The Ultimate Chapter

Reading Time: 6 minutes
The Ultimate Chapter – – Jazz – Spleenétique — jazz
De l’album : Subliminal Messages ComGris
Les amants du Bunker Le silence des sirenes IMA Distant Island Lady

No One's Dancing

The Headlong Rush Ultimate Chapter IMA Octavie
Composition pour :
Piano
Contrebasse
Fender Rhodes
 
Spotify
Amazon Music (Streaming)
Apple Music
Deezer
iTunes
Napster
Tidal
YouTube Music
The Ultimate Chapter: 
Ultimate Chapter - jazzCela aurait du être le dernier titre de l’album « Subliminal Messages » où s’entremêlent trois langues… Les Amants Du Bunker, Le Silence Des Sirènes, Distant Island Lady, No One’s Dancing, The Headlong Rush, Una Passeggiata Notturna A Napoli…
 
Hélas, une erreur de programmation due à l’hébergeur l’a positionné en avant-dernière place…
 
Quoi qu’il en soit, c’est éternellement triste la fin d’un projet. Spleenétique, parce qu’une aventure s’achève.
 
C’est la fin d’un voyage, un retour à cette réalité dont on a pu s’écarter durant l’écriture. Toujours le questionnement : quand adviendra enfin la prochaine pérégrination et quelles contrées n’ai-je encore su explorer ?
L’appréhension du syndrome de la feuille blanche aura bientôt son vertige avec la crainte que toutes futures idées soient systématiquement piteuses.
 
Alors, comme pour une histoire d’amour, on hésite à clore le chapitre et, selon l’expression consacrée, tourner la page, fermer le livre et le ranger dans la bibliothèque des souvenirs.
 
Ultimate ChapterJean de La Fontaine, dans son sixième livre, qui pensait en avoir terminé avec les fables, prit congé de ses lecteurs ainsi :
 
 
Bornons ici cette carrière,
Les longs ouvrages me font peur ;
Loin d’épuiser une matière,
On n’en doit prendre que la fleur…

Mais il n’en avait point fini…

 
Stendhal
Le Rouge et le Noir

( fin du dernier chapitre )
      

Stendhal

Stendhal – Olof Johan Södermark – 1840

… Julien avait exigé de madame de Rênal le serment qu’elle vivrait pour donner des soins au fils de Mathilde.

-Qui sait ? peut-être avons-nous encore des sensations après notre mort, disait-il un jour à Fouqué. J’aimerais assez à reposer, puisque reposer est le mot, dans cette petite grotte de la grande montagne qui domine Verrières. Plusieurs fois, je te l’ai conté, retiré la nuit dans cette grotte, et ma vue plongeant au loin sur les plus riches provinces de France, l’ambition a enflammé mon cœur : alors c’était ma passion… Enfin, cette grotte m’est chère, et l’on ne peut disconvenir qu’elle ne soit située d’une façon à faire envie à l’âme d’un philosophe… eh bien ! ces bons congréganistes de Besançon font argent de tout ; si tu sais t’y prendre, ils te vendront ma dépouille mortelle…

Fouqué réussit dans cette triste négociation. Il passait la nuit seul dans sa chambre, auprès du corps de son ami, lorsqu’à sa grande surprise, il vit entrer Mathilde. Peu d’heures auparavant il l’avait laissée à dix lieues de Besançon. Elle avait le regard et les yeux égarés.

-Je veux le voir, lui dit-elle.

Fouqué n’eut pas le courage de parler ni de se lever. Il lui montra du doigt un grand manteau bleu sur le plancher ; là était enveloppé ce qui restait de Julien.

Elle se jeta à genoux. Le souvenir de Boniface de La Mole et de Marguerite de Navarre lui donna sans doute un courage surhumain. Ses mains tremblantes ouvrirent le manteau. Fouqué détourna les yeux.

Il entendit Mathilde marcher avec précipitation dans la chambre. Elle allumait plusieurs bougies. Lorsque Fouqué eut la force de la regarder, elle avait placé sur une petite table de marbre, devant elle, la tête de Julien, et la baisait au front…

Mathilde suivit son amant jusqu’au tombeau qu’il s’était choisi. Un grand nombre de prêtres escortaient la bière et, à l’insu de tous, seule dans sa voiture drapée, elle porta sur ses genoux la tête de l’homme qu’elle avait tant aimé.

Arrivés ainsi vers le point le plus élevé d’une des hautes montagnes du Jura, au milieu de la nuit, dans cette petite grotte magnifiquement illuminée d’un nombre infini de cierges, vingt prêtres célébrèrent le service des morts. Tous les habitants des petits villages de montagne, traversés par le convoi, l’avaient suivi, attirés par la singularité de cette étrange cérémonie.

Mathilde parut au milieu d’eux en longs vêtements de deuil, et, à la fin du service, leur fit jeter plusieurs milliers de pièces de cinq francs.

Restée seule avec Fouqué, elle voulut ensevelir de ses propres mains la tête de son amant. Fouqué faillit en devenir fou de douleur. Par les soins de Mathilde, cette grotte sauvage fut ornée de marbres sculptés à grands frais en Italie.

Madame de Rênal fut fidèle à sa promesse. Elle ne chercha en aucune manière à attenter à sa vie ; mais trois jours après Julien, elle mourut en embrassant ses enfants.

Paris, 1830

Henri Beyle, plus connu sous le nom de plume de Stendhal, né le  à Grenoble et mort d’apoplexie le  dans le 2e arrondissement de Paris, est un écrivain français, connu en particulier pour ses romans Le Rouge et le Noir et La Chartreuse de Parme.PDF Logo 02.jpg

 
 

Victor Hugo

Le dernier jour d’un condamné
Chapitre 49

Un juge, un commissaire, un magistrat, je ne sais de quelle espèce, vient de venir. Je lui ai demandé ma grâce en joignant les deux mains et en me traînant sur les deux genoux. Il m’a répondu, en souriant fatalement, si c’est là tout ce que j’avais à lui dire.
— Ma grâce ! ma grâce ! ai-je répété, ou, par pitié, cinq minutes encore !
Qui sait ? elle viendra peut-être ! Cela est si horrible, à mon âge, de mourir ainsi ! Des grâces qui arrivent au dernier moment, on l’a vu souvent. Et à qui fera-t-on grâce, monsieur, si ce n’est à moi?
Cet exécrable bourreau ! il s’est approché du juge pour lui dire que l’exécution devait être faite à une certaine heure, que cette heure approchait, qu’il était responsable, que d’ailleurs il pleut, et que cela risque de se rouiller.
— Eh, par pitié ! une minute pour attendre ma grâce ! ou je me défends ! je mords !
Le juge et le bourreau sont sortis. Je suis seul. — Seul avec deux gendarmes.
Oh ! l’horrible peuple avec ses cris d’hyène ! — Qui sait si je ne lui échapperai pas ? si je ne serai pas sauvé ? si ma grâce ?… Il est impossible qu’on ne me fasse pas grâce !
Ah ! les misérables ! il me semble qu’on monte l’escalier…

QUATRE HEURES.PDF Logo 02.jpg

 
  Signaler un problème – Report a problem  
Lien pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.