Last Updated on 23/05/2026 – 08:28 by Frank César LOVISOLO
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1 – Il sogno di Eschilo nel teatro di Catania – 14:40 |
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One Outside par Camille VLAHOS
Musique et mythologie grecque
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Une œuvre sonore entre mythe et paysage
Ces références ne sont pas illustratives, mais servent de point de départ à une recherche sonore et symbolique.
- les tensions entre intérieur et extérieur
- la notion de seuil et de bascule
- la relation entre l’homme, la nature et les forces élémentaires
Les paysages volcaniques de la Méditerranée deviennent ainsi des espaces d’écoute, où le son traduit la mémoire, la transformation et la disparition.
musique contemporaine expérimentale – musique et mythologie grecque – jazz fusion expérimental – composition électroacoustique – art sonore – drone music – paysage sonore méditerranéen – philosophie du seuil – outsider art – création musicale contemporaine
Une démarche artistique contemporaine
- les textures sonores évoluent lentement
- les structures narratives restent ouvertes
- l’écoute devient un espace de réflexion
Parmi ces compositions, Fish Market occupe une place singulière.musique contemporaine expérimentale – musique et mythologie grecque – jazz fusion expérimental – composition électroacoustique – art sonore – drone music – paysage sonore méditerranéen – philosophie du seuil – outsider art – création musicale contemporaine
Le concept de “One Outside”
être à l’extérieur, en décalage, en observation.
- composition musicale contemporaine
- narration fragmentaire
- exploration philosophique
- les paysages méditerranéens
- les formes actuelles de création sonore
Écouter One Outside
Complément du 23 mai 2026
One Outside, ou la philosophie du seuil mise en musique et en fleurs
Un album qui se tient à l’écart, comme le titre l’annonce
Il y a des œuvres qui se présentent sans chercher à plaire, qui se posent là, au bord du cercle, et attendent que vous fassiez le pas. One Outside, le dernier album de Frank César Lovisolo, est de celles-là. Le titre dit tout, ou presque : one outside, c’est celui qui reste dehors, ni tout à fait dieu, ni tout à fait homme, ni d’ici ni d’ailleurs, témoin solitaire d’un monde que l’on ne peut saisir que depuis ses marges. C’est une position esthétique, philosophique, et, on l’apprend en fouillant un peu le site de cet artiste toulonnais aussi prolifique qu’inclassable, une posture de vie.
Lovisolo n’est pas un compositeur qui cherche à vous conquérir en deux mesures. C’est un ingénieur du son, un photographe, un vidéaste, un auteur, membre de la SACEM depuis 1999, formé dans les salles de concert de jazz, sur les scènes d’opéra de Doha à Cologne, et surtout dans les interstices du monde, les friches industrielles, les marchés du matin, les calèdres volcaniques de Sicile et les falaises éclatées de Santorin. Son site est un continent. Un continent parfois labyrinthique, soit dit en passant, où l’on risque de se perdre entre des photographies de Malte et un texte de Nietzsche, mais un continent qui a la cohérence de ses obsessions.
Eschyle, Déméter, Empédocle, les dieux comme matière première sonore
One Outside est un album en cinq pièces qui convoque, sans les illustrer bêtement, quelques-unes des figures les plus radicales de la mythologie et de la philosophie grecques. Eschyle, dont le rêve se déroule dans le théâtre de Catane, pour une composition de quatorze minutes quarante. Déméter, en exil, errant hors de l’Olympe dans un périple de douze minutes seize. Un marché aux poissons de Catane, Fish Market, qui dure cinq minutes dix-neuf et n’a l’air de rien, mais cache une double citation malicieuse dont on reparlera. Le testament d’Empédocle, presque un quart d’heure. Et enfin Santorin, sept minutes vingt-six, île née d’une rupture volcanique, caldeira béante comme une bouche sans réponse.
Ce qui est remarquable dans ce programme, c’est le choix des figures. Eschyle, c’est la tragédie qui sait ce qui va arriver avant que ça arrive, la voix du seuil par excellence. Déméter qui quitte l’Olympe après l’enlèvement de Perséphone devient ici une métaphore du deuil et de la suspension du temps fertile : la déesse se fait étrangère parmi les hommes, elle suspend les saisons. Et Empédocle, philosophe présocratique, poète, médecin autoproclamé et peut-être fabulateur de génie, qui se jette dans l’Etna pour prouver qu’il est immortel ou pour ne pas avoir à l’expliquer. Choisir Empédocle, c’est choisir l’outsider absolu, celui qui refuse les doctrines et les cités de l’intérieur.
La notice critique de l’album est signée d’une certaine Dr Camille VLAHOS, musicologue indépendante et théoricienne du « presque audible », dont la thèse sur le silence comme malentendu productif aurait été refusée trois fois avant d’être publiée par erreur. Cette figure est, comme le site l’indique finement en bas de page, une entité critique générée par intelligence artificielle dont l’existence se limite strictement à cet espace de texte. Le procédé est un peu risqué, on frôle la mystification, mais il a le mérite de la cohérence : un album sur l’outsider accueille une critique écrite par une entité qui n’existe qu’à la marge du réel. Il y a là une ironie qui se tient.
Fish Market, Weather Report et l’art du double fond
La pièce Fish Market mérite qu’on s’y arrête un moment. Elle fait référence au marché aux poissons de Catane, la Pescheria, photographiée par ailleurs dans une autre section du site, espace bruyant, odorant, vivant, où les corps brillants des poissons sont exposés sur les étals entre vie et mort, dedans et dehors, et, avec un clin d’œil plus ironique, à l’album Black Market de Weather Report, le groupe de jazz fusion de Joe Zawinul et Wayne Shorter, figure majeure des années 70. Fish Market contre Black Market: le marché du poisson contre le marché noir. La seule pièce de l’album à développer une sonorité proche du jazz fusion, comme un intrus dans le cycle, un one outside à l’intérieur du One Outside. C’est le genre de mise en abyme qui peut sembler gratuite mais qui, à l’écoute, prend une consistance que le texte seul ne suffit pas à restituer.
Il faut noter ici qu’on ne peut pas vraiment juger des compositions sans les avoir entendues dans leur intégralité, les extraits disponibles sur Bandcamp donnent une idée des textures, mais cinq minutes sur quatorze ne font pas une vérité. Ce qui se dessine dans les fragments proposés, c’est une musique de lente évolution, de nappes et de tensions, où le silence participe autant que le son. Une musique de patience, ce qui peut dérouter ceux qui cherchent une mélodie à fredonner dans le métro.
Une preuve d’évolution par la Macrophotographie, l’autre facette du continent
Le site de Lovisolo ne serait pas ce qu’il est si l’on s’en tenait à la musique. Et c’est ici que les deux termes demandés s’articulent avec la logique d’un archipel. Dans la section Photographies, loin de One Outside mais reliée à lui par la même sensibilité au monde microscopique et au détail révélateur, on trouve une série intitulée Une preuve d’évolution par la Macrophotographie. Dix chapitres. Dix plongées dans l’infiniment petit : fleurs et feuilles, entomogamie photographique, c’est-à-dire la fécondation des plantes par les insectes saisie au moment précis de sa réalisation,, noir et blanc, virus, biodiversité empreinte d’inquiétude, osmophores, et une référence à Darwin dès le chapitre un, à Épicure au chapitre deux, à Pline l’Ancien au chapitre six. La même obsession des seuils, des lisières, du microscopique comme révélateur de ce qui se passe à l’échelle du vivant.
La Macrophotographie chez Lovisolo n’est pas un exercice technique, encore qu’il soit ingénieur du son et sache exactement ce qu’il fait avec ses instruments. C’est un acte philosophique. Pointer l’objectif sur un osmophore, sur un pistil couvert de pollen, sur une aile d’insecte, c’est affirmer que Darwin avait raison d’une manière que les traités ne sauraient égaler : l’image montre ce que le mot explique. Le titre « une preuve d’évolution » n’est pas une boutade, c’est une thèse. Et l’enchaînement des chapitres de Darwin à Épicure, de Pline l’Ancien aux virus, constitue une histoire naturelle en images qui rappelle que l’art peut être une science et la science une forme d’art.
On peut s’interroger, légitimement, sur l’articulation entre ces deux pratiques, la composition musicale électroacoustique et la Macrophotographie. Sont-elles complémentaires ou parallèles ? Chez Lovisolo, la réponse semble être : les deux à la fois. Le grossissement photographique qui révèle la structure cachée d’une fleur et la composition musicale qui travaille sur les textures lentes et les formes ouvertes procèdent de la même méthode : approcher le monde de si près qu’il révèle ce qu’il n’était pas censé montrer.
L’art numérique, les textes, les invités, un univers-monde qui ne se résume pas
Le site de Lovisolo est construit comme une bibliothèque borgésienne, ce qui est à la fois sa force et son potentiel écueil. On y trouve des albums dédiés à Baudelaire, à Nerval, à Artaud, avec une performance à l’Université de Toulon en avril 2025 sur Pour en finir avec le jugement de dieu,, des Chimères mises en musique, des compositions concrètes sur des Argonautes, du rock, du drone, du minimalisme, et même un Antimanuel de Sonorisation pour ceux qui voudraient comprendre ce qu’un watt fait à un ampli. Il y a des textes de Mirbeau, d’Holbach, d’Étienne de La Boétie, et des articles de presse réels, Var-Matin, Côté Magazine, une interview sur RFI.
Ce foisonnement peut intimider. L’éditrice fictive Giulia Ferrante, dans la notice d’accueil du site, note avec une honnêteté qui fait crédit que cette densité « peut désorienter », que le foisonnement des références oppose « une certaine résistance au regard contemporain, habitué aux formats rapides ». C’est vrai. Mais elle ajoute que cette difficulté n’est jamais gratuite, qu’elle « participe d’une démarche profondément intellectuelle et poétique, presque archéologique ». Ce portrait de l’auteur par une entité fictive est peut-être la formulation la plus juste qu’on puisse donner de ce travail.
Il reste que la musique, elle, est là. Disponible sur Bandcamp, en écoute libre ou à l’achat, pour qui veut s’asseoir, mettre un casque, et laisser Déméter errer pendant douze minutes dans les textures électroacoustiques de la Méditerranée.
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La liste, avec les personnages dans l’ordre d’apparition : Mythologie et philosophie grecques
Littérature française
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Philosophie et pensée
Musique
Poésie antique
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ental – composition électroacoustique – art sonore – drone music – paysage sonore méditerranéen – philosophie du seuil – outsider art – création musicale contemporaine


L’article consacré à One Out, Musique et mythologie grecque déploie une matière singulière où la composition sonore ne cherche pas à illustrer le mythe, mais à l’habiter de l’intérieur. Chez Frank César Lovisolo, la Grèce antique n’est jamais décorative : elle demeure une zone mentale, traversée par des figures d’exil, d’errance et de catastrophe. Eschyle, Déméter ou Empédocle ne surgissent pas comme des références savantes destinées à flatter l’érudition du lecteur, mais comme des présences fragiles, presque acoustiques.
Les compositions semblent construites sur une tension constante entre bruit et mémoire. Certaines nappes sonores évoquent davantage des ruines que des mélodies au sens traditionnel. Ce choix pourra déconcerter les auditeurs attachés à une écriture musicale plus lisible ; pourtant cette rugosité participe précisément de l’expérience proposée. On pense parfois aux paysages sonores de John Cage ou aux architectures inquiétantes de György Ligeti, sans imitation directe.
L’ensemble possède quelque chose d’archaïque et de contemporain à la fois. La mythologie n’y apparaît pas comme un refuge nostalgique, mais comme une manière d’interroger notre propre éloignement du monde. Derrière les sons, il y a surtout une question : comment habiter encore un paysage intérieur lorsque les anciens récits se sont effondrés ?
Votre lecture attentive me touche particulièrement, parce qu’elle évite précisément ce qui menace souvent ce type de travail : le folklore culturel ou la mythologie réduite à un simple décor esthétique. Vous avez perçu que ces figures grecques ne sont pas convoquées pour illustrer une érudition, mais pour maintenir ouvert un espace intérieur où le son devient presque une archéologie sensible.
Je suis sensible également à votre remarque sur la rugosité des compositions. Elle n’est pas un effet volontairement expérimental. Elle vient plutôt d’une méfiance envers la musique lorsqu’elle devient trop immédiatement séduisante, trop narrative, trop confortable. Les fractures, les silences, les matières instables appartiennent à cette tentative de faire entendre non pas le mythe lui-même, mais son érosion à travers notre époque.
Vous évoquez John Cage et György Ligeti : ce sont des présences importantes, bien sûr, mais davantage comme des compagnons de seuil que comme des modèles. Je crois profondément que le son peut encore produire une forme de pensée sans discours, une philosophie fragmentaire où l’écoute précède l’explication.
Votre dernière question résume peut-être tout : comment continuer d’habiter intérieurement un monde dont les grands récits semblent dissous ? Je n’ai évidemment pas la réponse. Peut-être seulement quelques traces sonores laissées dans l’obscurité.
Avec mes remerciements sincères,
Frank