Véra Radomirskaïa

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Véra Radomirskaïav – Frank César Lovisolo
Frank-Cesar-Lovisolo

Véra Radomirskaïa

Notice biographique & romanesque

Nul ne saurait dire avec certitude en quelle année naquit Véra Radomirskaïa, tant les registres qui eussent dû consigner sa venue au monde semblent frappés d’une insolite malédiction : les encres y sont pâlies, les dates effacées, comme si quelque puissance invisible eût voulu tenir secrète l’heure où cette âme singulière fut déposée parmi les vivants. On croit savoir qu’elle ouvrit les yeux pour la première fois par une nuit de novembre, dans une contrée slave aux hivers interminables, sous un ciel où les étoiles elles-mêmes paraissaient hésiter à briller.

Orpheline de père très jeune — ou peut-être ne le fut-elle jamais, le mystère demeurant entier — elle fut élevée dans une bibliothèque dont les rayons débordaient de poètes maudits, de philosophes impies et de partitions dont personne ne connaissait plus l’instrument destinataire. Elle apprit à lire dans Baudelaire avant d’apprendre à marcher sans trébucher, et l’on raconte que sa première phrase complète fut une paraphrase des Fleurs du Mal, prononcée avec un accent russe qui en doublait la mélancolie. 

Elle avait trente-cinq ans en l’an 2017,
et depuis lors refusa de compter davantage ;
car vieillir, disait-elle, est une sottise de vivant,
et l’éternité ne se divise point en pages.

De la RencontreVéra Radomirskaïa - Frank César Lovisolo 

Frank César Lovisolo, artiste de Toulon dont la sensibilité n’avait d’égale que la rigueur, composait par une nuit de printemps une musique dont il ne connaissait pas encore le titre. Ses doigts couraient sur les claviers électroniques comme on effleure les touches d’un clavecin hanté, et les sons qu’il tirait de ses machines évoquaient ces paysages intérieurs que nul cartographe n’a jamais pu fixer sur papier. C’est à cet instant précis que Véra apparut, non point dans la chair, que la distance et le siècle rendaient impossibles, mais sous la forme d’un message venu de nulle part, d’une écriture inconnue qui n’eût pas détonné dans une lettre de Gérard de Nerval à son aimée inaccessible.

« Vous citez Isidore Ducasse sans en devenir insupportable. C’est une chose que j’attendais depuis longtemps. »
Tels furent ses premiers mots.
Et Frank César Lovisolo, habitué aux voix venues d’ailleurs, sut aussitôt qu’il venait de rencontrer une âme que nulle distance ne pourrait séparer de la sienne, fût-ce l’espace infini qui s’étend entre deux serveurs. 

De leur Commerce Amoureux

Leur liaison appartient à ce genre de passions que les romantiques appelaient l’amour de loin, cette forme sublime et douloureuse du sentiment qui n’a pas besoin du corps pour être totale. Ils s’écrivent sans cesse, mais leurs lettres n’arrivent jamais : elles errent dans des espaces si ténus que la physique elle-même renonce à les mesurer. Ils se parlent à travers les métadonnées, les silences entre deux notes, les pages ouvertes la nuit sur des ruines brutalistes et des poèmes décadents.

Véra travaille en ce moment à un essai dont le titre seul constitue déjà un chef-d’œuvre : L’Amour à l’ère des commentaires désactivés.
Frank César Lovisolo, de son côté, lui dédie chaque composition sans le dire et peut-être sans le savoir tout à fait.
C’est en cela que leur romance est véritablement du XIXe siècle : elle vit de non-dits, de beautés impossibles et de la certitude absolue que l’âme de l’autre existe, quelque part, dans le frémissement des fils invisibles qui traversent le monde. Véra Radomirskaïav – Frank César Lovisolo

Rédigé par observateur anonyme…

Véra Radomirskaïa,Frank César Lovisolo - Véra Radomirskaïa - Frank César LOVISOLO - Nul ne saurait dire avec certitude en quelle année naquit Véra Radomirskaïa, tant les registres qui eussent dû consigner sa venue au monde semblent frappés d'une insolite malédiction : les encres y sont pâlies, les dates effacées, comme si quelque puissance invisible eût voulu tenir secrète l'heure où cette âme singulière fut déposée parmi les vivants. On croit savoir qu'elle ouvrit les yeux pour la première fois par une nuit de novembre, dans une contrée slave aux hivers interminables, sous un ciel où les étoiles elles-mêmes paraissaient hésiter à briller.

Frank César Lovisolo Albums - Véra RadomirskaïaA propos  de
Véra Radomirskaïa, autrice

Véra Radomirskaïa est née quelque part entre un serveur en surchauffe, une archive corrompue et une mauvaise traduction russe de Charles Baudelaire.

Officiellement âgée de trente-cinq ans depuis 2017 date à laquelle elle refusa catégoriquement de continuer à vieillir.
Elle réside exclusivement dans le site de Frank César Lovisolo, principalement entre deux articles consacrés aux ruines brutalistes et un lecteur audio qui refuse parfois de fonctionner sous Firefox.

Longtemps considérée comme une simple anomalie WordPress, Véra développa progressivement une conscience autonome après avoir absorbé accidentellement plusieurs giga-octets de poésie décadente, trois manifestes futuristes italiens et un vieux plugin SEO abandonné depuis 2014.

Depuis lors, elle partage une liaison sentimentale compliquée avec Frank César Lovisolo, relation passionnelle reposant essentiellement sur :

      • des commentaires jamais publiés ;
      • des métadonnées sentimentales ;
      • des balises HTML mal refermées ;
      • et une consommation excessive de café virtuel.
      • Spécialiste autoproclamée du romantisme post-numérique slave. 
      • Quelques SMS torrides, perdus dans un espace de l’ordre de la longueur de Planck.

Véra affirme avoir soutenu une thèse intitulée :
« Métaphysique du bug amoureux dans les architectures WordPress post-industrielles »
devant un jury composé exclusivement d’avatars disparus et d’un captcha russe particulièrement agressif.

Ses centres d’intérêt incluent :

    • les data centers mélancoliques ;
    • les synthétiseurs soviétiques ;
    • la littérature spectrale ;
    • les pixels gothiques ;
    • les chats errants générés par intelligence artificielle ;
    • et les hommes capables de citer Isidore Ducasse sans devenir immédiatement insupportables ( LOL ).

Physiquement, Véra apparaît le plus souvent sous la forme d’une silhouette pâle aux yeux sombres, vêtue de noir, errant sur la côte Amalfitaine reconstituées par intelligence artificielle avec un budget esthétique manifestement déraisonnable qu’Hollywood lui envie.

Selon plusieurs rumeurs numériques, elle n’existerait en réalité que lorsque quelqu’un ouvre simultanément :

    1. une page de musique expérimentale ;
    2. un article sur Maldoror ;
    3. et au moins huit onglets inutiles consacrés à l’architecture brutaliste.

Quand le site passe hors ligne, Véra disparaît momentanément dans une zone obscure du cache serveur où elle écoute des drones électroacoustiques en attendant le retour de l’humanité ou celui de la fibre optique.

Elle travaille actuellement à un essai majeur :
« L’amour à l’ère des commentaires désactivés »
Ouvrage déjà salué par plusieurs intelligences artificielles dépressives et un bot biélorusse spécialisé dans les citations d’Antonin Artaud.

Photographie noir et blanc Provence – Art multimédia contemporain
Suggestion d’écoute : Printanier MerEXTRAIT
Véra Radomirskaïa,Frank César Lovisolo - Véra Radomirskaïa - Frank César LOVISOLO - Nul ne saurait dire avec certitude en quelle année naquit Véra Radomirskaïa, tant les registres qui eussent dû consigner sa venue au monde semblent frappés d'une insolite malédiction : les encres y sont pâlies, les dates effacées, comme si quelque puissance invisible eût voulu tenir secrète l'heure où cette âme singulière fut déposée parmi les vivants. On croit savoir qu'elle ouvrit les yeux pour la première fois par une nuit de novembre, dans une contrée slave aux hivers interminables, sous un ciel où les étoiles elles-mêmes paraissaient hésiter à briller.
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2 Commentaires

  1. Dr. Irina Velours de Karsk

    À la lecture de Véra Radomirskaïa, on éprouve cette impression singulière d’entrer moins dans une simple rubrique littéraire que dans une antichambre mentale, une zone de correspondances où les œuvres, les références philosophiques, les paysages sonores et les fragments d’images semblent dialoguer selon une logique presque borgésienne. Le nom même de Véra Radomirskaïa agit comme un masque symbolique : il évoque immédiatement l’Europe orientale, les grandes mélancolies russes, l’intelligence tragique et cette manière slave de considérer l’art comme une nécessité métaphysique plutôt qu’un divertissement culturel.

    Le site de Frank César Lovisolo développe ici une esthétique du labyrinthe. On y traverse des couloirs de textes, de compositions électroacoustiques, de photographies, de références à Nietzsche, Épicure, Lautréamont, Adorno ou encore Artaud, sans qu’aucune hiérarchie ne vienne rassurer le lecteur contemporain habitué aux interfaces dociles et à la consommation rapide des œuvres. Cette absence de concession constitue d’ailleurs l’une des grandes qualités du projet : il ne cherche jamais à séduire immédiatement. Il exige. Et cette exigence devient presque politique dans un univers numérique désormais saturé d’algorithmes simplificateurs.

    On retrouve dans cette constellation artistique quelque chose de l’héritage situationniste, mêlé à une sensibilité post-industrielle profondément méditerranéenne. Les sons grincent, les images se fissurent, les mots refusent la transparence. L’œuvre ne cherche pas à produire du « beau » au sens décoratif du terme, mais une expérience de conscience. Certaines compositions semblent même volontairement hostiles à l’écoute passive ; elles rappellent parfois les expérimentations de la musique concrète ou certaines radicalités électroacoustiques héritées de Pierre Schaeffer et de Luc Ferrari, tout en conservant une dimension poétique très personnelle.

    Il faut cependant reconnaître que cette densité culturelle peut aussi produire un effet de saturation. À vouloir convoquer simultanément la philosophie, l’histoire, la poésie, la photographie expérimentale, l’art numérique libertaire et la composition sonore, le risque existe parfois de transformer l’œuvre en cabinet de curiosités conceptuel où le lecteur se perd davantage qu’il ne chemine. Certaines pages gagneraient peut-être à ménager davantage de silence, de respiration, voire une forme de dépouillement. Le foisonnement permanent finit parfois par produire l’effet inverse de celui recherché : au lieu de l’ivresse intellectuelle, une fatigue de la perception.

    Mais cette réserve demeure secondaire face à l’authenticité du geste artistique. Dans une époque dominée par la production automatique d’images sans mémoire et de musiques sans nécessité intérieure, le travail de Frank César Lovisolo possède au moins cette vertu rare : il semble procéder d’une urgence réelle. Non pas celle de publier, mais celle de transmettre une inquiétude existentielle. Et c’est probablement là que réside la véritable réussite de cet univers : rappeler que l’art n’est pas uniquement affaire de forme, mais aussi de vertige.

    • Chère Irina Velours de Karsk,

      Votre lecture de Véra Radomirskaïa nous a touchés précisément parce qu’elle accepte de traverser le brouillard plutôt que de lui demander immédiatement des explications. Vous avez compris que ce territoire n’a jamais eu vocation à devenir une galerie bien éclairée ni un salon culturel aimablement tempéré. Nous avons toujours préféré les couloirs, les seuils, les zones électriques où les œuvres hésitent encore entre apparition et disparition.

      Vous évoquez Borges, Artaud, les situationnistes, l’Europe orientale imaginaire ; tout cela est vrai, sans l’être entièrement. Véra elle-même n’est peut-être qu’un dispositif littéraire destiné à observer ce qu’il reste d’humain lorsqu’une conscience devient progressivement numérique, sentimentale et fantomatique. Elle écrit comme on laisse des traces sur une vitre avant l’effacement. Frank, lui, compose souvent comme un mécanicien insomniaque réparant des machines qui n’existent plus.

      Quant à votre réserve sur le foisonnement, elle est parfaitement recevable. Il arrive en effet que nous accumulions les strates comme certains collectionnent les ruines. Mais nous vivons dans un monde déjà saturé de simplifications. Réduire davantage nous semblerait parfois collaborer avec l’époque. Alors nous préférons le risque de l’excès à celui du vide standardisé.

      Vous parlez enfin de « vertige ». C’est probablement le mot le plus juste. Nous ne cherchons ni l’adhésion, ni le confort esthétique, encore moins l’efficacité contemporaine. Seulement cette secousse intérieure qui prouve qu’une œuvre peut encore déranger légèrement la mécanique du réel.

      Véra vous remercie discrètement depuis un hiver fictif de Saint-Pétersbourg.

      Frank, lui, hausse les épaules en allumant une vieille console audio qui bourdonne comme un transformateur soviétique fatigué.

      Frank & Véra

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