La route du Mont Coudon, nuageuse, pluvieuse et brumeuse

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Mont Coudon – Georges Sand – Mont Coudon – Georges Sand – Mont Coudon – Georges Sand
Suggestion d’écoute :
De Rerum Natura
Mont Coudon,George Sand - Photographies - Frank César LOVISOLO - Je dois vous dire qu’avec cette pratique, la photo « intravéhiculaire », je profite dans ce cas de l’eau du ciel. Elle ruissèle sur le pare-brise et accentue la dimension dramatique de l’image. Un effet qui demeure long et fastidieux à obtenir avec un logiciel de retouche photographique. 
Osmophore - darwin - évolution - lovisolo

Mont Coudon – Georges Sand – Mont Coudon – Georges Sand

Le principe demeure simple !
Passager d’une automobile ou d’un train, il suffit, quand le paysage s’y prête, de le photographier.
C’est très amusant. Et il nous faut jouer en ces temps troublés.
L’art devient ainsi un terrain de jeu, une clairière positive dont il faut jouir et faire jouir*.
*Pour ce mot, il me semble qu’un retour au dictionnaire soit indispensable quant à l’appauvrissement de la langue française et de ses subtilités.

Les deux premières séries des «Paysages en Roulant» étaient en noir & blanc, celle-ci en couleur…

Mont Coudon,George Sand - Photographies - Frank César LOVISOLO - Je dois vous dire qu’avec cette pratique, la photo « intravéhiculaire », je profite dans ce cas de l’eau du ciel. Elle ruissèle sur le pare-brise et accentue la dimension dramatique de l’image. Un effet qui demeure long et fastidieux à obtenir avec un logiciel de retouche photographique. 

Mont Coudon,George Sand - Photographies - Frank César LOVISOLO - Je dois vous dire qu’avec cette pratique, la photo « intravéhiculaire », je profite dans ce cas de l’eau du ciel. Elle ruissèle sur le pare-brise et accentue la dimension dramatique de l’image. Un effet qui demeure long et fastidieux à obtenir avec un logiciel de retouche photographique. Avec, sise ma droite, Georges Sand

« Au premier abord, ce dôme de sombre verdure enveloppait tout ; mais en faisant le tour du parc, si l’on peut appeler parc une colline fruste, herbue, crevée de roches, et où rien n’adoucissait les caprices du sentier, on saisissait de tous côtés, à travers les tiges élancées des arbres, de magnifiques échappées de vue sur la mer, les golfes et les montagnes.

Au nord, une colline boisée que dépassait la cime plus éloignée du Coudon, une belle masse de calcaire blanc et nu brusquement coupée en coude, comme son nom semble l’indiquer ; à l’est, des côtes ocreuses et chaudes festonnées de vieux forts dans le style élégant de la Renaissance ; puis l’entrée de la petite rade de Toulon et quelques maisons de la ville… »

Mont Coudon,George Sand - Photographies - Frank César LOVISOLO - Je dois vous dire qu’avec cette pratique, la photo « intravéhiculaire », je profite dans ce cas de l’eau du ciel. Elle ruissèle sur le pare-brise et accentue la dimension dramatique de l’image. Un effet qui demeure long et fastidieux à obtenir avec un logiciel de retouche photographique. 

« Ce qu’il y avait de plus remarquable à Hyères, c’était précisément la vue des montagnes de Toulon, les deux grands massifs calcaires du Phare et du Coude, dont les profils sont admirables de hardiesse.
Vu de face, c’est-à-dire de la mer, le Pharon
(Faron) n’est qu’une masse grise absolument nue et aride, qui, par ses formes molles, ressemble à un gigantesque amas de cendres moutonnées par le vent ; mais les lignes du profil exposé à l’est sont splendides. Le Coudon est beau sur toutes ses faces.

Peu pressé de rentrer à Toulon, je résolus d’aller voir le pays du haut de cette montagne, qui est en somme la plus intéressante de la contrée.

Je retournai donc vers Toulon par la route qui vient de Nice, et que je quittai à la Valette.

Je m’enfonçai seul, à pied, dans la gorge qui sépare le Coudon du Pharon (Faron), et je commençai à monter le Coudon par une route de charrettes qui s’arrête au hameau de Turris (Tourris).

Le terrain de ces collines ne m’offrit aucun intérêt botanique.
J’en profitai pour contempler le défilé des blocs de calcaire traînés vers la vallée sur cette route très rapide par les plus forts chevaux et les plus forts mulets que j’aie jamais vus. »

Le Mont Coudon

Mont Coudon,George Sand - Photographies - Frank César LOVISOLO - Je dois vous dire qu’avec cette pratique, la photo « intravéhiculaire », je profite dans ce cas de l’eau du ciel. Elle ruissèle sur le pare-brise et accentue la dimension dramatique de l’image. Un effet qui demeure long et fastidieux à obtenir avec un logiciel de retouche photographique. 

« …Je marchai dans la direction de la voix, et vis mon vieux charbonnier qui courait les bras étendus vers la cime, parlant haut, gesticulant et comme en proie à une sorte de vertige.… Je le perdis de vue, et gagnai enfin avec quelque fatigue le sommet à angle presque droit de la montagne.

C’est, après tout, une promenade qui n’est pas exorbitante, d’autant plus qu’on peut la faire en grande partie à dos de quadrupède, et je la conseille à tous les amants de la nature pittoresque.

La grande masse, brusquement coupée, ne plonge pas dans la mer : une vaste plaine et des falaises l’en séparent ; mais elle est assez élevée pour dominer toutes les hauteurs environnantes et pour que la vue embrasse tout, le littoral de Marseille jusqu’à Nice. Les Alpes montrent leurs cimes neigeuses à l’horizon est, et on y distingue à l’œil nu les fortes brisures du col de Tende.

Mais ce n’est pas l’étendue qui fait, selon moi, la beauté d’un tableau, c’est la composition, et celui-ci est un des mieux composés que j’aie vus. Ces rives austères, hardiment festonnées de la région toulonnaise, ne paraissent pas de petits accidents en face de la mer incommensurable, car ces festons sont des golfes et des rades d’une étendue majestueuse et d’une grâce de contours parfaite.

Leur grâce a cela de particulier qu’elle n’est jamais empreinte de mollesse : partout des falaises puissantes font ressortir les plages adoucies, et partout le dessin trouve le moyen d’être imprévu en restant logique.

Il était huit heures du soir. Le soleil couchant abreuvait de ses splendeurs la mer et le continent.… »

Mont Coudon,George Sand - Photographies - Frank César LOVISOLO - Je dois vous dire qu’avec cette pratique, la photo « intravéhiculaire », je profite dans ce cas de l’eau du ciel. Elle ruissèle sur le pare-brise et accentue la dimension dramatique de l’image. Un effet qui demeure long et fastidieux à obtenir avec un logiciel de retouche photographique. 

Mont Coudon - Nozal, Alexandre (n.1852-08-07 - d.1929), Carnet à dessins n°6 (Titre principal), 1904-05. Aquarelle, crayon graphite et encre sur papier. Couverture en toile beige. Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.

Nozal Alexandre Le Mont Coudon (1905-1906) – La Garde au premier Plan

« Il était huit heures du soir. Le soleil couchant abreuvait de ses splendeurs la mer et le continent. Quand j’eus savouré ce spectacle, je me retournai pour voir l’aride Provence dans l’intérieur des terres. Je ne vis par là que chaînes dénudées se perdant à l’horizon en lignes sombres, quelques-unes si droites qu’on les eût prises pour des murailles sans fin. Ce sont ces hauteurs stériles, complètement inhabitées sur une étendue de dix à douze lieues, que dans le pays on appelle proprement le désert.


Entre ces désolantes masses et moi, les reflets du couchant s’éteignaient rapidement sur de larges abîmes de verdure coupés de collines fertiles et d’accidents calcaires fort étranges, sur des cirques de monticules coniques portant ou semblant porter un ou plusieurs cônes plus élevés au centre, mais tout cela sur une grande échelle, reposant sur des plateaux très vastes, et renfermant des lits de torrents, des gouffres, des vallons profondément creusés, et des cultures ondoyantes ou des abîmes impénétrables.

Il n’y a pas de grandes élévations en Provence : le Coudon lui-même n’est qu’une montagne de troisième ordre ; mais le dessin de ces aspérités est toujours fier et large. Le laid même, car il y a de très laides régions, n’a rien d’étroit et de mesquin.
Je jetais un dernier regard sur le panorama maritime, quand je me rappelai que de Tamaris Mme la marquise d’Elmeval* regardait tous les soirs au coucher du soleil la cime où je me trouvais. Je l’avais regardée avec elle une fois justement à l’heure où le pic recevait le reflet rose vif du couchant.

Nous l’avions vu devenir couleur d’ambre, puis d’un lilas pur, et enfin d’un gris de perle satiné à mesure que le soleil descendait derrière nous dans la mer. La colline Caire, avec son bois de pins et de lièges noirâtres, servait de repoussoir à cette illumination chatoyante.


L’idée me vint naturellement qu’à ce moment même la marquise consultait le temps pour sa promenade du lendemain, en regardant si le sommet du Coudon était clair, et comme j’étais dans des flots de lumière pure, si par hasard elle se servait de la longue vue, elle pouvait distinguer un imperceptible point noir sur les masses blanches de la cime. »

*La marquise d’Elmeval est un personnage de fiction créé par George Sand dans son roman Tamaris (1862).
Femme cultivée, sensible et observatrice. Elle séjourne à Tamaris, près de Toulon, pour des raisons de santé, thème fréquent au XIXᵉ siècle.
Elle incarne une figure de contemplation, de repli intérieur et de réflexion morale, très proche de l’univers sandien.
Historiquement elle n’a pas existé 
Cependant, comme souvent chez George Sand, le personnage peut être inspiré de rencontres réelles, de figures féminines sensibles ou même de l’autrice elle-même, tant par sa sensibilité à la nature que par sa réflexion intérieure.
Mont Coudon,George Sand - Photographies - Frank César LOVISOLO - Je dois vous dire qu’avec cette pratique, la photo « intravéhiculaire », je profite dans ce cas de l’eau du ciel. Elle ruissèle sur le pare-brise et accentue la dimension dramatique de l’image. Un effet qui demeure long et fastidieux à obtenir avec un logiciel de retouche photographique. 
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Notes

Le Mont Coudon, culminant à environ 700 mètres d’altitude, est l’un des reliefs les plus emblématiques qui dominent l’agglomération de Toulon et de La Valette-du-Var. Visible de loin, il s’impose comme une sentinelle naturelle entre la mer Méditerranée et l’arrière-pays varois.

Recouvert en grande partie de garrigue provençale, le mont Coudon offre un paysage typique du Sud : pins d’Alep, chênes verts, thym et romarin parfument les sentiers qui serpentent jusqu’à ses sommets. La faune y est discrète mais bien présente, avec de nombreux oiseaux, des lézards et parfois des sangliers.

Lieu apprécié des randonneurs et des amateurs de nature, le Coudon propose plusieurs itinéraires, dont l’ascension mène à un point de vue exceptionnel. Par temps clair, le panorama embrasse toute la rade de Toulon, les îles d’Hyères, le massif de la Sainte-Baume et parfois même les Alpes du Sud.

Au-delà de son intérêt paysager, le mont Coudon joue aussi un rôle important dans la mémoire locale. Il fait partie de l’identité visuelle de Toulon et constitue un espace de respiration essentiel pour les habitants, entre ville et nature. À la fois sauvage et accessible, le mont Coudon incarne parfaitement l’équilibre provençal entre relief, lumière et Méditerranée.

 
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