Les Danseurs du Chemin des Dames – Vidéo

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Chemin des Dames

En vous souhaitant, avec trois secondes de retard, un bon solstice d’hiver 2017 (16h27mn57s UTC)
ComGris
 
Avant tout le silence…
…puis l‘industrialisation du sacrifice humain.
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Sur le texte et la musique:
Cécile Périn est dite par Ingrid Tedschi  et «Croix de Bois» par les étudiants NTS d’Ingémédia Groupe B de l’université de Toulon année 2017-18.

 C’est une danse, une danse de lutte à vie pour semer la mort et la semer, une danse avec les camarades et la camarde. Une danse sur le tempo du patriotisme au ton de l’héroïsme sur fond de boucherisme. Les orchestres se font face mais les chefs à la cravache sont eux bien à l’abris risquant tout au plus une chaude pisse qu’un éclat d’obus.
Quand le feu et le bruit ont fait leurs vendanges et se sont repus de bras et de jambes il vient l’obusite. Le «shell shock», bien avant le rock, une autre danse commence et il sera difficile d’inviter tant les visages sont ravagés et les âmes brisées.
Pourtant, loin, dans les salons les valses sans balles et ne s’arrêtent jamais et on punit les mauvais danseurs, ceux qui n’aiment pas le rythme imposé. Deux mille quatre cents danseurs condamnés à mort et environ six cents fusillés pour l’exemple, condamnés certainement pour un excessif instinct de conservation…  
«L’instinct de conservation se rebelle contre la guerre» disait un psychiatre allemand dont le nom ne nous est pas parvenu…
 
Neuf millions sept cent mille danseurs vont mourir pour cette infâme chorégraphie ainsi que huit millions neuf cent mille spectateurs involontaires ou indirectement complices d’un hallucinant spectacle engendré par la criminelle impéritie de dirigeants qui, finalement, n’auront jamais vu ce spectacle dont ils se sont si souvent vantés dans les salons et enorgueillis dans les défilés. 
 

 Il y a dans toutes les ville de France un monument où sont inscrit les morts au combat. Il en va de même pour le petit village de Comps-sur-Artuby est une commune française située au nord dans le département du Var. A cette époque c’était un petit village, 584 personnes en 1911, sur la stèle on dénombre 35 personnes à qui on a salement volé la vie. C’est beaucoup pour un petit village.

Tout comme Baptistin Joseph David Magnan dit Lili des Bellons l’ami d’enfance de Marcel Pagnol tombé au front «…en 1917, dans une noire couverture baïonnette Pinard 1916forêt du Nord, une balle en plein front avait tranché sa jeune vie, et il était tombé sous la pluie, sur des touffes de plantes froides dont il ne savait pas les noms…»

Tous ces pauvres gens arrachés à leur terre et leur famille à qui l’on a usurpé le patriotisme pour un conflit qui n’était pas le leur mais celui d’imbéciles bien à l’abris dans leurs minables grandeurs.

La plupart n’ont jamais vraiment su pourquoi on les a envoyé souffrir là-bas où seule la mort n’était pas un mensonge.

Certainement, un milliard d’obus ont été tirés durant ce conflit dont quinze pour-cent n’ont pas éclaté cependant ils continuent d’exploser lentement et silencieusement polluant pour longtemps les sols et les eaux.

Quand il s’agit de détruire c’est fou ce que le capitalisme arrive à générer comme argent… Mortifère non???


 
Poètes et poésies
Il manque quelques images si vous les trouvez je serai heureux de les incorporer
  Cécile Périn  
Les Femmes de tous les pays 
 
Les femmes de tous les pays,
A quoi songent -elles, muettes ?
Celles à qui la guerre a pris
Le bonheur? Les femmes qui guettent …
Les femmes de tous les pays,
O complices  inconscientes ,
Vous étouffez  encor  vos cris,
Vous êtes là, comme en attente.
Les femmes de tous les pays,
La voix meurt donc dans votre gorge ,
Quand ce sont vos hommes, vos fils,
Que l’on mutile  ou qui s’égorgent ?
 
  Guillaume Apollinaire  
Si je mourais là-bas…
 
Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur
Et puis ce souvenir éclaté dans l’espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l’étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l’espace
Comme font les fruits d’or autour de Baratier
Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants
Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l’onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L’amant serait plus fort dans ton corps écarté
Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie
– Souviens-t ‘en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur –
Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie
Ô mon unique amour et ma grande folie
 
30 janvier 1915, Nîmes.
 

  Marc de Larréguy de Civrieux  
Mes Ennemis
 
Ce n’est, certes pas vous ! ô soldats étrangers !
Que séparent les monts, les forêts ou les fleuves,
Vous qui fraternisez dans les mêmes épreuves,
Laissant derrière vous orphelins, parents, veuves…
Lorsque vous succombez après d’affreux dangers !
Pendant que nos tyrans convoitent des lambeaux,
Dans l’Etat de la Mort il n’est nulles frontières…
Nous gisons, côte à côte, aux mêmes cimetières,
Après avoir lutté pendant des nuits entières
Pour conquérir la Paix au fond de nos tombeaux !
Mes ennemis ? c’est vous ! gouvernants timorés,
Qui prenez sans péril une pose de gloire,
Et, dans cette moisson sanglante de l’Histoire,
Ne songez qu’à vous seuls en parlant de victoire
O vous, dont les vertus sont des vices dorés !
Vous qui poussez au meurtre et nous assassinez !
–Hypocrites dévots au cœur de frénésie !
Je voudrais démasquer toutes vos hérésies
Et faire palpiter –parmi mes poésies–
La vengeance de ceux que vous avez damnés !
 
7-9 février 1916 (au front)
 

  René Arcos  
Les Morts…
 
Le vent fait flotter
Du même côté
Les voiles des veuves
Et les pleurs  mêlés
Des mille douleurs
Vont au même fleuve .
Serrés  les uns contre les autres
Les morts sans haine et sans drapeau,
Cheveux plaqués  de sang caillé ,
Les morts sont tous d’un seul côté.
Dans l’argile  unique où s’allie sans fin
Au monde qui meurt celui qui commence
Les morts fraternels  tempe  contre tempe
Expient  aujourd’hui la même défaite .
Heurtez-vous , ô fils divisés!
Et déchirez l’Humanité
En vains  lambeaux  de territoires,
Les morts sont tous d’un seul côté.
Car sous la terre il n’y a plus
Qu’une patrie et qu’un espoir
Comme il n’y a pour l’Univers
Qu’un combat et qu’une victoire.


A propos de Cécile Périn 
Consulter “Les Muses Françaises”
 
 
  Eugène Dabit  
dabit eugene
Poème
 
J’ai été soldat à dix-huit ans
Quelle misère
De faire la guerre
Quand on est un enfant.
De vivre dans un trou
Contre terre
Poursuivi comme un fou
Par la guerre.
J’usais mon cœur
Aux carrefours crucifiés
Oh mourir dans la plaine
Au soir d’une sale journée.
J’ai connu des cris,
La haine
Des souffrances longues comme une semaine.
La faim, le froid, l’ennui.
Trois années ivres de démence
Plus lourdes à porter qu’un crime
Ma jeunesse est morte en France
Un jour de désespérance.
Tous mes amis ont péri
L’un après l’autre
En quelque lieu maudit
Est notre amour enseveli.
Défunt Lequel le parisien,
Masse et Guillaumin d’Amiens,
Pignatel dit le marseillais
Tous endormis à jamais.
On les a jetés dans un trou
N’importe où
D’en parler mon cœur saigne
Ah que la mort est cruelle
Mon Dieu était-ce la peine
De tant souffrir.
Las je reviens humble et nu
Comme un inconnu,
Sans joie sans honneur
Avec ma douleur
Les yeux brûlés
D’avoir trop pleuré
Pour mes frères malheureux
A ceux qui sont aux cieux
Contre la guerre
A ma mère
Adieu
 
Écrit pendant la guerre 

  Marcel Lebarbier  
Réponse
Saigne, Lebarbier, c’est la gloire, —
On te l’a dit
“Tout juste un peu de sang pour honorer la victoire,”
Ce n’est pas cher, à ce prix.
Les brancardiers vont t’emporter dans la nuit noire,
Trébuchant, s’engueulant,
Les balles perdues vont te faire escorte,
La pluie va te morfondre avec entêtement ;
C’est la gloire.
L’hôpital. On te pompera de l’éther à pleine bouche
Et tu sombreras, tête affolée,
Dans un vertige vrombissant …
Puis le réveil et ses nausées…
C’est la gloire, c’est la gloire.
Monsieur l’Major viendra panser tes plaies,
Crispations, saccades apeurées …
–Ainsi quand on serre les fesses —
Ça, Lebarbier, c’est la gloire qui te caresse.
Et de temps en temps, impotent dans ton lit,
Tu demanderas d’une voix timide
Qu’on te mette à faire caca ou pipi ;
C’est pour honorer la victoire.
 

  Claude Salives  
Croix de bois
 
Croix de bois
Plantées là !
Champ de croix…
Champ d’effroi s’étendant jusqu’au lointain souvenir
De la paix entre les peuples.
Croix de bois ! croix de bois !…
Tant d’amour perdu, perdu !
Tant d’espoirs abattus en plein vol !
Tant de belles possibilités à jamais, à jamais écartées !
Croix de bois !…
A tant de pages inachevées, ce brutal parafe !…
Croix, croix de bois !…
Fin prématurée du voyage…
Fin des satisfactions du corps et des biens de l’esprit ;
Fin du chaud rayonnement de ces cœurs ;
Fin des caresses de l’affection pour ces cœurs ;
Fin de la part de bonté, de joie à donner et à prendre ;
Fin de la douce présence auprès des aimés ;
Fin des efforts, des pensées, des contemplations, des émois,
des ferveurs  pour tous ces ensevelis ;
Fin prématurée du voyage…
Croix de bois ! croix de bois !…
Tous ces bras écartés barrant le chemin à la vie !…
Ici va, va s’étendant la contrée morne du silence,
Le gris domaine de la mort,
De la mort usurpant les terres de la vie.
Croix, croix, litanie de croix!
Chacun son trou. Chacun sa croix.
Tout le monde y a droit !
Sacrifiés, sacrifiés, défendez bien vos cimetières !
 
 
Septembre, 1917
 
 
 
 

La Guerre - Marcel Gromaire
La Guerre – Marcel Gromaire

  Lucien Jacques  
Le Noyé
 
A ceux de mon escouade 
 
Le noyé qui gît là dans l’herbe de la berge,
N’ayant plus rien d’humain qu’une main non rongée
Où luit un anneau d’or,
poussé  du pied par vous avec haine et dégoût
ainsi  que la charogne  d’une bête mauvaise,
parce qu’il est vêtu d’un dolman  ennemi
était pourtant un homme–un homme–un tout jeune homme
nourri  d’air, de soleil, d’amour, tout comme vous.
Peut-être que chez lui vivait sa douce mère,
sûrement son épouse, peut-être des enfants!
Songez, quelle agonie angoissée  loin des siens
il dut  avoir, blessé, dans l’ombre de la nuit
et l’eau froide et profonde.
Qu’une pensée humaine au moins soit son linceul .
 
Écrit au front en 1914
 

  Jean-Michel Renaitour  
“Le Moral est bon !”
 
Quand on dit : “Le moral est bon,” cela m’effraie.
C’est que je les connais, les troupes de là-bas
Je sais comment peut s’affirmer dans leurs combats
La bestialité de l’homme, toujours vraie.
O vaines lois des Conférences de La Haye,
Quand “le moral est bon”, votre prestige est bas,
Le cœur lui-même alors abdique s’il n’est pas
Le creuset où la haine implacable se crée.
Quand “le moral est bon,” on frappe, on tue, on n’a
D’ivresse et de vertu que dans l’assassinat,
Dans la rapacité, dans la sauvagerie.
Moi, je tremble et frémis quand “le moral est bon» ;
Cars alors chacun marche, agit, s’entraîne et crie,
Mais pour se battre mieux s’interdit la Raison.
 

1915


  Alfred Varella  
Chanson du Gars qui se refuse
I
Ah! voilà tant  de mois et tant d’ans
que, dos courbé, les yeux ardents ,
les poings fermés , la haine aux dents,
je vais et m’use ;
Ah! voilà tant de mois et tant d’ans
qu’aujourd’hui, j’entends crier dans
ma cervelle  ces mots stridents ;
“Je me refuse !”
II
Je me refuse à vos raisons,
à vos chants, à vos oraisons
rappelant trop vos trahisons ,
vous que j’accuse!
Je me refuse à vos raisons,
qui laissent grandes les prisons
ouvertes sur nos horizons…
“Je me refuse!”
III
Je me refuse à vos drapeaux,
à vos tragiques oripeaux ,
à vos bannières  pour troupeaux
que l’on méduse !
Je me refuse à vos drapeaux,
à vos étoffes en lambeaux
qui font du vent…sur nos tombeaux…
“Je me refuse!”
IV
Je me refuse à vos palais,
à vos monuments–beaux ou laids–
qui semblent lourds et maigrelets
à notre Muse…
Je me refuse à vos palais,
où grouillent , nains et gringalets ,
les pouvoirs chétifs  des Valets…
“Je me refuse!”
V
Je me refuse à vos autels ,
à vos Apôtres  immortels,
à vos Saints pour chambres d’hôtels
où l’on s’amuse!
Je me refuse à vos autels,
à vos dieux menteurs  qui sont tels
que les veaux d’or  sacramentels ….
“Je me refuse!”
VI
Je me refuse à vos bouquins ,
à vos Ecrits pour arlequins ,
signés de la main de faquins
sans une excuse…
Je me refuse à vos bouquins,
à vos cuirs , à vos maroquins
–cléricaux  ou républicains–
“Je me refuse!”
 
mai 1919
 
 
 
 
 
 

Édouard Vuillard - L'interrogatoire du prisonnier
Édouard Vuillard – L’interrogatoire du prisonnier
 


Hypertextes
 
 Un courrier de soldat

Dimanche, le 15 avril 1917, 13 heures,
En attendant la bataille.

Bien Chers Parents,

Je ne puis savoir ce qui va en advenir. Je vous fais cette petite lettre avant de partir au combat qui, j’espère, sera des plus bénins. Mais toute fois que sur mon corps on découvre cette petite missive et qu’elle vous parvienne, prenez-la pour un salut que votre fils et frère vous fait avant d’affronter le danger, et qu’elle vous soit un puissant réconfort, car j’y mets un peu de tout moi-même.
Ce matin j’ai été à la messe et j’ai communié; je demande au Très-Haut de vous protéger sur cette terre, de vous venir en aide dans vos peines qui vont peut-être être cruelles, mais, croyez votre fils et frère, ne mettez pas beaucoup d’attachement aux choses matérielles, nous sommes peu de chose sur cette planète. Si je ne puis revenir vous voir, ne croyez pas que je regrette de vivre, au contraire, j’aurais bien voulu revenir avec vous pour vous prouver la reconnaissance que vous méritez après tant de peines, et après toutes les choses que vous endurez comme douleur de voir au danger ceux que vous avez élevés jusqu’à vingt ans, et comme moi avec beaucoup de larmes et de veilles.
Je vais écrire à mon Frère Henry: il fait partie de l’armée de poursuite qui me suit aussitôt la 1ère avance. Ça va être dur, nous avons quelque chose à faire. Mais d’un côté, je préférerais que cette lettre ne vous parvienne pas, que ce soit moi-même qui vous arrive avec la paix et le bonheur.

Je vais vous dire au revoir, Chers Parents bien aimés. Mes plus tendres baisers.

Paul

François Paul Ripout, né le 3 août 1891 à Vieux Mareuil (Dordogne), tué à Juvincourt le 16 avril 1917.


L’Art et la Guerre 14/18

« Cette façon sévère de juger les artistes n’était d’ailleurs pas personnelle à notre capitaine et tous ceux qui ont eu l’avantage de faire campagne en qualité de soldat de 2ème classe ont pu observer que, dans l’armée, les artistes n’étaient généralement pas tenus en grande estime… »,

Roland Dorgelès dans le “Cabaret de la belle femme” (1928)


Actuellement, cent ans plus tard,  l’art semble englué entre la décence, la condescendance, parfois la mièvrerie du systématiquement moche et le business orchestre cet ensemble ponctué de supermarchés de l’art comme si c’était possible.
Ceux voulant faire le «buzz» s’empêtrent sur le marché de l’hideux, laideur souvent gratuite destinée à la pantalonnade mercantile ou encore au mépris de soi et de l’autre sans l’intelligence de l’humour et la distance nécessaire au message s’il en est un.
Il en résulte une froideur technique, un manque de poésie, de portée et de spontanéité dans l’engagement qui relèvent de l’approximation servile à mille lieues d’une intention réellement artistique : on doit plaire à tout prix à tout «buzz».
On conforme à tour de bras et parfois même on vidime, que ce soit en musique, en peinture et en toute forme d’expression et d’autres plus d’inexpressifs. Il devient difficile de comprendre la puissance de ce qui est dicté par les institutions. Qui choisit ? Qui décide ? Qui distribue l’argent public et à qui? L’art ferait-il si peur que l’on s’acharne à le contrôler même à le réduire au silence ?
Et, c’est extraordinaire, les gens écoutent principalement ce qu’on leur dit d’écouter, lisent ce qu’on leur suggère de lire, regardent où les médiats «ordonnent» de porter le regard, c’est effroyablement évident sur les réseaux féodaux sociaux. La curiosité naturelle, individuelle fait place au désir servile du plaisir immédiat et de la pensée éphémère et superficielle.
Les œuvres qui vont suivre semblent avoir échappé à toute servitude. Elles n’ont pas l’inconsistance d’une réflexion éphémère et sont le reflet poétique et tragique d’une histoire, de l’histoire avec un message terriblement engagé.
N.D.A.


La folie de la guerre », Charles Martin.

 
fernand leger

Fernand Leger – La partie de carte

Paul Renouard

«Attaque du 1er régiment de tirailleurs marocains» Paul Renouard

La Borne – Jean-Louis Forain

 

Tranchée Allemande – François Flameng

 

Georges Scott – La brèche

 

Jean Lefort  - La marche

Jean Lefort – La marche

 

Vu du Front – Felix Vallotton

 

Gino Severini, The War (La Guerre), 1914

Gino Severini, The War (La Guerre), 1914

 

Jacques Villon (Gaston Duchamp, dit) (1875-1963) Soldats en marche, 1913

Jacques Villon (Gaston Duchamp, dit) (1875-1963)
Soldats en marche, 1913

 

Mathurin Meheut – Le salut au mort.

 

Otto Dix – La Guerre ( entre 1928 et 1931 )

 


Notes sur la musique et la vidéo (pour les étudiants  TSI / NTS – UFR Ingémédia)

Interface du progiciel Steinberg Cubase utile à cette composition

  Cliquez sur l’image pour l’agrandir – Click to enlarge

 Composition pour :

  • 4 Synthétiseurs
  • 3 Samplers
  • Divers bruits ( 3 pistes )
  • Voix : textes dits ( 4 pistes )

Soit : 14 pistes sonores + 9 pistes de gestions et 3 pistes d’effets.

Format Mixage : 96kHz – 32bits virgule flottante ( ramené à 48kHz – 24Bits pour le montage Vidéo ).

Durée : 11’13″278 

Titre SACEM :   Les Danseurs du Chemin des Dames    15 décembre 2018

Une version sans texte peut-être écoutée ici :   RD 18 CD  

 
Worker Bee

WORKER BEE


Les voix ont été enregistrées avec le Microphone WORKER BEE de Neat Microphones. (Sensibilité : 19,0 mV/Pa à 1 kHz // 1 Pa = 94 dB SPL) – Notice >>>>>

A exception des «croix de bois» enregistrées à l’université avec l’enregistreur portatif ZOOM H1.

Statistiques du fichiers original ( 96kHz – 32bits virgule flottante)

 

  Analyse du fichiers original


Interface du progiciel Adobe Premiere utile à ce montage Vidéo

  Cliquez sur l’image pour l’agrandir – Click to enlarge
 J’ai choisi pour cette vidéo un format hors-normes afin que l’on voit une bande d’image, un peu comme les transparents d’une lanterne magique.
A ceci près que notre lanterne ici est numérique !
 
Table de montage sur le progiciel Adobe Premiere:
11 pistes vidéos & 3 Pistes audios pour la manipulation de 110 éléments Images, Vidéos( découpées ) et Audio avec 269 éléments sur la table de montage au final.
  • Format de travail : 4096 x 1080 – Pixels Carrés(1.0) – Audio 48000Hz – 24bits
  • Format Web: H264 1360 x 358 – Pixels Carrés(1.0) VBR 2 passages Cible : 1Mbits/s Max : 2Mbits/s Audio AAC 224KBits/s 48kHz stéréo.
  • Format expositions: H264 4068 x 1080 – Pixels Carrés(1.0) VBR 2 passages Cible : 10Mbits/s Max : 12Mbits/s Audio AAC 320KBits/s 48kHz stéréo.
  • Durée  00:12:35:22
 
Lanterne magique 1870

Lanterne magique 1870


Simplement les textes dits dans la vidéo.

  

Les Femmes de tous les pays

 

… Les femmes de tous les pays,
La voix meurt donc dans votre gorge,
Quand ce sont vos hommes, vos fils,
Que l’on mutile ou qui s’égorgent ?
 
 
Cécile Périn – Écrit pendant la guerre

Le Moral est bon !

 

O vaines lois des Conférences de La Haye,
Quand “le moral est bon”, votre prestige est bas,
Le cœur lui-même alors abdique s’il n’est pas
Le creuset où la haine implacable se crée…
 

Jean-Michel Renaitour – 1915


Chanson du Gars qui se refuse

 

Je me refuse à vos drapeaux,
à vos tragiques oripeaux,
à vos bannières pour troupeaux
que l’on méduse !
Je me refuse à vos drapeaux,
à vos étoffes en lambeaux
qui font du vent…sur nos tombeaux…
“Je me refuse !”
 

Alfred Varella – mai 1919


Kanak, les oubliés de la guerre 14-18


Si je mourais là-bas…

 

Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur 

Guillaume Apollinaire – 30 janvier 1915, Nîmes.


Croix de bois

 

Croix de bois ! croix de bois !…
Tous ces bras écartés barrant le chemin à la vie !…
Ici va, va s’étendant la contrée morne du silence,
Le gris domaine de la mort,
De la mort usurpant les terres de la vie.

Claude Salives – Septembre, 1917


Réponse

 

Les brancardiers vont t’emporter dans la nuit noire,
Trébuchant, s’engueulant,
Les balles perdues vont te faire escorte,
La pluie va te morfondre avec entêtement ;
C’est la gloire.
 
L’hôpital. On te pompera de l’éther à pleine bouche
Et tu sombreras, tête affolée,
Dans un vertige vrombissant …
Puis le réveil et ses nausées…
C’est la gloire, c’est la gloire.
 

 Marcel Lebarbier – Écrit pendant la guerre


Le Noyé

 

Le noyé qui gît là dans l’herbe de la berge,
N’ayant plus rien d’humain qu’une main non rongée
Où luit un anneau d’or…
 
…Songez, quelle agonie angoissée loin des siens
il dut avoir, blessé, dans l’ombre de la nuit
et l’eau froide et profonde.
 
Qu’une pensée humaine au moins soit son linceul.
 

Lucien Jacques – Écrit au front en 1914


Poème

 

Tous mes amis ont péri
L’un après l’autre
En quelque lieu maudit
Est notre amour enseveli.
 
Défunt Lequel le parisien,
Masse et Guillaumin d’Amiens,
Pignatel dit le marseillais
Tous endormis à jamais.

Eugène Dabit – Écrit pendant la guerre


Les Morts…

 

Le vent fait flotter
Du même côté
Les voiles des veuves…
(plusieurs fois entremêlés) 

René Arcos


Mes Ennemis

 

Mes ennemis ? c’est vous ! gouvernants timorés ,
Qui prenez sans péril une pose de gloire,
Et, dans cette moisson sanglante de l’Histoire,
Ne songez qu’à vous seuls en parlant de victoire
O vous, dont les vertus sont des vices dorés!
 
 Marc de Larréguy de Civrieux –
7-9 février 1916 (au front)



 

Ici, ne cherchez rien d’historique, de logique et moins encore de commémoratif.
Il n’y a que la féroce réminiscence hallucinatoire d’un passé relaté, un gigantesque royaume où triomphe un poison obscur et glacé.
Tapis dans l’ombre, si l’on n’y prend garde, il peut surgir à tout moment.
Quant à l’apocalypse les hommes se suffisent. Ils n’ont nul besoin d’un dieu psychotique affublé de quatre ridicules chevaux efflanqués.
N.D.A
J’ai vu, pendant toute ma vie, sans en excepter un seul, les hommes, aux épaules étroites, faire des actes stupides et nombreux, abrutir leurs semblables, et pervertir les âmes par tous les moyens. Ils appellent les motifs de leurs actions : la gloire.
 
Isidore Lucien Ducasse alias Comte de Lautréamont  – Les Chants de Maldoror

Enfants ne jouez pas à la guerre


Quelques liens :

Emission France Culture : Empreinte sur le chemin des Dames

Chien Masque à Gaz

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A propos Frank Lovisolo-Guillard

Frank Lovisolo est un réalisateur multimédia demeurant à Toulon (France). Compositeur de musique, il s’est intéressé à l’image pour illustrer ses œuvres musicales. Frank Lovisolo is a multimedia film-maker who lives in Toulon (France) He is also a music composer and has always taken an interest in visual representation to illustrate his musical works.
Lien pour marque-pages : Permaliens.

4 Commentaires

  1. travail impressionnant, combien de temps pour rassembler les documents, le réaliser ? quel impact public ? par quels médias ?

  2. Très beaux matériaux – voix, musique, images – qui tendent vers l’élégie. Tiens, se dit la spectatrice, il faudrait que je retrouve les lettres de mon grand-père à sa mère, lettres des tranchées, écrites au crayon mine avec force majuscules, je crois que j’ai pris soin d’en faire des photocopies car le crayon se délave avec le temps. Nous parlions, toi, Frank, et moi de l’audibilité des voix/musique, c’est effectivement concluant ici. J’ai lu il y a quelques années Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, ce n’est pas mon livre de chevet, mais la bonne blague d’une gueule cassée à la patrie, certains diront, c’est un livre facile, j’ajouterai, quel travail pour arriver à la simplicité ! Merci à toi, à Ingrid, aux étudiants.

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