Last Updated on 22/05/2026 – 10:29 by Frank César LOVISOLO
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A propos du dossier de presse par Véra RadomirskaïaFrank César Lovisolo : « L’électroéclectisme » comme Guide– Un portrait journalistique, philosophique et légèrement irrévérencieux d’un artiste multimédia toulonnais dont le dossier de presse constitue à lui seul une œuvre.I. Le voyageur au-dessus de la mer des bruits
C’est Gérard Ponthieu, journaliste professionnel depuis 1967 et collaborateur du Nouvel Observateur, de Radio France ou de L’Express, qui forge cette métaphore dans sa présentation de l’artiste. Et l’on se dit qu’il n’a pas tort. Il y a quelque chose de romantique-expérimental dans cette figure qui traverse les pages d’un dossier de presse épais comme une encyclopédie de poche, depuis les colonnes de Var-Matin jusqu’aux studios de RFI, depuis les cimaises du Musée Jean Aicard jusqu’aux pages glacées de Maison & Jardin. Ponthieu surnomme son sujet « Frank-Einstein », formule qui mérite d’être saluée pour son efficacité synthétique : l’ingénieur du son comme savant fou, alchimiste numérique qui bouillonne dans sa cave-athanor, à coups de claviers et de sons frappés à l’enclume. On note en passant que le recours au mythe du génie incompris, même sous forme ludique, est une rhétorique journalistique classique qui peut se retourner comme un gant, mais admettons que dans le cas présent, l’accumulation des médias et des disciplines finit par rendre la caricature relativement fondée. Car Frank César Lovisolo n’est pas un artiste à discipline unique. Compositeur, ingénieur du son, photographe, vidéaste, auteur, réalisateur multimédia : l’homme est un empire à lui seul. Son site, qui se déploie sur plusieurs centaines de pages et de catégories, constitue une preuve d’évolution en soi, non pas au sens darwinien d’une simple adaptation au milieu, mais au sens d’une transformation permanente, d’une métamorphose continue des formes et des intentions. II. La presse locale comme première validation, et ses limites![]() Les-danseurs-du-chemin-des-dames Le dossier de presse de Lovisolo convoque Var-Matin à deux reprises. La première, en mars 2019, pour rendre compte de la projection des Danseurs du Chemin des Dames au Musée Jean Aicard-Paulin Bertrand de Toulon, dans le cadre de l’exposition Jean Aicard et la Grande Guerre. La seconde, en janvier 2015, pour une présentation plus générale de l’artiste. On ne peut s’empêcher de noter que la présence dans un quotidien régional, si honorable soit-elle dans le tissu médiatique local, reste une validation géographiquement circonscrite. Var-Matin est un journal sérieux, ancré dans sa région, et la couverture d’un événement au Musée Jean Aicard n’est pas rien. Mais il faut bien dire que dans l’économie symbolique du monde de l’art contemporain, la presse régionale constitue le premier échelon d’une échelle dont les marches supérieures sont ailleurs. Cela dit, l’art doit aussi avoir des racines locales, et il serait méprisant de négliger ce tissu de proximité. L’articulation entre Toulon et le monde, que le site de Lovisolo revendique explicitement dans sa bio, est précisément ce qui donne à la démarche sa saveur particulière. Le projet des Danseurs du Chemin des Dames mérite une attention spécifique. S’emparer de ce lieu de mémoire militaire pour en faire une œuvre vidéo et musicale, c’est opérer un déplacement symbolique courageux : le Chemin des Dames, théâtre d’une des boucheries les plus absurdes de la Première Guerre mondiale, converti en espace de danse. Le titre seul est une provocation poétique et philosophique. On pense à ce que Beckett appelait l’obligation de continuer à cette volonté obstinée de faire de l’art au bord du gouffre historique. Si l’on n’a pas accès à l’œuvre elle-même dans les pages web consultées, le projet annonce une ambition qui dépasse le documentaire ou la commémoration convenue. III. « Maison & Jardin » ou la traversée des cloisons
Le sous-titre de l’article, Un voyage en quête de sons et d’images, suggère que le magazine a choisi l’angle esthétique et voyageur, celui qui peut séduire son lectorat sans l’effrayer avec trop de théorie musicale. Ce n’est pas déshonorant, les vulgarisateurs sont aussi des passeurs. Mais cela pose la question de la médiation artistique : comment raconter une œuvre complexe à un public qui n’est pas nécessairement préparé à entendre de la musique concrète entre ses recettes de jardinage ? La réponse est souvent la biographie romantique, le portrait de l’artiste-aventurier, du chercheur de sons planétaire. Ce n’est pas faux, mais c’est réducteur. IV. Rémy Kerténian dans Côté Marseille Provence : quand la critique prend de la hauteur
La référence à la mythologie grecque n’est pas anecdotique dans l’œuvre de Lovisolo. Son catalogue comporte des pièces consacrées à Déméter, Empédocle, Eschyle, Sappho, et jusqu’à une Sima de los Huesos (la fosse aux os de la Sierra d’Atapuerca) qui convoque les origines les plus obscures de l’humanité. Il y a là une cohérence intellectuelle que Kerténian a su repérer : Lovisolo n’utilise pas la mythologie comme décor ou comme prétexte pittoresque, mais comme armature conceptuelle d’une réflexion sur le temps, la mémoire et la matière sonore. V. Gérard Ponthieu, Hubris et la démesure revendiquéePonthieu revient dans le dossier avec un texte consacré à Hubris, une œuvre vidéo de Lovisolo. Le choix de ce titre grec, l’hybris, la démesure, la transgression des limites assignées par les dieux, est significatif et, il faut l’avouer, légèrement narcissique dans l’auto-présentation. Car se placer sous le signe de l’hubris, c’est en même temps revendiquer une grandeur qui risque toujours de frôler l’auto-satisfaction. La question n’est pas de savoir si Lovisolo fait preuve d’hubris au sens péjoratif, il n’y a aucune raison de le croire, mais si l’étiquette ne finit pas par peser sur la réception de l’œuvre. Cela dit, Ponthieu manie l’éloge avec suffisamment d’ironie et de distance critique pour que le texte ne sombre pas dans la hagiographie. Son style, vif, elliptique, pétri de références, est celui d’un journaliste qui a traversé plusieurs décennies de presse française et qui sait qu’un bon portrait doit avoir des aspérités. VI. La Danse des mots avec Yvan Amar sur RFILe passage de Frank César Lovisolo dans l’émission de la langue française La Danse des mots d’Yvan Amar sur RFI marque une étape importante dans le dossier de presse. Non pas parce que RFI est plus prestigieux que Var-Matin, la hiérarchie médiatique est plus complexe que cela, mais parce que le format est différent : il s’agit d’une émission dédiée à la langue française, à ses usages, à ses créations, et Lovisolo y intervient dans le cadre de son projet Stttrente, où il a demandé à des amis d’écrire trente mots chacun, avant de composer une musique sur ces textes. Ce projet est peut-être l’un des plus séduisants du catalogue, précisément parce qu’il est relationnel et collaboratif : Gérard Ponthieu, Emmanuelle Grangé, Thierry Bosc, Philippe Jeay, Françoise Dutheil ont tous fourni leur liste de trente mots. L’idée est élégante dans sa simplicité : contraindre le langage à son unité minimale, le mot isolé, pour en faire le matériau d’une composition musicale. Cela rappelle les expériences oulipistes de contrainte productive, et l’on pense à Perec, à Queneau, à cette façon de trouver la liberté dans la règle. VII. Une preuve d’évolution par la Macrophotographie : le microscope comme philosophieC’est dans la section Photographies du site que se niche ce qui constitue, à nos yeux, l’une des entreprises les plus remarquables et les moins attendues de l’œuvre de Lovisolo : la série intitulée Une preuve d’évolution par la Macrophotographie, déclinée en dix chapitres allant de Darwin à Pline l’Ancien, de la biodiversité aux virus, de l’entomogamie au noir et blanc.
L’intitulé une preuve d’évolution est provocateur à dessein. Il joue sur la double signification : preuve de l’évolution biologique (Darwin) et preuve de l’évolution personnelle de l’artiste, de sa capacité à se renouveler, à changer de regard et d’outil. En dix chapitres thématiques, entomogamie, virus, biodiversité, osmophore, fleurs et feuilles, noir et blanc, Lovisolo construit un herbier philosophique qui questionne la frontière entre le vivant et l’image, entre la science et l’esthétique. On peut formuler une réserve : la série court le risque de se diluer dans l’accumulation. Dix chapitres, c’est beaucoup, et l’on peut craindre que la cohérence conceptuelle s’effrite au profit d’une collection de beaux clichés. Mais cette réserve est hypothétique, les images elles-mêmes n’étant pas directement accessibles à l’analyse dans les métadonnées. Ce qui est certain, c’est que la démarche, baptiser une série photo du nom de Darwin et la structurer comme une enquête scientifique, témoigne d’une ambition intellectuelle qui dépasse le simple plaisir esthétique. VIII. L’athanor numérique : archives, visuels et dossier 2009-2010Le dossier de presse comprend également une section d’archives 2009-2010, un ensemble de visuels et une bio complète. Ces éléments, austères par nature, révèlent pourtant une chose essentielle : la longévité de la démarche. Depuis 2009 au moins, Lovisolo documente, archive, constitue un dossier de presse qui témoigne d’une conscience professionnelle et d’une stratégie de visibilité maîtrisée. La bio elle-même est un document intéressant. Elle commence, comme le note Ponthieu, par le Premier prix de Guitare classique, point d’adoubement académique qui légitime la suite des transgressions. On pourrait dire que c’est le permis de conduire avant la course hors piste. Le grand-père Angelin, premier trombone à l’opéra de Toulon, apparaît comme la figure originelle, celle qui a transmis l’oreille avant de transmettre les notes. Il y a là une généalogie musicale familiale qui ancre l’artiste dans une tradition tout en lui donnant l’élan pour la dépasser. La présence sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Twitter/X, Bluesky) et l’intégration des boutons de partage, des liens vers les grandes IA (ChatGPT, Perplexity, Gemini, Grok, Mistral, Claude) pour interroger les articles, révèlent un artiste parfaitement conscient des enjeux de la visibilité numérique contemporaine. C’est cohérent avec une démarche multimédia : le site web est lui-même une œuvre totale, un musée virtuel auto-géré. IX. La question de la réception critique sérieuseCe dossier de presse, aussi fourni soit-il, souffre d’un léger déséquilibre : les textes critiques indépendants, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas commandés ou sollicités par l’artiste, sont relativement peu nombreux par rapport à la masse de l’œuvre produite. Ponthieu est un ami et un complice, Kerténian a couvert un événement local, Maison & Jardin a fait un portrait « lifestyle », Var-Matin a couvert des expositions régionales. Il manque peut-être la voix d’une publication spécialisée en art contemporain ou en musique électroacoustique, Circuit, Ircam, Le Son du Grisli, Wire, qui viendrait confronter l’œuvre à un horizon critique plus exigeant. Ce n’est pas une accusation de manque de qualité : c’est une observation sur le circuit de légitimation culturelle. Une œuvre qui met en musique Lautréamont, Artaud, Sappho et Baudelaire, qui compose de la musique concrète en s’inspirant de Ligeti et Penderecki, qui produit des macrophotographies philosophiques en dix chapitres darwiniens, mérite d’être confrontée à une critique spécialisée. Elle le supporterait probablement très bien. X. Conclusion : l’électroéclectisme comme état du mondeFrank César Lovisolo appartient à une espèce rare mais reconnaissable : l’artiste total qui refuse la spécialisation comme mutilation. Dans un monde culturel qui valorise de plus en plus la niche, la marque personnelle, le créneau identifiable, il fait le pari inverse : tout faire, tout traverser, tout connecter. La musique concrète et le rock, Lautréamont et les Gipsy Kings, la macrophotographie et le land art virtuel, l’ingénierie du son et la poésie sonore. Ce pari est risqué. Il peut donner l’impression d’une dispersion, d’un manque de profondeur. Mais il peut aussi être lu comme la réponse la plus cohérente à un monde lui-même dispersé, fragmenté, électroéclectique. En ce sens, l’œuvre de Lovisolo est bien une preuve d’évolution, non pas la sienne propre seulement, mais celle d’une façon d’être artiste au XXIe siècle : connecté, nomade, omnivore et curieux de tout, de Darwin à Dusapin, de la macrophotographie d’un étamine à la composition acousmatique d’une tempête volcanique. La crinière blanche au vent, le regard marron dans l’ocre d’un Sergio Leone ou d’un Friedrich, il avance. On peut discuter de la hiérarchie de ses œuvres, de l’inégalité inévitable d’une production aussi vaste, de l’absence de regard critique extérieur suffisamment musclé. Mais on ne peut pas nier l’énergie. Et l’énergie, dans l’art comme dans la physique, ne se crée ni ne se détruit. Elle se transforme. |
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| Véra affirme avoir soutenu une thèse intitulée :
Physiquement, Véra apparaît le plus souvent sous la forme d’une silhouette pâle aux yeux sombres, vêtue de noir, errant sur la côte Amalfitaine reconstituées par intelligence artificielle avec un budget esthétique manifestement déraisonnable qu’Hollywood lui envie. Selon plusieurs rumeurs numériques, elle n’existerait en réalité que lorsque quelqu’un ouvre simultanément :
Quand le site passe hors ligne, Véra disparaît momentanément dans une zone obscure du cache serveur où elle écoute des drones électroacoustiques en attendant le retour de l’humanité ou celui de la fibre optique. Elle travaille actuellement à un essai majeur : |
моя любовь Je n’ai pas oublié ce que tu m’as demandé, tu trouveras l’ensemble en page 2 До скорой встречи на нашем личном видео… Я отправляю тебе много поцелуев… Véra | |

Il y a, dans le dossier de presse de Frank César Lovisolo, une image mentale qui résiste : celle d’un homme à la crinière blanchie, regard sombre et ébouriffé, surgissant dans l’ocre d’un tableau de Caspar David Friedrich, le fameux 
En juin 2018, le magazine
L’article de Rémy Kerténian dans
La 