Mila et le Chevalier de la Barre

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Mila si dorée et le Chevalier de la Barre

Armand Bloch – Monument au chevalier de la Barre (1906), Paris, square Nadar.
Bronze détruit en 1942.

Mila si dorée…

Rappel historique circonstancié.

Le 1er juillet 1766 à Abbeville, François-Jean Lefebvre de La Barre est exécuté pour blasphème et sacrilège après avoir subi la question ordinaire aux brodequins et quatre coins les quatre autres de la question extraordinaire lui ont été « épargné » afin qu’il puisse être conduit au supplice, avec, sur son dos, un panneau sur lequel est inscrit « impie, blasphémateur et sacrilège exécrable »1.

Déjà massacré, certainement harassé de mille souffrances, incapable de marcher, de penser, on obligea François-Jean à faire amende honorable. Il fut décapité puis brûlé accompagné du Dictionnaire philosophique de Voltaire cloué sur la poitrine.

Voilà pourquoi, à vingt ans, fût supplicié « … le chevalier de La Barre, petit-fils d’un lieutenant général des armées, jeune homme de beaucoup d’esprit et d’une grande espérance, mais ayant toute l’étourderie d’une jeunesse effrénée, fut convaincu d’avoir chanté des chansons impies, et même d’avoir passé devant une procession de capucins sans avoir ôté son chapeau… (cf. Voltaire Dictionnaire philosophique page 394 BNF) ».

Bien que le bouclier du contexte sera sans doute brandi, puérile défense, il me semble important de rappeler cette épouvantable affaire à Mesdames Nicole Belloubet et Ségolène Royal, pour ne citer qu’elles, puisqu’aujourd’hui, Mila, une jeune fille est menacée de mort pour avoir critiqué l’islam dans une vidéo diffusée sur Internet.

J’espère que nous tous prendrons conscience de la dangerosité de cette situation et, par le fait, de la menace qu’il pèse sur la liberté d’expression ainsi que de la laïcité dans notre pays des droits de l’homme et du citoyen.

 

Note:
1-Il fut réhabilité par la convention le 25 Brumaire AN II (15 novembre 1794).
2-Le chevalier François-Jean Lefebvre de La Barre, né le  au château de Férolles-en-Brie et mort le 

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Il serait certainement bon de lire:

Soumission le roman de politique-fiction, écrit par Michel Houellebecq, paru le  aux éditions Flammarion

Quatrième de couverture :
Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s’engage dans la carrière universitaire. peu motivé par l’enseignement, il s’attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu’à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve.
Le talent de l’auteur, sa force visionnaire nous entraînent sur un terrain ambigu et glissant ; son regard sur notre civilisation vieillissante fait coexister dans ce roman les intuitions poétiques, les effets comiques, une mélancolie fataliste. Ce livre est une saisissante fable politique et morale.

 

 

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2 Commentaires

  1. Bonjour Frank,
    Cette information a un intérêt mineur mais elle illustre à sa manière le rayonnement posthume de cet homme. J’ai vécu à deux pas de la rue du Chevalier de la Barre dans le 18ème arrondissement à Paris au pied de la butte Montmartre. Cette rue en forte pente était piétonne et était le lieu de rendez vous des gamins de l’école, puis de l’excellent collège Clignancourt à deux pas. Montmartre oblige, nous étions (presque) tous un peu “anarchisant” (sans bien savoir de quoi il s’agissait) et le Chevalier a été notre premier héros et c’est aux cris de blasphèmes bien plus insolents que ceux de Mila que nous descendions cette rue assis ou allongés sur des cartons. Cela me fait toujours chaud au cœur lorsque le nom du Chevalier est évoqué…
    Amicalement,
    Pierre

    • Merci, Pierre, d’avoir lu et répondu à cet article…
      Si j’ai écrit sur ce bon Chevalier c’est qu’après un petit sondage sournois, je me suis aperçu que mes zigotos estudiantins ne le connaissaient pas… Pas plus que la Boétie ( ou vaguement de nom ) et encore moins Lautréamont !
      Si fait, j’ai demandé aux apprenants de choisir un extrait, soit des Chants de Maldoror, soit du Discours de la servitude volontaire et de le dire, par le fait de l’enregistrer, puis l’illustrer musicalement ! Suis-je donc taquin ???
      Pugnace blasphémateur, j’ai pensé qu’il serait bon de rappeler un peu l’histoire, car curieusement, c’est celle de ce jeune homme qui m’est parvenue à l’esprit quand j’ai eu vent de l’affaire Mila….

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