Les Danseurs du Chemin des Dames – Vidéo

Simplement les textes dits dans la vidéo.

Les Femmes de tous les pays

… Les femmes de tous les pays,
La voix meurt donc dans votre gorge,
Quand ce sont vos hommes, vos fils,
Que l’on mutile ou qui s’égorgent ?
 
 
Cécile Périn – Écrit pendant la guerre

Le Moral est bon !

O vaines lois des Conférences de La Haye,
Quand « le moral est bon », votre prestige est bas,
Le cœur lui-même alors abdique s’il n’est pas
Le creuset où la haine implacable se crée…
 

Jean-Michel Renaitour – 1915


Chanson du Gars qui se refuse

Je me refuse à vos drapeaux,
à vos tragiques oripeaux,
à vos bannières pour troupeaux
que l’on méduse !
Je me refuse à vos drapeaux,
à vos étoffes en lambeaux
qui font du vent…sur nos tombeaux…
« Je me refuse ! »
 

Alfred Varella – mai 1919


Kanak, les oubliés de la guerre 14-18


Si je mourais là-bas…

Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur 

Guillaume Apollinaire – 30 janvier 1915, Nîmes.


Croix de bois

 

Croix de bois ! croix de bois !…
Tous ces bras écartés barrant le chemin à la vie !…
Ici va, va s’étendant la contrée morne du silence,
Le gris domaine de la mort,
De la mort usurpant les terres de la vie.

Claude Salives – Septembre, 1917


Réponse

Les brancardiers vont t’emporter dans la nuit noire,
Trébuchant, s’engueulant,
Les balles perdues vont te faire escorte,
La pluie va te morfondre avec entêtement ;
C’est la gloire.
 
L’hôpital. On te pompera de l’éther à pleine bouche
Et tu sombreras, tête affolée,
Dans un vertige vrombissant …
Puis le réveil et ses nausées…
C’est la gloire, c’est la gloire.
 

 Marcel Lebarbier – Écrit pendant la guerre


Le Noyé

 

Le noyé qui gît là dans l’herbe de la berge,
N’ayant plus rien d’humain qu’une main non rongée
Où luit un anneau d’or…
 
…Songez, quelle agonie angoissée loin des siens
il dut avoir, blessé, dans l’ombre de la nuit
et l’eau froide et profonde.
 
Qu’une pensée humaine au moins soit son linceul.
 

Lucien Jacques – Écrit au front en 1914


Poème

 

Tous mes amis ont péri
L’un après l’autre
En quelque lieu maudit
Est notre amour enseveli.
 
Défunt Lequel le parisien,
Masse et Guillaumin d’Amiens,
Pignatel dit le marseillais
Tous endormis à jamais.

Eugène Dabit – Écrit pendant la guerre


Les Morts…

 

Le vent fait flotter
Du même côté
Les voiles des veuves…
(plusieurs fois entremêlés) 

René Arcos


Mes Ennemis

 

Mes ennemis ? c’est vous ! gouvernants timorés ,
Qui prenez sans péril une pose de gloire,
Et, dans cette moisson sanglante de l’Histoire,
Ne songez qu’à vous seuls en parlant de victoire
O vous, dont les vertus sont des vices dorés!
 
 Marc de Larréguy de Civrieux –
7-9 février 1916 (au front)



Ici, ne cherchez rien d’historique, de logique et moins encore de commémoratif.
Il n’y a que la féroce réminiscence hallucinatoire d’un passé relaté, un gigantesque royaume où triomphe un poison obscur et glacé.
Tapis dans l’ombre, si l’on n’y prend garde, il peut surgir à tout moment.
Quant à l’apocalypse les hommes se suffisent. Ils n’ont nul besoin d’un dieu psychotique affublé de quatre ridicules chevaux efflanqués.
N.D.A
J’ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions : la gloire.
 
Isidore Lucien Ducasse alias Comte de Lautréamont  – Les Chants de Maldoror

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6 Commentaires

  1. travail impressionnant, combien de temps pour rassembler les documents, le réaliser ? quel impact public ? par quels médias ?

  2. Très beaux matériaux – voix, musique, images – qui tendent vers l’élégie. Tiens, se dit la spectatrice, il faudrait que je retrouve les lettres de mon grand-père à sa mère, lettres des tranchées, écrites au crayon mine avec force majuscules, je crois que j’ai pris soin d’en faire des photocopies car le crayon se délave avec le temps. Nous parlions, toi, Frank, et moi de l’audibilité des voix/musique, c’est effectivement concluant ici. J’ai lu il y a quelques années Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, ce n’est pas mon livre de chevet, mais la bonne blague d’une gueule cassée à la patrie, certains diront, c’est un livre facile, j’ajouterai, quel travail pour arriver à la simplicité ! Merci à toi, à Ingrid, aux étudiants.

  3. FAUCHER Jean-Pascal

    Horriblement magnifique et magnifiquement horrible. Toute l’absurdité et l’incompréhension de cette guerre.

    Merci pour eux, merci pour nous

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