La lande, la mer et l’Ankou

ankou

à l’écoute : Trentes mots
ComGris
   


On dit de l’Ankou qu’il parcours la Lande dans son «karrigell» à l’essieu grinçant. On dit qu’il vient cueillir les âmes des défunts récents.

On le dit très grand, décharné, couvert d’une pèlerine noire, ses cheveux longs et blancs dépassent d’un large couvre-chef et ses yeux sont deux abysses noirs où se consument à jamais deux infimes chandelles.

On dit que sur la côte il vient  en «bag noz» pour conduire les trépassés sur les rives d’un autre au-delà.
On dit qu’il habite un domaine dans les monts d’Arrée, que je ne connais pas.
Sur la Lande, j’espérai le rencontrer l’Ankou, non point pour qu’il emmène mon âme, mais pour qu’il me parle des vivants.
Après avoir côtoyé autant d’âmes et ouït tant d’histoires  il me paraissait indéniable qu’il connaisse les dénouements des histoires et, par-dessus tout, à celle que je trimbalai cruellement sur la Lande.
J’attendais, errant infiniment de chemins en sentiers, tendant l’oreille à l’improbable musique de ses roues branlantes. Il n’en fut rien. 
Le squelettique ne vint jamais m’abandonnant aux vents et aux embruns.

Et toi, mon âme, si lointaine sur ces îles, là où vivent d’autres dieux?


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6 Commentaires

  1. emmanuelle grangé

    beautés ! (enter)

  2. hello Frank,
    j’adore celle qui ressemble à un amphithéâtre pris en plongée
    superbe !
    bise

  3. Belles photos nimbées de mystère et habitées par la passion de cette nature sauvage!Si tu n’as pas rencontré l’Ankou, tu t’es au moins rencontré toi une fois de plus…

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