Neuf vagues à Pors Loubous – Photographies Noir & Blanc

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Last Updated on 27/05/2026 – 08:17 by Frank César LOVISOLO

Frank César Lovisolo propose une série de neuf photographies en noir et blanc du port de Pors Loubous.
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Suggestion d’écoute : Vieil Océan : Extrait
Pors Loubous,Bretagne - Art Libertaire - Frank César LOVISOLO - Frank César Lovisolo propose une série de neuf photographies en noir et blanc du port de Pors Loubous, à Plogoff dans le Finistère. Accompagnées d’extraits des Chants de Maldoror de Lautréamont et d’une composition musicale originale, ces images témoignent d’une démarche artistique globale — photographique, littéraire et sonore — ancrée dans la mémoire bretonne, de la Résistance à la menace contemporaine qui pèse sur la digue du port.
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 Nouveau :  l’article de Morgane de Béryon 

Le 21 décembre dernier, à Plogoff, une partie de la digue de Pors Loubous s’est effondrée…

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Pors Loubous,Bretagne - Art Libertaire - Frank César LOVISOLO - Frank César Lovisolo propose une série de neuf photographies en noir et blanc du port de Pors Loubous, à Plogoff dans le Finistère. Accompagnées d’extraits des Chants de Maldoror de Lautréamont et d’une composition musicale originale, ces images témoignent d’une démarche artistique globale — photographique, littéraire et sonore — ancrée dans la mémoire bretonne, de la Résistance à la menace contemporaine qui pèse sur la digue du port.

Pors Loubous,Bretagne - Art Libertaire - Frank César LOVISOLO - Frank César Lovisolo propose une série de neuf photographies en noir et blanc du port de Pors Loubous, à Plogoff dans le Finistère. Accompagnées d’extraits des Chants de Maldoror de Lautréamont et d’une composition musicale originale, ces images témoignent d’une démarche artistique globale — photographique, littéraire et sonore — ancrée dans la mémoire bretonne, de la Résistance à la menace contemporaine qui pèse sur la digue du port.

Il n’y a pas longtemps que j’ai revu la mer et foulé le pont des vaisseaux, et mes souvenirs sont vivaces comme si je l’avais quittée la veille. Soyez néanmoins, si vous le pouvez, aussi calmes que moi, dans cette lecture que je me repens déjà de vous offrir, et ne rougissez pas à la pensée de ce qu’est le cœur humain.
Ô poulpe, au regard de soie ! toi, dont l’âme est inséparable de la mienne ; toi, le plus beau des habitants du globe terrestre, et qui commandes à un sérail de quatre cents ventouses ; toi, en qui siègent noblement, comme dans leur résidence naturelle, par un commun accord, d’un lien indestructible, la douce vertu communicative et les grâces divines, pourquoi n’es-tu pas avec moi, ton ventre de mercure contre ma poitrine d’aluminium, assis tous les deux sur quelque rocher du rivage, pour contempler ce spectacle que j’adore !
Vieil océan, aux vagues de cristal, tu ressembles proportionnellement à ces marques azurées que l’on voit sur le dos meurtri des mousses ; tu es un immense bleu, appliqué sur le corps de la terre ; j’aime cette comparaison. Ainsi, à ton premier aspect, un souffle prolongé de tristesse, qu’on croirait être le murmure de ta brise suave, passe, en laissant des ineffaçables traces sur l’âme profondément ébranlée, et tu rappelles au souvenir de tes amants, sans qu’on s’en rende toujours compte, les rudes commencements de l’homme, où il fait connaissance avec la douleur, qui ne le quitte plus.

Je te salue, vieil, océan !

Vieil océan, ta forme harmonieusement sphérique, qui réjouit la face grave de la géométrie, ne me rappelle que trop les petits yeux de l’homme, pareils à ceux du sanglier pour la petitesse, et à ceux des oiseaux de nuit pour la perfection circulaire du contour.
Cependant, l’homme s’est cru beau dans tous les siècles. Moi, je suppose que l’homme ne croit à sa beauté que par amour-propre ; mais, qu’il n’est pas beau réellement et qu’il s’en doute ; car, pourquoi regarde-t-il la figure de son semblable avec tant de mépris ?

Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, tu es le symbole de l’identité : toujours égal à toi-même. Tu ne varies pas d’une manière essentielle, et, si tes vagues sont quelque part en furie, plus loin, dans quelque autre zone, elles sont dans le calme le plus complet.
Tu n’est pas comme l’homme, qui s’arrête dans la rue, pour voir deux boule-dogues s’empoigner au cou, mais, qui ne s’arrête pas, quand un enterrement passe ; qui est ce matin accessible et ce soir de mauvaise humeur ; qui rit aujourd’hui et pleure demain.

Je te salue, vieil océan !

Vieil océan, il n’y aurait rien d’impossible à ce que tu caches dans ton sein de futures utilités pour l’homme. Tu lui as déjà donné la baleine. Tu ne laisses pas facilement deviner aux yeux avides des sciences naturelles les mille secrets de ton intime organisation : tu es modeste. L’homme se vante sans cesse, et pour des minuties.

Je te salue, vieil océan !

Lautréamont – Les chants de Maldoror.

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Dernière minute :

À Plogoff, une partie de la digue de Pors Loubous s’est effondrée…

Pors Loubous,Bretagne - Art Libertaire - Frank César LOVISOLO - Frank César Lovisolo propose une série de neuf photographies en noir et blanc du port de Pors Loubous, à Plogoff dans le Finistère. Accompagnées d’extraits des Chants de Maldoror de Lautréamont et d’une composition musicale originale, ces images témoignent d’une démarche artistique globale — photographique, littéraire et sonore — ancrée dans la mémoire bretonne, de la Résistance à la menace contemporaine qui pèse sur la digue du port.

Le 21 décembre dernier, le bout de la digue de Pors Loubous, à Plogoff, s’est effondré sous le poids des vagues. Au grand dam du maire, Joël Yvenou, qui envisageait des travaux de consolidation durant les vacances.
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Quatre habitants de Plogoff (Finistère) ont créé une association et annoncent le lancement d’une collecte de fonds.

Marie Joseph, Philippe Jeay, Jean-Yves Landriau et Nicolas Pillet devant la digue de Pors-Loubous | OUEST-FRANCE

Marie Joseph, Philippe Jeay, Jean-Yves Landriau et Nicolas Pillet devant la digue de Pors-Loubous | OUEST-FRANCE

Crève-cœur pour les uns, fatalité pour les autres… De tempêtes en tempêtes, la digue du port abri de Pors-Loubous à Plogoff (Finistère) subit des dommages qui laissent craindre qu’elle ne soit plus un jour qu’un souvenir. Avec un point d’orgue le 21 décembre 2022 et la disparition du musoir de la digue, dont 4 mètres sur 7 de longueur sur 4 mètres de hauteur ont été détruits par les vagues….
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Page de l’association : https://sauvegarde-de-la-digue-de-pors-loubous

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La septième :

  • On raconte qu’elle vient de loin, du fond de l’enfer.
  • On dit qu’elle a fait sept fois le tour des mers avant de venir se briser sur la jetée.
  • D’autres racontent que le lieu est un refuge pour ceux qui n’insultent pas la mer et qui fuient la folie des hommes…
  • Ici, un moment, j’ai pu  libérer mon esprit.
Pors Loubous,Bretagne - Art Libertaire - Frank César LOVISOLO - Frank César Lovisolo propose une série de neuf photographies en noir et blanc du port de Pors Loubous, à Plogoff dans le Finistère. Accompagnées d’extraits des Chants de Maldoror de Lautréamont et d’une composition musicale originale, ces images témoignent d’une démarche artistique globale — photographique, littéraire et sonore — ancrée dans la mémoire bretonne, de la Résistance à la menace contemporaine qui pèse sur la digue du port.

 Les yeux d'étain de la ville glauquePors Loubous,Bretagne - Art Libertaire - Frank César LOVISOLO - Frank César Lovisolo propose une série de neuf photographies en noir et blanc du port de Pors Loubous, à Plogoff dans le Finistère. Accompagnées d’extraits des Chants de Maldoror de Lautréamont et d’une composition musicale originale, ces images témoignent d’une démarche artistique globale — photographique, littéraire et sonore — ancrée dans la mémoire bretonne, de la Résistance à la menace contemporaine qui pèse sur la digue du port.A propos du texte :

 

  • Il s’agit d’une libre inspiration d’un passage de la bande dessinée de François Bourgeon .
  • les compagnon du crépuscule,  Tome: Les yeux d’étain de la ville glauque.
  • Le passage où Mariotte cherche refuge dans les rochers, poursuivie par les villageois qui veulent la navrer.
  • Elle s’en sortira, quant au villageois eux ( lisez le ) ….

Pors LoubousPors Loubous

 

 

Ce petit port dénommé Pors Loubous:  le port des oiseaux, est situé en Plogoff, au village de Penneach.

C’est le port  du débarquement, le 22 décembre 1940, de l’officier de marine Honoré d’Estienne d’Orves envoyé en mission par le Général de Gaulle pour organiser la résistance.

Dans les années 1910, c’était le port le plus important de Plogoff, vingt canots et vingt-cinq sloops le fréquentaient avec tous les dangers que cela comportait, le brise lames réclamé pendant plus de trente ans, n’étant pas encore construit.

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Pors Loubous

Pors Loubous,Bretagne - Art Libertaire - Frank César LOVISOLO - Frank César Lovisolo propose une série de neuf photographies en noir et blanc du port de Pors Loubous, à Plogoff dans le Finistère. Accompagnées d’extraits des Chants de Maldoror de Lautréamont et d’une composition musicale originale, ces images témoignent d’une démarche artistique globale — photographique, littéraire et sonore — ancrée dans la mémoire bretonne, de la Résistance à la menace contemporaine qui pèse sur la digue du port.

Pors Loubous,Bretagne - Art Libertaire - Frank César LOVISOLO - Frank César Lovisolo propose une série de neuf photographies en noir et blanc du port de Pors Loubous, à Plogoff dans le Finistère. Accompagnées d’extraits des Chants de Maldoror de Lautréamont et d’une composition musicale originale, ces images témoignent d’une démarche artistique globale — photographique, littéraire et sonore — ancrée dans la mémoire bretonne, de la Résistance à la menace contemporaine qui pèse sur la digue du port.Morgane de Béryon

Neuf vagues à Pors Loubous…
Quand la mer dicte sa loi au photographe :

Il existe des lieux qui ne se laissent pas photographier.

Ils exigent. Pors Loubous, ce petit port breton niché à Plogoff, au cap Sizun, est de ceux-là.

Frank César Lovisolo le sait, lui qui a rapporté de Bretagne une série de neuf photographies en noir et blanc d’une sobriété presque douloureuse.

Neuf images. Neuf vagues. Comme si le chiffre lui-même contenait une réponse à quelque chose d’obscur.

Le silence de la couleur comme posture philosophique

Le choix du noir et blanc n’est jamais anodin chez cet artiste méditerranéen qui enseigne à l’université de Toulon. C’est une décision éthique autant qu’esthétique. Dépouillée de la couleur, la vague révèle ce qu’elle est vraiment : une architecture mouvante, une logique formelle que l’œil ordinaire rate parce qu’il est trop occupé à être séduit par les bleus et les verts. Ici, rien de tel. Les gris font leur travail avec rigueur. Les contrastes sculptent. La lumière bretonne, capricieuse et dense, trouve enfin son vrai visage.

La série photographique possède une cohérence visuelle indéniable. Chaque image est construite, cadrée avec soin, sans chercher l’effet dramatique pour lui-même. On sent la patience du photographe, sa capacité à attendre que la vague soit exactement ce qu’il espérait. C’est une qualité rare dans un monde où la photographie numérique a rendu l’attente suspecte.

Lautréamont convoqué en témoin

Le choix d’accompagner ces photographies d’extraits des Chants de Maldoror est à la fois audacieux et cohérent. Isidore Ducasse, alias le Comte de Lautréamont, a voué à l’océan un culte littéraire d’une intensité peu commune. Son Vieil Océan est une litanie, un catéchisme à rebours où la mer occupe la place que d’autres réservent à Dieu. La convocation de ce texte fonde la série photographique dans une tradition de pensée qui refuse la contemplation passive. Regarder la mer chez Lautréamont, c’est s’y confronter.

Est-ce que le rapprochement fonctionne pleinement ? En grande partie, oui. Les images ont la densité nécessaire pour supporter le poids de tels mots. On peut toutefois se demander si la citation, trop longue dans sa restitution, ne finit pas par prendre la place de la photographie plutôt que de la prolonger. La tension entre le texte et l’image gagnerait à être davantage dosée : moins de Lautréamont pour plus de Lovisolo, peut-être. Le photographe n’a pas besoin d’autant de caution littéraire.

La suggestion musicale : Vieil Océan

L’article propose également une bande sonore, une composition de l’auteur lui-même intitulée Vieil Océan, extraite de son album Sauvage pour Isidore Ducasse. Le geste est beau dans son principe : une œuvre multisensorielle où photographie, littérature et musique s’articulent. À l’écoute, la composition installe une atmosphère froide et minimaliste, cohérente avec l’esthétique visuelle. Elle n’impose pas, elle accompagne. C’est sans doute le meilleur compliment qu’on puisse lui faire dans ce contexte.

François Bourgeon, Honoré d’Estienne d’Orves : l’histoire entre les pierres

L’article mêle à la série photographique deux autres strates de sens. La première est historique : Pors Loubous fut le lieu du débarquement clandestin, le 22 décembre 1940, de l’officier de marine Honoré d’Estienne d’Orves, missionnaire de la France Libre. Un port discret pour un courage considérable. Cette mention transforme les galets et la digue en mémoire concrète. La photographie en noir et blanc, dans ce contexte, n’est plus seulement esthétique : elle devient presque documentaire, presque testimoniale.

La seconde référence est littéraire et dessinée : Les Compagnons du Crépuscule de François Bourgeon, et plus précisément l’album Les Yeux d’étain de la ville glauque. Bourgeon, maître incontesté de la bande dessinée historique et poétique, a ancré une partie de son œuvre dans les côtes bretonnes. Ce clin d’œil n’est pas gratuit : il dit quelque chose de la manière dont Lovisolo habite ses sujets, non comme un touriste, mais comme quelqu’un qui connaît les récits qui dorment dans les pierres.

La digue qui s’effondre : quand l’urgence rejoint l’art

En décembre 2022, le musoir de la digue de Pors Loubous s’est partiellement effondré sous les assauts des vagues. L’article, mis à jour en 2026, intègre cet événement avec une sobriété juste et le signale en lien avec l’association créée par quatre habitants de Plogoff pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être.

Cette actualisation donne à la série photographique une dimension supplémentaire : ce que Lovisolo a photographié appartient peut-être déjà au passé. Les neuf vagues ont continué leur travail.

Conclusion : une œuvre bretonne qui mérite l’attention

Ces neuf photographies constituent l’une des pièces les plus abouties du portfolio breton de Frank César Lovisolo, et le site recense d’autres séries consacrées à la Bretagne — les épaves, Douarnenez, la lande et l’Ankou — qui confirment un attachement sérieux à cette terre. L’ensemble est exigeant, sans concession au pittoresque facile. C’est de la photographie qui pense, qui refuse de se contenter d’être belle. Pour cela, elle mérite qu’on s’y arrête.

Frank,
lakaet em eus ar pezh ho peus goulennet war ar bajenn 2…
Spi am eus da welet ac’hanoc’h a-benn nebeut.

Trugarez da vezañ embannet ma labour.

Kenavo, Pokoù…
Morgane
❤️❤️

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A propos Frank César LOVISOLO

Compositeur – Artiste multimédia – Ingénieur du son, actuellement chargé de cours à l’Université de Toulon depuis 2010. Compositeur de musiques actuelles. Photographie & Art numérique visuel. Vidéaste d’art.
Lien pour marque-pages : Permaliens.

10 Commentaires

  1. Magnifiques, les photos des vagues !
    Merci, cher Frank,
    Franz

    Franz SPATH, Georges SILVA
    Centre d’Art Contemporain Frank Popper
    2 place du Prieuré • F-71110 Marcigny

  2. Michelle Lissillour

    J’ aime la Bretagne, les histoires et…vos photos. Merci de les avoir partagées

  3. Michelle Lissillour

    J’ aime la Bretagne, les histoires et…vos photos. Merci pour les avoir partagées

  4. Simplement magnifique et réveille le breton qui sommeille en moi !!!
    Merci.

  5. emmanuelle grangé

    Belles foldingues ! (comme pourrait dire mon ami G., c’est pas des vagues de coiffeuse, ça !)

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