|
Suggestion d’écoute :
Les murs indiscrets |
||||
|
Lors de mes déambulations Napolitaines, rien ne me laissait prédire, qu’en noir et blanc, adviendrait cette suite photographique. Cependant, rien ne presse et retournons-y ! |
|
Une accumulation photographique hédonistique… |
|
Et quand on aime cette ville… |
|
« Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout: et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile. » Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise.
Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples
sombre, en ébullition. Formidable voyage dans l’Italie du boom économique, L’amie prodigieuse est le portrait de deux héroïnes inoubliables qu’Elena Ferrante traque avec passion et tendresse. On ne connaît rien de l’auteur qui tient absolument à rester dans l’ombre et refuse par conséquent la publicité et les face-à-face, acceptant seulement en de rares occasions les interviews écrites. Lors de celles-ci, elle a reconnu être une femme, mère de famille, et que son œuvre était d’inspiration autobiographique. En particulier, dans La frantumaglia, l’auteur révèle à ses lecteurs des aspects de la personnalité d’Elena Ferrante en lui donnant notamment une origine (mère couturière s’exprimant en napolitain) une date (1943) et un lieu de naissance (Naples). [Wikipédia]
Naples, années soixante. Le soir de son mariage, Lila comprend que son mari Stefano l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qui règnent sur le quartier et qu’elle déteste depuis son plus jeune âge.Pour Lila Cerullo, née pauvre et devenue riche en épousant l’épicier, c’est le début d’une période trouble : elle méprise son époux, refuse qu’il la touche, mais est obligée de céder.
Elle travaille désormais dans la nouvelle boutique de sa belle-famille, tandis que Stefano inaugure un magasin de chaussures de la marque Cerullo en partenariat avec les Solara. De son côté, son amie Elena Greco, la narratrice, poursuit ses
études au lycée et est éperdument amoureuse de Nino Sarratore, qu’elle connaît depuis l’enfance et qui fréquente à présent l’université. Quand l’été arrive, les deux amies partent pour Ischia avec la mère et la belle-sœur de Lila, car l’air de la mer doit l’aider à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano.
La famille Sarratore est également en vacances à Ischia et bientôt Lila et Elena revoient Nino.
Le nouveau nom est la suite de L’amie prodigieuse, qui évoque l’enfance et l’adolescence de Lila et Elena.
Avec force et justesse, Elena Ferrante y poursuit sa reconstitution d’un monde, Naples et l’Italie, et d’une époque, des années cinquante à nos jours, donnant naissance à une saga romanesque au souffle unique.
|
|
Qu’en disait-on ? |
|
|
Dominique Vivant Denon
…Du quai …nous vînmes à la « strada di Toledo » la rue était pleine de voitures qui se succédaient sans interruption sur deux files dont l’une montait l’autre redescendait. C’est ce qu’on nomme « il corso » Les chevaux et les voitures sont un des principaux objets de luxe.
La forme de ces voitures toutes calèches découvertes permet d’apercevoir en entier les femmes élégantes qui les garnissent et qui sont en général fort belles. Beaucoup de quartiers n’étant occupés que par le peuple et les rues s’y trouvant excessivement étroites les équipages n’ont guère que Toledo, le quartier de Chiaïa et quelques autres rues en petit nombre où ils puissent circuler librement ainsi circonscrits dans ces deux promenades favorites des Napolitains.
Ils paraissent plus nombreux à Toledo où l’on va quelquefois à pied mais à Chiaïa l’étiquette veut qu’on ne s’y montre qu’en voiture…
![]() Naples : Gravure d’Emile Rouargue – 1862 Alexandre Dumas…Chiaïa n’est qu’une rue : elle ne peut donc offrir de curieux que ce qu’offre toute rue, c’est-à-dire une longue file de bâtiments modernes d’un goût plus ou moins mauvais. Au reste, Chiaïa, comme la rue de Rivoli, a sur ce point un avantage sur les autres rues : c’est de ne présenter qu’une seule ligne de portes, de fenêtres et de pierres plus ou moins maladroitement posées les unes sur les autres.
La ligne parallèle est occupée par les arbres taillés en berceaux de la Villa-Reale, de sorte qu’à partir du premier étage des maisons, où plutôt des palais de la rue de Chiaïa, comme on les appelle à Naples, on domine cette seconde partie du golfe que sépare de l’autre le château de l’Oeuf.
Mais si la rue de Chiaïa n’est pas curieuse par elle-même, elle conduit à une partie des curiosités de Naples : c’est par elle qu’on va au tombeau de Virgile, à la grotte du Chien, au lac d’Agnano, à Pouzzoles, à Baïa, au lac d’Averne et aux Champs-Elysées. De plus et surtout, c’est la rue où tous les jours, à trois heures de l’après-midi pendant l’hiver, et à cinq heures de l’après-midi pendant l’été, l’aristocratie napolitaine fait corso.
Nous allons donc abandonner la description des palais de Chiaïa à quelque honnête architecte qui nous prouvera que l’art de la bâtisse a fait de grands progrès depuis Michel-Ange jusqu’à nous, et nous allons dire quelques mots de l’aristocratie napolitaine. Les nobles de Naples, comme ceux de Venise, n’indiquent jamais de date à la naissance de leurs familles. Peut-être auront-ils une fin, mais à coup sûr ils n’ont pas eu de commencement. Selon eux, l’époque florissante de leurs maisons était sous les empereurs romains ; ils citent tranquillement parmi leurs aïeux les Fabius, les Marcellus, les Scipions. Ceux qui ne voient clair dans leur généalogie que jusqu’au douzième siècle sont de la petite noblesse, du fretin d’aristocratie. Alexandre Dumas (1802 -1870)
Le Corricolo (1843) – Chapitre III ( Extrait )
|
|
|
|
Histoire de Naples par Giulia Ferrante– Naples est l’une des plus anciennes et des plus fascinantes cités d’Europe. Fondée sur les rives du golfe qui porte son nom, au pied du Vésuve, elle a traversé près de trois millénaires d’histoire tumultueuse, accumulant les strates de civilisations, de conquêtes et de créations artistiques. Capitale du sud de l’Italie, elle demeure aujourd’hui une métropole vivante, héritière d’un passé extraordinairement riche. ______________Les origines grecques : Parthénope et NeapolisL’histoire de Naples remonte au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, lorsque des colons grecs, originaires de Cumes, eux-mêmes venus de l’île d’Ischia,, fondèrent un premier établissement sur une petite île ou une presqu’île côtière qu’ils nommèrent Parthénope, du nom d’une sirène de la mythologie grecque. Ce site initial, aujourd’hui identifié avec le quartier de Pizzofalcone, fut le berceau de la future cité. Au Ve siècle avant J.-C., une nouvelle ville fut établie à proximité, à l’emplacement de l’actuel centre historique. Les Grecs l’appelèrent Neapolis, c’est-à-dire « la ville nouvelle », par opposition à l’ancienne Parthénope désignée désormais sous le nom de Palépolis (« la vieille ville »). Neapolis devint rapidement un centre commercial et culturel florissant, entretenant des échanges étroits avec les autres colonies grecques du sud de l’Italie, une région si densément hellénisée que les Romains la nommeront plus tard Magna Graecia, la Grande Grèce. La cité grecque était organisée selon un plan orthogonal rigoureux, avec trois grandes artères parallèles courant d’est en ouest, les plateiai, recoupées par des rues perpendiculaires plus étroites, les stenopoi. Ce tracé urbain antique est encore parfaitement lisible aujourd’hui dans le tissu de la vieille ville : les rues Spaccanapoli et Tribunali en sont les héritières directes. ______________ Sous la domination romaineEn 326 avant J.-C., après une période de tensions et d’affrontements, Naples se soumit à Rome à l’issue d’un traité qui lui garantit un statut privilégié de cité alliée (foederata). Contrairement à de nombreuses villes conquises, elle conserva une large autonomie, ses institutions grecques, sa langue et ses traditions culturelles. Rome, fascinée par la civilisation hellénique, voyait en Naples une fenêtre ouverte sur la Grèce. Durant toute l’époque républicaine et impériale, Naples fut une ville de villégiature prisée de l’aristocratie romaine. Cicéron, Virgile, Lucain, l’empereur Auguste et bien d’autres y séjournèrent. Virgile, qui y mourut en 19 avant J.-C., y rédigea une partie de l’Énéide et y fut inhumé selon la tradition. Le Vésuve, considéré alors comme un volcan éteint, dominait un paysage idyllique ponctué de villas luxueuses. Tout cela bascula le 24 août 79 après J.-C. lorsque le Vésuve entra en éruption de manière cataclysmique. Les villes de Pompéi, Herculanum et Stabies furent ensevelies sous des mètres de cendres et de roches volcaniques. Naples elle-même, plus éloignée, fut épargnée, mais le désastre remodela profondément la géographie et l’économie de la région. ______________ Les grandes invasions et la chute de l’Empire romainAvec le déclin de l’Empire romain d’Occident, Naples traversa une période d’incertitude et de violence. Au Ve siècle, la ville subit les passages destructeurs des Wisigoths et des Vandales. En 476, la chute officielle de l’Empire romain laissa la péninsule italienne livrée à elle-même. Les Ostrogoths, sous la conduite de Théodoric, prirent le contrôle de l’Italie à la fin du Ve siècle. Naples demeura sous leur domination jusqu’à ce que l’Empire byzantin, sous l’égide de l’empereur Justinien et de son général Bélisaire, entreprît la reconquête de l’Italie. En 536, Bélisaire s’empara de Naples après un siège mémorable au cours duquel ses soldats pénétrèrent dans la ville en passant par les antiques aqueducs. La ville entra alors dans l’orbite de Constantinople. ______________Le Duché de Naples et la période médiévaleDurant plusieurs siècles, Naples fut gouvernée comme un duché byzantin semi-autonome. Dirigée par des ducs locaux qui se réclamaient nominalement de la suzeraineté byzantine, la ville développa progressivement une identité propre. Elle résista aux tentatives de conquête des Lombards qui contrôlaient l’arrière-pays, et maintint des liens commerciaux avec Byzance et l’Orient. À partir du IXe siècle, Naples dut faire face à la menace des Sarrasins et noua des alliances complexes avec ses voisins, notamment les républiques maritimes d’Amalfi et de Gaète. La ville s’enrichit du commerce méditerranéen et développa une vie culturelle originale, au carrefour des influences latines, grecques et orientales. Tout changea radicalement au XIe siècle avec l’arrivée des Normands. Ces guerriers venus du nord de la France, qui avaient déjà conquis l’Angleterre, se taillèrent un vaste royaume dans le sud de l’Italie et en Sicile. En 1139, Naples tomba aux mains de Roger II, qui unifia le sud de l’Italie sous son autorité. Le Royaume de Sicile était né, et Naples en devint l’une des principales cités. ______________ La domination souabe et les HohenstaufenAprès les Normands, le pouvoir passa aux Hohenstaufen, la grande dynastie germanique. Frédéric II (1194-1250), l’un des souverains les plus extraordinaires du Moyen Âge, surnommé Stupor Mundi, « la stupeur du monde »,, fit de son royaume méridional un foyer de culture, de science et de tolérance. Il fonda en 1224 l’Université de Naples, l’une des premières universités d’État d’Europe, qui porte aujourd’hui son nom. Frédéric II favorisa les échanges entre chrétiens, musulmans et juifs, encouragea la philosophie et les sciences, et fit de sa cour un centre intellectuel rayonnant. Sa mort en 1250 ouvrit une longue période d’instabilité. ______________Les Anjou et la Maison d’AragonEn 1266, le pape Clément IV appela Charles d’Anjou, frère du roi de France Louis IX, à détrôner le dernier Hohenstaufen. Charles vainquit et fit exécuter le jeune Conradin, et établit la domination angevine sur le royaume. Il transféra la capitale de Palerme à Naples, qui devint alors une grande métropole européenne. La ville s’embellit de constructions gothiques, dont le Castel Nuovo (1279), appelé aussi Maschio Angioino, qui demeure l’un des symboles architecturaux de la cité. La domination angevine fut cependant marquée par la désastreuse révolte des Vêpres siciliennes (1282) : un soulèvement populaire chassa les Français de Sicile, qui revint aux Aragonais. Le royaume se scinda en deux : les Anjou gardèrent Naples et le continent, les Aragonais contrôlèrent la Sicile. En 1442, Alphonse V d’Aragon s’empara de Naples au terme d’une longue guerre et réunit à nouveau les deux royaumes. Sous les Aragonais, Naples connut un renouveau intellectuel et artistique lié à la Renaissance italienne. La cour napolitaine attira poètes, humanistes et artistes. ______________ La domination espagnole (1503-1707)En 1503, le Royaume de Naples passa sous la domination directe de la Couronne espagnole après la victoire du Grand Capitaine Gonzalve de Cordoue sur les Français. Pendant deux siècles, Naples fut gouvernée par des vice-rois au nom des Habsbourg de Madrid. Cette période fut ambivalente. D’un côté, Naples devint l’une des plus grandes villes d’Europe, avec une population atteignant plusieurs centaines de milliers d’habitants au XVIIe siècle, la ville la plus peuplée de la péninsule italienne. La ville se dota de grandes infrastructures, de palais et d’églises baroques somptueuses. L’art napolitain du XVIIe siècle, marqué par le caravagisme et des peintres comme Jusepe de Ribera ou Luca Giordano, rayonna dans toute l’Europe. De l’autre côté, la fiscalité écrasante imposée par Madrid alimenta des tensions sociales violentes. En 1647, une révolte populaire menée par le pêcheur Masaniello (Tommaso Aniello) secoua la ville pendant plusieurs mois. Ce soulèvement, brutalement réprimé, resta dans la mémoire collective napolitaine comme le symbole de la résistance des lazzaroni, le peuple pauvre des rues, contre l’oppression. ______________ Le Royaume des Deux-Siciles (1734-1861)En 1707, lors de la guerre de Succession d’Espagne, Naples passa aux Habsbourg d’Autriche. Mais en 1734, le prince Charles de Bourbon conquit le royaume et restaura une monarchie indépendante. Ce fut la naissance du Royaume des Deux-Siciles, qui réunissait Naples, la Sicile et l’Italie méridionale. Sous Charles III puis Ferdinand IV (Ferdinand Ier des Deux-Siciles), Naples connut un âge d’or des Lumières. Le roi Charles fit construire la magnifique Reggia di Caserta (1752), le plus grand palais royal d’Europe par la superficie, conçu par l’architecte Luigi Vanvitelli. L’opéra San Carlo, inauguré en 1737, devint l’une des plus célèbres scènes lyriques du monde. Les fouilles archéologiques de Pompéi et d’Herculanum, entreprises sous le règne de Charles III, suscitèrent en Europe entière un engouement pour l’Antiquité et inspirèrent le mouvement néoclassique. La Révolution française et les guerres napoléoniennes bouleversèrent cet équilibre. En 1799, une éphémère République Parthénopéenne, soutenue par les troupes françaises et portée par les intellectuels libéraux napolitains, fut proclamée. Elle ne dura que quelques mois avant d’être écrasée dans le sang par la réaction royaliste soutenue par l’amiral Nelson et la reine Marie-Caroline. Des centaines de républicains furent exécutés. Napoléon plaça ensuite son frère Joseph Bonaparte (1806-1808) puis son beau-frère Joachim Murat (1808-1815) sur le trône de Naples. Murat, populaire et réformateur, fut fusillé après la défaite de Napoléon. Les Bourbon reprirent le pouvoir et gouvernèrent jusqu’à l’Unification italienne. ______________L’Unification italienne et l’ère contemporaineEn 1860, Giuseppe Garibaldi débarqua en Sicile avec ses célèbres Mille, un corps de volontaires vêtus de chemises rouges, et entreprit la conquête du Mezzogiorno. En quelques mois, le Royaume des Deux-Siciles s’effondra. Garibaldi entra triomphalement dans Naples le 7 septembre 1860 et remit le royaume au roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II. En 1861, le Royaume d’Italie était proclamé, et Naples y était intégrée. Cette intégration se révéla douloureuse pour le Sud. Loin d’apporter la prospérité promise, l’Unification accentua les inégalités entre le Nord industriel et le Mezzogiorno agricole. La misère, le chômage et les épidémies, notamment une terrible épidémie de choléra en 1884, poussèrent des millions de Napolitains à émigrer vers les Amériques entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Au XXe siècle, Naples souffrit des bombardements alliés durant la Seconde Guerre mondiale. En septembre 1943, avant même l’arrivée des Alliés, la population napolitaine se souleva contre les Allemands lors des Quatre Journées de Naples (Quattro Giornate di Napoli), une insurrection populaire spontanée et héroïque qui libéra la ville des occupants nazis. L’après-guerre fut marqué par une reconstruction difficile, des poussées démographiques incontrôlées et la montée en puissance de la criminalité organisée, la Camorra, qui gangréna l’économie et la société napolitaine. ______________ Naples aujourd’hui : patrimoine et renaissanceMalgré ses difficultés persistantes, Naples demeure l’une des villes les plus riches en patrimoine d’Europe. Son centre historique est classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1995. La ville abrite des musées de première importance, à commencer par le Musée archéologique national de Naples, qui conserve les trésors des fouilles de Pompéi et d’Herculanum, ainsi que la spectaculaire collection Farnèse. Naples est aussi la capitale mondiale d’une certaine idée de la gastronomie populaire : patrie de la pizza, la véritable pizza Margherita y fut créée en 1889, et du café espresso, elle a exporté dans le monde entier une culture culinaire incomparable. Depuis les années 2010, la ville connaît un renouveau culturel et touristique notable. Des quartiers autrefois délaissés, comme le Rione Sanità ou le Quartieri Spagnoli, sont devenus des centres créatifs animés. Le métro de Naples, orné d’œuvres d’art contemporain signées par des artistes internationaux, est régulièrement cité parmi les plus beaux du monde. Naples reste une ville de contradictions fascinantes : entre le chaos et la beauté, entre la misère et l’exubérance vitale, entre le poids d’un passé millénaire et la vitalité d’une jeunesse créative. C’est précisément cette tension qui en fait l’une des cités les plus envoûtantes d’Europe. ______________ Pour finirDe la colonie grecque de Neapolis aux métropoles modernes, Naples a traversé les siècles en accumulant les héritages : grec, romain, normand, souabe, angevin, aragonais, espagnol, bourbon. Chacune de ces périodes a laissé des traces dans la pierre, dans la langue, dans les traditions et dans l’âme de ses habitants. Comprendre Naples, c’est comprendre l’Europe elle-même dans toute sa complexité et toute sa richesse. |

« Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout: et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile. »
sombre, en ébullition. 
études au lycée et est éperdument amoureuse de Nino Sarratore, qu’elle connaît depuis l’enfance et qui fréquente à présent l’université. 
















Il y a des villes qui résistent à l’objectif, qui se dérobent à celui qui prétend les saisir en couleur, comme si leurs entrailles les plus vraies n’existaient que dans l’épaisseur de l’ombre et de la lumière. Naples est de celles-là. Et c’est précisément ce que cette suite photographique révèle avec une acuité troublante : le hasard — cette «manœuvre hasardeuse» évoquée en introduction — n’est pas ici simple accident, il est méthode secrète, grâce involontaire.
Le choix du noir et blanc n’est pas esthétique, il est ontologique. Naples en couleur reste une carte postale ; en noir et blanc, elle devient Napoli, puis Nàpule — cette syllabe dialectale qui semble mâchée, expectorée, viscérale. La progression nominale que vous proposez est en elle-même un poème court : trois noms pour une seule ville, trois strates de réalité superposées, trois degrés d’intimité croissante avec un lieu qui refuse l’indifférence.
Les références convoquées — De Sica, Rosi, les Quatre Journées — ne sont pas des ornements érudits plaqués sur la surface du texte ; elles forment la mémoire profonde depuis laquelle ces photographies ont été pensées, parfois sans le savoir. Car c’est cela, photographier une ville chargée d’histoire : composer avec des spectres.
Quant à la suggestion d’écoute des Murs indiscrets, elle me semble d’une justesse remarquable — ces deux œuvres se répondent en sourdine, l’une captant ce que l’autre laisse filtrer entre les pierres.
Vedi Napoli e poi muori. Mais vous avez raison : rien ne presse. On peut mourir, et y retourner quand même.
Céleste,
Vous me prenez par surprise et c’est, avouons-le, la meilleure façon de prendre quelqu’un.
Que vous ayez perçu dans ces images une « méthode secrète » là où je ne voyais qu’une promenade un peu égarée me réjouit profondément. Il y a quelque chose de délicieux à se faire expliquer ce que l’on a fait sans le savoir : c’est le privilège du photographe distrait, que le regard de l’autre vient sauver de sa propre inconscience.
« Ontologique », le mot est beau, peut-être même trop beau pour moi, mais je l’accepte avec reconnaissance et le glisserai dans ma poche pour des jours moins inspirés.
Quant aux spectres que vous évoquez, je confirme : ils se laissent photographier avec une complaisance déconcertante, pourvu qu’on ne les prévienne pas.
Je suis heureux que vous ayez écouté, ou que vous écoutiez, les Murs indiscrets. Cette ville bavarde infiniment, et il serait dommage de n’en entendre qu’une seule voix.
À bientôt, peut-être, dans quelque ruelle où les fantômes font la sieste.
J’ai adoré Naples, ses rues étroites conçues pour ne pas laisser passer le soleil brûlant de l’été. J’ai beaucoup apprécié cette promenade musicale. Comme tu le dis les napolitains sont joyeux, ils chantent, ils rient et je crois qu’ils ne voudraient pas quitter leur rue. Merci pour ce reportage.
Alouette…..
Vu le voyage que tu permets entre Naples et Pompéi………
et ben……je préfèrerais habiter Pompéi ! ! ! !
Quel chantier…Naples……que les rues sont étroites….sans air…..
il en ressort une « misère » générale……..entassée……
Je suis assez d’accord avec Dumas…….
Alors qu’à Pompéi….. quelle lumière…..plus de « choses » qui…touchent par ….beauté, charme, ambiance……je ne sais pas quoi d’autre mais…Mme Olivier….
Ou alors….c’est le photographe…..qui a été déloyal !… ha ha ha……
En revanche…les musiques…elles, bardent TOUTES……
Quelle liberté ! ! ! Tonale………….
Il y en a un qui aime la contre basse……..et la reverb ! ! ! !
ça le fait TRES grave ! ! !
Naples, personnellement j’adore… Il faut y aller pour être dans cette ambiance. Les Napolitains sont très sympathiques, on y mange bien… On ne s’y ennuie pas !
Perso, je préfère quelques photos rares à un foisonnement répétitif… Je sais qu’on diverge sur ce point (et dix verges, c’est beaucoup, comme disait Desproges).
Il suffit d’imaginer que c’est un chorus de sax!
Bon, d’ac, mais combien de sax – that’s the q°. 😉
Ho, un seul suffit !!!