Tentation – Musique contemporaine pour deux clarinettes

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Last Updated on 04/07/2026 – 08:07 by Frank César LOVISOLO

clarinettes – tentation – Photographe – musique contemporaine française
Quand photographie et musique contemporaine se rencontrent : une œuvre originale pour deux clarinettes où le regard devient matière sonore.
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La Tentation du photographe est une composition originale pour deux clarinettes, dont une clarinette basse, inspirée par l’univers de la photographie et le pouvoir évocateur de l’image.

Cette œuvre de musique contemporaine explore, par le dialogue des instruments, les émotions qui naissent du regard, du désir de saisir l’instant et de la frontière parfois fragile entre l’observation et l’interprétation.

Entre écriture musicale et récit imaginaire, la pièce invite l’auditeur à suivre un photographe confronté à ses propres hésitations. L’extrait sonore proposé ci-dessous permet de découvrir cette création avant d’en parcourir l’histoire et les inspirations.

Une présentation de la clarinette et de ses particularités acoustiques complète ensuite cette découverte.

a3238834724 2 clarinettesComposition pour deux clarinettes, somme toute, un tantinet virtuelles…

Extrait

 Titre Sacem : LA TENTATION DU PHOTOGRAPHE  

clarinettes - tentation - Photographe - musique contemporaine française

Petite réflexion musicale sur la tentation d’un photographe, qui, loin, bien à l’abri derrière son boitier photographique muni d’un objectif phallique, vole le dos perlé d’une baigneuse.

Mais, pas n’importe qu’elle baigneuse: Elle…

Certains parleront du cadrage, de la profondeur de champ, d’ouverture, d’argentique numérique et d’autres fichues calembredaines, si peu vouées à l’intention artistique.

Il s’agit, certainement, du désir d’approcher, de toucher, de s’approprier ce dos majeur, plutôt que d’une considération technique sans grand intérêt !

Si fait, musiquons cette tourneboulante tentation!

Avant de refermer cette parenthèse musicale, il est intéressant de s’attarder sur les instruments qui donnent voix à cette composition. Si l’émotion naît de l’écriture, elle prend corps grâce aux possibilités sonores de la clarinette. Son timbre, son étendue et son fonctionnement acoustique offrent au compositeur une palette d’une richesse remarquable. Mieux comprendre cet instrument permet d’apprécier autrement le dialogue des deux clarinettes et les couleurs musicales qui traversent La Tentation du photographe.

seeparation texte celtique clarinettes

Une Clarinette en si bémol

 

clarinettes - tentation - Photographe - musique contemporaine françaiseLclarinette (du provençal clarin désignant un hautbois) est un instrument de musique à vent de la famille des bois caractérisé par son anche simple et sa perce quasi cylindrique.

Elle a été créée vers 1690 par Johann Christoph Denner (1655-1707) à Nuremberg sur la base d’un instrument à anche simple plus ancien : le « chalumeau ». La clarinette soprano (en si♭) est le modèle le plus commun.

De tous les instruments à vent de sa famille, la clarinette possède la plus grande tessiture avec trois octaves plus une sixte mineure, soit 45 notes en tout.

Elle se décline en une famille d’instruments presque tous transpositeurs, depuis la clarinette contrebasse jusqu’à la clarinette sopranino, couvrant ainsi toute l’étendue d’un orchestre symphonique.

À l’exception des percussions, la clarinette est l’instrument qui possède la plus grande famille.

Cet instrument est utilisé dans la musique classique et traditionnelle ainsi qu’en jazz et en musique contemporaine.

Parmi les compositions célèbres pour clarinette, on peut citer le Concerto pour clarinette de Mozart…

[source]

 


Clarinettes bassesUne clarinette basse:

 

Verdi est l’un des premiers à l’utiliser dans Aïda. Très utilisée pour ses notes graves où elle peut jouer « plus doux qu’aucun autre instrument à vent ».

La clarinette basse est une clarinette sonnant exactement à l’octave inférieure de la clarinette en si  dont l’origine remonte à la deuxième moitié du XVIIIIe siècle.

Elle possède les mêmes caractéristiques de registre que la clarinette en si  :

  • le chalumeau (grave), timbré, chaud et fluide ;
  • le second registre (medium), un peu sourd ;
  • le clairon (aigu), registre très chantant ;
  • le dernier registre (suraigu), assez criard et angoissé.

Voici à ce sujet l’opinion de Fétis; elle prouve que l’on a pu faire en France un instrument convenable avant l’arrivée d’A. Sax et que les facteurs parisiens ne se sont pas inspirés de ses travaux : « A l’aspect de ce grand instrument énorme, la plupart des auditeurs crurent qu’ils allaient entendre des sons durs et rauques…, au lieu de cela, ils entendirent de beaux accents, pleins, sonores et doux à la fois, que M. Dacosta tirait avec facilité et qu’il articulait avec autant de rapidité qu’il aurait pu le faire sur la clarinette-soprano »

Revue et Gazette musicale de Bruxelles, 1834, p 348.

« Berlioz indique que la nouvelle clarinette basse (de Sax) qui «ne conserve de l’ancienne que le nom»: les vingt-deux trous, dont les emplacements sont calculés acoustiquement, sont tous recouverts de clefs.

Son étendue de trois octaves et d’une sixte se distingue par «une parfaite justesse et un tempérament identique dans tous les nuances de l’échelle chromatique». Sa perce plus large produit «un plus grand volume de son sans que l’exécution des octaves et des quintes en soit paralysée ni même contrariée.»

« […] Les notes les meilleures sont les plus graves, mais, eu égard à la lenteur des vibrations, il ne faut pas les faire se succéder trop rapidement. M. Meyerbeer a fait prononcer à la clarinette basse un éloquent monologue dans le trio du cinquième acte des Huguenots. Selon la manière dont il (sc. la clarinette basse) est écrit et le talent de l’exécutant, cet instrument peut emprunter au grave le timbre sauvage des notes basses de la clarinette ordinaire, ou l’accent calme, solennel et pontifical de certains registres de l’orgue. Il est donc d’une fréquente et belle application ; il donne d’ailleurs, si on en emploie quatre ou cinq à l’unisson une sonorité onctueuse, excellente, aux basses des orchestres d’instruments à vent. »

— Hector BerliozTraité d’instrumentation et d’orchestration

[Source ]

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Le fonctionnement acoustique de la clarinette

Résumé

La clarinette est un instrument à vent de la famille des bois, dont le son est produit par la vibration d’une anche simple. Son fonctionnement repose sur l’interaction entre le système de production sonore (anche et bec), la colonne d’air contenue dans le corps cylindrique, et la radiation acoustique par le pavillon. Cet article expose les principes physiques sous-jacents à la production et au contrôle du son dans la clarinette.

1. Introduction

Inventée au début du XVIIIᵉ siècle par Johann Christoph Denner, la clarinette s’est imposée dans de nombreux répertoires, du classique au jazz. Son timbre caractéristique et sa tessiture étendue résultent d’un mécanisme acoustique particulier, lié notamment à son tube quasi cylindrique et à son système d’anche simple.

2. Production du son

2.1 L’anche simple et le bec

Le son est initié par la vibration d’une anche en roseau fixée sur un bec en ébonite ou en bois. Lorsque le musicien souffle, l’air met en mouvement l’anche qui interrompt périodiquement le flux d’air, créant une oscillation de pression dans la colonne d’air.

2.2 Mécanisme d’oscillation auto-entretenue

Le système anche-bec fonctionne comme un oscillateur non linéaire : la vibration est entretenue par la différence de pression entre l’intérieur du bec et la bouche du musicien, avec une régulation automatique due à la souplesse de l’anche.

3. La colonne d’air et les résonances

3.1 Tube cylindrique et rôle du pavillon

La clarinette possède un tube presque cylindrique fermé à une extrémité (au niveau de l’anche) et ouvert à l’autre (pavillon). Cette configuration produit principalement les harmoniques impaires, ce qui donne au son sa couleur sombre caractéristique.

3.2 Fréquence fondamentale et doigtés

Les trous latéraux, actionnés par un système de clés, modifient la longueur effective de la colonne d’air, permettant de produire différentes notes. L’ouverture du registre supérieur est facilitée par une clé de douzième, exploitant la résonance du troisième harmonique (au lieu de l’octave).

4. Contrôle du timbre et de la dynamique

Le musicien module le timbre par :

  • La pression d’air : influence le volume sonore et l’attaque.
  • La tension de l’anche : modifiée par la position de la lèvre inférieure.
  • La voicing : réglage de la cavité buccale qui modifie la réponse en fréquence.

5. Conclusion

Le fonctionnement de la clarinette résulte d’un équilibre complexe entre mécanique vibratoire et acoustique. L’interaction entre l’anche, la colonne d’air cylindrique et le système de clés permet une grande variété de nuances sonores. La compréhension de ces principes est essentielle pour l’optimisation de la facture instrumentale et la maîtrise interprétative.

Références

  • Fletcher, N. H., & Rossing, T. D. (2010). The Physics of Musical Instruments. Springer.
  • Nederveen, C. J. (1998). Acoustical Aspects of Woodwind Instruments. Northern Illinois University Press.
  • Gilbert, J. (1991). Acoustique des instruments de musique à vent. Masson.

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Poursuivre l’exploration musicale

La Tentation du photographe s’inscrit dans une série de compositions où musique, photographie et imaginaire se répondent.

Chaque œuvre explore une facette différente du regard : la promenade contemplative dans Flâneries, le cheminement intérieur et les impasses de Dédale, ou encore les atmosphères mystérieuses de Sortilèges.

Si ces pièces peuvent être découvertes séparément, elles forment ensemble un parcours artistique où chaque composition éclaire les autres. Je vous invite à poursuivre cette exploration en découvrant ces œuvres et les textes qui les accompagnent.

Tout l’album :

Le Val sans RetourTentationDédaleFlâneriesLe Réveil de la SorcièreSortilègesConfiné

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A propos Frank César LOVISOLO

Artiste pluridisciplinaire (musique, art numérique, photographie, vidéo, son). Chargé de cours à l’Université de Toulon depuis 2010. Compositeur de musiques actuelles. Photographie & Art numérique visuel. Vidéaste d’art.
Lien pour marque-pages : Permaliens.

6 Commentaires

  1. Presqu’un an déjà. Cette fois, on en a plein le dos… (Trop chiant le captcha avec ses cases de merde !)

  2. Bô, très bô !
    Alors bô année aussi !

  3. 2020 mercis pour vos partages créatifs !

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