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Stttrente :
J’inviterai quelques amis à choisir, dire une trentaine de mots et j’en conserverai l’empreinte enregistrée. De ces éclats de voix recueillis, je tisserai une musique, comme un fil mystérieux liant leurs métaphoriques au silence. Emmanuelle Grangé fut la première à participer avec ses mots: « Un peu plus de trente heures ». |
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Composition pour:
Bruits de clefs de bugles, Piano, Timbales Classiques, Tambour, Anvils, Waterphone, Contrebasse, Bugle.
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L’inconséquence du carabin Loiseau : Les mots de Philippe JeayPoésie contemporaine de mots musiqués… |
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Philippe :
Compositeur, auteur, contrebassiste, pianiste, « Bugliste », tu es souvent sur une scène ou bien en répétition quand, accessoirement adepte d’Hippocrate, tu ne hantes pas ton cabinet médical !
Mais, la médecine, c’est fini non ?
Ta participation à mes œuvres est précieuse :
Et d’autres qui ne sont pas ici.
Je ne te remercierai jamais assez pour ton écoute patiente et pertinente.
Et puis si tu as quelque chose à rajouter…. Un titre par exemple 🙂
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Poésie contemporaine– ![]() Gustave Flaubert De ce fait, la situation est plus complexe au XXIe siècle puisque le terme de « poésie » a en fait recouvert des aspects très différents, celle-ci s’étant dégagée d’une forme versifiée facilement identifiable et même du « poème ». On a cherché la poésie à la limite dans une « expression poétique » indépendante du travail des poètes. Néanmoins la spécificité du texte poétique a demeuré à travers sa densité qui tentait d’exploiter à la fois toutes les possibilités offertes par les spécificités linguistiques. Il est d’ailleurs difficile de traduire un poème dans une autre langue, car la question se pose toujours de savoir s’il faut se préoccuper d’abord du sens ou s’il faut chercher à inventer des équivalences sonores et rythmiques. ![]() Aragon L’influence que la poésie exerce sur la production littéraire en général est discrète, voire indirecte, mais réelle. On peut tenir en effet la poésie pour le laboratoire principal où s’élaborent les formes les plus novatrices de l’expression et de la représentation, celles qui bousculent ce que Gustave Flaubert appelle « les formes convenues ». ![]() Jules Supervielle Elle travaille incessamment la langue pour que le désir s’y fraie une voix en s’affranchissant de tout ce qui l’aliène. En cela, le poète contemporain s’inscrit bien dans une démarche rimbaldienne : « Donc le poète est vraiment voleur de feu. Il est chargé de l’humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions ; si ce qu’il rapporte de là-bas a forme, il donne forme : si c’est informe, il donne de l’informe.
Trouver une langue »
![]() Yves Bonnefoy Après la Première Guerre mondiale et après Apollinaire, défenseur lui aussi de « L’esprit nouveau », les surréalistes, héritiers de cet enthousiasme rimbaldien, confieront à l’image poétique le soin de dépasser le réel et d’ouvrir des « champs magnétiques » novateurs mettant au jour l’inconscient, ce que formulera Louis Aragon dans Le Paysan de Paris en parlant de « l’emploi déréglé et passionnel du stupéfiant image ». Dans les années 1950-1970, revenant sur cette systématisation de l’image, les poètes s’orienteront davantage vers une poésie-célébration, un chant du monde orphique ou vers une poésie lyrique, chant de l’âme qui fait entendre la voix personnelle des poètes comme celle de Jules Supervielle, René Char ou Yves Bonnefoy. Pour Saint-John Perse, la poésie est « initiatrice en toute science et devancière en toute métaphysique » ![]() Saint-John Perse ![]() René Char De manière plus générale la poésie dialogue avec les autres arts donnant notamment lieu à des « happenings » où les poètes dialoguent avec les musiciens et les peintres. Des clubs de poésie organisent ainsi des rencontres d’artistes où c’est l’improvisation qui doit gouverner, chaque artiste doit répondre à l’improvisation de l’autre sur le moment. Ce type de représentations se fonde notamment sur l’idée d’une appartenance universelle de l’Art c’est-à-dire de ‘idée de l’inspiration comme don. Ainsi l’œuvre réalisé dans ce type de happening est-elle collective dans un sens large puisque non seulement elle n’appartient pas à un artiste mais également parce qu’elle est autant l’œuvre des spectateurs que des artistes. Ce type de « happenings » est très développé notamment en Inde et, dans une moindre mesure, en France. |
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Le projet « Stttrente » par Zorya VelikanovaLe dispositif est celui d’une commande contrainte à la lisière entre l’oral et la composition musicale : Frank César Lovisolo invite des amis à choisir et prononcer une trentaine de mots, dont il enregistre la voix, puis il tisse une musique à partir de ces « éclats de voix ». La liste n’est donc pas un poème ni un texte — c’est une empreinte sonore, un matériau brut offert au compositeur. Emmanuelle Grangé a été la première à se prêter à l’exercice. |
Philippe Jeay : un ami-frére musicien compliceLe sujet de cet épisode est Philippe Jeay, personnage à multiples facettes : compositeur, auteur, contrebassiste, pianiste, « bugliste » (joueur de bugle) et… médecin (à l’époque, « adepte d’Hippocrate »). Lovisolo souligne leur longue collaboration musicale — Philippe Jeay a participé à plusieurs œuvres du site (Sappho, Dolmen II, Sept mois auparavant, etc.). Les 30 mots de Philippe JeayLa liste constitue le cœur poétique de la page. On y trouve un fascinant cabinet de curiosités lexical, mêlant :
Cette sélection révèle un esprit cultivé, attentif à la sonorité et à l’étrangeté des mots autant qu’à leur sens. Le tout se conclut sur Épitaphe — mot final lourd de sens, comme un point final posé avec ironie ou gravité. La composition musicaleLa pièce résultante, L’inconséquence du carabin Loiseau, est instrumentée pour : bruits de clefs de bugles, piano, timbales classiques, tambour, anvils (enclumes), waterphone, contrebasse et bugle. Un ensemble hétéroclite, à la frontière de la musique contemporaine, de l’art sonore et de la musique concrète — fidèle à l’esthétique expérimentale du site. La dimension métatextuelleL’article intègre aussi une réflexion sur la poésie contemporaine, citant Rimbaud, Apollinaire, Aragon, Supervielle, Bonnefoy, René Char et Saint-John Perse. Cette digression (empruntée à Wikipédia) replace le projet Stttrente dans une généalogie artistique : la poésie comme « laboratoire principal des formes les plus novatrices de l’expression », dialogue entre arts, musique et improvisation. Ton et postureL’écriture de Lovisolo est affectueuse et complice envers Jeay, mêlant admiration sincère et humour (« la médecine, c’est fini non ? »). L’ensemble a la chaleur d’une dédicace entre amis artistes. En résumé, cet article est une belle illustration de la poésie sonore collaborative : les mots d’un ami deviennent le matériau d’une composition, à la croisée de la littérature, de l’art sonore et de la musique expérimentale. Les 30 mots de Jeay forment à eux seuls une sorte de poème minimaliste, dont la sélection même révèle un imaginaire personnel riche et excentrique. Le choix des trente mots de Philippe Jeay n’est pas anodin.
En résumé, cet article est une belle illustration de la poésie sonore collaborative : les mots d’un ami deviennent le matériau d’une composition, à la croisée de la littérature, de l’art sonore et de la musique expérimentale. Les 30 mots de Jeay forment à eux seuls une sorte de poème minimaliste, dont la sélection même révèle un imaginaire personnel riche et excentrique.
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Tu as tellement collaboré à mes créations que je m’y perds un peu…


















ça sent bon l’Italie !