Una passeggiata notturna a Napoli

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Octavie – Napoli – Gérard de Nerval – piano – Subliminal Messages
De l’album : Subliminal Messages ComGris
Les amants du Bunker Le silence des sirenes IMA Distant Island Lady

No One's Dancing

The Headlong Rush Ultimate Chapter IMA Octavie
Composition pour :

Piano 

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Octavie
Quand il me plait d’imaginer Gérard de Nerval arpentant les venelles  Napolitaine au bras de cette énigmatique brodeuse; « une jeune femme qui vous ressemblait »…
Le lacrima-christi, c’est bien connu, vous fait voir des jeunes filles anglaises à tous les coins de rues… Cependant, il semblerait qu’il n’y eut qu’une seule Octavie…
 
Octavie – Extrait
Octavie - Villa Reale

Anonyme – Naples, Villa Comunale (Reale) et Riviera di Chiaia

 … « Mais où donc cette image s’est-elle déjà offerte à moi ?
Ah ! je vous l’ai dit, c’était à Naples, il y a trois ans.
J’avais fait rencontre dans la nuit, près de la Villa-Reale, d’une jeune femme qui vous ressemblait, une très bonne créature dont l’état était de faire des broderies d’or pour les ornements d’église ; elle semblait égarée d’esprit ; je la reconduisis chez elle, bien qu’elle me parlât d’un amant qu’elle avait dans les gardes suisses, et qu’elle tremblait de voir arriver. Pourtant, elle ne fit pas de difficulté de m’avouer que je lui plaisais davantage…
Que vous dirai-je ? Il me prit fantaisie de m’étourdir pour tout un soir, et de m’imaginer que cette femme, dont je comprenais à peine le langage, était vous-même, descendue à moi par enchantement. Pourquoi vous tairais-je toute cette aventure et la bizarre illusion que mon âme accepta sans peine, surtout après quelques verres de lacrima-christi mousseux qui me furent versés au souper ?
 
N° 014La chambre où j’étais entré avait quelque chose de mystique par le hasard ou par le choix singulier des objets qu’elle renfermait. Une madone noire couverte d’oripeaux, et dont mon hôtesse était chargée de rajeunir l’antique parure, figurait sur une commode près d’un lit aux rideaux de serge verte une figure de sainte Rosalie, couronnée de roses violettes, semblait plus loin protéger le berceau d’un enfant endormi les murs, blanchis à la chaux, étaient décorés de vieux tableaux des quatre éléments représentant des divinités mythologiques. Ajoutez à cela un beau désordre d’étoffes brillantes, de reflétaient vivement la lueur de l’unique lampe de cuivre, et sur une table un Traité de la divination et des songes qui me fit penser que ma compagne était un peu sorcière ou bohémienne pour le moins.
“Une bonne vieille aux grands traits solennels allait, venait, nous servant ; je crois que ce devait être sa mère ! Et moi, tout pensif, je ne cessais de regarder sans dire un mot celle qui me rappelait si exactement votre souvenir.
“Cette femme me répétait à tout moment : – Vous êtes triste ?” Et je lui dis : “Ne parlez pas, je puis à peine vous comprendre ; l’italien me fatigue à écouter et à prononcer. – Oh ! dit-elle, je sais encore parler autrement. – Et elle parla tout à coup dans une langue que je n’avais pas encore entendue. C’était des syllabes sonores, gutturales, des gazouillements pleins de charme, une langue primitive sans doute ; de l’hébreu, du syriaque, je ne sais. Elle sourit de mon étonnement, et s’en alla à sa commode, d’où elle tira des ornements de fausses pierres, colliers, bracelets, couronne ; s’étant parée ainsi, Octavie - Subliminal Messageselle revint à table, puis resta sérieuse fort longtemps.
 
La vieille, en rentrant, poussa de grands éclats de rire et me dit, je crois, que c’était ainsi qu’on la voyait aux fêtes. En ce moment, l’enfant se réveilla et se prit à crier. Les deux femmes coururent à son berceau, et bientôt la jeune revint près de moi tenant fièrement dans ses bras le bambino soudainement apaisé. ‘Elle lui parlait dans cette langue que j’avais admirée, elle l’occupait avec des agaceries pleines de grâce ; et moi, peu accoutumé à l’effet des vins brûlés du Vésuve, je sentais tourner les Félix Nadar 1820 1910 portraits Gérard de Nervalobjets devant mes yeux : cette femme, aux manières étranges, royalement parée, fière et capricieuse, m’apparaissait comme une de ces magiciennes de Thessalie à qui l’on donnait son âme pour un rêve. Oh ! pourquoi n’ai-je pas craint de vous faire ce récit ? C’est que vous savez bien que ce n’était aussi qu’un rêve, où seule vous avez régné ! …
 
Les Filles du feu, Michel Lévy frères,  (p. 205-214).
 
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La Villa Reale
VillaReale

Anonyme – Ecole Napolitaine 19e Siècle – Villa Reale

Guy de Maupassant
Le Corricolo ( Extrait )

La Villa-Reale fait face à l’hôtel de la Victoire; c’est la promenade de Naples. Elle est située, relativement à la rue de Chiaja, comme le jardin des Tuileries à la rue de Rivoli.
Seulement, au lieu de la terrasse du bord de l’eau, c’est la plage de l’Arno; au lieu de la Seine, c’est la Méditerranée; au lieu du quai d’Orsay, c’est l’étendue, c’est l’espace, c’est l’infini.

La Villa-Reale est, sans contredit, la plus belle et surtout la plus aristocratique promenade du monde. Les gens du peuple, les paysans et les laquais en sont rigoureusement exclus et n’y peuvent mettre le pied qu’une fois l’an, le jour de la fête de la Madone du Pied-de-la-Grotte. Aussi ce jour-là la foule se presse-t-elle sous ses allées d’acacias, dans ses bosquets de myrtes, autour de son temple circulaire.

Chacun, homme et femme, accourt de vingt lieues à la ronde avec son costume national; Ischia, Caprée, Castellamare, Sorrente, Procida, envoient en députation leurs plus belles filles, et la solennité de ce jour est si grande, si ardemment attendue, qu’il est d’habitude de faire dans les contrats de mariage une obligation au mari de conduire sa femme à la promenade de la Villa-Reale, le 8 septembre de chaque année, jour de la fête della Madona di Pie-di-Grotta.

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