Les Danseurs du Chemin des Dames – Vidéo

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Last Updated on 18/10/2026 – 09:27 by Frank César LOVISOLO

 

 L’industrialisation du sacrifice humain: Les Danseurs du Chemin des Dames:
vidéo et composition sonore sur la Grande Guerre, entre poètes et peintres de 14-18.

 

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Le Chemin des Dames

Une évocation sans commémoration de l’industrialisation du sacrifice humain.
Du Chemin des Dames il ne reste que la féroce réminiscence d’un passé relaté, un royaume où triomphe un poison obscur et glacé.
Quant à l’apocalypse, les hommes n’ont nul besoin d’un dieu affublé de quatre ridicules chevaux efflanqués.

Avant tout le silence puis l’industrialisation du sacrifice humain.

 « LES DANSEURS DU CHEMIN DES DAMES » Vidéo fixée en 2017 – Artiste « FRANK CÉSAR LOVISOLO »
Durée 00h:13m:03s – ISRC : FR-1A9-17-04416 / Sacem – ISWC : T-703.843.774.2 – COCV : 34 328 798 11

Official Selection - The Lift Off Sessions 2019 - Les Danseurs du Chemin des Dames Official Selection - Music Shorts Film Festival 2019 - Les Danseurs du Chemin des Dames Official Selection - Cefalù Film Festival 2019 - Les Danseurs du Chemin des Dames Laurel - First Time Filmmakers Sessions 2019 - Les Danseurs du Chemin des Dames Official Selection - BIDEODROMO International Experimental Film and Video Festival 2019 - Les Danseurs du Chemin des Dames Official Selection - Starlight Film Awards 2019 - Les Danseurs du Chemin des Dames

Ingrid Tedeschi - comédienne, voix de Cécile Périn

Sur le texte et la musique :

  • Cécile Périn est dite par Ingrid Tedeschi.
  • « Croix de bois » par les étudiants NTS d’Ingémédia Groupe B de l’université de Toulon, année 2017-18.
Geneviève Tevenart - traductrice des sous-titres

Sous-titres : traduction des textes
Subtitles: texts translation

Merci beaucoup ! Geneviève Tevenart

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Soldats en tranchée - Première Guerre mondiale 14-18C’est une danse, une danse de lutte à vie pour semer la mort, une danse avec les camarades et la camarde.

Une danse sur le tempo du patriotisme au ton de l’héroïsme sur fond de boucherie.

Les orchestres se font face, mais les chefs à la cravache sont eux bien à l’abri, risquant, faute d’un éclat d’obus, tout au plus une céphalée ou encore une chaude-pisse, vite soignées d’une médaille sur le torse épinglée.

Quand le feu et le bruit ont fait leurs vendanges et se sont repus de bras et de jambes, il vient l’obusite.

Le « shell shock », bien avant le rock, une autre danse commence et il sera difficile d’inviter tant les visages sont ravagés et les âmes brisées.

Soldat de la Première Guerre mondiale, portrait d'époquePourtant, loin, dans les salons, les valses sans balles ne s’arrêtent jamais et l’on punit les mauvais danseurs, ceux qui n’aiment pas le rythme imposé. Deux mille quatre cents danseurs condamnés à mort et environ six cents fusillés pour l’exemple, certainement pour un excessif instinct de conservation…

« L’instinct de conservation se rebelle contre la guerre », disait un psychiatre allemand dont le nom ne nous est pas parvenu…

Champ de bataille dévasté, Première Guerre mondialeNeuf-millions-sept-cent-mille danseurs vont mourir pour cette infâme chorégraphie ainsi que huit-millions-neuf-cent-mille spectateurs, involontaires ou indirectement complices d’une hallucinante mise en scène provoquée par la criminelle impéritie des responsables, qui, finalement, n’auront jamais vu ce spectacle dont ils se sont si souvent vantés dans les alcôves et enorgueillis dans les défilés.

Il y a dans toutes les villes de France un monument où sont inscrits les morts au combat.

Il en est de même pour le petit village de Comps-sur-Artuby qui est une commune française située au nord du département du Var, un petit village, 584 personnes en 1911. Sur la stèle de commémoration, on dénombre trente-cinq personnes à qui l’on a salement volé la vie.

C’est beaucoup pour un petit village.

Couverture de la revue satirique La Baïonnette, 1916Tout comme Baptistin Joseph David Magnan, dit « Lili des Bellons », l’ami d’enfance de Marcel Pagnol tombé au front « … en 1917, dans une noire forêt du Nord, une balle en plein front avait tranché sa jeune vie, et il était tombé sous la pluie, sur des touffes de plantes froides dont il ne savait pas les noms… »

Tous ces pauvres Français, Allemands ainsi que leurs alliés, arrachés à leurs terres et à leurs familles dont on a usurpé le patriotisme pour un conflit qui n’était pas le leur, mais celui d’industrieux, cupides agioteurs, bien à l’abri dans leurs grandeurs.

La plupart n’ont jamais vraiment su pourquoi on les a expédiés là, où seule la mort n’est pas un mensonge.

Obus non explosé de la Première Guerre mondialeCertainement, un milliard d’obus ont été tirés durant ce conflit dont quinze pour cent n’ont pas éclaté. Cependant, ils continuent d’exploser lentement et en silence, polluant pour longtemps les sols et les eaux.

Quand il s’agit de détruire, c’est fou ce que l’on arrive à générer comme argent…

Mortifère non ???

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Poètes et poésies

Il manque quelques images : si vous les trouvez, je serai heureux de les incorporer.

Cécile Périn

Cécile Périn, poétesse française, Première Guerre mondiale

Les Femmes de tous les pays

Les femmes de tous les pays,
A quoi songent-elles, muettes ?
Celles à qui la guerre a pris
Le bonheur ? Les femmes qui guettent …

Les femmes de tous les pays,
O complices inconscientes ,
Vous étouffez encor vos cris,

Vous êtes là, comme en attente.

Les femmes de tous les pays,
La voix meurt donc dans votre gorge ,
Quand ce sont vos hommes, vos fils,
Que l’on mutile ou qui s’égorgent ?

1919
A propos de Cécile Périn


Guillaume Apollinaire

Guillaume Apollinaire, poète, portrait photographique

Si je mourais là-bas…

Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée

Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l’espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l’étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l’espace
Comme font les fruits d’or autour de Baratier

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l’onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L’amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie
– Souviens-t’en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur –
Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie

30 janvier 1915, Nîmes.


Marc de Larréguy de Civrieux

Marc de Larréguy de Civrieux, poète, Première Guerre mondiale

Mes Ennemis

Ce n’est, certes pas vous ! ô soldats étrangers !
Que séparent les monts, les forêts ou les fleuves,
Vous qui fraternisez dans les mêmes épreuves,
Laissant derrière vous orphelins, parents, veuves…
Lorsque vous succombez après d’affreux dangers !

Pendant que nos tyrans convoitent des lambeaux,
Dans l’Etat de la Mort il n’est nulles frontières…
Nous gisons, côte à côte, aux mêmes cimetières,
Après avoir lutté pendant des nuits entières
Pour conquérir la Paix au fond de nos tombeaux !

Mes ennemis ? c’est vous ! gouvernants timorés,
Qui prenez sans péril une pose de gloire,
Et, dans cette moisson sanglante de l’Histoire,
Ne songez qu’à vous seuls en parlant de victoire
O vous, dont les vertus sont des vices dorés !

Vous qui poussez au meurtre et nous assassinez !
–Hypocrites dévots au cœur de frénésie !
Je voudrais démasquer toutes vos hérésies
Et faire palpiter –parmi mes poésies–
La vengeance de ceux que vous avez damnés !

7-9 février 1916 (au front)


René Arcos

René Arcos, poète, Première Guerre mondiale

Les Morts…

Le vent fait flotter
Du même côté
Les voiles des veuves

Et les pleurs mêlés
Des mille douleurs
Vont au même fleuve .

Serrés les uns contre les autres
Les morts sans haine et sans drapeau,
Cheveux plaqués de sang caillé ,
Les morts sont tous d’un seul côté.

Dans l’argile unique où s’allie sans fin
Au monde qui meurt celui qui commence
Les morts fraternels tempe contre tempe
Expient aujourd’hui la même défaite .

Heurtez-vous , ô fils divisés!
Et déchirez l’Humanité
En vains lambeaux de territoires,
Les morts sont tous d’un seul côté.

Car sous la terre il n’y a plus
Qu’une patrie et qu’un espoir
Comme il n’y a pour l’Univers
Qu’un combat et qu’une victoire.


A propos de Cécile Périn

Consulter « Les Muses Françaises »

Les Muses Françaises, anthologie poétique, couverture

Eugène Dabit

Eugène Dabit, écrivain, Première Guerre mondiale

Poème

J’ai été soldat à dix-huit ans
Quelle misère
De faire la guerre
Quand on est un enfant.

De vivre dans un trou
Contre terre
Poursuivi comme un fou
Par la guerre.

J’usais mon cœur
Aux carrefours crucifiés
Oh mourir dans la plaine
Au soir d’une sale journée.

J’ai connu des cris,
La haine
Des souffrances longues comme une semaine.
La faim, le froid, l’ennui.

Trois années ivres de démence
Plus lourdes à porter qu’un crime
Ma jeunesse est morte en France
Un jour de désespérance.

Tous mes amis ont péri
L’un après l’autre
En quelque lieu maudit
Est notre amour enseveli.

Défunt Lequel le parisien,
Masse et Guillaumin d’Amiens,
Pignatel dit le marseillais
Tous endormis à jamais.

On les a jetés dans un trou
N’importe où
D’en parler mon cœur saigne
Ah que la mort est cruelle

Mon Dieu était-ce la peine
De tant souffrir.
Las je reviens humble et nu
Comme un inconnu,

Sans joie sans honneur
Avec ma douleur
Les yeux brûlés
D’avoir trop pleuré
Pour mes frères malheureux
A ceux qui sont aux cieux
Contre la guerre
A ma mère
Adieu

Écrit pendant la guerre


Marcel Lebarbier

Portrait de Marcel Lebarbier non retrouvé (rond noir)

Réponse

Saigne, Lebarbier, c’est la gloire, —
On te l’a dit
« Tout juste un peu de sang pour honorer la victoire, »
Ce n’est pas cher, à ce prix.

Les brancardiers vont t’emporter dans la nuit noire,
Trébuchant, s’engueulant,
Les balles perdues vont te faire escorte,
La pluie va te morfondre avec entêtement ;
C’est la gloire.

L’hôpital. On te pompera de l’éther à pleine bouche
Et tu sombreras, tête affolée,
Dans un vertige vrombissant …
Puis le réveil et ses nausées…
C’est la gloire, c’est la gloire.

Monsieur l’Major viendra panser tes plaies,
Crispations, saccades apeurées …
–Ainsi quand on serre les fesses —
Ça, Lebarbier, c’est la gloire qui te caresse.

Et de temps en temps, impotent dans ton lit,
Tu demanderas d’une voix timide
Qu’on te mette à faire caca ou pipi ;
C’est pour honorer la victoire.


Claude Salives

Portrait de Claude Salives non retrouvé (rond noir)

Croix de bois

Croix de bois
Plantées là !
Champ de croix…
Champ d’effroi s’étendant jusqu’au lointain souvenir
De la paix entre les peuples.

Croix de bois ! croix de bois !…
Tant d’amour perdu, perdu !
Tant d’espoirs abattus en plein vol !
Tant de belles possibilités à jamais, à jamais écartées !
Croix de bois !…
A tant de pages inachevées, ce brutal parafe !…

Croix, croix de bois !…
Fin prématurée du voyage…
Fin des satisfactions du corps et des biens de l’esprit ;
Fin du chaud rayonnement de ces cœurs ;
Fin des caresses de l’affection pour ces cœurs ;
Fin de la part de bonté, de joie à donner et à prendre ;
Fin de la douce présence auprès des aimés ;
Fin des efforts, des pensées, des contemplations, des émois,
des ferveurs pour tous ces ensevelis ;
Fin prématurée du voyage…

Croix de bois ! croix de bois !…
Tous ces bras écartés barrant le chemin à la vie !…
Ici va, va s’étendant la contrée morne du silence,
Le gris domaine de la mort,
De la mort usurpant les terres de la vie.

Croix, croix, litanie de croix!
Chacun son trou. Chacun sa croix.
Tout le monde y a droit !
Sacrifiés, sacrifiés, défendez bien vos cimetières !

Septembre, 1917


La Guerre - Marcel Gromaire

La Guerre – Marcel Gromaire


Lucien Jacques

Lucien Jacques, poète, Première Guerre mondiale

Le Noyé

A ceux de mon escouade

Le noyé qui gît là dans l’herbe de la berge,
N’ayant plus rien d’humain qu’une main non rongée
Où luit un anneau d’or,

poussé du pied par vous avec haine et dégoût
ainsi que la charogne d’une bête mauvaise,
parce qu’il est vêtu d’un dolman ennemi
était pourtant un homme–un homme–un tout jeune homme
nourri d’air, de soleil, d’amour, tout comme vous.
Peut-être que chez lui vivait sa douce mère,
sûrement son épouse, peut-être des enfants!

Songez, quelle agonie angoissée loin des siens
il dut avoir, blessé, dans l’ombre de la nuit
et l’eau froide et profonde.

Qu’une pensée humaine au moins soit son linceul .

Écrit au front en 1914


Jean-Michel Renaitour

Jean-Michel Renaitour, écrivain, Première Guerre mondiale

« Le Moral est bon ! »

Quand on dit : « Le moral est bon, » cela m’effraie.
C’est que je les connais, les troupes de là-bas
Je sais comment peut s’affirmer dans leurs combats
La bestialité de l’homme, toujours vraie.

O vaines lois des Conférences de La Haye,
Quand « le moral est bon », votre prestige est bas,
Le cœur lui-même alors abdique s’il n’est pas
Le creuset où la haine implacable se crée.

Quand « le moral est bon, » on frappe, on tue, on n’a
D’ivresse et de vertu que dans l’assassinat,
Dans la rapacité, dans la sauvagerie.

Moi, je tremble et frémis quand « le moral est bon » ;
Car alors chacun marche, agit, s’entraîne et crie,
Mais pour se battre mieux s’interdit la Raison.

1915


Alfred Varella

Portrait d'Alfred Varella non retrouvé (rond noir)

Chanson du Gars qui se refuse

I
Ah! voilà tant de mois et tant d’ans
que, dos courbé, les yeux ardents ,
les poings fermés , la haine aux dents,
je vais et m’use ;
Ah! voilà tant de mois et tant d’ans
qu’aujourd’hui, j’entends crier dans
ma cervelle ces mots stridents ;
« Je me refuse ! »

II
Je me refuse à vos raisons,
à vos chants, à vos oraisons
rappelant trop vos trahisons ,
vous que j’accuse!
Je me refuse à vos raisons,
qui laissent grandes les prisons
ouvertes sur nos horizons…
« Je me refuse! »

III
Je me refuse à vos drapeaux,
à vos tragiques oripeaux ,
à vos bannières pour troupeaux
que l’on méduse !
Je me refuse à vos drapeaux,
à vos étoffes en lambeaux
qui font du vent…sur nos tombeaux…
« Je me refuse! »

IV
Je me refuse à vos palais,
à vos monuments–beaux ou laids–
qui semblent lourds et maigrelets
à notre Muse…
Je me refuse à vos palais,
où grouillent , nains et gringalets ,
les pouvoirs chétifs des Valets…
« Je me refuse! »

V
Je me refuse à vos autels ,
à vos Apôtres immortels,
à vos Saints pour chambres d’hôtels
où l’on s’amuse!
Je me refuse à vos autels,
à vos dieux menteurs qui sont tels
que les veaux d’or sacramentels ….
« Je me refuse! »

VI
Je me refuse à vos bouquins ,
à vos Ecrits pour arlequins ,
signés de la main de faquins
sans une excuse…
Je me refuse à vos bouquins,
à vos cuirs , à vos maroquins
–cléricaux ou républicains–
« Je me refuse! »

mai 1919


Édouard Vuillard - L'interrogatoire du prisonnier

Édouard Vuillard – L’interrogatoire du prisonnier


Image d'archive de la Grande Guerre, 1914-1918


Hypertextes

Cécile Périn, Guillaume Apollinaire, Eugène Dabit, Lucien Jacques, Marc de Larréguy de Civrieux,
Marcel Lebarbier, Jean-Michel Renaitour, Claude Salives, Alfred Varella, René Arcos.

 

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Un courrier de soldat

Dimanche, le 15 avril 1917, 13 heures,
En attendant la bataille.

Bien Chers Parents,

Je ne puis savoir ce qui va en advenir. Je vous fais cette petite lettre avant de partir au combat qui, j’espère, sera des plus bénins. Mais toute fois que sur mon corps on découvre cette petite missive et qu’elle vous parvienne, prenez-la pour un salut que votre fils et frère vous fait avant d’affronter le danger, et qu’elle vous soit un puissant réconfort, car j’y mets un peu de tout moi-même.

Ce matin j’ai été à la messe et j’ai communié; je demande au Très-Haut de vous protéger sur cette terre, de vous venir en aide dans vos peines qui vont peut-être être cruelles, mais, croyez votre fils et frère, ne mettez pas beaucoup d’attachement aux choses matérielles, nous sommes peu de chose sur cette planète. Si je ne puis revenir vous voir, ne croyez pas que je regrette de vivre, au contraire, j’aurais bien voulu revenir avec vous pour vous prouver la reconnaissance que vous méritez après tant de peines, et après toutes les choses que vous endurez comme douleur de voir au danger ceux que vous avez élevés jusqu’à vingt ans, et comme moi avec beaucoup de larmes et de veilles.

Je vais écrire à mon Frère Henry: il fait partie de l’armée de poursuite qui me suit aussitôt la 1ère avance. Ça va être dur, nous avons quelque chose à faire. Mais d’un côté, je préférerais que cette lettre ne vous parvienne pas, que ce soit moi-même qui vous arrive avec la paix et le bonheur.
Je vais vous dire au revoir, Chers Parents bien aimés. Mes plus tendres baisers.

Paul

François Paul Ripout, né le 3 août 1891 à Vieux Mareuil (Dordogne), tué à Juvincourt le 16 avril 1917.

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Roland Dorgelès, écrivain, Première Guerre mondiale

L’Art et la Guerre 14/18

« Cette façon sévère de juger les artistes n’était d’ailleurs pas personnelle à notre capitaine et tous ceux qui ont eu l’avantage de faire campagne en qualité de soldat de 2ème classe ont pu observer que, dans l’armée, les artistes n’étaient généralement pas tenus en grande estime… »,

Roland Dorgelès dans « Le Cabaret de la belle femme » (1919)

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L’œuvre face au bruit du monde

Il arrive que certaines époques semblent perdre le sens de ce qui les dépasse. L’art, qui fut longtemps un espace de liberté, de risque et d’invention, paraît aujourd’hui hésiter entre l’injonction morale, la séduction marchande et la fascination du dérisoire. Comme si l’œuvre devait désormais répondre moins à une nécessité intérieure qu’aux impératifs d’une visibilité immédiate.

À force de vouloir provoquer, certains confondent le trouble avec le vacarme, la transgression avec la simple négation. La laideur peut être une puissance esthétique quand elle révèle une vérité ; elle devient insignifiante lorsqu’elle ne sert qu’à attirer le regard ou à alimenter l’économie de l’éphémère. L’humour, la distance critique, la profondeur symbolique cèdent dès lors la place à une agitation dont le souvenir s’évanouit presque aussitôt qu’elle apparaît.

Cette logique produit une étrange uniformité. Derrière la multiplication des formes se cache souvent une pensée appauvrie, soumise aux mêmes mécanismes de reconnaissance, aux inchangés circuits de diffusion, aux identiques critères de rentabilité culturelle. La technique se perfectionne tandis que la poésie s’efface ; le commentaire remplace parfois l’émotion ; l’intention se dissout dans la stratégie.

L’œuvre d’art ne semble plus seulement jugée pour ce qu’elle révèle du monde ou de la condition humaine, mais pour sa capacité à occuper l’espace médiatique. Dès lors surgissent des questions auxquelles notre époque répond rarement avec clarté : qui consacre les artistes ? Qui décide de ce qui mérite d’être montré, financé, célébré ou, au contraire, condamné à l’invisibilité ? Où s’arrête le jugement esthétique et où commence le pouvoir des institutions, des marchés et des prescripteurs d’opinion ?

Il est permis de s’interroger. L’art possède cette singulière faculté de déplacer les certitudes, de mettre en crise les évidences, de rappeler que toute civilisation se mesure aussi à sa capacité d’accueillir ce qui la dérange. Peut-être est-ce précisément pour cette raison qu’il suscite tant de tentatives d’encadrement, parfois discrètes, quelquefois assumées. Une œuvre véritable demeure toujours plus difficile à administrer qu’à exposer.

Parallèlement, notre regard lui-même semble devenir moins autonome. Nous écoutons volontiers ce que l’on nous invite à écouter, lisons ce que l’on nous recommande de lire, regardons ce que les algorithmes et les médias désignent comme digne d’intérêt. Les réseaux sociaux, conçus pour relier les individus, tendent parfois à organiser une attention collective où la curiosité personnelle s’efface devant le réflexe mimétique, où l’instant prévaut sur la durée, où le commentaire précède l’expérience.

Et pourtant, certaines œuvres résistent encore à cette mécanique. Elles échappent aux effets de mode comme aux impératifs de l’audience. Elles ne cherchent ni l’approbation immédiate ni l’indignation programmée. Elles s’inscrivent dans un temps plus long, celui où la création retrouve sa vocation première : témoigner, interroger, transmettre. Leur force ne réside pas dans le bruit qu’elles produisent, mais dans le silence qu’elles laissent derrière elles, lorsque le regard ou la pensée continuent de les habiter.

Les œuvres qui suivent appartiennent à cette famille exigeante. Elles portent en elles la mémoire des hommes, la gravité de l’Histoire et cette poésie qui, loin d’adoucir le réel, en révèle les blessures avec une intensité que seule la création authentique peut atteindre.

Frank César Lovisolo
Correction et mise en page : Véra Radomirskaïa

 

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Charles Martin, Fernand Léger, Paul Renouard, Jean-Louis Forain, François Flameng, Georges Scott, Jean Lefort, Félix Vallotton,
Christopher Richard Wynne Nevinson, Gino Severini, Jacques Villon, Mathurin Méheut, Otto Dix, Paul Prévot.

Charles Martin - La folie de la guerre - dessin satirique 14-18

« La folie de la guerre », Charles Martin.

Fernand Léger - La Partie de cartes - peinture Première Guerre mondiale

Fernand Léger – La Partie de cartes

Paul Renouard - Attaque du 1er régiment de tirailleurs marocains

« Attaque du 1er régiment de tirailleurs marocains », Paul Renouard

Jean-Louis Forain - La Borne - illustration Première Guerre mondiale

La Borne – Jean-Louis Forain

François Flameng - Tranchée allemande - peinture guerre 1914-1918

Tranchée allemande – François Flameng

Georges Scott - La brèche - effet d'obus guerre 14-18

Georges Scott – La brèche

Jean Lefort - La marche - peinture Première Guerre mondiale

Jean Lefort – La marche

Félix Vallotton - Vu du Front - peinture Première Guerre mondiale

Vu du Front – Félix Vallotton

Gino Severini, The War (La Guerre), 1914

Gino Severini, The War (La Guerre), 1914

Jacques Villon (Gaston Duchamp, dit) - Soldats en marche, 1913

Jacques Villon (Gaston Duchamp, dit) (1875-1963)
Soldats en marche, 1913

Mathurin Méheut - Le salut au mort - dessin Première Guerre mondiale

Mathurin Méheut – Le salut au mort

Otto Dix - La Guerre - triptyque peinture 1928-1931

Otto Dix – La Guerre (entre 1928 et 1931)

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Simplement les textes dits dans la vidéo

Les Femmes de tous les pays

… Les femmes de tous les pays,
La voix meurt donc dans votre gorge,
Quand ce sont vos hommes, vos fils,
Que l’on mutile ou qui s’égorgent ?

Cécile Périn – Écrit pendant la guerre
Dit par I. T.


Le Moral est bon !

O vaines lois des Conférences de La Haye,
Quand « le moral est bon », votre prestige est bas,
Le cœur lui-même alors abdique s’il n’est pas
Le creuset où la haine implacable se crée…

Jean-Michel Renaitour – 1915


Chanson du Gars qui se refuse

Je me refuse à vos drapeaux,
à vos tragiques oripeaux,
à vos bannières pour troupeaux
que l’on méduse !
Je me refuse à vos drapeaux,
à vos étoffes en lambeaux
qui font du vent…sur nos tombeaux…
« Je me refuse ! »

Alfred Varella – mai 1919


Kanak, les oubliés de la guerre 14-18 - photographie historique

Kanak, les oubliés de la guerre 14-18


Si je mourais là-bas…

Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Guillaume Apollinaire – 30 janvier 1915, Nîmes.


Croix de bois

Croix de bois ! croix de bois !…
Tous ces bras écartés barrant le chemin à la vie !…
Ici va, va s’étendant la contrée morne du silence,
Le gris domaine de la mort,
De la mort usurpant les terres de la vie.

Claude Salives – Septembre, 1917


Réponse

Les brancardiers vont t’emporter dans la nuit noire,
Trébuchant, s’engueulant,
Les balles perdues vont te faire escorte,
La pluie va te morfondre avec entêtement ;
C’est la gloire.

L’hôpital. On te pompera de l’éther à pleine bouche
Et tu sombreras, tête affolée,
Dans un vertige vrombissant …
Puis le réveil et ses nausées…
C’est la gloire, c’est la gloire.

Marcel Lebarbier – Écrit pendant la guerre


Le Noyé

Le noyé qui gît là dans l’herbe de la berge,
N’ayant plus rien d’humain qu’une main non rongée
Où luit un anneau d’or…

…Songez, quelle agonie angoissée loin des siens
il dut avoir, blessé, dans l’ombre de la nuit
et l’eau froide et profonde.

Qu’une pensée humaine au moins soit son linceul.

Lucien Jacques – Écrit au front en 1914


Poème

Tous mes amis ont péri
L’un après l’autre
En quelque lieu maudit
Est notre amour enseveli.

Défunt Lequel le parisien,
Masse et Guillaumin d’Amiens,
Pignatel dit le marseillais
Tous endormis à jamais.

Eugène Dabit – Écrit pendant la guerre


Les Morts…

Le vent fait flotter
Du même côté
Les voiles des veuves…
(plusieurs fois entremêlés)

René Arcos


Mes Ennemis

Mes ennemis ? c’est vous ! gouvernants timorés ,
Qui prenez sans péril une pose de gloire,
Et, dans cette moisson sanglante de l’Histoire,
Ne songez qu’à vous seuls en parlant de victoire
O vous, dont les vertus sont des vices dorés!

Marc de Larréguy de Civrieux – 7-9 février 1916 (au front)



Ici, ne cherchez rien d’historique, de logique et moins encore de commémoratif.
Il n’y a que la féroce réminiscence hallucinatoire d’un passé relaté, un gigantesque royaume où triomphe un poison obscur et glacé. Tapi dans l’ombre, si l’on n’y prend garde, il peut surgir à tout moment. Quant à l’apocalypse, les hommes se suffisent. Ils n’ont nul besoin d’un dieu psychotique affublé de quatre ridicules chevaux efflanqués.

N.D.A

J’ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions : la gloire.

Isidore Lucien Ducasse alias Comte de Lautréamont – Les Chants de Maldoror

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Enfants, ne jouez pas à la guerre

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Quelques liens

Émission France Culture : Empreinte sur le chemin des Dames

Les oubliés de la Grande Guerre
Histoires et témoignages sur les poilus dans les tranchées

Première Guerre mondiale en littérature

Cheval durant la Première Guerre mondiale

Animaux mobilisés pendant la Première Guerre mondiale

La Grande Guerre des animaux (CNRS)

« Chienne de guerre ! » : les animaux sur le front en 14/18 (franceinfo)

Chien avec masque à gaz - animaux pendant la Première Guerre mondiale

""Jean-Claude Grosse, Les Cahiers de l'Égaré

Sur le blog de Jean-Claude Grosse : Les Cahiers de l’Égaré

Il y a 100 ans : 14-18 / Yves Gibeau / Le chemin des Dames

Yves Gibeau :
« Comment se débarrasser de la connerie militariste ? »

J’en connais qui larmoient sans cesse, blessés qu’ils sont dans leur petit chauvinisme culturel : « Ah ! Ce n’est pas en France qu’on ferait du cinéma politique comme en Italie ! » Ah bon ? Parce que Godard fait du cinéma à l’eau de rose ? Parce que Truffaut, Resnais et Costa-Gavras, pour ne citer qu’eux, n’ont aucun courage ?

La Suite >>>>>


Les Danseurs du Chemin des Dames - affiche officielle, sélections de festivals 2019

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Notes sur la musique et la vidéo

Interface du progiciel Steinberg Cubase utile à cette composition

Interface Steinberg Cubase - montage sonore Les Danseurs du Chemin des DamesCliquez sur l’image pour l’agrandir – Click to enlarge
Composition pour :

  • 4 synthétiseurs
  • 3 samplers
  • Divers bruits (3 pistes)
  • Voix : textes dits (4 pistes)

Soit : 14 pistes sonores + 9 pistes de gestion et 3 pistes d’effets.
Format mixage : 96 kHz – 32 bits virgule flottante (ramené à 48 kHz – 24 bits pour le montage vidéo).
Durée : 11’13″278
Titre SACEM : Les Danseurs du Chemin des Dames 15 décembre 2018
Une version sans texte peut être écoutée ici : RD 18 CD

Microphone Neat Worker Bee utilisé pour l'enregistrement des voix

WORKER BEE

Les voix ont été enregistrées avec le microphone WORKER BEE de Neat Microphones (sensibilité : 19,0 mV/Pa à 1 kHz // 1 Pa = 94 dB SPL) – Notice >>>>>

À l’exception des « croix de bois », enregistrées à l’université avec l’enregistreur portatif ZOOM H1.Enregistreur portatif Zoom H1

Analyse du fichier original

Analyse graphique du fichier audio original - Les Danseurs du Chemin des Dames


Interface du progiciel Adobe Premiere utile à ce montage vidéo

Interface Adobe Premiere - montage vidéo Les Danseurs du Chemin des DamesCliquez sur l’image pour l’agrandir – Click to enlarge

J’ai choisi pour cette vidéo un format hors-normes afin que l’on voie une bande d’image, un peu comme les transparents d’une lanterne magique de 1870.
À ceci près que notre lanterne ici est numérique !

Table de montage sur le progiciel Adobe Premiere : 11 pistes vidéo et 3 pistes audio pour la manipulation de 110 éléments (images, vidéos découpées et audio), avec 269 éléments sur la table de montage au final.

  • Format de travail : 4096 x 1080 – Pixels carrés (1.0) – Audio 48000 Hz – 24 bits
  • Format Web : H264 1360 x 358 – Pixels carrés (1.0) VBR 2 passages. Cible : 1 Mbit/s. Max : 2 Mbit/s. Audio AAC 224 kbit/s 48 kHz stéréo.
  • Format expositions : H264 4068 x 1080 – Pixels carrés (1.0) VBR 2 passages. Cible : 10 Mbit/s. Max : 12 Mbit/s. Audio AAC 320 kbit/s 48 kHz stéréo.
  • Durée : 00:12:35:22

Lanterne magique, 1870

Lanterne magique, 1870

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18 Commentaires

  1. Merci cher Frank, je viens, enfin, de regarder et écouter ton oeuvre , c’est très fort !!!!! Bravo à toi
    Bises
    Thierry B

  2. Enfin j’ai vu : très beau. J’aime en particulier ces quatre écrans carrés qui se parlent, s’opposent, se répondent. Vu, plus qu’entendu car, sur un ampli merdique de circonstance, j’avais du mal à distinguer les paroles. Bravo l’artiste !

    • Merci Gérard !!! Dommage pour la musique ! Pourtant tu as tout ce qu’il faut chez toi ! Peut-être te manque-t-il un câble de circonstance pour relier ton ordi. à ton Harman Kardon ! Ceci dit un bon casque ferait l’affaire !@plus

  3. Je revois la vidéo avec plaisir, d’autant plus que sur le PC c’est beaucoup plus visible et plus audible. Mais c’est un détail technique, le fond et la forme ont été appréciés par tous les spectateurs, qui sont restés un peu scotchés à la fin de la projection. Il y a de quoi…

    • Merci!!!!!
      Oui, c’était un peu dommage pour le son… Il y a quelques années les rayons HIFI étaient très fournis et la culture sonore bien plus présente. Tout ça a été remplacé tout d’abord par le mp3 mal employé avec des casques de qualité douteuse et maintenant toutes ces misérables enceintes bluetooth qui arborent un son plus qu’approximatif qui ne convient qu’à la musique culturellement minimaliste, dans le mauvais sens du terme. Je ne parle pas, bien évidement, de Steve Reich et compagnie !!!

      • Les prix sont plus abordables, mais la qualité a baissé..C’est le temps du consommable. Les enceintes dont tu parles sont considérées ainsi; les imprimantes..Je viens d’aller faire un tour sur le site Ellipson. Il y a du bon matériel, mais les prix sont fameux..

        • Il existe des enceintes abordables dites de bibliothèque permettant un volume sonore largement suffisant. Les prix s’échelonnent de 250€ à 400€ la paire. Pas besoin d’un ampli surpuissant. J’ai écrit un article à ce sujet:

          A plus !!!

  4. Travail superbe ! Beaucoup d’émotion !

  5. J’ai découvert cette oeuvre chez Jean Aicard, à La Garde. C’est un excellent travail de montage et de son, de paroles et de pensées contenues magnifiées dans des poèmes. Un hommage d’humilité et de coeur sans cérémonie mais en est-il encore besoin ? Je suis très touché et encore plus par le simple fait familial de la disparition de mon grand-père au « Chemin des Dames ». Je l’ai vu et écouté grâce à vous.
    Merci.

    • C’est moi qui vous remercie d’être venu et d’avoir apprécié mon film.
      Un film sur un sujet qui, après sa réalisation et le recul nécessaire, m’a paru très difficile à faire sans me laisser submerger par l’émotion.
      Encore merci pour votre poignant commentaire.

  6. FAUCHER Jean-Pascal

    Horriblement magnifique et magnifiquement horrible. Toute l’absurdité et l’incompréhension de cette guerre.

    Merci pour eux, merci pour nous

  7. Très beaux matériaux – voix, musique, images – qui tendent vers l’élégie. Tiens, se dit la spectatrice, il faudrait que je retrouve les lettres de mon grand-père à sa mère, lettres des tranchées, écrites au crayon mine avec force majuscules, je crois que j’ai pris soin d’en faire des photocopies car le crayon se délave avec le temps. Nous parlions, toi, Frank, et moi de l’audibilité des voix/musique, c’est effectivement concluant ici. J’ai lu il y a quelques années Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, ce n’est pas mon livre de chevet, mais la bonne blague d’une gueule cassée à la patrie, certains diront, c’est un livre facile, j’ajouterai, quel travail pour arriver à la simplicité ! Merci à toi, à Ingrid, aux étudiants.

  8. travail impressionnant, combien de temps pour rassembler les documents, le réaliser ? quel impact public ? par quels médias ?

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