Just One Red – Poésie picturale

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Poésie picturale – Éleusis
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Poésie picturale,Éleusis - Archives Photos - Frank César LOVISOLO - -
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 Poésie picturale minimaliste
où, seul pour une image, compte le temps et le lieu….

Poésie picturale

Aux alentours d’Éleusis

Selon l’antique légende, la cité fut unie à Athènes lors du synœcisme accompli par Thésée, comme si un même souffle avait rassemblé les demeures éparses sous l’autorité d’un destin commun. Mais l’Histoire, plus discrète que le mythe, murmure un autre récit : ce ne serait qu’à la fin du VIIIe siècle ou à l’aube du VIIe siècle avant notre ère que s’opéra véritablement ce rattachement, dans la lente maturation des cités grecques.

Lorsque déferlèrent les guerres médiques, en 480-479 avant notre ère, la fureur des armées de Xerxès Ier s’abattit sur la ville. Les pierres furent renversées, les foyers éteints, et le temple de Déméter livré aux flammes, comme si la terre elle-même, blessée, voyait son sanctuaire profané. Plus tard, durant la guerre du Péloponnèse, l’Attique envahie par le roi Pleistoanax connut à nouveau le tumulte, et la cité fut meurtrie par les soubresauts des ambitions humaines.

Pourtant, son sanctuaire rayonnait d’une gloire singulière : ses mystères attiraient les âmes en quête d’initiation et d’espérance. Après la tyrannie des Trente à Athènes, les exilés trouvèrent refuge à Éleusis, comme si ses murs gardaient encore l’ombre sacrée d’une protection divine.

Longtemps, la paix rendit à la ville la douceur des saisons. Mais au IIe siècle de notre ère, lorsque la pression des peuples dits barbares s’intensifia aux frontières de l’Empire, la convoitise guerrière ressurgit. Vers 170, les Costoboces la pillèrent ; l’empereur Marc Aurèle contribua à relever son sanctuaire, offrant à ses ruines une seconde respiration. Enfin, en 395 après J.-C., les Wisigoths d’Alaric Ier la réduisirent en cendres, scellant dans la poussière la fin d’un monde ancien.

Aujourd’hui encore, la cité porte en elle les strates de son histoire. Une part de sa population moderne parle l’arvanite, écho vivant des migrations passées. Au XXe siècle, Éleusis est devenue l’une des grandes communes de la banlieue nord d’Athènes : ses raffineries dressent leurs silhouettes d’acier, ses industries lourdes et ses chantiers navals battent au rythme du travail, et ses commerces étendent leur influence sur les villes voisines. Ainsi, sur les ruines des mystères antiques, s’élève une cité nouvelle, où la mémoire sacrée se mêle au fracas du monde moderne.

Au crépuscule des siècles, Éleusis demeure, telle une braise sous la cendre. Ses pierres, tant de fois renversées, portent encore l’empreinte des pas anciens; ses vents murmurent les noms oubliés des initiés qui, dans la nuit sacrée, cherchaient une promesse d’éternité. Les dieux se sont tus, les empires se sont effondrés, et pourtant la terre en garde la mémoire.

Car une cité ne meurt jamais tout à fait. Elle change de visage, d’espérance et de langage. Là où s’élevaient les hymnes à Déméter résonne désormais le fracas des machines ; aux processions mystiques ont succédé les convois d’acier et les lueurs industrielles. Mais sous l’asphalte et la fumée, sous le rythme moderne des jours, palpite encore l’âme antique.

Éleusis est de ces lieux où le temps ne s’écoule pas : il s’accumule. Chaque époque y dépose sa couche de lumière et d’ombre, et l’homme qui s’y attarde peut sentir, dans le silence d’un soir, la profondeur d’une mémoire plus vaste que lui. Ainsi la cité, blessée mille fois et mille fois relevée, enseigne la leçon la plus ancienne : tout s’efface, mais rien ne disparaît tout à fait.


Chronologiedes principaux événements de l’histoire d’Éleusis :


Antiquité grecque

Époque mythique : Rattachement légendaire à Athènes lors du synœcisme attribué à Thésée.
Fin du VIIIe – début du VIIe siècle av. J.-C. : Rattachement historique probable d’Éleusis à Athènes.
480-479 av. J.-C. (Guerres médiques) : Destruction de la ville par les armées de Xerxès Ier ; incendie du temple de Déméter.
431-404 av. J.-C. (guerre du Péloponnèse) : Nouvelle dévastation lors de l’invasion de l’Attique par le roi spartiate Pleistoanax.
404-403 av. J.-C. : Après la tyrannie des Trente à Athènes, les oligarques se réfugient à Éleusis.

Époque romaine

Vers 170 ap. J.-C. : Pillage de la ville par les Costoboces, dans un contexte de pressions barbares sur l’Empire romain.
IIe siècle ap. J.-C. : L’empereur Marc Aurèle contribue à la restauration du sanctuaire.
395 ap. J.-C. : Destruction d’Éleusis par les Wisigoths conduits par Alaric Ier.

Époque moderne et contemporaine

Période moderne : Présence d’une population grecque de langue arvanite.
XXe siècle : Transformation d’Éleusis en important centre industriel de la banlieue nord d’Athènes (raffineries, industries lourdes, chantiers navals, activités commerciales).

[documentation : Wikipedia]

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