6 milles nautiques et 15km à pied : Toulon, Les Sablettes, La Verne.

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Toulon – La Verne – Rade de Toulon – Méditerranée – Plage de la Vernette
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ComGris
 
Errance de Toulon à la Plage de la Verne en passant par Les Sablettes où l’on peut déguster un café face aux Deux Frères.

Ératosthène

Ératosthène

La hauteur du gnomon est arbitraire. Les valeurs trouvées sont en rapport avec l’unité de mesure de l’époque : le stade égyptien soit 1 stade = 157,50 m. Le schéma n’est pas à l’échelle.

Plus exactement, Ératosthène de Cyrène (Ἐρατοσθένης  en ancien Grec) est né dans la ville attachée à son nom entre 272 et 276 avant notre ère, soit durant la 126e olympiade. Il est considéré comme le plus grand savant du -IIIème siècle. Mathématicien (on lui doit le Crible d’Ératosthène quant aux nombres premiers), il est, en outre, l’inventeur de la discipline de géographie et directeur de la grande bibliothèque d’Alexandrie, promu à cette illustre fonction par Ptolémée III.
Toutefois, il est surtout connu pour avoir estimé la circonférence de la terre en comparant les angles des ombres formées par des rayons lumineux du Soleil à deux lieux différents dont la distance est  connue. Malgré les incertitudes dues aux précisions succinctes des méthodes de mesures employées à cette époque, le résultat demeure remarquable.
Les relevés ont été faits à Alexandrie et dans la ville Syène (Assouan).
La distance qui sépare les deux lieux est de 5000 stades, soit 787,5 km au solstice d’Été avec un simple gnomon dont l’ombre portée varie selon la latitude. 
À Syène, le jour du solstice d’été, l’astre de feu, à son zénith, éclaire le fond d’un puits, ce qui indique que le soleil se trouve exactement à la verticale du sol.
À Alexandrie, le même jour et la même heure, l’angle est de 7,2°.
Avec cette méthode, il calcule 39 375 km. Le périmètre équatorial actuel de la Terre est 40 075,017 km. 700km d’erreur, vu les moyens employés c’est un exploit.
Aristote (384-322 avant notre ère), dans son Traité du ciel, évoque la circonférence de la Terre :
« Les mathématiciens qui ont essayé de mesurer les dimensions de la circonférence1 la portent à quarante fois dix mille stades2 »
Pour Aristote la circonférence de la Terre était de 76 800 km, soit près du double de sa valeur réelle (40 075 km). 
1 :  De la Terre 
2 : L’unité stades olympiques  est de 600 pieds de 32 cm : 192 m.
Quand je pense qu’il y a encore des sots persuadés que la terre est plate, je ne peux m’empêcher d’admirer ces savants qui, avec les moyens qu’on leur connait, avaient déjà appréhendé beaucoup du fonctionnement de notre monde…
Que vient faire ce texte au milieu de photographies ?
Rien de particulier si ce n’est qu’il pleut, donc je m’ennuie un brin, du fait que je me dois de prendre un peu de recul quant à une composition musicale en train de mijoter, que plus haut j’ai évoqué le mille nautique et que j’ai envie de vous enquiquiner encore un peu !
Cela dit, je sais pertinemment que vous êtes fort peu à lire ces articles jusqu’au bout !
Conséquemment ( du coup) : le Mille Marin !
Nautic mileUtiliser le kilomètre, quand on navigue sur la mer, qu’on voit danser le long des golfes clairs, est d’une vulgarité à faire pâlir Jean Marie Bigard !
Afin de ne pas passer pour un béotien, on doit employer le mille marin ou nautique (symbole MN ou NM).
Remarquez que, si vous le maniez aisément, certains jaloux et mauvais coucheurs vous traiteront de pédant, de cuistre voire de bélitre !
6 milles nautiques parcourus pour l’aller-retour Toulon, Les Sablettes. Soit 11,112 km terrestres, 1 MN valant 1852 m c’est à dire : une minute (1°/60) de latitude à la surface de la Terre !
Le nœud (mot qui plairait à l’humoriste sus-cité) est l’unité de vitesse marine équivalente à un mille marin par heure, environ 0,514 m par seconde ! Par exemple, 1 kn est égal à 1,852 km/h.
La vitesse du Titanic était de 22,5 nœuds, soit 41,67 km/h. Nommer le Titanic dans un texte relatif à la navigation peut faire penser à une « Loi de Godwin » maritime !
 
Voilà, c’est fait. Je ne vous embête plus ! Une partie des 15km à pied sont photographiés.
Vue de Toulon : en partance…
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George SandL’endroit s’appelle Tamaris.

C’est un des quartiers (divisions stratégiques du littoral) qui enserrent le petit golfe du Lazaret, à une lieue de Toulon à vol d’oiseau. Ce nom précieux de Tamaris est dû à la présence du tamarix narbonnais, qui croît spontanément sur le rivage, le long des fossés que la mer remplit dans ses jours de colère[1].

L’arbre n’est pas beau : battu par le vent et tordu par le flot, il est bas, noueux, rampant, échevelé ; mais, au printemps, son feuillage grêle, assez semblable d’aspect à celui du cyprès, se couvre de grappes de petites fleurs d’un blanc rosé qui rappellent le port des bruyères et qui exhalent une odeur très-douce.

Une de ces grappes prise à part ne sent rien ou presque rien ; la haie entière sent bon. Il en est ainsi de la véritable bruyère blanche arborescente, qui, au mois d’avril, embaume tous les bois du pays.

J’avais pris une barque pour aller par mer à Tamaris. C’est le plus court chemin quand le vent est propice. J’abordai à la côte juste au pied de la bastidette de M. Pasquali. Je trouvai un homme entre deux âges, d’une aimable figure, d’une grande franchise et d’une obligeance extrême. Il avait peu connu le vieux parent dont j’héritais…»

MauriceSand Tamaris

Vue depuis la villa George Sand en 1861, au fond les Deux Frères ; dessin de Maurice Sand.

«…Nous gravîmes un escalier rustique formé de dalles mal assorties qui, de terrasse en terrasse, nous conduisit au sommet de la colline, tout près d’une maison basse assez grande et assez jolie pour le pays.

Le toit de tuiles roses se perdait sous les vastes parasols d’un large bouquet de pins d’Alep négligemment, mais gracieusement jeté sur la colline. Au premier abord, ce dôme de sombre verdure enveloppait tout ; mais, en faisant le tour du parc, si l’on peut appeler parc une colline fruste, herbue, crevée de roches, et où rien n’adoucissait les caprices du sentier, on saisissait de tous côtés, à travers les tiges élancées des arbres, de magnifiques échappées de vue sur la mer, les golfes et les montagnes : au nord, une colline boisée que dépassait la cime plus éloignée du Coudon, une belle masse de calcaire blanc et nu brusquement coupée en coude, comme son nom semble l’indiquer ;

à l’est, des côtes ocreuses et chaudes festonnées de vieux forts dans le style élégant de la renaissance ; puis l’entrée de la petite rade de Toulon et quelques maisons de la ville, dont heureusement un petit cap me cachait la triste et interminable ligne blanche sans épaisseur et sans physionomie ; puis la grande rade, s’enfonçant à perte de vue dans les montagnes et finissant à l’horizon par les lignes indécises de la presqu’île de Giens et les masses vaporeuses des îles d’Hyères.

De ce côté, la vue, heureusement encadrée par les pins parasols et les buissons fortement découpés, était si bien composée et d’un ton si pur et si frais, que je restai un instant comme en extase ; je n’avais rien trouvé de plus beau sur les rivages de Naples et de la Sicile. La grande rade, ainsi vue de haut, et tout entourée de collines d’un beau plan et d’une forme gracieuse, avait les tons changeants du prisme.

La houle soulevait encore quelques lignes blanches sur les fonds bleus du côté de la pleine mer ; mais, à mesure qu’elle venait mourir dans des eaux plus tranquilles, elle passait par les nuances vertes jusqu’à ce que, s’éteignant sous nos pieds dans le petit golfe du Lazaret, elle eût pris sur les algues des bas-fonds l’irisation violette des mers de Grèce.»

[1]Par corruption, les géographes ont écrit quelquefois Tamarin, croyant traduire littéralement, et confondant le tamarinier (tamarindus) avec le tamarise, qui appartient à une tout autre famille. Les géographes ne devraient jamais corriger les noms traditionnels.

Georges Sand, romancière et dramaturge française ( – 
PDF Logo 02.jpgExtrait du roman Tamaris (roman), 
Son nom : Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil, par mariage baronne Dudevant.
 
Correspondances de Georges Sand à propos de Tamaris :
« Arrivés hier soir à Toulon en bonne santé, installés aujourd’hui dans un paradis terrestre, sur une colline couverte de pins, la mer à nos pieds, des montagnes magnifiques au-dessus de nous, une vue splendide à une lieue de Toulon». Puis:
«La vie est très bonne et très confortable à cause du voisinage d’une petite ville qu’on appelle La Seyne »
 
Dans une lettre adressée à son ami Charles Duvernet de Nevers, elle écrit le 24 février 1861:

« Le golfe du Lazaret, séparé de la grande mer par une plage sablonneuse, vient mourir tout doucement au bord de notre escalier rustique. Au-delà de la plage, la vraie mer se brise avec plus d’embarras et nous en avons, de nos lits, le magnifique spectacle. La tête sur l’oreiller, nous reconnaissons au moutonnement des flots si la journée sera venteuse et agitée ».

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La Rade de Toulon vue de l’embarcadère de la baie du Lazaret et, en face, Tamaris :

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