Dédale – composition en quatre strates

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dédale,labyrinthe - Perilous Vale - Frank César LOVISOLO - Composition en quatre strates pour un dédale sonore où deux clarinettes et un saxophone conversent sur une étendue de musique concrète. - Première strate : Clarinette, clarinette basse et saxophone soprano - Deuxième strate :  Drone et voix synthétiques. - Troisième strate : Percussions : membranophones, métallophones et idiophones. - Quatrième strate :  Musique concrète pour bruit de trains, de gare et crissements numériquement modifiés. C’est, comme toujours ici, une proposition d’écoute. Un voyage phonique dans un dédale de quelques minutes. Un périple qui aura une issue certainement inattendue.

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dédale,labyrinthe - Perilous Vale - Frank César LOVISOLO - Composition en quatre strates pour un dédale sonore où deux clarinettes et un saxophone conversent sur une étendue de musique concrète. - Première strate : Clarinette, clarinette basse et saxophone soprano - Deuxième strate :  Drone et voix synthétiques. - Troisième strate : Percussions : membranophones, métallophones et idiophones. - Quatrième strate :  Musique concrète pour bruit de trains, de gare et crissements numériquement modifiés. C’est, comme toujours ici, une proposition d’écoute. Un voyage phonique dans un dédale de quelques minutes. Un périple qui aura une issue certainement inattendue.Composition en quatre strates pour:

Extrait

Un labyrinthe sonore où deux clarinettes et un saxophone s’entrelacent, se répondent et se défient, tissant un dialogue mouvant aux contours imprévisibles. Leurs voix tantôt distinctes, tantôt fusionnelles, cheminent à travers une étendue enchevêtrée de matières sonores, où la musique concrète se mêle intimement à des textures bruitées, granuleuses et organiques.

Des éclats « percussionnés » surgissent, frappés, frottés, heurtés, comme autant de balises rythmiques dans cet espace instable. Les souffles se fragmentent, les timbres se distordent, oscillant entre clarté fragile et saturation rugueuse. Chaque strate dévoile un paysage singulier : nappes souterraines, irruptions abruptes, résonances suspendues, silences tendus.

L’ensemble forme une architecture labyrinthique, à la fois dense et poreuse, où l’auditeur est invité à se perdre, à suivre des trajectoires multiples, à se laisser happer par les croisements et les échos d’un univers sonore en perpétuelle mutation.

Tout un programme !

Titre Sacem : Le Dédale du Photographe

dédale,labyrinthe - Perilous Vale - Frank César LOVISOLO - Composition en quatre strates pour un dédale sonore où deux clarinettes et un saxophone conversent sur une étendue de musique concrète. - Première strate : Clarinette, clarinette basse et saxophone soprano - Deuxième strate :  Drone et voix synthétiques. - Troisième strate : Percussions : membranophones, métallophones et idiophones. - Quatrième strate :  Musique concrète pour bruit de trains, de gare et crissements numériquement modifiés. C’est, comme toujours ici, une proposition d’écoute. Un voyage phonique dans un dédale de quelques minutes. Un périple qui aura une issue certainement inattendue.
Le terme « dédale » est,

Dédale

aujourd’hui, un nom commun qui désigne un lieu où l’on s’égare facilement.

Dédale et Pasiphaë . Fresque romaine dans la maison des Vettii , Pompéi , premier siècle de notre ère

Dédale et Pasiphaë. Maison des Vettii à Pompéi.

Il provient par antonomase de Dédale, un personnage de la mythologie grecque, un Athénien réputé pour être un inventeur, un sculpteur, un architecte, un forgeron.

Son œuvre la plus célèbre est le labyrinthe, situé au centre de la Crète, qui a abrité le Minotaure.

Selon certains archéologues, le palais de Knossos serait à l’origine du légendaire dédale, bâtiment conçu par l’architecte et mathématicien athénien Dédale, dans lequel le Minotaure (en partie homme, en partie taureau) a été enfermé.

dédale,labyrinthe - Perilous Vale - Frank César LOVISOLO - Composition en quatre strates pour un dédale sonore où deux clarinettes et un saxophone conversent sur une étendue de musique concrète. - Première strate : Clarinette, clarinette basse et saxophone soprano - Deuxième strate :  Drone et voix synthétiques. - Troisième strate : Percussions : membranophones, métallophones et idiophones. - Quatrième strate :  Musique concrète pour bruit de trains, de gare et crissements numériquement modifiés. C’est, comme toujours ici, une proposition d’écoute. Un voyage phonique dans un dédale de quelques minutes. Un périple qui aura une issue certainement inattendue.graphe.ogg » audio mp3= »http://frank-lovisolo.fr/cat/m3p/LeDedaleDuPhotographe.mp3″ width= »1024″ height= »40″ autoplay= »true » preload= »true »
  • Première strate :
  • Deuxième strate :
Drone et voix synthétiques.
  • Troisième strate :
Quatrième strate : 
Musique concrète pour bruit de trains, de gare et crissements numériquement modifiés.
C’est, comme toujours ici, une proposition d’écoute.

Un voyage phonique dans un dédale de quelques minutes.
Un périple qui aura une issue certainement inattendue.
Sur le sujet, je ne vous en dirai pas plus. Laissons faire le plaisir, ou son contraire, de la découverte.
dédale,labyrinthe - Perilous Vale - Frank César LOVISOLO - Composition en quatre strates pour un dédale sonore où deux clarinettes et un saxophone conversent sur une étendue de musique concrète. - Première strate : Clarinette, clarinette basse et saxophone soprano - Deuxième strate :  Drone et voix synthétiques. - Troisième strate : Percussions : membranophones, métallophones et idiophones. - Quatrième strate :  Musique concrète pour bruit de trains, de gare et crissements numériquement modifiés. C’est, comme toujours ici, une proposition d’écoute. Un voyage phonique dans un dédale de quelques minutes. Un périple qui aura une issue certainement inattendue.

J’en profite pour vous présenter trois dédales qui m’ont, assurément, inspiré.

dédale

Labyrinthe de l’amour commencé en 1538 et poursuivi vers 1552, Huile sur toile

Le TintoretJacopo_Tintoretto

L’allégorie de la vie humaine ou Le labyrinthe de l’amour.


Jacopo Robusti, dit Tintoretto, né probablement en septembre-octobre 1518 ou en 1519 à Venise, alors capitale de la République de Venise, où il est mort le 31 mai 1594 est un peintre vénitien que l’on associe au mouvement artistique du maniérisme de l’école vénitienne.

Le labyrinthe est symbole du chemin intérieur que parcourt l’homme. La forme du labyrinthe rappelle l’île de Cythère, lieu de naissance de Vénus. Le centre représente le bien à atteindre. Seuls ceux qui emprunteront le parcours le plus long parviendront au but…

dédale

William Kurelek, The Maze (Le labyrinthe), 1953 Gouache sur panneau, 91 × 121 cm

Bethlem Royal Hospital Archives and Museum, Londres, R.-U.

William Kurelek william-kurelek

The Maze – Le Labyrinthe 1953

William Kurelek est né près de Whitford dans la région du centre de l’Alberta en 1927, dernier d’une famille immigrée ukrainienne de sept enfants.

Âgé d’un peu plus d’une vingtaine d’années, Kurelek s’installe en Angleterre. En 1952, souffrant d’une dépression et de problèmes d’ordre émotionnel, il est admis au Maudsley Hospital, un hôpital psychiatrique de Londres, et y est traité pour schizophrénie. Il peint alors The Maze. 

Le labyrinthe est l’œuvre la plus rencontrée de Kurelek. Cette oeuvre a été connue du grand public lorsqu’elle fut, partiellement, utilisée pour la couverture de l’album Fair Warning du groupe rock  Van Halen en 1981.

Henrique OliveiraHenrique Oliveira

Transarquitetônica, le labyrinthe géant en bois

Henrique Oliveira est un artiste brésilien, né en 1973 à Ourinhos au Brésil. Il a étudié à l’université de São Paulo, dont il est sorti diplômé en 1997. Il développe depuis 2003 des sculptures de grandes tailles sur le thème du bois et du végétal. Il est notamment connu pour ses œuvres Baitogogo, Bololô ou Transarquitetônica

Au musée des Arts contemporains de l’université de Sao Paulo, l’artiste brésilien Henrique Oliveira a créé Transarquitetônica, une installation sur 1600 m², qui remplit la pièce avec ses racines d’arbres géantes. Celles-ci sont assez considérables pour que les visiteurs puissent y pénétrer.

L’œuvre, dont l’écorce des racines est réalisée avec des déchets contreplaqués, fait le lien avec les favelas de la ville, dont les habitations sont généralement construites de cette façon.

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Dédale et Icare, par Pyotr Ivanovich Sokolov, 1749.

Dédale et Icare, par Pyotr Ivanovich Sokolov, 1749.

Ovide
Les Métamorphoses

« Dédale et Icare » (VIII, 183-235)

Cependant Dédale, que lasse un long exil, ne peut résister au désir si doux de revoir sa patrie. Mais la mer qui l’emprisonne est un obstacle à ses désirs : de la terre et de la mer Minos, dit-il, me ferme le passage, la route de l’air est libre, et c’est par là que j’irai. Que Minos étende son empire sur la terre et sur les flots, le ciel du moins n’est pas sous ses lois.

Il dit, et d’un art inconnu occupant sa pensée, il veut vaincre la nature par un prodige nouveau. Il prend des plumes qu’il assortit avec choix : il les dispose par degrés suivant leur longueur; il en forme des ailes. Telle jadis la flûte champêtre se forma, sous les doigts de Pan, en tubes inégaux. Avec le lin, Dédale attache les plumes du milieu; avec la cire, celles qui sont aux extrémités.

Il leur donne une courbure légère; elles imitent ainsi les ailes de l’oiseau. Icare est auprès de lui; ignorant qu’il prépare son malheur, tantôt en folâtrant il court après le duvet qu’emporte le Zéphyr, tantôt il amollit la cire sous ses doigts, et par ses jeux innocents, il retarde l’admirable travail de son père.

Dès qu’il est achevé, Dédale balance son corps sur ses ailes; il s’essaie, et s’élève suspendu dans les airs.

« En même temps, il enseigne à son fils cet art qu’il vient d’inventer : « Icare, lui dit-il, je t’exhorte à prendre le milieu des airs. Si tu descends trop bas, la vapeur de l’onde appesantira tes ailes; si tu voles trop haut, le soleil fondra la cire qui les retient.

Évite dans ta course ces deux dangers. Garde-toi de trop approcher de Bootès, et du char de l’Ourse, et de l’étoile d’Orion. Imite-moi, et suis la route que je vais parcourir ». Il lui donne encore d’autres conseils. Il attache à ses épaules les ailes qu’il a faites pour lui; et dans ce moment les joues du vieillard sont mouillées de larmes; il sent trembler ses mains paternelles; il embrasse son fils, hélas ! pour la dernière fois: et bientôt s’élevant dans les airs, inquiet et frémissant, il vole devant lui.

Telle une tendre mère instruit l’oiseau novice encore, le fait sortir de son nid, essaie et dirige son premier essor. Dédale exhorte Icare à le suivre; il lui montre l’usage de son art périlleux; il agite ses ailes, se détourne, et regarde les ailes de son fils.

Le pêcheur qui surprend le poisson au fer de sa ligne tremblante, le berger appuyé sur sa houlette, et le laboureur sur sa charrue, en voyant des mortels voler au-dessus de leurs têtes, s’étonnent d’un tel prodige, et les prennent pour des dieux.

Déjà ils avaient laissé à gauche Samos, consacrée à Junon; derrière eux étaient Délos et Paros. Ils se trouvaient à la droite de Lébynthos et de Calymné, en miel si fertile, lorsque le jeune Icare, devenu trop imprudent dans ce vol qui plaît à son audace, veut s’élever jusqu’au cieux, abandonne son guide, et prend plus haut son essor. Les feux du soleil amollissent la cire de ses ailes; elle fond dans les airs; il agite, mais en vain, ses bras, qui, dépouillés du plumage propice, ne le soutiennent plus.

Pâle et tremblant, il appelle son père, et tombe dans la mer, qui reçoit et conserve son nom.

Son père infortuné, qui déjà n’était plus père, s’écriait cependant : « Icare ! où es-tu ? Icare ! dans quels lieux dois-je te chercher ? » Il aperçoit le fatal plumage qui flotte sur les eaux. Alors il maudit un art trop funeste; il recueille le corps de son fils, l’ensevelit sur le rivage, et ce rivage retient aussi son nom.

 

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Le dédale…

…est à la fois un héritage de la mythologie antique et un symbole universel de la complexité humaine. Son origine la plus célèbre se trouve dans la Grèce antique, avec l’histoire de Dédale, un architecte de génie chargé par le roi Minos de concevoir un labyrinthe inextricable. Ce dernier devait enfermer le Minotaure, monstre terrifiant dissimulé au cœur de cette construction. Dès l’origine, le dédale apparaît donc comme un espace de confusion, d’enfermement et de danger.

Cependant, ce lieu n’est pas seulement un piège physique : il devient rapidement un espace de défi et d’initiation. Lorsque Thésée entre dans le labyrinthe pour affronter le Minotaure, il incarne le courage face à l’inconnu. Grâce au fil donné par Ariane, il parvient à retrouver son chemin. Ce « fil d’Ariane » est devenu une métaphore essentielle : il symbolise l’aide, la raison ou la méthode permettant de s’orienter dans une situation complexe. Ainsi, dès l’Antiquité, le dédale ne se limite pas à un espace physique, mais représente aussi une épreuve intellectuelle et morale.

Au fil du temps, le dédale dépasse le cadre du mythe pour s’inscrire dans l’histoire et la culture. On retrouve des labyrinthes dans l’architecture religieuse, notamment dans les cathédrales médiévales. Ces parcours, tracés au sol, invitaient les fidèles à une marche symbolique, assimilée à un pèlerinage spirituel. Contrairement au labyrinthe de Minos, il ne s’agissait plus de perdre celui qui s’y engage, mais de lui offrir un chemin structuré vers une forme de vérité ou de salut. Le dédale devient alors un outil de méditation et de quête intérieure.

Sur le plan symbolique, le dédale incarne la complexité de l’existence humaine. Il représente les choix, les hésitations et les détours qui jalonnent la vie. Chaque couloir peut être vu comme une décision, chaque impasse comme une erreur ou un obstacle. Cette image reflète une vision du monde où l’orientation n’est jamais évidente, où l’on avance par tâtonnements. Dans ce contexte, trouver la sortie du dédale revient à atteindre la connaissance, la sagesse ou la clarté intérieure.

Le dédale est aussi une métaphore puissante de l’esprit humain. Nos pensées, nos émotions et nos souvenirs peuvent former un véritable labyrinthe intérieur. Se perdre dans un dédale, c’est parfois se confronter à ses propres doutes ou à une crise identitaire. À l’inverse, en sortir symbolise la compréhension de soi et la maîtrise de ses peurs. Cette dimension psychologique explique pourquoi le motif du dédale est si présent dans la littérature, l’art et la philosophie.

Dans le monde contemporain, le terme conserve toute sa force évocatrice. On parle volontiers de « dédale administratif » ou de « dédale urbain » pour décrire des systèmes complexes et difficiles à naviguer. Cette utilisation montre que le symbole s’adapte aux réalités modernes : il ne désigne plus seulement un lieu, mais toute situation où l’individu se sent perdu ou dépassé.

Ainsi, le dédale unit histoire et symbolisme en une seule image riche et durable. Né d’un mythe antique, il a évolué pour devenir une représentation universelle des défis humains. Qu’il soit espace d’enfermement, parcours initiatique ou métaphore de la vie, il nous rappelle que se perdre fait souvent partie du chemin… et que trouver une issue est toujours possible, à condition de disposer de son propre « fil d’Ariane ».

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A propos Frank César LOVISOLO

Compositeur – Artiste multimédia – Ingénieur du son, actuellement chargé de cours à l’Université de Toulon depuis 2010. Compositeur de musiques actuelles. Photographie & Art numérique visuel. Vidéaste d’art.
Lien pour marque-pages : Permaliens.

9 Commentaires

  1. On s’y perdrait! 🙂

  2. Je suppose que les vents sont virtuels ? Tu me tues… =( =)

  3. Élodie de Montclair

    Ce « dédale du photographe » est bien plus qu’une exploration visuelle : c’est une partition pour l’œil, une œuvre où la photographie et la musique se répondent en écho, comme deux voix d’un même dialogue artistique. Frank Lovisolo, en véritable compositeur d’images, nous propose ici une expérience synesthésique, où chaque cliché semble chanter une note, chaque série une mélodie.

    Votre démarche rappelle ces mots de Debussy : « La musique commence là où la parole est impuissante. » Mais chez vous, c’est l’image qui prend le relais, ou plutôt, qui se marie à la musique pour créer une œuvre totale, où le spectateur-auditeur est invité à déambuler dans un labyrinthe de sensations. Le dédale n’est plus seulement un motif visuel ; il devient structure sonore, une suite de variations où chaque virage révèle une nouvelle harmonie entre le visible et l’audible.

    On pense à vos 30 Transmutations, où l’algorithme, tel un chef d’orchestre invisible, réorchestre la réalité pour en extraire des résonances insoupçonnées. Ou encore à vos Sousleaugraphies, où la photographie, dépouillée de ses couleurs, semble attendre sa bande-son pour prendre tout son sens. Votre travail, Frank, est une fugue moderne : chaque image est une entrée, chaque série une contrepointiste, et l’ensemble forme une symphonie où le silence même devient musique.

    Et puis, il y a cette obsession du détail, cette manière de capturer l’éphémère pour en faire une note éternelle. Comme si, en photographiant le monde, vous le composiez aussi ; non pas pour le figer, mais pour en révéler les vibrations cachées.

    Un projet ambitieux, poétique et profondément original, qui prouve une fois de plus que l’art, qu’il soit visuel ou sonore, est avant tout une question de rythme. Merci de nous offrir cette balade en images et en sons, où chaque pas est une découverte, et chaque regard une écoute.

    • Votre commentaire est une true perle, une de ces rares réactions qui, plutôt que de simplement effleurer l’œuvre, plonge au cœur de sa raison d’être. Vous avez saisi l’essence même de ce Dédale : cette volonté de faire dialoguer l’image et le son, non pas comme deux langages parallèles, mais comme les deux faces d’une même médaille, celle de la création comme acte de métamorphose.

      Vous évoquez Debussy, et c’est juste. Mais je pense aussi à ces alchimistes de la Renaissance qui cherchaient, dans la matière, la transmutation de l’âme. Aujourd’hui, nos outils ont changé, algorithmes, capteurs, logiciel, mais la quête reste la même : trouver, dans le réel, les portes vers l’invisible. Mes images ne sont pas des photographies au sens classique. Ce sont des partitions visuelles, des esquisses pour une musique qui n’existe pas encore, ou peut-être des captations de silences entre les notes.

      Vous parlez de fugue moderne : c’est exactement cela. Une fugue où chaque thème, la lumière, l’ombre, le grain de l’image, le bruit du monde, s’entrelace, se répond, se contredit, pour former un tout qui dépasse la somme de ses parties. Et oui, le dédale est bien une structure, mais une structure vivante, qui respire, qui vibre, qui attend que le spectateur y ajoute sa propre mélodie intérieure.

      Quant à l’obsession du détail… Disons que c’est une nécessité. Comment capturer l’éphémère sans s’y noyer ? Comment fixer l’instant sans le tuer ? La réponse, pour moi, réside dans cette tension entre rigueur et hasard — entre la précision du cadrage et l’imprévisible de l’algorithme, entre le contrôle du compositeur et l’improvisation du musicien.

      Merci, Élodie, d’avoir entendu ce que beaucoup ne font que voir. Votre regard, ou devrais-je dire, votre écoute, est un cadeau précieux.

      Et pour répondre à votre sous-entendu : oui, ces images attendent leur bande-son. Peut-être un jour les associerai-je à une composition… ou peut-être est-ce déjà fait, quelque part, dans l’esprit de ceux qui les contemplent.

      À bientôt, dans ce dédale sans fin,
      Frank

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