Sousleaugraphie 2022 – Une réalité moins colorée que les photographies.

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Paysages sous-marins au Mourillon – Paysages sous-marins au Mourillon
à l’écoute : 
ComGris
 
Paysages sous-marins au Mourillon à quelques encablures de mon domicile conséquemment sans utiliser mon véhicule.
Un masque, des palmes et un haut de combinaison de plongée, afin de ne pas se blesser sur les rochers si l’on photographie.
Il est facile de se promener au-dessus de paysages enchanteurs qu’il faut absolument préserver.
Toutefois, chemin faisant, je suis navré de constater ces actes d’incivilités qui consistent à laisser les déchets sur place.

013 Le sable apres laverse

Les jouets aussi…

La réalité est moins colorée que les photographies : quand le Plastique n’est pas Art…
Selon de sérieuses estimations, entre 8 et 12 millions de tonnes de plastique finiraient en Méditerranée et cela chaque année (soit 2,23 % et 3,34 % de la production mondiale qui était de 359 millions de tonnes en 2018, toujours en augmentation)…
 
« Nous savons que 80 % des déchets marins viennent de la terre, nous voulons réellement attirer l’attention du public et l’avertir sur l’utilisation du plastique » explique Jacques Landron vice-président de l’association Participe Futur.
 
Un redoutable problème, sachant que cette contamination ne vient pas uniquement de la côte, mais souvent de très loin.
Imaginons simplement : une bouteille en plastique jetée bêtement dans le lac Léman, en Suisse, à de fortes chances de finir son odyssée en Méditerranée, après un périple de 545 km sur le Rhône, passant devant Port-Saint-Louis-du-Rhône, la dernière ville traversée par le fleuve. Et ceci peut prendre plusieurs années.
Il en va ainsi pour toutes les sources de pollution.
 
Les densités de microplastiques atteignent des niveaux records : 1,25 million de fragments par kilomètres carrés. 
Il est maintenant indéniable, hélas, que toute la Méditerranée est polluée par cette substance difficile à détruire (de 100 ans et jusqu’à 1 000 ans selon les conditions. Les UV décomposent les chaines de polymères).
Pire encore, dans certaines régions la pollution est dramatique : la concentration des microparticules est la même que celle du zooplancton, base de la chaine alimentaire marine…
Il y aurait dans les mers quelques milliards de tonnes de matière plastique et seulement entre 1 et 10 % à la surface.
 
Article paru en 2014 sur la dégradation du plastique en mer :
 

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Toxicité des plastiques et perturbation des chaînes alimentaires


Extrait de l’article : La dégradation des plastiques en mer, par C. Dussud et J-F. Ghiglione

Dans l’environnement, la pollution par les plastiques peut avoir plusieurs conséquences.

Mise à part la pollution visuelle qu’ils engendrent, les plastiques touchent les organismes marins de manière directe ou indirecte à différents échelons de la chaîne alimentaire (Wright et al., 2013). Au plan chimique, les matières plastiques sont constituées d’enchaînements de séquences identiques (ou polymères) de molécules carbonées, principalement d’hydrocarbures*, molécules organiques toxiques pour de nombreux organismes, susceptibles de s’accumuler le long des chaînes alimentaires.

Dans les zones d’accumulation, la concentration de microplastiques observée (de taille de 0,5 à 5 mm) est comparable à celle du zooplancton (entre 0,005 mm et plus de 50 mm). La Méditerranée, par exemple, présente des ratios microplastiques/zooplancton entre 1/10 à 1/2 (Collignon et al., 2012).

Le risque pour les prédateurs du zooplancton (i.e. les poissons) d’ingérer du microplastique est donc considérable. Le temps de résidence du plastique dans de petits poissons pélagiques est évalué entre 1 jour et 1 an (Davidson & Asch, 2011).

Les fragments de microplastiques ingérés sont retrouvés dans les déjections des animaux, ils peuvent couler avec les cadavres ou encore être transférés aux prédateurs et ainsi atteindre les échelons supérieurs de la chaîne alimentaire (Cózar et al., 2014).

Les plastiques sont également des vecteurs de dispersion de composés toxiques qui peuvent aussi s’accumuler dans les chaînes alimentaires. Ces composés peuvent être directement présents dans la composition des plastiques, ou bien s’adsorber à leur surface.

Dans le premier cas, il s’agit d’additifs (phtalates, biphényles) incorporés à certains plastiques pour augmenter leur résistance. Différents travaux ont montré que ces composés peuvent être toxiques pour certains animaux et l’homme (Lithner et al. 2011). D’autres composés toxiques (hydrocarbures, pesticides, DDT, PCB) peuvent s’adsorber sur les plastiques, ce qui est susceptible d’augmenter leur dispersion, leur persistance en mer et leur accumulation dans les échelons trophiques les plus élevés (Teuten et al., 2009).

Les effets désastreux de l’ingestion des débris de plastiques confondus avec des proies sont également bien documentés, avec des conséquences sur les systèmes digestifs des animaux tels que les poissons, les oiseaux, les tortues de mer et les mammifères marins, pouvant entraîner leur mort (Andrady 2011). Ces débris sont également considérés comme vecteurs de dispersion d’algues toxiques (Masó et al. 2007) et de microorganismes pathogènes (Zettler et al., 2011).

 
 
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Temps de décomposition moyens estimés des débris marins typiques. Les articles en plastique sont représentés en bleu.

 

BLENNIE HILL

Monsieur Blennie attend Badame dans sa tannière.
Blennie Sphinx (Aidablennius Sphynx) à la Plage de Pipady, la Tour Royale, Toulon : AOUT 2022

 

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