’Holbach reçoivent à dîner l’Europe pensante, et Voltaire, déiste, trouve qu’il faudrait inventer Dieu s’il n’existait pas.
« Lorsque le chevalier de La Barre, petit-fils d’un lieutenant général des armées, jeune homme de beaucoup d’esprit et d’une grande espérance, mais ayant toute l’étourderie d’une jeunesse effrénée, fut convaincu d’avoir chanté des chansons impies, et même d’avoir passé devant une procession de capucins sans avoir ôté son chapeau, les juges d’Abbeville, gens comparables aux sénateurs romains, ordonnèrent, non seulement qu’on lui arrachât la langue, qu’on lui coupât la main, et qu’on brûlât son corps à petit feu ; mais ils l’appliquèrent encore à la torture pour savoir combien de chansons il avait chantées, et combien de processions il avait vu passer, le chapeau sur la tête. »
Article «Torture» de l’édition de 1769 du Dictionnaire philosophique, Voltaire : récit du martyre du chevalier de La Barre.
Le XIXe siècle passe à l’attaque : Feuerbach voit en Dieu une projection de l’homme, Marx une consolation, Bakounine une autorité à abolir, Darwin rend la nature autonome, Nietzsche proclame la mort de Dieu (et récolte, selon la blague, un graffiti de réponse), Freud y voit une illusion collective. Puis l’athéisme sort en librairie : Sartre, Camus, Simone de Beauvoir, Dawkins, Hitchens, Onfray, sans oublier le pastafarisme, qui rappelle qu’une croyance doit pouvoir supporter la comparaison avec un plat de pâtes.
Les trois monothéismes ont tué au nom de leur dieu : croisades, Inquisition, guerres de religion, massacre de la Saint-Barthélemy, bûchers, attentats. Le problème est structurel : un dieu unique et jaloux, détenteur de la Vérité, rend la nuance suspecte, là où le polythéisme savait faire de la place pour un dieu de plus. Mais le texte reste rigoureux : le vrai danger est la certitude. Les régimes d’athéisme d’État ont remplacé le clergé par un parti et le saint par un portrait de dictateur. Toute idée interdite de discussion, mystique, politique ou complotiste, devient dangereuse. L’athéisme n’est pas une garantie de vertu, seulement une invitation à tout examiner, y compris ses propres idées.
La religion a longtemps expliqué le tonnerre, la maladie et l’origine du monde ; la science a repris les dossiers un à un. C’est le « Dieu des lacunes », que Laplace congédie, dit-on, devant Napoléon : il n’avait pas eu besoin de cette hypothèse. Le texte reste juste : le prêtre Georges Lemaître est l’un des pères du Big Bang, et Stephen Jay Gould proposait de réserver le « comment » à la science et le « pourquoi » à la religion. Mais la différence fondamentale demeure : la science se corrige, la religion se révèle. Il a fallu 359 ans pour réhabiliter Galilée, et l’Église d’Angleterre a présenté ses excuses à Darwin en 2008.
Portrait d’Aristide Briand (par Marcel Baschet, 1916). Réponse nette : non. La laïcité n’est pas l’ennemie des croyants, elle est leur meilleure alliée : elle garantit à chacun le droit de croire, de ne pas croire ou de changer d’avis le mardi. La loi de 1905, portée par Aristide Briand, ne retire rien à personne ; elle empêche qu’une religion impose sa loi à celui qui n’en a pas. Céder la place aux religions reviendrait à confier les clés de la maison commune à des propriétaires qui ne s’accordent ni sur le plan, ni sur le chef de chantier, ni sur le jour de fermeture hebdomadaire. Chapitre 2 : les religions face à l’intelligence artificielleL’intelligence artificielle est le nouvel acteur : elle répond à tout, ne réclame ni congés ni encens, et ne parle pas au nom du Très-Haut. Les religions s’en emparent : le pape Léon XIV en fait un grand défi de notre temps, le Vatican a publié la note Antiqua et nova, des confessionnaux à IA ont été testés, et l’ingénieur Anthony Levandowski a fondé une éphémère Église de l’IA, la Way of the Future. L’IA donne accès aux textes et aux savoirs, mais elle peut aussi fabriquer prophéties, sectes sur mesure et fausses preuves : elle est un miroir de nos crédulités. Ce qu’elle ne changera pas : le besoin humain de sens, de consolation et de rituel. Trois scénarios se dessinent : les religions s’adaptent, comme toujours ; l’IA devient elle-même un objet de croyance (un nouveau veau d’or, qui ne bêle même pas, le con) ; ou le recul des religions se poursuit là où l’éducation et le bien-être progressent, tandis qu’elles restent vivaces ailleurs, souvent comme marqueur d’identité. Dans tous les cas, l’enjeu n’est pas de savoir si les dieux existent ou si les machines pensent, mais de préserver l’esprit critique, la liberté de conscience et la capacité de rire de ce qu’on croit. Un athée, au fond, n’est jamais qu’un croyant au doute : il croit qu’il faut vérifier, que la liberté vaut mieux que la soumission, et qu’une bonne blague a plus fait pour la tolérance que mille sermons ! |


Certaines photos sont déroutantes mais on se laisse prendre et on se met à aimer la couleur orange