Last Updated on 04/09/2026 – 07:59 by Frank César LOVISOLO
| Fontanile | Santo Stefano Belbo | Perletto |
Calamandrana |
|
|
|
La maire actuelle de Calamandrana s’appelle Giuseppina Lovisolo, ce qui confirme l’ancrage du nom de famille dans ce village. ![]() Frank e Franco Lovisolo a Calamandrana Les Lovisolo de CalamandranaC’est ici que le fil de l’histoire familiale rejoint celui du village. Le cimetière de Calamandrana porte, gravé sur nombre de ses pierres, le nom Lovisolo, signe d’un enracinement ancien de cette famille dans le territoire. La mairie elle-même est aujourd’hui dirigée par une Lovisolo, Giuseppina, preuve que ce patronyme continue de s’écrire dans l’histoire vivante du village autant que dans celle, silencieuse, de ses tombes. C’est au fil de mes recherches et de mes photographies dans le village que j’ai fait la rencontre de Franco Lovisolo, un habitant de Calamandrana portant le même nom que moi. Cette rencontre, née d’un simple hasard de patronyme partagé entre deux branches sans doute lointaines, mais peut-être communes, a donné une dimension particulière à mon travail photographique sur le village. Chaque pierre tombale, chaque façade, chaque ruelle prenant alors un sens différent : celui d’une possible origine, d’un fil renoué entre la France et ce coin du Piémont. ___________________________________________________ Localisation et données généralesCalamandrana (« Calamandran-a » en piémontais) est une commune italienne de la province d’Asti, dans la région Piémont. Elle se situe à environ 60 km au sud-est de Turin et 20 km au sud-est d’Asti, à 151 m d’altitude, pour une superficie de 12,79 km². La population était de 1 651 habitants, avec une densité de 130 habitants/km². Le gentilé est « Calamandranesi », et la commune est aujourd’hui dirigée par la maire Giuseppina Lovisolo. Le saint patron est San Bartolomeo, fêté à la mi-août. (Sources : Tuttitalia, PERcorsi CONdivisi, Amministrazioni Comunali) Géographie et communes limitrophesLe territoire comprend plusieurs noyaux habités, répartis entre deux zones : Calamandrana Alta, le plus ancien peuplement, et Calamandrana Bassa, liée au développement des voies de communication de plaine entre Nizza Monferrato et Canelli (route et voie ferrée). La commune est bordée par Canelli, Cassinasco, Castel Boglione, Nizza Monferrato, Rocchetta Palafea et San Marzano Oliveto. (Source : PERcorsi CONdivisi) Étymologie et originesLe nom « Calamandrana » proviendrait le plus vraisemblablement d’un chêne nain que l’on appelle en Piémont « calamandrina », les collines ayant autrefois été couvertes de boisements d’ormes et de chênes, certains atlas du XVIIIe siècle orthographient d’ailleurs le nom « Calamandrina ». Le territoire fut peuplé dans l’Antiquité par des populations d’origine celtique, les Ligures, vaincus vers 200 av. J.-C. par les Romains. La première mention du nom « Calamandrana » apparaît dans un document public de 1129, faisant référence à un « manso » (domaine) de ce territoire, donné par le châtelain Guglielmo, fils d’Amedeo, au monastère de Santa Maria près d’Acqui. (Source : Comune di Calamandrana) Histoire médiévaleLe territoire fut la possession de Bonifacio del Vasto, qui le céda aux San Marzano de Canelli, soumis à Alexandrie au début du XIIIe siècle. Lors de la bataille sanglante pour l’annexion au fief alexandrin, les habitants de Calamandrana abandonnèrent temporairement la plaine et se réfugièrent près de l’église de San Giovanni in Lanerio (fondée par la reine Théodelinde), où ils édifièrent le nouveau centre de Nizza della Paglia (l’actuelle Nizza Monferrato). La domination de Calamandrana repassa en 1232 à Asti sous l’action de Frédéric II, puis aux marquis du Monferrato, qui la concédèrent au marquisat d’Incisa ; en 1305, elle passa à la famille Asinari. Les vicissitudes du château, plusieurs fois détruit et reconstruit dès le XIIIe siècle, témoignent de son rôle stratégique. (Source : Comune di Calamandrana) PatrimoineLe village se divise entre le bourg haut, dominé par le château, et la partie de plaine. À voir notamment l’église de San Giovanni della Conche, construite en style gothique avec une abside romane remontant à l’an 1000. Calamandrana est également connue pour son marché de l’antiquité et ses caves historiques du Monferrato. (Sources : Tuttitalia, Paesionline) ÉconomieL’économie de la zone repose principalement sur la production viticole et œnologique, portée par de nombreuses exploitations spécialisées, en particulier dans la partie collinaire, où l’on produit du Barbera et des vins mousseux réputés. D’autres activités gravitent autour de la filière œnologique, de la mécanique et des services. (Source : PERcorsi CONdivisi) Une figure liée au village : Giulio Cesare CordaraCalamandrana est le village natal de Giulio Cesare Cordara (1704-1785), historien et écrivain. (Source : Wikipedia) Giulio Cesare Cordara, dit « l’Abate Cordara », est né le 16 décembre 1704 à Calamandrana, issu d’une famille noble originaire de Nice, les comtes Cordara di Calamandrana. Envoyé enfant à Rome, il entre chez les jésuites dès l’âge de quatorze ans, prononce ses vœux en 1720 et est ordonné prêtre en 1733. Il mène ensuite une brillante carrière d’enseignant dans plusieurs collèges de la Compagnie de Jésus (Viterbe, Fermo, Ancône, Macerata, puis le Collège romain), avant d’être nommé, en 1742, historiographe officiel de la Compagnie de Jésus. Grand habitué des salons de la haute noblesse romaine, proche des familles Orsini et Albani,, il devient aussi l’ami et le conseiller du pape Benoît XIV ainsi que des princes Stuart en exil. Il est également membre puis prince de l’Accademia degli Immobili d’Alexandrie. Homme de lettres autant qu’historien, Cordara écrivait en latin comme en italien, souvent sous des pseudonymes (Pameno Cassio, Lucio Settano). Son œuvre la plus marquante reste ses Commentarii (De suis ac suorum rebus… usque ad occasum Societatis Jesu), publiés à titre posthume en 1933, où il livre un tableau vivant de son époque. On lui doit aussi le poème satirique Il Fodero, écrit en 1763 au château de Calamandrana, évoquant, entre légendes et demi-vérités, les origines de Nizza Monferrato. Lors de la suppression de la Compagnie de Jésus en 1773 (bulle Dominus ac Redemptor de Clément XIV), Cordara, réduit à la vie séculière, se retire d’abord à Turin puis à Alexandrie, sa ville natale selon certaines sources (le château familial de Calamandrana selon d’autres), où il continue d’écrire malgré son âge avancé et la déception laissée par la dissolution de son ordre. Il y meurt le 6 mars 1785, à 80 ans, et repose dans la crypte de l’église Santi Alessandro e Carlo d’Alexandrie. Aujourd’hui encore, sa mémoire est entretenue à Calamandrana : la bibliothèque municipale et des associations locales y organisent régulièrement des rencontres consacrées à cette figure marquante du XVIIIe siècle italien. (Sources : Wikipédia, Comune di Calamandrana, Treccani, ATNews) Pour aller plus loin : Site officiel de la commune |

