Oksana

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Oksana – Oksana – Oksana – Ukraine – Oksana
   
ComGris
 
Composition pour :

Batterie,
Guitare jouée à l’archet électronique ( Ebow ),

Oksana

Ballade pour les femmes Ukrainiennes qui subissent une guerre voulue par un homme.

Guerre qui, on le constatera, n’intéresse plus le public versatile. Il est vrai que les émeutes du samedi 28 mai 2022 au stade de France pour la finale de la Ligue des champions, évènement du football européen, sont bien plus graves que la destruction d’un pays voisin.

Une information en occulte une autre, profitant de l’individualisme ambiant, de la courte durée de la mémoire et cette soif débile du spectaculaire ! 

Oskana, Оксана en Ukrainien…

… est une forme ukrainienne du prénom Ksenia. Il a pris racine en Ukraine de sorte que les deux noms sont devenus totalement indépendants, mais désignent la même chose. Traduit du grec ancien, Xenia (ξενία )  peut signifier étranger, voyageur ou encore invité.
Toutefois, pour le titre de cette composition, j’aurais pu recourir à un autre prénom féminin employé dans ce pays ravagé par une guerre absurde décidée par le tyran russe éternellement fidèle aux méthodes brutales du KGB dont il est issu. 

Oksana Lyniv

Oksana Lyniv

Tamara, Lilia, Anastasia, Nikita, Hanna, Olena, Polina, Anastasiya, Iryna et bien d’autres sont également utilisés au sein de l’envahissant et non moins slave pays. Ils auraient tous aussi bien être affectés au titre de cette composition.

Toutefois le choix d’Oksana n’est pas innocent.
C’est une pensée qui part vers Oksana Lyniv (en ukrainien: Оксана Линів), la célèbre cheffe d’orchestre ukrainienne, certainement dans la tourmente…
Elle est la première femme de l’histoire à diriger un opéra dans le cadre du prestigieux festival de Bayreuth.
Parenthèse:
 
Puis vient la question sans réponse : quelle serait mon attitude en temps de guerre ?
 
Non, n’y répondez surtout pas, vous affabuleriez et pire vous vous mentiriez.
Devant l’écran, quand on lit les nouvelles, il est facile de se promouvoir héros de guerre.
Dans les ruines d’une ville parmi les cadavres et les blessés c’est une autre histoire.
Le titre car les femmes sont toujours dans les guerres.

Francisco de Goya: No quieren (« Elles ne veulent pas »). Une vieille femme brandit un couteau pour défendre une jeune femme qui se fait agresser par un soldat

Francisco de Goya : No quieren (« Elles ne veulent pas »).
Une vieille dame défend une jeune femme qui se fait agresser par un soldat.

Si ce sont les hommes que l’on envoie principalement se faire hacher menu au combat, les femmes en endurent directement ou indirectement les conséquences.
Il y aura toujours la douleur de l’absence d’un mari, d’un fils, d’un fiancé, ou encore d’un amant et souvent leurs disparitions sont définitives. 
Elles subissent les bombardements des villes, le ravage des campagnes par les chars et la piétaille où leurs enfants meurent quand elles survivent.
Puis vient systématiquement la brutalité crasse et imbécile des envahisseurs.
Avec une arme, un pénis et la bêtise haineuse, on peut se permettre l’innommable et, communément, c’est  approuvé silencieusement, mais avec virilité, au plus bas des cloaques de l’état d’autant plus qu’il est totalitaire.
Tous mes moyens sont bons quand un dirigeant désire, avant toute chose, normaliser ses névroses.
On pourrait, ici, développer mais il serait inévitable de prouver une foi de plus la véracité de loi de Godwin.
En résumé, la terreur reste l’ultime moyen de destruction massive des esprits.
On sait et on débat toujours sur l’arme que constitue le viol dans les conflits. On ne peut qu’en discuter. Une guerre « propre » demeure définitivement un non-sens.
Alors pour survivre, elles doivent se cacher ou fuir.
 
 
 
Natalia Mekline était un commandant de liaison au sein du célèbre 46e régiment de la garde des bombardiers nocturnes, connu sous le nom de « Sorcières de la nuit ». Elle a accompli 980 missions de combat. Ayant survécu à la guerre, Mekline est décédée en 2005 à l'âge de 82 ans

Natalia Mekline était un commandant de liaison au sein du célèbre 46e régiment de la garde des bombardiers nocturnes, connu sous le nom de «Sorcières de la nuit». Elle a accompli 980 missions de combat. Ayant survécu à la guerre, Natalia est décédée en 2005 à l’âge de 82 ans

 
La Guerre n’a pas un visage de femme. 

« La guerre “féminine” possède ses propres couleurs, ses propres odeurs, son propre éclairage et son propre espace de sentiments. Ses propres mots enfin. »
Svetlana Aleksandrovna Alexievitch écrivaine biélorusse.
 
Je ne saurai que trop conseiller la lecture de « La guerre n’a pas un visage de femme » (en langue russe : У войны не женское лицо) de Svetlana Alexievitch.
Un livre composé à partir d’histoires enregistrées sur magnétophone de femmes soviétiques qui ont participé à la Grande Guerre patriotique. Un autre aspect des femmes impliquées dans un conflit, celui-ci mondial. Mais, il y a une nouvelle tragédie dans cet ouvrage, celle de leur réinsertion douloureuse à la fin de l’affrontement.
Extrait:
« Mon premier baiser… Le sous-lieutenant Nikolaï Belokhvostik… Je pensais… J’étais sûre que personne dans la compagnie ne soupçonnait que j’étais amoureuse de lui.
Amoureuse éperdument. Et j’étais sûre que lui non plus n’en savait rien. Mon premier amour…
Nous nous préparions à l’enterrer… Il était étendu sur une toile de tente, il venait juste d’être tué.
Tout le monde était pressé. L’ennemi était en passe de nous encercler. Ils nous pilonnaient. Nous avons trouvé un arbre…
Un vieux bouleau qui se trouvait un peu loin de la route.
A l’écart. Je me suis efforcée de bien mémoriser les lieux pour pouvoir revenir plus tard et retrouver cet endroit. Pour ne pas le perdre. Non… Ce n’est pas… Je voulais ajouter autre chose… J’ai oublié quoi. Je suis émue.
Terriblement émue… »
 
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Oksana – Oksana
 
Oksana

Oksana – Frank Lovisolo

Le Désastre Le désastre - MARIA HELENA VIEIRA DA SILVA

Le Désastre – Maria Helena Vieira da Silva – 1942

 
Une autre Guerre il y a un peu plus de cent ans

Chemin des Dames

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Les Femmes de tous les pays
 –Les femmes de tous les pays,
A quoi songent -elles, muettes ?
Celles à qui la guerre a pris
Le bonheur? Les femmes qui guettent…
Les femmes de tous les pays,
O complices  inconscientes ,
Vous étouffez  encor  vos cris,
Vous êtes là, comme en attente.
.
Les femmes de tous les pays,
La voix meurt donc dans votre gorge ,
Quand ce sont vos hommes, vos fils,
Que l’on mutile  ou qui s’égorgent ?
Quand l’oubli s’étendra dans les jardins de mai.
Beaucoup ne verront plus …
Beaucoup de verront plus palpiter la lumière,
Ni l’éclat délicat des matins de printemps
Un doux soleil entr’ouvre en vain les primevères ;
Je pense aux jeunes morts qui n’avaient pas vingt ans.
Le destin les coucha dans l’ombre, à peine en vie.
Et les vieillards et les femmes regarderont,
La flamme vacillant dans ces mains engourdies,
S’éteindre les divins flambeaux;-et survivront.
Mais ils ne pourront plus connaître cette ivresse
Qui les envahissaient, jadis, au temps joyeux.
Pour un rayon posé sur les pousses qui naissent,
Pour un jeune arbre en fleur, pour un pan de ciel bleu.
Ils n’auront plus jamais l’exaltation douce
De ceux que la beauté seule autrefois rythmait.
Le cœur se souviendra de l’horrible secousse
Quand l’oubli s’étendra dans les jardins de mai.

Depuis six mille ans la guerre

Depuis six mille ans la guerre
Plait aux peuples querelleurs,
Et Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs.

Les conseils du ciel immense,
Du lys pur, du nid doré,
N’ôtent aucune démence
Du coeur de l’homme effaré.

Les carnages, les victoires,
Voilà notre grand amour ;
Et les multitudes noires
Ont pour grelot le tambour.

La gloire, sous ses chimères
Et sous ses chars triomphants,
Met toutes les pauvres mères
Et tous les petits enfants.

Notre bonheur est farouche ;
C’est de dire : Allons ! mourons !
Et c’est d’avoir à la bouche
La salive des clairons.

L’acier luit, les bivouacs fument ;
Pâles, nous nous déchaînons ;
Les sombres âmes s’allument
Aux lumières des canons.

Et cela pour des altesses
Qui, vous à peine enterrés,
Se feront des politesses
Pendant que vous pourrirez,

Et que, dans le champ funeste,
Les chacals et les oiseaux,

Hideux, iront voir s’il reste
De la chair après vos os !

Aucun peuple ne tolère
Qu’un autre vive à côté ;
Et l’on souffle la colère
Dans notre imbécillité.

C’est un Russe ! Egorge, assomme.
Un Croate ! Feu roulant.
C’est juste. Pourquoi cet homme
Avait-il un habit blanc ?

Celui-ci, je le supprime
Et m’en vais, le coeur serein,
Puisqu’il a commis le crime
De naître à droite du Rhin.

Rosbach ! Waterloo ! Vengeance !
L’homme, ivre d’un affreux bruit,
N’a plus d’autre intelligence
Que le massacre et la nuit.

On pourrait boire aux fontaines,
Prier dans l’ombre à genoux,
Aimer, songer sous les chênes ;
Tuer son frère est plus doux.

On se hache, on se harponne,
On court par monts et par vaux ;
L’épouvante se cramponne
Du poing aux crins des chevaux.

Et l’aube est là sur la plaine !
Oh ! j’admire, en vérité,
Qu’on puisse avoir de la haine
Quand l’alouette a chanté.

Victor Hugo (1802-1885)
Les chansons des rues et des bois
Goya 2 mai

GoyaDos de Mayo (1814).

Goya - Dos de Mayo (1814).

GoyaTres de Mayo (1814).

 
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