Books 2017 – Une interaction avec le monde

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à l’écoute : Voyage en Crane inconnu
ComGris
Présentation d’œuvres d’imageries numériques et photographiques où rien, ici, ne sert à regarder le monde car tout n’est qu’affaire d’interaction avec lui.
Books
Trois albums ( Books ) destinés aux professionnels de l’art afin de découvrir l’ensemble la matière à exposer. Ils existent aussi en version papier à consulter lors d’un rendez-vous.


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Textes Books 2017

Il s’agit d’un périple éclaté, pluriel, sans unité, sans référence. Quitter un lieu pour aller vers un autre même lieu. C’est un voyage immobile, une désorientation, un processus de transformation.

On le comprend, on l’entend, de différentes façons l’oeuvre adviendra peut-être…

Une réalité où l’on pressent ce qui peut se produire sans savoir ce qui se produira.
«Tout art, toute philosophie peuvent être considérés comme remèdes et secours de la vie ascendante et de la vie déclinante.»
[Nietzsche contre Wagner (1888), «Nous autres antipodes»]
Quarante déclinaisons colorées d’une même planche…
L’exploration insaisissable en vol nocturne d’une fraction des nuitamment possibles.

Rien ici ne sert à regarder le monde

Appollinaire : «On peut peindre avec ce qu’on voudra, avec des pipes, des timbres-postes, des cartes postales ou à jouer, des candélabres, des morceaux de toile cirée, des faux-cols, du papier peint, des journaux.»
Par extension le numérique, en tant qu’outil graphique, confirmera la phrase du brigadier blessé à la tempe par un éclat d’obus le 17 mars 1916…

La mémoire est un filtre dont l’algorithme redessine le passé, une trémie dont la base varierait en harmonie avec ce qui fut, l’intensité d’un instant et l’appréhension de ce qui n’est pas encore, un espace sensible tridimensionnel. Dans cette série l’image est le reflet complexe originaire d’une fraction infime mais infinie de l’univers: un témoignage du subjectif sur le quotidien. Dans cet espace, avec ce qui y est mis en évidence, on peut retrouver l’oubli et combler le vide de ce que l’on a égaré ou jamais possédé.
Six paysages métempiriques où la couleur naît d’une olla-podrida libertaire et digitale.
La géographie d’un mur érodé et bariolé de lichens supporte quatre photographies.
A Prague une vue de la ville et le pont Charles (en tchèque : Karlův most) et à Toulon deux structures maritimes au Mourillon.
Ainsi la vision d’un monde subjectif et un monde objectif se situe entre l’imaginaire et la représentation de ce que pourrait être une irréalité prétextant la couleur.
J’espère avec ces six images une incertitude, une indétermination et un doute qui provoqueront le chavirement d’un paysage vers un lieu indiscernable.
Ces images pourraient-être le reflet complexe, d’une fraction minuscule mais infinie d’un univers, élaboré comme une recette de cuisine.
« Au dernier moment ajouter les couleurs au mélange des traits et tâches. Tartiner un des calques avec cette garniture, parsemer de grains photographique, passer sous un contraste vif et ajuster la colorimétrie déjà chaude pendant 3 ou 4 minutes jusqu’à obtenir satisfaction. »
Se contemple avec un verre de vin blanc d’Italie bien frais ou, pour les dames, un Spritz Veneziano apéritif traditionnel de la Vénétie et du Frioul-Vénétie julienne .
Les triptyques d’un mécréant.
Ou l’on comprends bien que la division n’est prétexte qu’à l’aboutissement de l’ébauche d’une abstraction matérielle fort peu orthodoxe pour cause de liberté artistique.
La perception des couleurs, au-delà des constats physiques, a manifestement une résonance affective liée à une culture.
Toutefois, la nature empirique des associations de couleurs serait intimement liée à une nécessité antérieure au langage relevant de l’évolution naturelle du vivant.
Certaines fleurs ont adapté, au cours de l’évolution, leurs couleurs au spectre visible perçu par les abeilles.
Elles renforcent ainsi, et de façon notable, la probabilité d’être pollinisées.
On pourrait envisager une grammaire universelle de la couleur où, selon le contexte, des éléments logiques font place à des processus stochastiques.
Aucune noirceur d’âme dans cette réalisation que je qualifie avec joie de Libertaire.
J’aime le bariolage d’idées sans référence définie d’obligations plasticiennes conforment aux idéologies actuelles en vigueur.
Tout est ici indiscernable et se doit de le rester: la réalité du monde extérieur avec cette jouissance hédonistique d’établir les correspondances bigarrées les plus inopinées, l’effet de la souveraineté, de la réalité psychique sur la réalité matérielle, une interposition entre le monde intérieur et le monde extérieur.
L’art est indéfinissable et les critères d’évaluation des oeuvres sont irréductiblement subjectives.
Dans l’art, le crâne symbolise le temps destructeur et la vanité de tout attachement humain aux choses périssables.…
Il n’en sera rien ici!
Le plaisir de l’exploration par l’image est le principal fil conducteur supplantant ainsi toute autre considération.
Cette infime partie d’un être humain concentre tout un univers :
On peine à imaginer, quand on voit l’esquille sise sur ma bibliothèque, le nombre de cavités, passages, plis, pointes et tous ces enchevêtrements qui forment et soutiennent le vivant et que, fascinants, l’on découvre sur ce fragment.
Il y a là un autre monde, un monde qui jadis abritait un autre monde et encore un autre, ceci jusqu’à remonter le temps vers ce que nous avons conçu arbitrairement comme un début, l’instant indivisible d’une limite inaccessible qui échappe à la physique, à la pensée, une singularité qu’il nous est impossible d’atteindre que l’on peut tout au plus imaginer.
Tout de suite, la porte rouillée et taguée franchie, il y a cette singulière rémanence de l’exhalaison du liquide de coupe, un fluide lubrifiant utilisé à parfaire le travail des tours, fraiseuses et autres machines-outils.
Ici, brusquement, s’est arrêté le temps abandonnant en suspend les fragments aromatiques des émulsions jadis employées.
Il y a des lieux qui nous attirent, nous retiennent et entretiennent avec nous une étrange intimité…
Inspiration estampillée à tendance peu ou prou Japonaise…
Tout repose sur l’intervention de l’imaginaire dont l’action est de transmuer le sentiment en réflexion et, par delà, en méditation…
Ceci dit, après tout, vous en faites ce que vous voulez !
Quatre murs photographiés et travaillés de façon à ce que l’on y voit l’invisible:
Rumori, grida e sussurri nelle mura di Roma.
Antimatière à réflexion, la suite illogiquement possible due au premier chapitre où les photographies étaient déjà devenues de l’art numérique par transsubstantiation.
Une continuité, une dématérialisation de l’image pour la construction d’une autre où l’on pressent qu’il n’y a là qu’une expérience esthétique où se mêlent «la science du beau» et «la science du sensible» s’il en est une.
Une approche digitale de la matière à travers trente photographies «transsubstantiées» afin d’en extraire une virtuelle consistance pigmentée d’une gamme autrement nuancée d’hyperréalité. les images ne représentent plus le monde, mais le recréent et le réinventent à cet endroit où la conscience interagit avec la réalité tout en diminuant sa capacité à la distinguer de l’imaginaire, une invitation à voyager dans une immatérielle réalité.
…Comme une algue doucement carressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées… Extrait de «Sables mouvants », Jacques Prévert
Peindre d’après nature, ce n’est pas copier l’objectif, c’est réaliser ses sensations.
Lire la nature, c’est la voir sous le voile de l’interprétation par taches colorées se succédant selon une loi d’harmonie.
Ces grandes teintes s’analysent ainsi par les modulations. Peindre c’est enregistrer ses sensations colorées.
L’effet constitue le tableau, il l’unifie et le concentre ; c’est sur l’existence d’une tache dominante qu’il faut l’établir.
Paul Cézanne (Pensées)
C’est si rare la neige sur Toulon…
« Quand je suis triste, je pense à vous, comme l’hiver on pense au soleil, et quand je suis gai, je pense à vous, comme en plein soleil on pense à l’ombre. »
Victor Hugo
Comme souvent le hasard fait la découverte.
Il suffit qu’une manoeuvre hasardeuse dévoile Naples en noir & blanc pour qu’elle devienne en premier lieu «Napoli» et enfin «Nàpule». C’est ce «Nàpule» fier de lumineux contrastes qu’il me fallait quérir, celui où Elena et Lila vivaient à la fin des années cinquante…
Quelques photographies en Noir & Blanc prises sur la route qui conduit de Rapallo à Portofino.
Elles sont estompées comme des souvenirs.
Il est inutile de titrer… Ici, tout est bien trop flou.
Milazzo, la gare où on se remémore le voyage dans les îles Éoliennes: Vulcano, Stromboli, Lipari.
Au loin, dans un nuage de gaz, de cendres et de vapeur d’eau, l’Etna est toujours en éruption. Je le regarde une dernière fois. Somptueux…
L’indicible spleen du retour en points de suspension: Attention au dépar
L’arrivée dans un lieu est une abstraction temporelle où la raison nous isole des espaces concrets et inconnus pour en composer une représentation intellectuelle minimaliste, repère d’un espace cartésien où les silhouettes, les ombres nous enseignent un autre part.
Juillet 2015… Un peu au sud de Naples Paestum est sise là, sous ce soleil de Campanie, depuis le VIIéme siècle av. J.-C.
Le Soleil, inlassablement, siècles après siècles, écrase l’ombre des pierres et mordore la végétation.
Il y a quatre couleurs, le bleu, un vert presque noir, le jaune d’or de l’herbe sèche et cette pierre d’un pâle ocre gris.
Incertain des nuances photographiques, je décide le noir et blanc.
Ici, il y a de la Grande-Grèce et de la Sicile… Les temples sans doute…
C’est calme, un grand contraste avec Naples où nous séjournons.
J’apprends que Johann Wolfgang von Goethe visita le lieu… Il arrivait de Sicile, c’est ainsi.
Dès potron-minet il est convenable, au solstice d’hiver, d’aller capturer des images.
Cinq heures vingt-cinq au Mourillon, cette année il fait doux, pas moins de quatorze degrés, le temps est nuageux et quelques minuscules gouttes s’accrochent aux feuillages restants.
Cinq heures vingt-cinq c’est aussi le titre d’un roman d’Agatha Christie où il est question de spiritisme, du Capitaine Trevelyan retraité de la Royal Navy, de sa soeur, de son neveu, de sa nièce, de Miss Violette, de Mary Pearson et bien d’autres personnages. Tout ce petit monde sera confronté au meurtre du Capitaine annoncé lors d’une séance de spiritisme…
Peut-être que l’heure matinale, les lumières blafardes et le souvenir du roman incitent cette série photographique…
Quand je parcourais cette contrée sous un soleil plus que généreux, je pensai à l’auteur de L’Île au trésor qui lui, à pied d’âne et en 1878, traversait les Cévennes en Lozère. J’ai longtemps arpenté le quartier de la Rode à Toulon appareil photo au poing cherchant dans la géométrie du béton la rudesse d’une poésie improbable…Quand il n’est pas peint le mortier laisse apparaître les cernes et la structure du bois qui l’a moulé… Un fossile…Il y a dans cette typologie géométrique une histoire humaine, celle de ceux qui croient dominer un espace à quatre dimensions.La dernière n’est pas la moindre: le temps s’acharne à modifier aussi discrètement qu’inéluctablement le rectiligne des formes .Que restera-t-il de toutes ces constructions géométriques et avides de sable dans dix mille ans? Où j’aime, sous un trait d’humour, décolorer un paysage d’activités bougrement industrieuses, soit dit en passant, un tantinet inquiétantes…

 

  

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A propos Frank Lovisolo-Guillard

Frank Lovisolo est un réalisateur multimédia demeurant à Toulon (France).
Compositeur de musique, il s’est intéressé à l’image pour illustrer ses œuvres musicales.
Frank Lovisolo is a multimedia film-maker who lives in Toulon (France)
He is also a music composer and has always taken an interest in visual representation to illustrate his musical works.

Lien pour marque-pages : Permaliens.

2 Commentaires

  1. Bientôt Beaubourg ! Ça le vaudrait.

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