Zong Bing

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Last Updated on 22/05/2026 – 07:26 by Frank César LOVISOLO

Zong Bing
Zong Bing
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Zong Bing,shanshui,musique contemporaine francaise - The Den without End - Frank César LOVISOLO - Le Hua shanshui xu (introduction à la peinture de paysage), de Zong Bing (375-443), commence par poser que « le Saint porte en lui le Tao. Le Sage clarifie son cœur et savoure les phénomènes. Quant aux montagnes et aux eaux, tout en possédant une forme matérielle, elles tendent vers le spirituel.
 
Composition pour:
Marimba, Vibraphone, Métallophone (tubes de cuivre), Cloches, Timbales et autres Percussions.
7 min 23 s soit 443 secondes !
  • Un petit clin d’œil à John Cage pour ses « 4 min 33 s »* de silence. Soit, 273 secondes qui ne sont pas sans rappeler les -273,15° la température la plus basse qui puisse exister. 
Ici point de froid, mais une date.


443, la date de la disparition de Zong Bing 宗炳

Alias Zong Shaowen, un artiste et musicien chinois né en 375 qui a écrit le premier texte sur la peinture de paysage notamment cette phrase que, j’espère correctement transcrite : « les paysages ont une existence matérielle, et pourtant atteignent également un domaine spirituel ».
Zong Bing,shanshui,musique contemporaine francaise - The Den without End - Frank César LOVISOLO - Le Hua shanshui xu (introduction à la peinture de paysage), de Zong Bing (375-443), commence par poser que « le Saint porte en lui le Tao. Le Sage clarifie son cœur et savoure les phénomènes. Quant aux montagnes et aux eaux, tout en possédant une forme matérielle, elles tendent vers le spirituel.Un nouveau prétexte pour un paysage musical, non ton sur ton, mais ton par ton. Ce, pour imaginer l’illustre personnage arpentant la Chine parmi les paysages qui lui serviront de modèles pour ses réalisations.
Hua shanshui xu

Le Hua shanshui xu (introduction à la peinture de paysage), de Zong Bing (375-443), commence par poser que « le Saint porte en lui le Tao. Le Sage clarifie son cœur et savoure les phénomènes. Quant aux montagnes et aux eaux, tout en possédant une forme matérielle, elles tendent vers le spirituel.

« Les montagnes et les eaux » (shanshui), c’est le terme chinois traditionnel pour dire  « paysage » (il y en a beaucoup d’autres). Zong Bing ajoute un peu plus loin que « les grands hommes ( … ) sont allés s’ébattre dans les monts ». Ce n’est là que réaffirmer un vieux principe taoïste, que l’on retrouve même dans le confucianisme. Les Lunyu (Entretiens) attribuent en effet à Confucius (551-479 av. J.-C.) l’adage « L’homme de bien se plaît dans les montagnes, le sage devant les eaux ».

La notion de shanshui a donc une très longue histoire, qui est chargée de valeurs morales. En Chine – comme, par suite, dans toute l’Asie orientale —, le paysage a toujours été davantage que l’aspect externe de l’environnement. Aucun rapport bien sûr avec l’écologie du paysage, ni même avec les tableaux des premiers paysagistes flamands. Ce que Zong Bing affirmait déjà — que le paysage “ tend vers le spirituel” — ses successeurs n’ont cessé de le réaffirmer: le peintre doit savoir aller au-delà de là.

Augustin Berque, né en 1942 à Rabat, est un géographe, orientaliste, et philosophe français.
Il est le fils de l’orientaliste arabisant, sociologue et anthropologue éminent du Maghreb, Jacques Berque (1910-1995), professeur au Collège de France, et de Lucie Lissac (1909-2000), artiste peintre, fille de Pierre Lissac.

Transposition personnelle du paysage avec la photographie et son traitement informatique.
Voir l’article: Un peu comme une sur estampe
Zong-BingZong Bing,shanshui,musique contemporaine francaise - The Den without End - Frank César LOVISOLO - Le Hua shanshui xu (introduction à la peinture de paysage), de Zong Bing (375-443), commence par poser que « le Saint porte en lui le Tao. Le Sage clarifie son cœur et savoure les phénomènes. Quant aux montagnes et aux eaux, tout en possédant une forme matérielle, elles tendent vers le spirituel.
Zong Bing,shanshui,musique contemporaine francaise - The Den without End - Frank César LOVISOLO - Le Hua shanshui xu (introduction à la peinture de paysage), de Zong Bing (375-443), commence par poser que « le Saint porte en lui le Tao. Le Sage clarifie son cœur et savoure les phénomènes. Quant aux montagnes et aux eaux, tout en possédant une forme matérielle, elles tendent vers le spirituel.Zong Bing,shanshui,musique contemporaine francaise - The Den without End - Frank César LOVISOLO - Le Hua shanshui xu (introduction à la peinture de paysage), de Zong Bing (375-443), commence par poser que « le Saint porte en lui le Tao. Le Sage clarifie son cœur et savoure les phénomènes. Quant aux montagnes et aux eaux, tout en possédant une forme matérielle, elles tendent vers le spirituel.

A propos de 4′33″

 

  • 4′33″ est sans doute l’une des œuvres les plus déroutantes de la musique contemporaine. Composée en 1952 par John Cage, elle consiste en… quatre minutes et trente-trois secondes de silence. Enfin, pas exactement.

  • Lors de l’exécution, le ou les interprètes ne jouent pas de notes pendant toute la durée de la pièce, généralement divisée en trois mouvements. Mais ce “silence” met en réalité en lumière tout ce qui se passe autour : les bruits de la salle, les respirations du public, un grincement de chaise, un souffle, voire un rire nerveux. Cage voulait montrer que le silence absolu n’existe pas — il y a toujours du son, même involontaire.
  • Inspiré notamment par ses expériences dans une chambre anéchoïque (où il entendait malgré tout les sons de son propre corps), Cage transforme ici l’écoute en expérience active. Le public devient, sans le vouloir, co-créateur de l’œuvre.
  • Avec 4′33″, Cage ne cherche pas à provoquer gratuitement, mais à redéfinir ce qu’est la musique : non pas seulement une suite de notes, mais une attention portée au monde sonore qui nous entoure. Une pièce qui, encore aujourd’hui, divise, fascine et invite à écouter autrement.

Zong Bing,shanshui,musique contemporaine francaise - The Den without End - Frank César LOVISOLO - Le Hua shanshui xu (introduction à la peinture de paysage), de Zong Bing (375-443), commence par poser que « le Saint porte en lui le Tao. Le Sage clarifie son cœur et savoure les phénomènes. Quant aux montagnes et aux eaux, tout en possédant une forme matérielle, elles tendent vers le spirituel.

John Cage

John Cage est un compositeur américain majeur du XXe siècle, né en 1912 et mort en 1992, connu pour avoir profondément transformé la conception de la musique. Figure centrale de l’avant-garde, il remet en question les notions traditionnelles d’harmonie, de structure et même de silence.

Influencé par la philosophie orientale, notamment le zen, il introduit le hasard dans la composition à l’aide du I Ching. Cette approche, appelée « indétermination », vise à libérer la musique du contrôle total du compositeur.

Cage a aussi expérimenté avec le piano préparé, modifiant l’instrument avec des objets pour produire de nouveaux timbres. Son influence dépasse la musique, touchant la danse, les arts visuels et la performance.

Aujourd’hui, il est considéré comme une figure essentielle de la modernité artistique, ayant ouvert la voie à de nouvelles formes d’écoute et de création.
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A propos Frank César LOVISOLO

Compositeur – Artiste multimédia – Ingénieur du son, actuellement chargé de cours à l’Université de Toulon depuis 2010. Compositeur de musiques actuelles. Photographie & Art numérique visuel. Vidéaste d’art.
Lien pour marque-pages : Permaliens.

4 Commentaires

  1. Héloïse de Marancourt

    L’article consacré à « Zong Bing » possède cette qualité rare des textes qui ne cherchent pas seulement à informer, mais à déplacer le regard du lecteur. On y entre comme dans une peinture ancienne : d’abord par les contours, ensuite par les silences. Très vite, il devient évident que ce texte ne traite pas uniquement d’esthétique chinoise, mais d’une relation presque métaphysique entre le paysage, l’esprit et la mémoire.

    Ce qui frappe immédiatement, c’est la manière dont l’auteur refuse l’exotisme facile. Trop souvent, la pensée chinoise est réduite à une décoration intellectuelle destinée à flatter les imaginaires occidentaux. Ici, au contraire, le propos semble vouloir restituer une densité philosophique authentique, presque austère. La montagne, la brume, la distance, le vide : autant d’éléments qui cessent d’être de simples motifs picturaux pour devenir des catégories de pensée. Le texte rappelle implicitement que, dans certaines traditions orientales, contempler un paysage revient moins à observer le monde qu’à chercher une forme intérieure d’équilibre.

    On sent également, derrière les lignes, une fascination pour la lenteur. Cela mérite d’être souligné à une époque saturée par l’instantanéité numérique. Le paysage décrit ou évoqué n’est jamais un décor fixe ; il devient une durée. Le regard doit cheminer, s’attarder, presque méditer. Cette temporalité particulière donne au texte une respiration inhabituelle sur Internet, où tout pousse pourtant à la vitesse, au fragment et à l’oubli. Ici, au contraire, quelque chose résiste. Peut-être précisément parce que l’auteur accepte l’incomplétude, le flou, l’ellipse.

    J’ai particulièrement apprécié les passages où la peinture semble devenir une écriture silencieuse. Il existe dans cette réflexion une proximité implicite avec certains penseurs européens, peut-être Heidegger, peut-être Bachelard, sans que jamais le texte ne tombe dans le comparatisme scolaire. Cette retenue lui donne une élégance certaine. Le paysage chinois n’est pas utilisé comme prétexte à érudition ; il reste un espace vivant, presque spirituel.

    Le texte possède aussi une mélancolie discrète. Une impression de civilisation lointaine, non pas au sens géographique, mais au sens culturel : comme si l’auteur constatait que notre époque contemporaine a perdu quelque chose d’essentiel dans sa manière d’habiter le monde. Les anciennes cosmologies savaient encore faire dialoguer l’homme et la nature ; aujourd’hui, nous cataloguons, photographions, consommons les paysages sans véritablement les regarder. Cette idée traverse l’article avec beaucoup de subtilité.

    J’aurais peut-être aimé que certains développements historiques soient davantage approfondis, notamment autour du contexte intellectuel de la Chine médiévale et des rapports entre peinture, taoïsme et bouddhisme chan. Mais cette relative frustration fait aussi partie du charme du texte : il ouvre des pistes plus qu’il ne clôt des démonstrations. Il suggère davantage qu’il n’impose.

    Il y a enfin, dans cette écriture, quelque chose de profondément contemplatif. Non pas une contemplation passive, mais une attention au monde devenue rare. Lire cet article revient presque à ralentir son propre rythme intérieur. Peu de publications en ligne parviennent encore à produire cet effet.

    Un texte précieux, donc, parce qu’il rappelle que la culture peut encore être un espace d’approfondissement et non simplement de consommation rapide. Une invitation à regarder autrement, et peut-être, plus difficile encore, à habiter autrement le silence des paysages.

    • Chère Héloïse…

      Je vous remercie sincèrement pour cette lecture attentive et pour la qualité de votre commentaire. Il est rare, aujourd’hui, qu’un texte consacré à la peinture chinoise soit reçu avec autant de sensibilité et sans les habituels filtres de l’exotisme décoratif. Vous avez parfaitement perçu ce que j’essayais d’approcher : non pas une érudition orientalisante, mais une manière différente d’habiter le monde par le regard.

      Votre remarque sur la lenteur me touche particulièrement. Zong Bing appartient à une tradition où contempler n’est jamais consommer une image. Le paysage n’est pas un objet ; il devient une circulation intérieure, une traversée mentale. C’est probablement ce qui manque le plus à notre époque saturée d’images : la capacité à demeurer devant les choses jusqu’à ce qu’elles commencent enfin à parler.

      Vous évoquez aussi le silence, et c’est essentiel. Dans la peinture chinoise classique, le vide n’est jamais une absence. Il est respiration, passage, disponibilité. L’Occident moderne a souvent eu peur du vide ; il lui fallait remplir, expliquer, posséder. Les maîtres chinois, eux, savaient parfois laisser au regardeur la liberté de poursuivre le paysage dans son propre esprit.

      Concernant vos réserves historiques, elles sont justifiées. J’ai volontairement privilégié une approche plus méditative que strictement universitaire, quitte à laisser certains développements en retrait. Peut-être parce que je crois que certaines œuvres demandent moins une explication qu’une disposition intérieure particulière. Mais vous avez raison : les liens entre taoïsme, bouddhisme chan et esthétique du paysage mériteraient à eux seuls un long approfondissement.

      Votre commentaire me rappelle finalement que les textes n’existent réellement qu’à travers leurs lecteurs. Lorsqu’une lecture attentive prolonge la réflexion initiale, l’article cesse d’être un simple objet publié ; il devient dialogue. Et cela, sur Internet, demeure encore une forme de résistance précieuse.

      Avec toute ma gratitude littéraire.

  2. Très bien ton morceau pour vibraphone et autres métalophones… H.

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