En compagnie d’Antonin Artaud – Conférences / vidéo-performance musicale

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ComGris

Quant à l’affiche, il aurait été dommage de laisser ce texte dans un tiroir…

Merci Patrick !

En compagnie d’Antonin Artaud - Conférences / vidéo-performance musicale - Antonin Artaud - Antonin Artaud - Patrick Hubner - Vanessa Saint-Martin - Hervé Zénouda - Université de ToulonCher Frank,
Chers toutes et tous,

     Merci à Vanessa d’avoir donné des éléments de correction ou de normalisation typographique pour l’affiche. Demeure l’interrogation restée en suspens sur le statut de Dieu majuscule du monothéisme ou dieu minuscule du Crépuscule des Idoles. Perplexe sur la forme des mots dans la transcription imprimée de l’émission radiophonique, j’ai fait une recherche complémentaire en vue de la première intervention avant le spectacle.

Voilà ce que donne la sixième page d’un fac similé d’une édition princeps transcrivant le cri de révolte d’Artaud (source Gallica de la B.N.F.). On est bien dans l’aléatoire typographique des minuscules ou des majuscules d’imprimerie.

Cela me rappelle les numéros de la Révolution surréaliste initiée par Breton à partir de début 1925 il y a un siècle jusqu’à 1929 et à laquelle avait d’abord participé Artaud avant sa rupture définitive avec le Pape du surréalisme en 1930. Bref il faudrait intégrer ce jeu typographique sur le titre dans l’affiche car cela fait partie de la grande opération de déconstruction de la littérature et des arts dans l’entre deux guerres.

Antonin Artaud en 1926

Antonin Artaud en 1926

On la trouve dans les Calligrammes d’Apollinaire jusqu’aux textes poétiques imprimés et en prose de Reverdy. C’est un jeu constant sur la taille et le style des caractères conjugués avec l’importance accrue des blancs typographiques. On retrouve ces opérations typographiques dans les poèmes intégrés dans le pamphlet comme le Rite du Soleil Noir. Ce serait donc judicieux d’en tenir compte sur l’affiche, il faut insister, loin des codes normés des pratiques éditoriales universitaires et des tapuscrits, de ce conformisme que déteste l’acteur poète dans sa révolte.

Avec en amont la Lettre aux Recteurs des Universités européennes, lettre collective du groupe surréaliste parue en Avril 1925, il y aura cent ans jour pour jour lors du prochain événement, et inspirée / conspirée par Artaud lui même. Dire que j’étais tombé dessus par hasard en option à un écrit de concours après un programme sur le recueil poétique de Clair de Terre de Breton. Sans savoir qu’un demi siècle plus tard j’aurais à remettre ça. C’est le miroir qui revient.

     C’est que le corps du texte est aussi démembré par le praticien de la Cruauté, physique et métaphysique. Ce pourrait être une autre version des Prolégomènes à toute métaphysique future selon Artaud, pour sourire un peu. L’affiche et la première intervention seraient une bonne introduction à la problématique initiale du corps sans organes. 

Risquée par Artaud et théorisée par Deleuze dans la mutation du corps [an]atomique, elle annonce la somme inachevée de l’A – Théologie de Bataille. Bref je profite de cette petite recherche en vue de l’affiche pour inaugurer une possible introduction sous forme de cuistrerie iconoclaste, autre face de la schizophrénie révoltée du Théâtre et son Double. Et pour conclure dans un grand éclat de rire loin des conventions de l’Institution et sans se prendre finalement trop au sérieux. Que la Fête commence !

                                        POUR EN
                                        FINIR   avec le
                                        jugement   DE 
                                        DIEU par Artaud

 

Bon courage pour ce casse tête typographique, pas moins de 4 tailles différentes de caractères avec des problèmes d’interlignage et d’alignement pas bien résolus sur le rectangle de la page. Indispensable pour respecter l’ambivalence de la partition initiale du texte autour de DIEU qui interroge. Et aussi pour ne pas trahir l’esprit post surréaliste de l’édition imprimée chez K Editeur à Paris en 1948.

Car on ne peut pas jouer en majeur une partition en mineur avec ses altérations harmoniques ici typographiques.
Un  clin d’œil amical à Frank notre compositeur qui fait aussi un travail d’artiste graphiste.
L’affiche est déjà tout un programme et c’est un détail de taille que ce titre énigmatique autour de Dieu / dieu, double comme Janus !
D’ailleurs comme a pu l’écrire Blanchot à propos du Château de Kafka, Dieu est mort mais il a pris une revanche impressionnante

Patrick Hubner.

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