Errance au Salin de Giraud avec Luce Monier

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à l’écoute :
ComGris

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Le Jardin de Luce

J’ai eu beaucoup de chance…

Cette visite, dans ce lieu hors du temps, n’aurait pas été possible sans la présence d’une amie.

Avec Luce, nous nous étions pas revu depuis très longtemps. C’est là, et il est bon de le préciser, la force positive des réseaux sociaux. 
Luce navigue entre Arles, Marseille et Salin de Giraud. Dans ce village pittoresque elle a la chance d’avoir une maison, dont la façade mesure sept mètres !

Une Façade de 7 métres ! Ce n’est pas sans raison que je donne cette mesure. 
Il est question dans ce village d’une citée ouvrière qui s’apparente à un coron, pour une mine certes, mais à sel ouvert. Il y eut beaucoup de migrants qui virent travailler ici. Les conditions étaient difficiles.

salinegliseLes Grecs ont construit une église Orthodoxe ( COMMUNAUTÉ ORTHODOXE FRANCO HELLÉNIQUE de SALIN DE GIRAUD et de ses environs ).

Salin-de-Giraud a été créé en 1856 lors de l’implantation de la société Henry Merle, chargée de fournir le sel pour l’usine chimique de Salindres, près d’Alès (Gard), qui produisait de la soude ou carbonate de sodiumHenry Merle (dont le site passera ensuite sous le contrôle de Péchiney puis des Salins du Midi), a été rejoint par le chimiste belge Ernest Solvay, qui a fondé au même endroit un second site industriel en 1895, destiné à utiliser le sel ainsi récolté pour fabriquer du carbonate de soude suivant son procédé mis au point en 1863.

Après un café salvateur, nous nous mîmes en route pour le territoire des flamants indubitablement roses !

salin de giraudC’est en peu un choc… Un voyage interstellaire, spécial, sommes-nous toujours en Provence ou avons-nous atterri sur une autre planète ? Je jette un œil à notre véhicule, et me dis que malgré toute sa bonne volonté de bonbon roulant il me semble peu enclin aux sauts spatiaux temporels !

Un autre paysage de Provence, il y en a tant.

Un panorama où l’horizon se perd dans le sel, entre sel et terre…

salin de giraudC’est blanc, gris, bleu, vert, rose, ocre. En tous lieux, des bâtiments utiles à la récolte du chlorure de sodium, mais aussi quelques casemates construites par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, à croire qu’ils protégeaient cet ingrédient pour leurs charcuteries, ceux qui étaient là n’étaient, certainement, pas des touristes avec sandales et chaussettes! 

Les ruines de l’ancien sémaphore sont les marques du temps, cette temporalité qui transforme ce paysage modelé par le vent, la mer et les hommes. Un Amer de pierres ocres sur le sel et le sable, posé là et qui se souvient de ce qui fut.

Saisir les paysages dans un tel lieu est toujours déroutant… Il y a trop à voir, la concentration sur un sujet est difficile.

Il me semble qu’une seconde visite sera nécessaire pour comprendre cet endroit.

Là, je n’ai pu qu’en appréhender l’histoire.

Luce Monier :  mon guide

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Fleuriste d’art, photographe, jardinière en Provence, artisane des métiers d’art. Œuvres végétales.

Je photographie. Pendant ce temps, mon guide récolte, ramasse, cueille, moissonne, glane. 

Des herbes et d’autres plantes dont je ne connais pas le nom, des fleurs sauvages, un avion d’enfant, une plaque de cuivre certainement issue d’un naufrage, du bois flotté, des plumes roses perdues par un flamand malchanceux, des plumes blanches d’un cygne royal gisant sur le chemin tel une charogne Baudelairienne.

Elle photographie aussi car elle est photographe…

Luce Monier

Plus tard, quand elle aura trié et nettoyé ce que la nature a fini d’utiliser, elle élaborera de somptueuses compositions florales. Une nouvelle existence…

Durant ce voyage, nous relatons nos histoires, il y a si longtemps que nous ne nous étions pas vus et il y a tant à raconter. Nous remémorons les souvenirs communs Jeanne, la Famille Michaud, les Mayons. Nous évoquons nos vies et leurs complexités.
Nous partageons la beauté du lieu jusqu’à la mer où elle plongera longuement avant d’aller vers ces vestiges naturels que sont les bois flottés qui alourdiront encore plus son automobile.

Luce MonierNous roulons jusqu’aux eaux roses jouxtées de cristaux de sel. C’est un spectacle prodigieux, dû à l’algue Dunaliella Salina.

Pline l’Ancien mentionne la flos salis comme étant le meilleur type de fleur de sel qui produit une sorte d’huile, qui, aussi surprenant que cela puisse paraître, de la graisse même dans le sel… une sorte de rouille de sel. L’indication de la couleur laisse penser qu’il s’agit d’une fleur de sel contenant Dunaliella salina.

Pline ajoute que dans des récipients, la blancheur peut être vue à la surface alors que l’intérieur est humide. Une bouillie de glycérol et de saumure saturée est susceptible de déposer une couche de sel sur le récipient lorsque l’eau s’évapore. 

Flos salis était très répandue dans l’industrie du parfum de la Rome antique. D’après Pline, c’était en partie à cause de la couleur mais le glycérol qui agissait en tant que solvant, était encore plus intéressant pour les parfumeries.

Puis il faut bien revenir à l’existence “normale”, s’il en est une. La visite doit s’arrêter…

C’est un peu douloureux et brutal ce retour à la réalité.

Toutefois, j’espère y retourner, mais en hiver, sous une autre lumière…

Quant à Luce,  je ne saurai que trop vous conseiller d’aller voir ces Œuvres Végétales

 
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2 Commentaires

  1. Superbe reportage avec musique pendant le défilement des photos que je vais partager à quelques amis
    par contre n’étant ni sur instagram et face de bouc, pas accès à Luce Monier
    au temps de ma pratique intensive de la planche à poil, je me tanquais avec le camping-car, plage napoléon, côté Rhône, assez en amont et traversais le rhône et arrivais pile à poil de l’autre côté à l’embouchure, entraîné par le courant
    plage sans dégun côté salins de giraud sauf quelques pêcheurs avec camions tout terrain
    je faisais du naturisme, tranquille, seul, me roulant dans les rouleaux, allais jusqu’à Beauduc parfois
    bref, le temps des folies grossières
    bel été
    je veux bien être du prochain reportage
    [carte]

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