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Suggestion d’écoute :
The Headlong Rush |
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![]() Gustave Flaubert par Nadar Flaubert et Toulon :– Gustave Flaubert a fait trois séjours à Toulon : les deux premiers en 1840, le troisième en 1845. Les deux premiers de ces séjours eurent lieu à l’occasion du premier grand voyage effectué par Flaubert qui se déroula du 22 août au 1er novembre 1840, en récompense de sa réussite au baccalauréat. C’est un écrivain français né à Rouen le et mort à Croisset, lieu-dit de la commune de Canteleu, le . Prosateur de premier plan de la seconde moitié du xixe siècle, Gustave Flaubert a marqué la littérature universelle par la profondeur de ses analyses psychologiques, son souci de réalisme, son regard lucide sur les comportements des individus et de la société, et par la force de son style dans de grands romans comme Madame Bovary (1857), Salammbô (1862), L’Éducation sentimentale (1869), ou le recueil de nouvelles Trois contes (1877). [ La suite>>>>> ] |
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![]() Rade de Toulon vers 1830-1840 – École française du XIXe siècle « La rade de Toulon est belle à voir, surtout quand, sorti des gorges d’Ollioules, on la voit qui s’étend tout au loin dans son rayon de trois lieues de circuit, avec les mâts de tous ses vaisseaux, ses bricks, ses frégates, toutes ces voiles blanches qu’on hisse et qu’on abaisse. À droite, on a le fort Napoléon, au fond le fort Pharon. C’est par ce dernier que les républicains ont d’abord tenté le siège de la ville, qu’ils n’auraient jamais pu prendre sans le conseil de Bonaparte, qui affirma que tant que l’on ne serait pas maître de la rade, tous les efforts seraient inutiles et qu’une fois la rade prise Toulon n’offrirait plus aucune défense. L’attaque commença donc sur le point appelé le petit Gibraltar, qui domine toute la mer et la ville elle-même qu’elle protège de ce côté. » Gustave Flaubert |
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![]() Carte de 1840 de Toulon A propos d’un jardin avait été créé en 1786 par la Marine jouxtant l’hôpital de la Charité: aujourd’hui l’ancien emplacement de l’hôpital de Chalucet. – « …il y a là des roseaux de l’Inde à forme étrange, et des bananiers, des agavés, des myrtes encore, des cactus, toutes ces belles plantes des contrées inconnues, sous lesquelles les tigres bondissent, les serpents s’enroulent, où les oiseaux bigarrés perchent et se mettent à chanter. Il me semble que cela doit leur amollir le cœur de vivre toujours avec ces plantes, avec ce silence, cet ombrage, toutes ces feuilles petites et grandes, ces petits bassins qui murmurent, ces jets d’eau qui arrosent ; Il fait frais sous les arbres et chaud au soleil, le vent agite le branchage sur le treillis, Il y a du jasmin qui embaume, des chèvrefeuilles, des fleurs dont je ne sais pas le nom, mais qui font qu’en les respirant on se sent le cœur faible et tout prêt à aimer ; des nénuphars sont étendus dans les sources, avec des roseaux qui s’épanchent de tous côtés. Le vent avait renversé les arbustes et il agitait les palmiers dont le faîte murmurait, deux palmiers, de ceux qu’on appelle rois ; ils sont au bout du jardin, et si beaux que j’ai compris alors que Xerxès en eût été amoureux et, comme à une maîtresse, ait passé à un d’eux autour du cou des anneaux et des colliers. Les rameaux du haut retombaient en gerbes avec des courbes douces et molles, ce mistral qui soufflait en haut les poussait les unes sur les autres en leur faisant faire un bruit qui n’est point de nos pays, le tronc restait calme et Immobile, comme une femme dont les cheveux seuls remuent au vent. Un palmier pour nous c’est toute l’Inde, tout l’Orient ; sous le palmier l’éléphant paré d’or bondit et balance au son des tambourins, la bayadère danse sous son ombrage, l’encens fume et monte dans ses rameaux pendant que le brahme assis chante les louanges de Brahma et des Dieux » |
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Et d’un théâtre de rue : – « À Toulon, j’ai revu, au coin d’une rue, encore un de ces drames, mais cette fois en français ; la scène était plus simple : un nain fort laid causait avec une grande fille assez jolie et exerçait sa verve sur les riches et les gens d’esprit, ce qui faisait rire les pauvres et les sots. Pour un homme intelligent qui saurait le provençal ou qui voudrait l’apprendre, ce serait une chose à étudier que ces derniers restes du théâtre roman, où l’on retrouverait peut-être tout à la fois des romanceros espagnols, des canzones des troubadours, des atellanes latines et de la farce italienne du temps de Scaramouche, quand Molière y prit son Médecin barbouillé » |
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En relisant cet article, je retrouve ce qui m’anime depuis toujours : le refus de séparer les disciplines. Photographie, littérature, histoire de l’art, tout se touche, tout se répond. Et Toulon, ma ville, méritait bien qu’on lui consacre cette attention plurielle. Je suis assez satisfait d’avoir exhumé ces textes de Flaubert sur la rade et le jardin botanique : peu de Toulonnais savent que l’auteur de Madame Bovary a séjourné ici et en a laissé des pages d’une sensualité remarquable, peuplées de palmiers, de jasmin et de théâtre de rue provençal. Ce travail de mise en valeur du patrimoine littéraire local me semble utile et sincère. La galerie photographique qui accompagne l’article illustre fidèlement ce que j’entends par pleinairisme appliqué à la photographie : capter la lumière méditerranéenne dans son immédiateté, sans filet. Je reconnais cependant que le lien entre mes images et les extraits flaubertiens aurait pu être rendu plus explicite — montrer en quoi telle photographie dialogue avec telle description, plutôt que de laisser le lecteur tisser seul ces fils. C’est une piste d’amélioration que je retiens pour les prochains articles. La définition du pleinairisme est peut-être un peu formelle, mais elle a le mérite d’ancrer le propos dans une histoire de l’art rigoureuse, et de rappeler que cette pratique n’est pas un simple prétexte romantique, mais une véritable révolution dans la manière de représenter le monde. Au fond, cet article ressemble à une promenade : on y entre par la photographie, on s’y attarde avec Flaubert, et l’on en ressort avec une vision un peu plus riche de Toulon. C’est exactement ce que je voulais faire. FCL 3 mai 2026 |
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Le pleinairisme :
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