Vittorio De Seta,
né le 15 octobre 1923 à Palerme, en Sicile, mort le 28 novembre 2011, est un réalisateur de cinéma italien. >>>
Documentaire sur les mineurs du soufre en Sicile réalisé par l’un des plus grands documentaristes italiens.
Martin Scorsese disait de Vittorio de De Seta qu’il était un anthropologue dont la voix était celle d’un poète.
Surfarara est un documentaire réalisé en 1995
GENERE: Cortometraggio, Documentario
ANNO: 1955
REGIA, MONTAGGIO, PRODUZIONE: VITTORIO DE SETA
DISTRIBUZIONE: CINECITTA’ INTERNATIONAL
PAESE: Italia
DURATA: 10 Min
FORMATO: 35 MM
Voir le film sous titré : http://carlottavod.com/soufriere-detail.html
Vittorio De Seta
CRITICA:
«Surfarara è l’epopea dei lavoratori delle miniere di zolfo. Lavoro ingrato e difficilissimo: De Seta è riuscito a cogliere nelle immagini del suo film l’ingratitudine e la pesantezza del lavoro di questi uomini: lavoro arido, effettuato in disastrose condizioni igieniche e materiali, senza uno spiraglio di luce e di aria, laggiù a centinaia di metri nel sottosuolo». (Tom Granich, ‘Cinema Nuovo’, n. 108, 1/6/1957). « Surfarara est l’épopée des mineurs du soufre, un labeur extrêmement pénible. Vittorio De Seta fut capable de saisir les images de la pénibilité du travail de ces hommes. Tâche harassante effectuée dans des conditions matérielle et d’hygiène désastreuses, sans un rayon de lumière, sans air frais à quelques centaines de mètres de la surface. »
les Autres documentaires :
- 1954. Lu tempu di li pisci spata (11 min.)
1954. Isole di fuoco (11 min.)
1955. Surfarara (10 min.)
1955. Pasqua in Sicilia (11 min.)
1955. Contadini del mare (10 min.)
1955. Parabola d’oro (10 min.)
1958. Pescherecci (11 min.)
1958. Pastori di Orgosolo (11 min.)
1958. Un giorno in Barbagia (14 min.)
1959. I dimenticati (20 min.)
Vittorio De Seta |
La Sicile (1890) Quatrième chapitre de La vie errante Guy de Maupassant (1850-1893)
…nous allons visiter les mines de soufre. Nous entrons dans les montagnes. C’est devant nous un vrai pays de désolation, une terre misérable qui semble maudite, condamnée par la nature. Les vallons s’ouvrent, gris, jaunes, pierreux, sinistres, portant la marque de la réprobation divine, avec un superbe caractère de solitude et de pauvreté.
On aperçoit enfin, de place en place, quelques vilains bâtiments, très bas. Ce sont les mines. On en compte, parait-il, plus de mille dans ce bout de pays. En pénétrant dans l’enceinte de l’une d’elles, on remarque d’abord un monticule singulier, grisâtre et fumant.
C’est une vraie source de soufre, due au travail humain. Voici comment on l’obtient. Le soufre, tiré des mines, est noirâtre, mélangé de terre, de calcaire, etc., et forme une sorte de pierre dure et cassante.
Aussitôt apporté des galeries, on en construit une haute butte, puis on met le feu dans le milieu.
Alors un incendie lent, continu, profond, ronge, pendant des semaines entières, le centre de la montagne factice et dégage le soufre pur, qui entre en fusion et coule ensuite, comme de l’eau, au moyen d’un petit canal.
On traite de nouveau le produit ainsi obtenu en des cuves où il bout et achève de se nettoyer. La mine où a lieu l’extraction ressemble à toutes les mines. On descend par un escalier étroit, aux marches énormes et inégales, en des puits creusés en plein soufre. Les étages superposés communiquent par de larges trous qui donnent de l’air aux plus profonds.
On étouffe, cependant, au bas de la descente ; on étouffe et on suffoque asphyxié par les émanations sulfureuses et par l’horrible chaleur d’étuve qui fait battre le cœur et couvre la peau de sueur. De temps en temps, on rencontre, gravissant le rude escalier, une troupe d’enfants chargés de corbeilles. Ils halètent et râlent, ces misérables gamins accablés sous la charge.
Ils ont dix ans, douze ans, et ils refont, quinze fois en un seul jour, l’abominable voyage, moyennant un sou par descente. Ils sont petits, maigres, jaunes, avec des yeux énormes et luisants, des figures fines aux lèvres minces qui montrent leurs dents, brillantes comme leurs regards. Cette exploitation révoltante de l’enfance est une des choses les plus pénibles qu’on puisse voir….+
Guy de Maupassant – La Vie errante : Sicile
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