Pérambulation en forêt d’Illusion

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ISWC : T-704.203.105.6 – ISRC : AUMEV2132665
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Une pérambulation mystérieuse en forêt ou l’imaginaire embabouine joyeusement la limitation périmétrique du plan sanitaire. 
Puisque, si l’on en croit la légende, il est bien plus dangereux de flâner en pinède que de s’entasser en hypermarché !

Base photographique réalisée au Mont Faron à Toulon suite de Faron, Far Ombre.

Cette baguenaude en pignade enluminée n’est qu’une illusion.

Les couleurs oniriques n’existent pas plus que le souffle du vent dans les arbres accompagné de l’exhalaison légère et inflammable de la résine.

Tout ici n’est qu’un silence de tonalités profondes. Il est probable que dans cette quiétude nous ouïssions nos espérances, quand elles subsistent encore.

Malgré tout, il nous faut souhaiter préparer la structure protéiforme d’un futur quand bien même icelui pourrait n’exister qu’en trompe-l’œil.

Mais que vaudrait une vie sans quelques utopies ? Ce serait absurde.

S’il y avait qu’une terne et invariable réalité : nous n’inventerions rien, nous n’avancerions plus.

Quand tout fait silence en cette futaie de chimères, les paréidolies s’invitent et, aux paysages, octroient du sens.

 
Illusion des couleurs, des textes et textures : l’inspiration

William Turner, Going to the Ball (San Martino)

Joseph Mallord William Turner, Going to the Ball (San Martino)

Joseph Mallord William Turner - Snow Storm - Steam-Boat off a Harbour's MouthJoseph Mallord William TurnerSnow Storm

1280px Turner J. M. W. The Fighting Temeraire tugged to her last Berth to be broken

Joseph Mallord William TurnerThe Fighting Temeraire tugged to her last berth to be broken up

 

Sensation

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, heureux comme avec une femme.

Rimbaud

Arthur Rimbaud (1854-1891)
Poésies


Matin d’octobre

C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
À travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.

Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encor.

Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.

Francois Coppee

François Coppée (1842-1908)
Le cahier rouge

Correspondances

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

 

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

 

II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

 

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Charles Baudelaire: Femmes Damnées

Charles Baudelaire (1821-1867)
Les Fleurs du mal

La Forêt

Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !
Prestiges de mon cœur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.

Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière,
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux !
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d’un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes vœux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D’autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.

Chateaubriand

Tableaux de la nature, 1784-1790

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2 Commentaires

  1. C’est onirique, avec du mystère, de la gravité et du drame sous-jacent..

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