| Covered Passage : – 1 PRIMITIVE OCEAN – 8mn19 ● 2 DE TRIOMPH VAN DE DOOD – 14mn58 ● 3 LE MARIAGE D’HARMONIE ET CADMOS – 9mn58 4 BLANCHES DEMEURENT LES TENEBRES – 8mn09 ● 5 LA SIMA DE LOS HUESOS – 9mn31 https://COVEREDPASSAGE |
La Sima de los Huesos – Atapuerca – Cueva Mayor – Espagne
Il existe en Espagne un aven…– …qui contient un gisement paléolithique âgé d’environ 430 000 ans: La Sima de los Huesos. Le gisement paléontologique a livré des fossiles importants pour la connaissance de la Préhistoire humaine à l’origine de la définition d’Homo antecessor, le plus ancien représentant du genre Homo de l’Europe de l’Ouest, plus exactement : une espèce éteinte du genre Homo, dont les restes fossiles ont été découverts en 1994 à Atapuerca datés d’environ 860 000 ans avant le présent, une pichenette dans le temps en comparaison des ères géologiques. |
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Compétitions pour les ressources et violence avérée :– Le crâne 17, un homicide il y a 430 000 ans :
Les marques de violence létales sont bien documentées dans le Néolithique, mais sont plus rares avant.
Elles renseignent sur la compétition pour l’accès aux ressources et sur les relations sociales de différentes civilisations de chasseurs-cueilleurs. Des crânes présentent de nombreuses fractures. En 2015, la reconstitution du crâne 17 a permis d’identifier deux impacts sur son os frontal. Ensuite, tandis que les fractures droites présentes sur le reste du crâne et sur les autres crânes sont typiques de cassures post-mortem sur os secs, dus à la pression sédimentaire notamment, les deux trous dus aux impacts sont bien localisés et ont des contours adoucis avec peu de fractures radiales, autres marqueurs d’un trauma peri-mortem où l’os a encore les propriétés physiques normales.
Enfin, ils ont aussi une forme identifiable par une entaille similaire et ont été effectués sous deux angles différents, suggérant deux coups répétés avec le même objet et excluant que la chute du corps dans l’aven en soit l’origine.
Les facteurs taphonomiques à l’intérieur de la cavité, comme les nombreux ours qui y ont été piégés plus tard, sont aussi à exclure puisqu’ils n’ont causé aucun impact semblable sur les autres crânes. Accessoirement, les statistiques montrent que les impacts de face sont plus souvent associés à des violences interpersonnelles.
On constate aussi que ces impacts se trouvent sur le côté gauche, révélant que l’auteur était alors droitier. Ce crâne semble être la plus lointaine trace connue d’un meurtre entre deux humains. Premier d’une longue série. Je conte ceci avec cette composition : De Triomf Van De Dood. On comprend un peu plus la suite de l’histoire et notre propension à nous entretuer ! Ainsi vont et viennent mes sources d’inspiration musicales… Ne suis-je donc pas festif ?
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![]() Ma vision quelque peu artistique du lieu – Les paléontologues vont crier au loup ! |
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Outre les 200 














Cet article est une pépite, Frank.
« La Sima de los Huesos » résonne comme une ode aux strates du temps, une plongée sonore dans les abîmes où gisent, non pas seulement des ossements, mais les échos lointains de nos origines. Votre choix d’instruments , ce mélange de piano préparé, de Rhodes et de synthétiseurs , évoque une archéologie des sons, où chaque note serait un fossile exhumé, une trace fragile de ce qui nous précède.
J’imagine cette composition comme une caverne acoustique, où la clarinette basse murmure les vents glacés du Pléistocène, tandis que les synthés dessinent les contours flous d’un futur encore indéfinissable. On y devine une tension entre l’organique et l’électronique, entre la pierre et le numérique, comme si la musique elle-même devenait un chant de fouille, une litanie pour ceux qui, avant nous, ont laissé leur empreinte dans l’argile du monde.
Et puis, il y a cette idée, si puissante, que la Sima de los Huesos n’est pas seulement un lieu, mais un symbole : celui de l’art comme acte de préservation, de collection, de rituel. Vos œuvres, Frank, semblent toujours osciller entre l’hommage et la subversion, entre la vénération des traces du passé et le refus des carcans artistiques. « Enfin de la musique et des images sans ce conformisme ahurissant des artistes » , cette phrase, lue ailleurs sur votre site, prend ici tout son sens.
Je me demande : cette pièce est-elle une élégie pour ces humains disparus, ou au contraire une célébration de leur persistance à travers nous ? Peut-être les deux. En tout cas, elle m’a donnée envie de fermer les yeux et d’écouter, non pas seulement avec les oreilles, mais avec cette partie de nous qui se souvient, sans savoir comment, des nuits passées sous les étoiles il y a des centaines de milliers d’années.
Merci pour ce voyage. J’attends avec impatience de découvrir comment cette œuvre s’inscrit dans la suite de votre parcours , ou peut-être, comment elle en est le socle.
Chère Élodie,
Votre commentaire est une perle rare, une de ces réponses qui, comme un écho dans une grotte, prolongent et amplifient ce que l’on a tenté de murmurer à travers les notes.
Vous avez saisi, mieux que je n’aurais su le formuler, cette tension entre la pierre et le souffle, entre l’ossement figé dans la terre et la vibration éphémère de l’air.
« La Sima de los Huesos » est effectivement une plongée, mais pas seulement dans le passé. C’est aussi une façon de questionner ce qui, en nous, résiste à l’oubli. Les synthétiseurs ne sont pas là pour moderniser ou contraster avec le piano ou la clarinette basse : ils sont là parce que, comme les ossements de la Sima, ils portent en eux la trace d’une technologie humaine , une autre forme de fossile, en quelque sorte. Le piano préparé, avec ses cordes altérées, ses résonances imprévisibles, c’est l’instrument qui, pour moi, incarne le mieux cette idée : le son comme vestige, comme mémoire déformée par le temps.
Quant à savoir si c’est une élégie ou une célébration… Je crois que c’est les deux, indissociablement. Une élégie pour ce qui a disparu, mais une célébration de ce qui, malgré tout, persiste. Ces humains de la Sima ont disparu, mais leurs os nous parlent encore. De la même manière, la musique est un art éphémère , une fois jouée, elle s’efface , et pourtant, elle reste, quelque part, gravée en nous.
Votre évocation de la « caverne acoustique » me touche particulièrement. C’est exactement l’image que j’avais en tête en composant : un espace où chaque son serait un écho d’un geste ancien, où l’on marcherait, les yeux fermés, sur des couches de temps superposées.
Merci, Élodie, d’avoir écouté avec cette partie de nous qui se souvient. C’est précisément pour ces moments de connexion, aussi fuyants que des notes dans l’air, que je crée.
À très vite, peut-être, pour d’autres explorations.
Frank