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Bilan écologique : focus sur la santé publiqueSituée à l’ouest de Marseille, la ville constitue l’un des principaux pôles industrialo-portuaires français. Intégrée au complexe du Grand Port Maritime de Marseille, la commune accueille depuis les années 1960 des raffineries, des dépôts pétroliers, des installations sidérurgiques et des unités de chimie lourde. Cette concentration d’activités a profondément transformé le territoire, autrefois composé de zones humides méditerranéennes, de lagunes et de milieux littoraux riches en biodiversité. Un territoire écologiquement contrastéLe golfe de Fos et les espaces proches de la Camargue présentent une biodiversité remarquable : roselières, sansouïres, étangs et pelouses méditerranéennes abritent de nombreuses espèces d’oiseaux (flamants roses, hérons, sternes), des poissons lagunaires et une flore halophile adaptée aux milieux salins. Certaines zones bénéficient de statuts de protection (Natura 2000).
Cependant, l’industrialisation massive a entraîné : une fragmentation des habitats naturels ; une artificialisation importante des sols ; une contamination chronique de certains compartiments environnementaux (air, eau, sols).
Ainsi, le territoire présente un paradoxe : une biodiversité localement riche mais insérée dans l’un des environnements industriels les plus denses d’Europe du Sud.
Pollution atmosphérique et enjeux sanitairesLe principal enjeu de santé publique concerne la qualité de l’air. Les installations industrielles émettent :
dioxyde de soufre (SO₂)
oxydes d’azote (NOx)
particules fines (PM10, PM2.5)
composés organiques volatils (COV), dont le benzène
métaux lourds
L’exposition chronique à ces polluants est associée, dans la littérature scientifique, à :
une augmentation des maladies respiratoires (asthme, bronchites chroniques)
des pathologies cardiovasculaires
certains cancers (notamment liés aux hydrocarbures aromatiques polycycliques et au benzène)
des troubles irritatifs (yeux, gorge, peau)
Plusieurs études locales ont mis en évidence une prévalence élevée de pathologies respiratoires et de maladies chroniques chez les habitants comparativement à des zones moins industrialisées de la région. Bien qu’il soit complexe d’établir un lien de causalité direct pour chaque pathologie, le cumul d’expositions environnementales constitue un facteur de risque reconnu.
Pollution de l’eau et des solsLes rejets industriels et les activités portuaires ont également affecté : les sédiments du golfe de Fos (hydrocarbures, métaux lourds), certaines nappes et sols industriels.
Ces contaminations peuvent engendrer : une bioaccumulation dans la chaîne alimentaire marine ; des restrictions de pêche ponctuelles ; un risque d’exposition indirecte pour les populations locales.
Les friches industrielles représentent par ailleurs un défi en matière de reconversion et de dépollution.
Inégalités environnementales et socialesCe cas illustre une problématique d’inégalités environnementales : les populations résidant à proximité immédiate des sites industriels subissent davantage les nuisances (odeurs, bruit, pollution), alors même que l’activité industrielle constitue un pilier économique local majeur en termes d’emplois. Cette tension entre développement économique et protection de la santé publique alimente depuis plusieurs années des débats citoyens et institutionnels. Perspectives et transitionDes dispositifs de surveillance environnementale renforcés ont été mis en place (mesures de qualité de l’air, études sanitaires, suivi des émissions industrielles). Par ailleurs, des projets liés à la transition énergétique (hydrogène, captage et stockage du carbone, décarbonation industrielle) sont en développement sur la zone portuaire. Toutefois, la transition reste progressive, et l’héritage industriel continue de peser sur la santé et l’environnement.
Fos-sur-Mer représente un territoire emblématique des défis contemporains du développement industriel : coexistence d’une biodiversité fragile et d’un complexe pétrochimique majeur, exposition chronique des populations à des polluants atmosphériques et tensions entre impératifs économiques et exigences sanitaires. L’enjeu central pour les décennies à venir réside dans la réduction effective des émissions industrielles, la dépollution des milieux impactés et l’intégration prioritaire de la santé publique dans les politiques d’aménagement du territoire. |


La Commission nationale du débat public a décidé d’organiser deux débats publics relatifs à la création d’un terminal méthanier (FosFaster, joint-venture entre le néerlandais Vopak et Shell) et à la prolongation de l’exploitation de l’actuel terminal méthanier à FosTonkin (Elengy, filiale de GDF-Suez). Ces débats sont confiés à deux Commissions Particulières du Débat Public (CPDP), toutes deux présidées par Antoine Dubout et coordonnées par Frédéric Aucher, secrétaire général.











Difficile de trouver de la poésie dans ces ouvrages cependant humains, « trop humains ». Pourtant, ces images émeuvent.
Merci !!!!