Une preuve d’évolution – Chapitre 6 avec Pline l’Ancien

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écoute: Julia MandelRouge
Osmophore - darwin - évolution - lovisolo

Une accumulation, même botanique, c’est toujours désarmant…
Pour ce printemps 2021, je propose, pour la continuité de cette série évolutionniste, cent trente-cinq clichés.

Comme tous les ans, à la même époque, je réalise une série de photographies et de macrophotographies afin de révéler la diversité phytologique de notre région. Pus précisément le plus près de mon domicile. 
Il s’agit de plantes cultivées dans mon jardin ainsi que celles qui poussent, sauvages, au bord de la mer.

Pour les Toulonnais, les lieux se situent de l’Anse Méjean à la Tour Royale, un ancien chemin maritime entrecoupé des plages artificielles du Mourillon.
Bien évidemment, ceci n’a pas la prétention d’être une œuvre scientifique ou encyclopédique.
Je devrais, pour cela, faire appel à un professeur travaillant dans cette branche, un mot qui, ici, va prendre toute son ampleur !

A une échelle différente de notre quotidien, ces séries annuelles favorisent la découverte du monde fascinant qui nous entoure, un écosystème que l’on doit absolument protéger. Inutile de préciser que la préservation de ce biotope complexe demeure impérative quant au futur de l’humanité.
S’agissant d’une œuvre artistique, je me suis permis de sublimer les couleurs, d’agir sur les contrastes et autres profondeurs de champ.
Vous qui dans la nature marchez, la réalité s’étale sous vos yeux.
Ce qui m’intéresse ne se voit pas «spontanément», c’est cette matérialité somptueuse qu’il me plait de montrer. 
A suivre, après les photographies, des extraits de l’encyclopédie de Pline L’Ancien, encyclopédiste écrivain et naturaliste romain du Ier siècle. Téméraire, il n’a pas survécu à l’éruption du Vésuve en automne 79. Il s’est éteint sur une plage du golfe de Naples.

Le Mourillon

Localisation des prises de vues

 

Pline l’AncienPline L'ancien

"La Mort de Pline" - Illustration de "Histoires des météores" par Yan Dargent - 1870

“La Mort de Pline”
Illustration de “Histoires des météores” par Yan’ Dargent – 1870

...(en latin Gaius Plinius Secundus), né en 23 apr. J.-C. à Novum Comum (l’actuelle Côme) dans le nord de l’Italie (en Gaule Transpadane) et mort en 79, à Stabies (en latin : Stabia), près de Pompéi, lors de l’éruption du Vésuve, est un écrivain et naturaliste romain du Ier siècle, auteur d’une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).

Il adopta son neveu, qui prit le nom de Gaius Plinius Caecilius Secundus, Pline le Jeune, en 79 apr. J.-C.

L’Histoire naturelle (Historia Naturalis), qui compte trente-sept volumes, est le seul ouvrage de Pline l’Ancien qui soit parvenu jusqu’à nous.

Ce document a longtemps été la référence en sciences et en techniques. Pline a rassemblé le savoir de son époque sur des sujets aussi variés que les sciences naturelles, l’astronomie, l’anthropologie, la psychologie ou la métallurgie.

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PLINE L’ANCIEN

776 – 882 de l’an de Rome

HISTOIRE NATURELLE – LIVRE VINGT ET UN
( EXTRAIT )
Pompei Maison du Bracelet d Or

Mont Palatin : Maison de Livie

X  [1]- Les Romains n’avaient dans leurs jardins qu’un très petit nombre d’espèces de fleurs à couronnes, et presque uniquement les violettes et les roses.

Le végétal qui porte la rose est, à vrai dire, plutôt une épine qu’un arbuste; cette fleur vient aussi sur une espèce de ronce (rosa canina) (XVI, 71), et là même elle est d’une odeur agréable, quoique peu pénétrante. Toutes les roses sont d’abord enfermées dans un bouton dont l’enveloppe est grenue; ce bouton ne tarde pas à se gonfler, et à former une sorte de cône vert.

Peu à peu la fleur prend une teinte rouge, s’entrouvre et s’épanouit, embrassant des filaments jaunes placés au centre.

L’emploi qu’on en fait dans les couronnes est, pour ainsi dire, le moindre parti qu’on en tire : on la fait macérer dans l’huile, et cela dès la guerre de Troie, d’après le témoignage d’Homère (Il, XXIII, 186); de plus, on l’incorpore dans des parfums, comme nous l’avons dit (XIII, 2); on remploie aussi seule en médecine; on la fait entrer dans des emplâtres et des collyres, à cause de ses qualités pénétrantes ; on s’en sert encore à parfumer les tables dans les festins, et jamais elle ne cause de mal.

[2] Les espèces les plus célèbres parmi nous sont la rose de Préneste et celle de Campanie; d’autres ont ajouté celle de Milet, qui est d’un rouge très vif, et qui n’a pas plus de douze feuilles; vient ensuite celle de Trachinie (IV, 14), qui est moins rouge, puis celle d’Alabanda, dont les feuilles sont blanchâtres : la moins estimée est la rose épineuse, qui a beaucoup de feuilles, mais très petites. Les roses différent, en effet, par le nombre des feuilles, par la rudesse, le poli, la couleur, l’odeur.

[3] Le nombre des feuilles, qui n’est jamais de moins de cinq, va toujours croissant, au point qu’Il est une espèce à cent feuilles : elle vient en Italie, dans la Campanie, et en Grèce, dans les environs de Philippes; mais dans ce dernier lieu elle ne croît pu naturellement: elle vient du mont Pangée, qui est dans le voisinage, et qui produit des ruses à feuilles nombreuses et petites; les habitants les transplantent, et les améliorent par cela même.

preuve evolution cha 06 N044Cette espèce n’est pas très odorante, non plus que celle dont la feuille est très large et très grande. On peut dire, en peu de mots, que le parfum de la fleur est en rapport avec la rudesse du calice. Caepion, qui vivait sous le règne de l’empereur Tibère, a prétendu que la rose à cent feuilles ne s’employait pas dans les couronnes, ou bien qu’on la reléguait à la jonction des deux branches, n’étant remarquable ni par le parfum ni par la forme.

Prima Porta Maison de Livie 2

Pompei : Maison du Bracelet d’Or

[4] Celle que les Latins nomment grecque, et les Grecs lychnis (agrostema coronaria, L.) ne vient que dans les lieux humides, n’a jamais plus de cinq feuilles, n’est pu plus grosse qu’au violette, et n’a aucune odeur.

Une autre, nommée graecula, a les feuilles réunies en peloton; elle ne s’épanouit que lorsqu’on la presse avec la main, et semble toujours être en bouton; les feuilles en sont très larges.

Une autre est portée sur une tige semblable à celle de la mauve, et dont les feuilles sont celles de l’olivier; on la nomme mosceuton. La rose d’automne, appelée coroecola, tient le milieu pour la grosseur entre les précédentes. Toutes ces roses sont sans odeur, excepté ta coroneola et celle qui vient sur une ronce; tant il y a de fausses roses!

[5] Au reste, la vraie rose doit elle-même beaucoup au terroir : c’est à Cyrène qu’elle est le plus odorante; aussi le parfum qu’on y fait est-il excellait; à Carthagène en Espagne (grâce au terroir), il y a des roses précoces pendant tout l’hiver. La température n’est pas non plus sans influence : en certaines années, les roses sont moins odorantes. En outre, elles sont toutes plus parfumées dans les lieux secs que dans les lieux humides.

Le rosier ne veut être planté ni dans les terrains gras, ni dans les terrains argileux, ni dans les terrains arrosés; il se contente d’une terre légère, et aime particulièrement un sol couvert de gravois. La rose de Campanie est précoce, celle de Milet est tardive; cependant c’est celle de Préneste qui finit la dernière. Pour le rosier on travaille la terre plus profondément que pour le blé, plus superficiellement que pour la vigne.

[6] Il vient très lentement de graine (la graine est dans le calice, sous la fleur même, et recouverte d’un duvet) ; aussi préfère-t-on le planter de bouture. Une seule espèce se plante, comme le roseau (XVI, 67), par des yeux de racine: c’est le rosier à roses pâles, épineuses, à cinq pétales, à branches très longues; cette rose est la seconde des roses grecques. Tous les rosiers gagnent à être taillés et passés au feu.

La transplantation les fait, comme la vigne, pousser très bien et très vite: on a des boutures de quatre doigts de long ou plus, on les plante après le coucher des Pléiades; puis, lorsque le Favonius (vent d’occident) souffle, on les replante à des intervalles d’un pied, et l’on remue fréquemment la terre alentour. Ceux qui veulent rendre les rosiers hâtifs font une fosse d’un pied autour de la racine, et y versent de l’eau chaude au moment ou les boutons commencent à pousser.


Complément d’information :
Chapitre complet :
Pline L’Ancien :
 
Pline le jeune, dans une de ses lettres, cite toutes ses œuvres:

Pline le jeune et sa mère à Misenum Angelica Kauffmann, 1785 Musée d'Art de l'université de Princeton

Pline le jeune et sa mère à Misenum –  Angelica Kauffmann, 1785
Musée d’Art de l’université de Princeton

« Je suis très heureux que la lecture des livres de mon oncle vous passionne au point de vouloir les posséder tous et d’en réclamer la liste complète. Je remplirai le rôle de catalogue et même je vous indiquerai l’ordre de leur composition, car cette connaissance ne déplaît pas non plus aux curieux de lettres.

L’Art de lancer le javelot à cheval: il l’a composé avec autant de talent que de soin, lorsqu’il était aux armées comme commandant d’une aile de cavalerie.

La Vie de Pomponius Secundus : il en était particulièrement aimé; il écrivit cet ouvrage comme pour s’acquitter d’une dette envers la mémoire de son ami.

Les Guerres de Germanie  : il y a raconté toutes les guerres que nous avons soutenues contre les Germains.

Il les commença pendant son service en Germanie; un songe lui en donna l’idée ; pendant son sommeil il vit debout devant lui le fantôme de Drusus Néron, qui, après avoir soumis une grande partie de la Germanie, y mourut; il lui recommandait de veiller sur sa mémoire et le priait de le sauver d’un injurieux oubli.

L’Homme de lettres  : il y prend l’orateur au berceau et le conduit à sa perfection.

Les Difficultés de la grammaire  : il l’écrivit pendant les dernières années du règne de Néron, quand tous les genres d’études un peu libres et un peu sérieuses eurent été rendues périlleuses par la servitude.

La Suite d’Aufidius Bassus 

L’Histoire naturelle  : ouvrage étendu, savant, presque aussi varié que la nature elle-même. »

Pline le Jeune. Lettres, texte et traduction, Les Belles Lettres, 
Lettres de Pline le Jeune, traduction Louis-Sylvestre de Sacy (1699) et J. Pierrot, Éditions Garnier Frères, 1920
Annette Flobert (trad. du latin), Lettres de Pline, livre I à X, Paris, Groupe Flammarion, 
 
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2 Commentaires

  1. Jenny Quadri Guillard

    Pline était un grand érudit. Il y avait, à son époque, plus de lettrés qu’on ne pense. la bibliothèque calcinée retrouvée dans une villa d’Ercolano le prouve ainsi que les peintures des maisons de Pompei.

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