Sappho (Σαπφώ) : Fragments 3

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Sappho Fragments – Claire Françoise Dutheil
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Sappho sappho fragments

Extrait

Sappho (Σαπφώ) :

Elle est une poétesse Grecque qui a vécu au VIIe siècle avant J-C. à  Mytilène, sur l’île de Lesbos.
Il ne nous reste d’elle que des fragments de poèmes et des citations éparses…
Avec Françoise Claire Dutheil nous avons voulu illustrer, musicalement, quelques uns de ces fragments…
Je me demande si, de nos jours, il est de bon ton d’évoquer l’antique poétesse tribade, sans provoquer le courroux d’une bande d’indéfrichés atrabilaires !

———–

Francoise Claire Dutheil 02 sappho fragments

Françoise Claire Dutheil : Diseuse de Texte

Composition pour les fragments choisis d’une Poésie lyrique antique écrite il y a environ 2600 ans par Sappho. Percussions (Grosse caisse et cymbales), Basse, Qanun, Sax soprano, Clarinette, Karamuza, deux Synthétiseurs, dont un pour une séquence itérative, et, pour finir, diverses ambiances sonores dominées par la mer, nous sommes à Mytilène sur l’île de Lesbos, nom de Zeus, d’Aphrodite et de tout l’Olympe!

Le texte a été enregistré le 11 avril 2010.
Avec Françoise Claire Dutheil : Diseuse de Texte.
———– Cette composition est la suite inéluctable des deux précédentes sur le même thème: Sappho Fragments 1 et Sappho Fragments 2 composés, respectivement en 2009 et 2011.
Il faut parfois une période de réflexion pour la poursuite d’une œuvre! 
Et puis je ne pouvais, décemment, laisser la merveilleuse intonation de la diseuse dans le Kolpos Yieras!
Alors, derechef, nous devons franchir le temps, un saut de 2600 ans qui ne rajeunira personne!
C’est tout moi ça, il faut donc que je me sois entiché de trois dames antiques, avec l’indéniable avantage que, si j’oublie la ridicule et mercantile Saint-Valentin, il n’y aura pas une nouvelle Guerre de Troie ni 150 ans de Guerres puniques !
Sappho, Hipparchia, Hypatie d’Alexandrie, mes amours, je vous admire.
Mais, il y en a tant d’autres, m’aurait dit Judy Chicago
Quant à toi, Ô divine diseuse, j’espère de tout cœur que cette composition te plaira…

Sappho Fragments

 

Nous…
Aphrodite…
Et suaves paroles…
Puisse-t-elle lancer…
En ayant…
Fleurit…
 
De la rosée…
Chevrier… Désir… Sueur…
Rose…
Je dis…

 

Devenir…
Puisse accomplir…
Je veux…
Avoir…
Disait…
Compagne…
Lui…
Tout… Une autre…
                            Boucle…
Pars… 
                                       Au plus vite…
 
Et toi Dika, entoure de couronnes ta chevelure charmante, tressées de branche d’aneth par tes mains délicates ;
car la bien fleurie, les bienheureuses Charites, aussi, la regardent plus volontiers, tandis que de celles qui n’ont pas de couronnes elles se détournent.
 
Mnasidica est plus belle que la délicate Gyrinnô…
Reste ici…
De nouveau vers…
En fait…
En violettes Tempêtes…
Artémis… 
A qui possède…
Très riche…
Comme le vieux…
Ecouter…
A Toi qui de Zeus qui tient l’égide as obtenu…
Ô déesse de Cythère, je te prie ayant le cœur …
Écoute ma prière, si jamais tu l’as déjà fait une autre fois…
Ayant laissé…
À la suite de mon cri…
Difficile…
Nous…
Présage…
Jeunesse…
Boucles…
Etre humain…
Chagrin…
Reine…
Elle, voulant…
A nous…
Nous…
Les mains…
Insolents… qui ont trop de privilèges… les femmes de ce genre… 
«La beauté plus grande»;
Car qui est-ce qui… 
A moi le souffle du Zéphyr… à toi porté par le vent…
« Fille de la… »
Cela a été écrit contre Andromède…
Sur Andromède…
« En fait cela vaut mieux… »

 

Andromede sappho fragments

Andromède 1869 Edward Poynter

Mandel Rouge 001 sappho fragments

En savoir plus

La mort de Sappho - Gustave Moreau - 1872

La mort de Sappho – Gustave Moreau – 1872

« Il m’éblouit, il goute le bonheur des dieux cet homme qui devant toi prend place et près de toi écoute, captivé, la douceur de la voix.
Ah ! ce désir d’aimer qui passe dans ton rire. Et c’est bien pour cela qu’un spasme étreint mon cœur dans ma poitrine.
Car si je te regarde, même un instant, je ne puis plus parler.
Mais d’abord ma langue est brisée, un feu subtil soudain a couru en frisson sous ma peau, mes yeux ne me laissent plus voir, un sifflement tournoie dans mes oreilles.
Une sueur glacée couvre mon corps, et je tremble, tout entière possédée, et je suis plus verte que l’herbe.

Me voici presque morte, je crois. Mais il faut tout risquer… puisque… »

Sappho

Sappho-Fragments

Acquis en librairie: La joie de lire,
141 Boulevard de Bazeilles – 83000 TOULON

 

ODES ET FRAGMENTS : RÉSUMÉ

Née à Érèse, près de Mytilène, en l’île de Lesbos, vers 612 avant notre ère, Sapphô fait partie de l’aristocratie. Elle est contrainte à un mariage douloureux.

Elle est exilée en Sicile par le tyran Mélanchros, puis graciée par son successeur Pittacos.

De retour à Mytilène, elle dirige une académie accueillant et éduquant les jeunes filles de la noblesse.

La biographie de celle que Platon appelait «la dixième des Muses» tient donc en quelques indications approximatives, et son œuvre, réchappée des désastres du temps et de l’histoire, livre aujourd’hui à peine plus de 600 vers alors qu’elle en comptait près de 12 000.

Mais ceux qui nous sont parvenus forment désormais, sur le mode discontinu, autant d’aveux oraculaires qui portent la lumière et la force d’un feu fougueusement sacré tout entier voué à l’Amour.

Trad. du grec ancien et préfacé par Yves Battistini
Traduction revue – .Édition bilingue
Collection Poésie/Gallimard (n° 405), Gallimard
La mort de Sappho 1819 Pierre Antoine Augustin Vafflard sappho fragments

 

La mort de SapphoPierre Antoine Augustin Vafflard – 1819

Margaritis Georgios - Sappho priant Aphrodite vers 1843

Margaritis Georgios – Sappho priant Aphrodite vers 1843

Renée Vivien vers 1905

Renée Vivien vers 1905

Sapho
Traduction par Renée Vivien

Texte intégral


Sapho : Traduction nouvelle avec le texte grec, Alphonse Lemerre, éditeur, 1903 (p. i-149)

 

Le surnom de « Sapho 1900, Sapho cent pour cent » a été donné à Renée Vivien par André Billy, dans L’Époque 1900.

Les alentours de l’année 1900 connaissent une floraison d’œuvres écrites par des femmes (Renée Vivien, Colette, Anna de Noailles, Lucie Delarue-Mardrus…),

1920px Lesbian pride flag 2018.svg sappho fragments

dont plusieurs affichent leurs relations homosexuelles.

Ce phénomène met au goût du jour l’œuvre et le personnage de la poétesse Sappho.

Renée Vivien en particulier fait construire une maison à Mytilène, sur l’île de Lesbos.

Mais elle fait surtout paraître en 1903 un Sapho, dans lequel le texte grec est suivi d’une traduction en prose et des propres vers de Renée Vivien, vers dont l’atmosphère est davantage celle des Fleurs du mal de Charles Baudelaire que celle de la Grèce archaïque.

Ses vers ont toutefois une qualité poétique proche de l’original : Vivien utilise la strophe sapphique avec une grande aisance. L’ouvrage de Vivien a contribué à ancrer dans le public la réputation d’une Sappho avant tout lesbienne.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/renée-vivien

En débarquant à Mytilène

Renée Vivien

A l’heure des mains jointes

Du fond de mon passé, je retourne vers toi,
Mytilène, à travers les siècles disparates,
T’apportant ma ferveur, ma jeunesse et ma foi,
Et mon amour, ainsi qu’un présent d’aromates,
Mytilène, à travers les siècles disparates,
Du fond de mon passé, je retourne vers toi.

Je retrouve tes flots, tes oliviers, tes vignes,
Et ton azur où je me fonds et me dissous,
Tes barques, et tes monts avec leurs nobles lignes,
Tes cigales aux cris exaspérés et fous,
Sous ton azur, où je me fonds et me dissous,
Je retrouve tes flots, tes oliviers, tes vignes.

Reçois dans tes vergers un couple féminin,
Île mélodieuse et propice aux caresses,
Parmi l’asiatique odeur du lourd jasmin,
Tu n’as point oublié Psappha ni ses maîtresses,
Ile mélodieuse et propice aux caresses,
Reçois dans tes vergers un couple féminin.

Lesbos aux flancs dorés, rends-nous notre âme antique,
Ressuscite pour nous les lyres et les voix,
Et les rires anciens, et l’ancienne musique

Qui rendit si poignants les baisers d’autrefois,
Toi qui gardes l’écho des lyres et des voix,
Lesbos aux flancs dorés, rends-nous notre âme antique,

Évoque les péplos ondoyant dans le soir,
Les lueurs blondes et rousses des chevelures,
La coupe d’or et les colliers et le miroir,
Et la fleur d’hyacinthe et les faibles murmures,
Évoque la clarté des belles chevelures
Et les légers péplos qui passaient, dans le soir,

Quand, disposant leurs corps sur tes lits d’algues sèches,
Les amantes jetaient des mots las et brisés,
Tu mêlais tes odeurs de roses et de pêches
Aux longs chuchotements qui suivent les baisers,
À notre tour, jetant des mots las et brisés,
Nous disposons nos corps sur tes lits d’algues sèches,

Mythilène, parure et splendeur de la mer,
Comme elle versatile et comme elle éternelle,
Sois l’autel aujourd’hui des ivresses d’hier,
Puisque Psappha couchait avec une immortelle,
Accueille-nous avec bonté, pour l’amour d’elle,
Mytilène, parure et splendeur de la mer !

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Sappho sappho fragments

Fresque dite de “Sappho” à Pompéi Représentation d’une jeune femme tenant un stylet et des tablettes, souvent identifiée dans l’iconographie populaire à Sappho mais sans certitude historique.

Sappho de Lesbos

par Eirénè Kallistô MytilênaïaΕἰρήνη Καλλιστώ Μυτιληναία

…née vers 630 avant notre ère et morte aux environs de 570 avant J.-C., est l’une des figures les plus marquantes de la poésie grecque archaïque.

  • Originaire de l’île de Lesbos, probablement de la cité de Mytilène ou d’Érésos, elle évolue dans un contexte culturel où la poésie lyrique connaît un essor considérable. L’époque archaïque, à laquelle elle appartient, marque en effet la transition entre la poésie épique d’Homère et une poésie plus intime, centrée sur l’expérience individuelle et les émotions humaines.

  • Sappho vivait dans une société aristocratique où la culture musicale et poétique faisait partie de l’éducation des jeunes filles de bonne naissance. Selon la tradition, elle dirigeait un cercle féminin, parfois qualifié de thiasos, consacré à la déesse Aphrodite et aux Muses. Ce cercle n’était pas seulement un lieu d’éducation artistique, mais aussi un espace d’expression spirituelle et affective, où les femmes apprenaient à chanter, à jouer de la lyre et à composer des poèmes. Cette communauté féminine a souvent été interprétée, tantôt comme une école religieuse, tantôt comme un cénacle littéraire préfigurant les académies poétiques de l’Antiquité classique.

Miquel Carbonell i Selva Sappho - 1881

« La mort de Sappho » (1881)
Œuvre de Miguel Carbonell Selva intitulée The Death of Sappho.

  • Les données biographiques concernant Sappho restent toutefois fragmentaires et incertaines. Selon la Souda, une encyclopédie byzantine du Xe siècle, elle aurait eu trois frères et une fille, Cléis, à laquelle elle adresse parfois ses vers. Certains témoignages anciens mentionnent un exil en Sicile, à Syracuse, pour des raisons politiques liées aux luttes entre factions aristocratiques de Lesbos, bien que cette information demeure hypothétique. De nombreuses légendes se sont ensuite greffées sur sa figure, notamment celle de son amour malheureux pour le jeune Phonéen Phaon et de son suicide depuis la falaise du Leucade, un récit largement mythique popularisé par Ovide dans les Héroïdes.

  • L’œuvre de Sappho, écrite en dialecte éolien, fut à l’origine très abondante : les érudits alexandrins du IIIᵉ siècle avant notre ère en avaient rassemblé neuf livres. Hélas, l’immense majorité de cette production a disparu, victime du temps et de la censure morale de certaines époques. Seuls un poème complet — l’Hymne à Aphrodite — et plusieurs fragments, parfois très courts, nous sont parvenus grâce à des citations d’auteurs anciens ou à des découvertes de papyrus égyptiens. Ces fragments, bien qu’incomplets, témoignent d’un art poétique d’une intensité remarquable.

  • Sappho s’impose comme la grande voix de la poésie lyrique monodique, c’est-à-dire chantée par une seule voix avec accompagnement à la lyre. Sa poésie se distingue par la précision de l’émotion, la musicalité du langage et la richesse des images. Le sentiment amoureux en constitue le thème central, envisagé à la fois dans sa dimension divine et humaine. L’amour est célébré comme une force irrésistible, souvent associée à la déesse Aphrodite, mais aussi comme une expérience de désir, de joie et de souffrance. À travers ses poèmes, Sappho explore la complexité du sentiment amoureux, oscillant entre l’exaltation et la douleur, la présence et l’absence, la beauté et le temps qui passe.

  • L’Hymne à Aphrodite, seul texte intégralement conservé, illustre parfaitement cette tension entre ferveur religieuse et intensité personnelle. Dans ce poème, Sappho invoque la déesse pour l’aider à surmonter la douleur du désir non partagé. L’adresse directe à la divinité, l’alternance de supplication et de souvenir, ainsi que le rythme souple et musical des vers, confèrent à ce texte une force expressive exceptionnelle. Le mètre sapphique, que la poétesse aurait contribué à codifier, deviendra par la suite un modèle de référence dans la poésie latine et européenne.

  • Sappho ne se limite toutefois pas à la thématique amoureuse : ses fragments expriment également une réflexion sur la beauté, la jeunesse, la communauté féminine et la fragilité de l’existence humaine. Sa poésie accorde une place essentielle à la nature — fleurs, lumière, parfums — qui devient le miroir des émotions intérieures. L’économie du langage, la pureté du style et la densité symbolique de ses images confèrent à ses poèmes une qualité quasi musicale, fondée sur la suggestion plus que sur la narration.

  • Dès l’Antiquité, Sappho fut reconnue comme une figure majeure du génie poétique. Platon la qualifie de « dixième Muse », plaçant ainsi sa voix au même rang que celles des divinités inspiratrices de la poésie. Longin, dans son traité Du Sublime, la cite comme exemple de grandeur d’âme et de puissance expressive. Horace, en Rome, s’inspire de son mètre et de son ton pour composer ses Odes. Cependant, dès l’époque hellénistique, son image commence à se troubler : sa liberté de ton et la dimension sensuelle de sa poésie suscitent des interprétations moralisatrices, souvent déformantes, notamment autour de la question de ses relations affectives entre femmes.

  • Redécouverte à la Renaissance, Sappho devient, à partir du XVIIIᵉ siècle, une icône de la passion et du lyrisme féminin. Les romantiques la célèbrent comme l’incarnation de la poétesse inspirée et tragique, tandis que les écrivaines modernes y voient une figure d’émancipation intellectuelle et sensuelle. Au XXᵉ siècle, son œuvre suscite un renouveau d’intérêt dans les études littéraires, féministes et queer, qui y reconnaissent une des premières voix féminines autonomes de l’histoire occidentale.

  • Aujourd’hui encore, malgré la perte de la majeure partie de son œuvre, Sappho demeure une référence incontournable de la littérature universelle. Sa poésie, fragile et fragmentaire, témoigne de la capacité de la langue à exprimer la profondeur du sentiment humain. Elle incarne à la fois la naissance du lyrisme, la force de la subjectivité féminine et la survivance de la beauté à travers les siècles. Par son art, Sappho a donné à la parole poétique une dimension nouvelle : celle de la voix intime, qui traverse le temps pour rejoindre l’universel. 

Eirene Kallisto sappho fragments  Εἰρήνη Καλλιστώ Μυτιληναία – Eirênê Kallistô Mytilênaïa

« Eirénè Kallistô de Mytilène »

… est née en 1971 à Mytilène, sur l’île de Lesbos — du moins, c’est ce qu’elle affirme, et personne n’a encore réussi à vérifier quoi que ce soit la concernant, ce qui, convenons-en, est déjà un début de portrait.

Son père, professeur de grec ancien, lui lisait Sappho à voix haute avant même qu’elle sache déchiffrer l’alphabet. Sa mère, bibliothécaire, collectionnait les éditions critiques des lyriques Grecs archaïques comme d’autres collectionnent des coquillages. Ces deux personnages charmants n’existent, eux non plus, nulle part ailleurs que dans la présente notice.

Après des études de lettres classiques à l’Université d’Athènes, dont les archives ne conservent aucune trace de son passage, ce qui s’explique aisément, puis un doctorat à la Sorbonne sur « La construction du féminin dans la poésie lyrique monodique grecque », thèse introuvable sur HAL, ce qui est en soi remarquable, elle rejoint le département de philologie hellénique de l’Université de Thessalonique, où elle enseigne depuis vingt ans sans qu’aucun étudiant ne se souvienne précisément de l’avoir vue en chair et en os.

Spécialiste mondiale des fragments saphiques, elle a participé à l’édition critique du Papyrus de Cologne et au déchiffrement de nouveaux fragments découverts en Égypte. Elle est membre de la Société Internationale d’Études sur Sappho et Alcée, dont elle a assuré la présidence de 2015 à 2019, période durant laquelle les réunions se tenaient exclusivement en visioconférence ; ce que les autres membres trouvaient « très moderne » et qu’ils attribuaient à ses « nombreux déplacements ».

Polyglotte accomplie, elle lit et écrit en grec moderne, grec ancien, français, italien et anglais, elle a choisi de rédiger cette biographie en français par admiration pour la tradition française des hellénistes, de Marie Delcourt à Jean Irigoin, et parce que, dit-elle, « le français ressemble au grec en ceci qu’il n’autorise pas la laideur ». Cette citation circule beaucoup sur internet ; son autrice, moins.
Elle retourne chaque été à Lesbos pour y diriger un séminaire en plein air sur le littoral de Mytilène. Les participants témoignent unanimement d’une expérience intellectuelle inoubliable. Aucun n’est capable de décrire son visage avec précision.

Elle vit entre Thessalonique et Paris, possède trois chats prénommés Αφροδίτη, Μνημοσύνη et Πειθώ, Aphrodite, Mnémosyne et Peithô, la Persuasion, et n’a aucun compte sur les réseaux sociaux, ce qui, à bien y réfléchir, constitue la seule vérité pleinement vérifiable de cette notice.
Son adresse courriel institutionnelle renvoie vers une page d’erreur 404.
Sa page personnelle sur le site de l’université de Thessalonique affiche : « En cours de mise à jour depuis 2019. »

Elle existe, en revanche, pleinement et sans aucun doute, dans le métavers — où elle donne des conférences à des avatars en toge, dans un amphithéâtre virtuel surplombant une mer Égée en pixels, par temps toujours clément.


« Traduire Sappho, c’est apprendre à se taire au bon endroit. » — E. K. Mytilênaïa, préface à l’édition bilingue des Fragments, Éditions de l’Écart, Paris, 2018. (Ouvrage introuvable en librairie. Normal.)


Notice rédigée par l’autrice elle-même, ce qui explique tout.

Étymologie du nom

Εἰρήνη (Eirênê) — « la Paix », nom porté par la déesse de la paix et de la saison des moissons
Καλλιστώ (Kallistô) — « la plus belle », épithète d’Artémis et de la nymphe métamorphosée en ourse par Zeus
Μυτιληναία — « de Mytilène », la cité même où vécut Sappho

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2 Commentaires

  1. Très beau travail, approfondi, historiquement, musicalement avec une diseuse qui vibre; merci

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